08/01/2014

Petite annonce : Soignies 2014

vda004.jpg

Chantal Van den Abeele recherche des personnes

possédant un ou des dessins de Remy Van den Abeele

en vue d'une expo qui aura lieu à Soignies en mai 2014.


Vous pouvez prendre contact via ce blog ou via le groupe dédié sur Facebook


Merci d'avance !

20:11 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/11/2009

Mak'Em laugh

11:56 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/01/2007

Le chant du départ

migration2

 

Décidément, les difficultés rencontrées avec Skynet ne cessent de m'exaspérer : maintenant, il faudrait désactiver certaines fonctions de mon antivirus pour pouvoir laisser un commentaire sur un blog...  De l'inédit pour une plateforme de blog !  Je m'échappe avant de devoir, d'ici peu, poster en ayant un pied sur ma chaise et en tapotant de mon gros orteil gauche un clavier qui ne supposait pas, dans ses journées d'usine, qu'il puisse subir un tel sort, le tout en traçant des pentacles avec une plume d'oie vissée dans la bouche.

 

Donc, je me suis reproduit (virtuellement, je vous rassure) et j'ai terminé les petits travaux de mon autre blog, qui se trouve ici.

 

Alors, si vous désirez me rendre une petite visite, mettez vos liens à jour.

 

Ubucasa, le retour...

 

04:15 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : depart definitif, skynet |  Facebook |

05/01/2007

 

 

pay-hiver-16

 

La nouvelle année est à la fois l'époque des hommages et celle des résolutions : comme si faire relever d'un fugitif patrimoine ce que nous avons dédaigné de réaliser l'année précédente nous absolvait de tout ce que nous n'oserons commettre dans les mois prochains.

 

Les tentations romantiques s'abreuvent de paysages idéaux : le sentiment de solitude y gagne le plaisir de l'isolement et la sensation d'être dépassé éprouve le plaisir délicat de flirter avec les anges, qui, c'est désolant, n'ont pas de sexe. Même l'inquiétude se pare de métaphysique devant ces espaces infinis dont le silence effraie, comme le disait le bon Blaise un jour que sa brouette s'était embourbée au détour d'un sentier.

 

Nous avions pris l'habitude de rêver face à ce qui nous écrasait, grâce au fugitif instant de possession qui nous permettait de nous acclimater à ce que nous nous contentions de regarder : l'art même recréait des paysages épurés, égocentriques ou inconscients.  Admirer nous semblait plus qu'une tendance : une nécessité.

 

Et puis, le prosaïsme reprend ses droits : comment rêver de l'infini quand le rideau de douche se décroche, quand le doux chant des klaxons ou des réveils en fanfare nous tient lieu de bruissement dans les branches de sassafras ? Comment rêver à hauteur d'homme, ou de femme me dirait le cochon insomniaque que je semble abriter, non mais il n'y a pas de raison que l'érotomane hiberne ? Heureusement.

 

Enfin, tout ceci pour vous dire, cher lecteur, mon semblable, mon frère (-Et ta soeur ?  -Oui, aussi.) que je te souhaite des rêveries à ta mesure, loin de charmes frelatés du calendrier des postes,  de la télé-réalité ou des illusions préformatées vendues en solde, des rêveries où tout ce que tu désireras te semblera possible, des rêveries sans aigreur ni frustration.

 

Bref, je te souhaite une année de rêve.

15:39 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : annee, reve |  Facebook |

29/12/2006

Prise de risque, prise de responsabilité.

ava gardner

 

¨Plus sérieusement, un brin de réflexion en cette saison où l'herbe prend la triste habitude de se coucher tôt.

 

L'ambiance que nous nous infligeons, en permanence, nous oblige à slalomer entre angoisse et culpabilité. Notre angoisse est sollicitée par tous ces soucis quotidiens qui nous assaillent et, pire encore, par la peur d'avoir peur. Qui oserait encore établir la liste de ses peurs sans frémir et devoir recourir à un rouleau de PQ grand format, et triple épaisseur puisque c'est plus doux pour les fesses ?

 

La prohibition rejoint en cela la vieille culpabilité des monothéismes : en gros, puisque tu as le choix, tu es coupable si tu ne suis pas nos injonctions puisque nous, divinité(s), la produisons pour ton bien. Et tout risque devait ainsi s'envisager sous l'angle de la faute, à moins de se borner à un conformisme de bon aloi. Et toute dénonciation ou surcompensation se voyait cataloguée sous l'appelation contrôlée de blasphème ou d'hérésie : même un catarrhe vous envoyait ad patres.

 

Je me souviens avoir lu, dans une quelconque tribune, l'avis d'un professeur de morale qui affirmait, avec un certain aplomb, que l'interdit est un fondement essentiel de toute société humaine. J'avoue ma perplexité : en fait, ma cigarette en a fait des volutes avec une autonomie qui n'impliquait pourtant pas qu'elle. "Quelque chose avait dû m'échapper", me disais-je en me massant la brûlure qui, c'était manifeste, m'interdisait de me concentrer sur autre chose que sur ma mimine avariée et sur la ronde des jurons qui soulagent toujours dans ce cas-là.

 

J'avoue ne plus comprendre : aux culpabilités religieuses, qui sacralisent ce qui ne se voit pas mais est partout (- Un peu comme le sucre dans le café ? - Et si tu cessais ces digressions qui t'empêchent d'arriver à bon port ?), voici qu'un nouvel ordre nous impose ses interdits. Vous me direz (osez seulement !) qu'il y a des choses anodines, que de mauvais choix nous nuisent et que l'on gagne une minute de clarté depuis le début de l'hiver qui, sans me vanter, est bien doux pour la saison. Vous répondrais-je que ce n'est pas le sujet ?

 

Oui, je persiste et signe : j'aime la vie parce qu'elle me pousse à prendre des risques, plus ou moins calculés, parce qu'elle me rappelle que j'exerce ma responsabilité, y compris lorsque mes choix sont contestables, parce qu'elle me permet de me tenir à ceux qui m'entourent et à moi-même des discours dérisoires et polymorphes. J'aime tous ces plaisirs dont je prends conscience sans m'en sentir coupable ; et je n'accepte que les contraintes engendrées par un conflit moral, et pas au nom d'une prétendue mesure de précaution, d'une prohibition quelconque ou d'une préservation de valeurs qui perdent tout intérêt dès lors qu'on les transgresse en prétendant les défendre.

 

L'interdit est l'expression de celui qui croit avoir raison : à partir du moment où il s'est exprimé, il cesse de penser aux enjeux de ses actes. Il impose des gestes réflexes et amène ceux qui l'entourent à se comporter comme des chiens de Pavlov. L'interdit devient un conditionnement quotidien : plus personne ne se pose la question de savoir si ses actions ou ses paroles sont nécessaires ou peuvent blesser puisque c'est interdit, de toutes façons. En serions-nous arrivés à tel degré d'infantilisation que le catalogue des lois et autres préceptes doivent nous imposer une procédure complète pour chacun de nos actes quotidiens ? Serions-nous parvenus à perdre tout respect de nous-mêmes, toute confiance en nos choix ?

 

Je préfère laisser les pisse-froids en causer entre eux. En attendant, je pars en toute liberté dans un petit rêve, assis aux côtés d'Ava Gardner et j'applique, entre autres assuétudes qui me permettent de briser le rythme du temps,  cette théorie marxiste (de Chico, cette fois) : Faites asseoir un homme une heure à côté d'Ava Gardner, il pensera que ça a duré une minute. Asseyez-le une minute sur un calorifère brûlant, il croira que ça a duré une heure... C'est cela la relativité.

 

Je pense que cela devrait durer des jours entiers.

15:12 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : liberte, prohibition |  Facebook |

Blog toujours autorisé aux non-fumeurs...

Prohibition

 

Comme je l'avais indiqué précédemment, la casa de maître Ubu reste accessible aussi aux non-fumeurs et à leurs amis. La législation de quelque sinistre fumiste en panne de frustration étriquée n'est pas parvenue à m'ôter l'envie d'accueillir qui je veux où je veux. Et de sourire en technicolor ou en sépia.

 

Vous ne m'en voudrez pourtant pas de refuser, précautions obligent, les baisers étriqués et les embrassades sèches de ces quelques lippes qui parviennent à faire la moue et la gueule en même temps.

 

Make'm laugh ! 

14:13 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fumeur, fumiste |  Facebook |

14/12/2006

La guerre des mondes: le retour...

owelles

J'apprécie assez les hommages lorsqu'ils ne saisissent pas le prétexte d'une quelconque date anniversaire pour s'afficher : j'éprouve aussi un certain plaisir, peut-être pervers, à songer qu'une provocation vieille de près de septante ans puisse encore fonctionner.

 

La RTBF a donc osé poursuivre le spectacle de la politique fiction jusqu'au bout : comme je n'ai pas l'âme journalistique, je ne donnerai pas de leçon de déontologie mais mon goût du canular biche littéralement à la lecture des réactions, bien réelles, que l'émission a suscité dans un monde politique que l'on avait rarement vu si uni...

 

Où serait l'outrage ? Dans cette fiction, qui s'est présentée brièvement comme une réalité, ou dans les ballets communautaires incessants qui servent de fonds de commerce aux politiciens belges et belgicains, avides de se présenter en hérauts de contes de fée aux yeux d'une population qui cède facilement aux clichés et aux stéréotypes  auxquels elle s'attendait ? Depuis longtemps, le politicien belge, lorsqu'il n'est pas en délicatesse avec la justice au gré de la gestion d'une quelconque société de droit public qu'il songeait réservée à son usage privé, tend à user de sa prédisposition au clientélisme : sa proximité, il la revendique électoralement ; son discours, il le formate au gré des illusions à la mode ; ses idéaux, il les a bradés lors des spectacles auxquels il se prête.

 

Où est-elle, cette indécence du journalisme qui joue la carte de la provocation, puisque les phrases assassines et les effets d'annonce tiennent lieu de gestion politique depuis des années déjà ? A cette nuance près que là où un bandeau vient déciller le spectateur crédule en fin d'émission, les lendemains d'élections transforment l'électeur que l'on voulait séduire en citoyen que l'on persistera à berner : le spectacle électoral est bien cher pour une si triste qualité.

 

Ainsi, le quatrième pouvoir ne respecterait plus les institutions : c'est le constat courroucé ou larmoyant qu'affichent nombre de commentateurs politiques, et même une partie de la presse. J'oserai, pour ma part, y voir un espoir superbe : malgré les défauts de ce genre d'émission, dont nous ne finirons par retenir que l'effet spectaculaire au détriment de la réalité qu'elle évoque, je perçois le frémissement d'une presse qui conquiert peut-être son indépendance réelle à l'égard du spectacle qu'elle est censée relayer. Et cette attitude me semble beaucoup plus responsable et moins cynique que la énième répétition du même reportage sur une seule agression, qui entretient le réflexe sécuritaire, ou que l'absence de contestation des propos peu certifiés d'un quelconque élu en mal de respectabilité médiatique.

 

Ainsi, détourner les mensonges ou les illusions médiatiques pour les renvoyer à leur expéditeur, n'est-ce pas là une leçon de journalisme et de citoyenneté active ?  C'est en tout cas salutaire à la réflexion de chacun sur ses propres chimères.

 

 

12/12/2006

Et la terre, elle a continué de tourner ?

terre

 

Serait-ce un retour ? Allez savoir ! Mais le comptoir du Père Ubu (pas la gazette torchecul, le comptoir virtuel) commençait à me manquer : et puisqu'il devenait paradoxal que je me manque à moi-même...

 

Me voici interrompu en pleine tournée d'adieux : sans doute mon manager n'aurait-il pas dû emprunter un combi VW pour nos agapes vespérales. Il paraît que le produit n'est plus suivi depuis qu'un gérant de fonds de pension, quelconque forcément, a estimé que la nostalgie soixante-huitarde n'était plus d'actualité. M'enfin : il me semblait pourtant que cette nouvelle guerre de la golf n'était qu'un faible moyen de rappeler les tueurs du Brabant à la rescousse. Surtout qu'avec la prétention de réécrire l'histoire, certains vont finir par les présenter comme des chevaliers de l'Occident en déroute : la crapule admire la crapule.

 

A propos de dépôt d'ordures pas assez clandestin, Pinochet, le dictateur qui amuse les enfants (comme le rappelait un autre Pierre, ce joli nom ne contient-il pas un hochet de bonne facture ? Le problème, c'est que je ne m'appelle pas Pierre et que je préfère les maracas, ce qui reste mon affaire, vous en conviendrez) a cassé sa pipe : il paraîttrait que Fidel Castro en aurait fait sous lui de contentement et que Chavez aurait consulté son propre cardiologue. Les vieillards de la terreur laissent la place à de jeunes loups : un peu comme si on déménageait la décharge de Mellery au milieu d'une école maternelle.

 

A propos d'école, justement, un opération Schtroumpfs y serait envisagée : Dewael, notre ministre de l'intérieur,  a trop regardé un flic à la maternelle, un peu comme ce syndicat de commissaires de police français (qui vient de se ramasser une gamelle aux élections professionnelles) surnommé le Schtroumpf, justement. Je conseillerais également le rétablissement des bagnes pour enfants, la militarisation des scouts et la transformation des voyages de rhétos en séjour au goulag. Tant qu'à faire, je vais regretter mes vieillards de la terreur des années 80, quand le monde entier craignait qu'une des momies soviétiques ou que le crétin de la Maison Blanche (Reagan, rappelez-vous) appuie sur le fichu bouton.

 

Au fond, puisque la terre n'arrête pas de tourner, on vit une époque formidable.

10:44 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualite, nostalgie, pinochet, dewael |  Facebook |

12/11/2006

Une petite vidéo

15:55 Écrit par Ubu dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/10/2006

 

bug

 

Chers lecteurs et jazzonautes,

Un incident inopiné a fait sauter l'autre blog Ubucasa et ses videos de jazz : apparemment, un bug de Blogger en est responsable. J'ai pu  récupérer et remettre en ligne les posts ici. Je vais voir si je peux  également rapatrier vos commentaires dans les jours prochains grâce à Haloscan, qui ne semble plus vraiment compatible avec la nouvelle version de Blogger beta : c'est bête, hein. Sinon, vos réactions seront définitivement perdues, à mon grand regret.

En attendant, rendez-vous ici ou  : alors, si vous ne craignez pas de vous répéter...

18:00 Écrit par Ubu dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : demenagement, blogger, bug |  Facebook |

12/10/2006

 

Ubu-Print-C10398806
 
En fait, j'avais toujours dit que je serais ici ou là. Pour ici, c'est fini : j'ai horreur des spams, des publicités envahissantes et des lourdeurs de Skynet. Je maintiens ce blog le temps de rapatrier les liens, les textes et les jolis dessins.
 
Dès à présent, je reposte .
 
A bientôt

20:01 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/08/2006

Fin du voyage...

 

Deux ans passés sur les blogs et de nombreuses expériences. Quelques engueulades, de beaux moments de plaisirs, des talents rencontrés, des personnalités croisées.

 

Des univers politiques, poétiques, photographiques et musicaux dans lesquels j'appréciais de me perdre et où il n'est pas dit que je ne continuerai pas de fureter, en ombre de l'ombre que je me plais à rester, dans les quelques blogs amis où je prendrai encore du plaisir à passer.

 

Mon blog m'a toujours semblé ne servir à rien : ce n'était pas pure coquetterie de ma part mais simplement que je n'y voyais qu'un loisir agréable, un terreau d'échanges limités à la sphère virtuelle, une des bulles que je continue de me ménager, comme autant de rêves de savons qui échappent aux jours monotones . Mon blog ne servait donc à rien et c'était tant mieux.

 

Je m'en vais donc poursuivre les étoiles dans mes jardins de rêves, me gorger de musiques choisies sur un autre site provisoire, m'évader sur des notes bleues pour lesquelles je ne craindrai pas de portée.

 

Alors, Fun, Hariane, Epi, Imagine, Paikanne, Zelda, Serge, Maugus, Prométhée, Rhadamanthe, Gregg, Duke, Tony, JLC, Kusquo, Pélerin, FC, Xian et tous les autres, je vous dis : "A tôt ou tard"

 

 

Et à bientôt.

23:18 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : depart, fin, blog |  Facebook |

11/07/2006

Man on the moon...

 

 

Bref, je m'éclipse

pour une bonne quinzaine de jours.

 

A bientôt.

00:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : absence, lune |  Facebook |

10/07/2006

Un envoûtement ?

 

Il doit y avoir un brin de sorcellerie là derrière : enfin, lorsque je dis derrière, je n'évoque malheureusement pas les atouts postérieurs de demoiselles sautillantes qui voudraient nous convaincre que leur filet de voix coule de source, comme si leur gymnastique n'avait pour origine les conseils avisés d'un producteur en recherche de la rentabilité maximale. Et puis de toutes façons, j'ai déjà évoqué ces chanteuses à regarder, volume coupé de préférence. N'est pas Alison Moyet qui veut : et vous ne pensiez tout de même pas que j'allais laisser filer mon post précédent.

 

Au fond, on peut toujours trouver de pires occasions de râler quand, comme moi-même, on s'écarte des phénomènes de foire médiatique à longueur d'année pour replonger avec circonspection - et avec la perplexité de l'ancien bébé qui se demande encore s'il choisirait la tétine ou le téton, angoissant dilemme déjà révolu -  dans ces émissions à haut potentiel culturel où la recherche du point G constitue, me dit-on, l'essentiel du suspens : alors que je sais depuis toujours que ce dernier devrait se situer entre les points F et H, tant la nature est bien faite, et certaines encore mieux que d'autres... Bref, le type de télévision qui vous ferait adorer tous ces ahuris qui jouent à aller chercher la baballe et frétillent de tous leurs membres  - les shorts ont parfois de ces surprises - lorsque la baballe en question retourne sagement dans sa cage...

 

Là où ces sports spectaculaires rejoignent, dans la crétinerie confite, les exhibitions saumâtres de la télé réalité, c'est dans ce dolorisme expiatoire, cette exhibition de la douleur qui rendent la performance intéressante. L'événement ne se crée que sur une souffrance, effective ou supposée et nous adorons voir les brimades, comme si ces misères, bien factices, nous égaraient loin des peines à vivre bien réelles. Le spectacle, avec toutes ses prises de distance, avec tout son decorum, plante ses exemples comme autant de crocs dans notre espace de cerveau disponible. Mieux, il va même jusqu'à justifier nos bobos sans conséquence et à nous permettre d'en parler à loisir, au gré du sadisme de l'interlocuteur et du masochisme de ces fameux témoins, qui se falsifient d'eux-mêmes.

 

Loin de là, il y a ces réalités pénibles, ces instants où la souffrance devient légitime en soi, ces douleurs qui continuent à suinter comme des vraies plaies, et non comme ces blessures aux cicatrices d'autant plus esthétiques qu'elles manquent décidément de profondeur. Ces plaies, permanentes, il nous faut apprendre à les vivre parce qu'elles font partie de nous, quand bien même elles nous seraient insupprotables. Elles constituent notre personnalité, au-delà de nous mêmes, mais ne seront jamais un de ces spectacles où l'animateur intrusif transforme ce qui nous reste personnel en aventure commune. Elles ne sont pas dignes d'une exhibition : nous valons mieux que cela.

 

Nous cédons parfois à l'envoûtement de la peine : comme si la compassion tenait lieu de sympathie. Mais nous confondons notre pitié, ce complexe de supériorité, avec la simple humanité qui pourrait encore nous faire ressentir une émotion personnelle, qui ne soit pas un stéréotype, pour un individu,  malgré ce qu'il a vécu et non parce qu'il l'a vécu.  

 

Si ma voisine était une sorcière, je me garderais de la dénoncer, de crainte de la voir exhibée au pilori de nos regards incompréhensifs : parce que le spectateur se gorge tant du spectacle, s'y réfère tellement qu'il ne désire y voir que le reflet de sa propre cruauté dans des larmes de mauvaise comédie. Et ses désirs d'expiation l'emportent sur la simple humanité.

 

Parce qu'il y a davantage de juges que d'amis...

 

 

13:45 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : douleur, jugement, spectacle |  Facebook |

09/07/2006

Nostalgie du retour

 

Cliquez sur l'image

pour le lien vers la vidéo.

07:40 Écrit par Ubu dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ballade, nostalgie |  Facebook |

07/07/2006

Artiste dégagé

 

Je déteste les oeuvres à message : sans doute parce que ma boîte aux lettres ne digérerait pas ces monceaux de papier sur lesquels s'égarent des logorrhées inconsistantes. Et puis, il y a cette fraude qui consiste à discuter de ce que l'on ignore sous prétexte qu'un rien de notoriété ou qu'un vague article ont attiré l'attention sur l'extinction de la chevêche dorée de Patagonie orientale, les ongles réincarnés du Dalaï-Lama ou une quelconque busherie ouverte même le dimanche.

 

Notre mode de conception de l'individu prétend de plus en plus à l'intrusion : si l'idée n'est pas neuve, elle se radicalise. Entre l'animateur de télévision manipulateur selon lequel l'interview d'un politicien se résume à un "Est-ce que sucer c'est tromper ?", le polygraphe qui vient parler de l'air du temps et le people (anglicisme pour "personnage sans intérêt) qui nous révèle sa recette du lapin chasseur ou de la brouette suédoise, les écrans et les librairies regorgent de produits aussi jetables qu'émouvants.

 

Ah, ces romans de l'été, fondés sur des complots faisandés, ces mémoires de gens dont nous ne nous souviendrons plus d'ici peu, ces romanquêtes qui se prétendent en prise avec l'actualité, comme si les journalistes-philosophes-éditorialistes dijonctaient à courant continu : le fou Hallier les jetait dans le temps et choquait, parce que ce geste  rappelait des autodafés nauséeux. Et pourtant, quand l'art en série prétend cataloguer mes émotions sous cette forme de rayons réassortis à chaque rentrée, l'envie me vient d'expédier un grand coup de pied dans ces piles de nouveautés qui sentent le rance, dans cette littérature qui pue la transpiration, dans ces inepties qui me pousseraient à lire le bottin, puisque lui au moins ne cède pas au nombrilisme de ces vaniteux personnages qui prétendent avoir quelque chose à dire. Et toute ressemblance entre l'auteur de ces lignes et les susdits ne serait que le fruit d'un pur hasard, particulièrement malencontreux et malveillant.

 

Si je désire être ému, ce qui m'arrive encore, je ne veux pas l'être par ces ficelles de médiocre qualités qui nous entravent dans leur dictature de la facilité. Un spectacle, un livre, un film, une peinture me touchent lorsqu'ils s'assument en tant que tels et parviennent, presque par inadvertance, à atteindre l'authenticité de leur discours ou à susciter mon petit plaisir qui, je l'avoue, prend parfois des détours étrangement pervers.

 

Pour le reste, toutes ces oeuvres qui seraient censées me parler aux tripes, je crains qu'elles ne sautent une étape pour transiter directement par mes intestins.

 

Au fond, s'emmerder, c'est aussi manifester ses émotions...

13:05 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : art, emotion |  Facebook |

06/07/2006

Les lauriers sont coupés

 

La chaleur me jouerait-elle des tours ? Il me semble que cette ouverture d'été propose d'affriolants plumages sous les caresses du soleil et les fourmillements de mes doigts.

 

La question, je me la pose à chaque retour du soleil, avec ce machisme que mes origines méditerranéennes m'ont légué, de même qu'un teint bruni et un système pileux facial à déconcerter un lévrier afghan. Je vais devoir me hâter de me poser la question que j'évoquais plus haut, sous peine de devoir fournir des réponses à d'autres que je me poserais ou, pire encore, que vous vous poseriez à propos de ma bonne santé mentale. Je disais donc, avant d'être grossièrement interrompu par moi-même lors d'un de ces discours qui prolongent mes soirées d'hiver au moins jusqu'au printemps, que je me posais la question qui suit et qui finit par arriver : pourquoi ces charmantes passantes n'arpentent-elles pas les autres saisons ?

 

Désirent-elles le renfort de doux rayons pour enfin voir les hommes faire la roue devant leurs appas ? Se préoccuperaient-elles trop de leurs multicouches anifrimas, de leurs rhumes (ah, donne du rhume à ton homme, hum !) ou de leurs gercures ? Ou bien, encore, craindraient-elles que les ravages du temps qu'il fait nous rendent plus attentifs aux traces du temps qui passe ?  Et l'homme, le mâle, de pousser ses contre-ruts de circonstance...

 

Le charme ne tient pas aux saisons : il est perpétuel. Mais le goût de la beauté nous revient lorsque les jours s'allongent et lorsque le farniente nous rappelle à l'essentiel. Le goût des plaisirs qui se savourent, fût-ce de manière furtive, nous évoque déjà leur saveur future, à ce moment prochain où leur souvenir nous reviendra sous les yeux, comme si un rendez-vous d'alcôve se répétait chaque été, en pleine lumière, dans les fragrances des inconnues qui passent.

 

Quant à Lucie Laurier, je la verrais bien suivie par Dino Risi ou Charles Denner, jolie passante qui s'approprie les allées de nos tropiques de la mémoire.

17:24 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : sensualite, cinema |  Facebook |

29/06/2006

De retour ?

 

 

Ma pause n'était que virtuelle : et pour vous ?

 

La suite des événements, pour ceux qui ont suivi :

  • L'année est pratiquement terminée, avec les aléas des délibérations pour les élèves et les contraintes administratives pour les profs. Pour mes élèves, les décisions finales me paraissent en gros logiques. Tantôt l'échec sanctionne un manque de régularité et un absentéisme chronique, tantôt il rappelle la nécessité d'une réelle mise à niveau avant un passage à l'année supérieure. L'échec scolaire n'est peut-être pas en soi la meilleure des solutions, je le concède, mais que dire de ces réformes criminogènes qui prétendent niveler le niveau scolaire, en supprimant la moitié des heures de l'enseignement artistique, tout en se prévalant d'une formation meilleure ? Une école n'est pas un centre de formation et mes élèves, même ceux qui ont gâché leurs chances cette année, n'ont rien de machines-outils préformatées aux tâches répétitives et ineptes, comme cet idéal d'homme nouveau (des abrutis compétents selon Brighelli) que nos pédagogues de pot de chambre veulent faire passer au nom de leurs soptuaires économies... Ben oui, je vois rouge : un rien de conjonctivite ?
  • Le très grand Sarkozy, qui conteste à Robert Hue le prix du meilleur nain de jardin relâché dans la nature, va fournir une jolie fin d'année à des centaines de gosses cette année : les expulsions vont reprendre à la pelle, aveuglément, dès la fin de cette année scolaire. Des préfets avaient d'ailleurs anticipé le mouvement, ici ou là : comme au bon vieux temps, ils nous sortiront qu'ils ne feront que leur boulot...  Je m'inquiète aussi pour l'une de mes élèves, ici en Belgique, qui a très bien réussi son année scolaire mais se retrouve, elle aussi, sous le coup d'une mesure d'expulsion... Il est loin le temps de Radio Kosovo...
  • Je dois rendre visite à beaucoup d'entre vous : j'en ai pour un certain temps. Tant de plaisir en une fois : vais-je y survivre ?
  • L'actualité d'hier : ne se commente même plus, parce qu'il n'y a peut-être plus d'explication à trouver et qu'il faut vivre à tort et à travers...

A bientôt.

15:36 Écrit par Ubu dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

28/05/2006

Privé de désert ?

 

Et une petite pause de plus,

sous un soleil étrange,

le temps d'être en retard.

 

A vous tous qui passez,

sciemment ou par hasard,

à bientôt.

22:20 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook |

14/05/2006

Blackboard jungle...

 

Un collègue, et un ami, s'est fait agresser ce mercredi non loin de la station de métro qui jouxte l'école. Des élèves de notre établissement et, par la suite, des collègues, se sont interposés entre lui et ses agresseurs. D'autres élèves ont protégé une collègue enceinte qui se trouvait sur les lieux de l'agression.

 

Nous avons tous voulu réagir à ce lâche tabassage. D'abord, dans notre école, les élèves et tous les membres du personnel ont tenu à montrer leur rejet de ces violences gratuites en l'exprimant vendredi en présence des autorités communales et en rappelant leur sympathie pour leur prof agressé. Ensuite, la police a mené l'enquête très rapidement : à tel point que le principal agresseur, originaire du quartier Anneessens,  était identifié vendredi, soit deux jours après les faits. Et relâché peu après l'ordonnance du juge des enfants qui l'envoyait dans une IPPJ : manque de place...

 

Nous avons réagi comme un corps, en refusant la logique de la terreur qu'engendre ces agressions. Nous avons soutenu la victime principale qui, elle-même, refusait de se laisser terroriser par les coups reçus. Nous avons rassuré les élèves effrayés ou choqués et nous avons soutenu les élèves qui avaient réagi, qui réagiront encore. Nous avons réagi comme une école qui estime être un corps, parce que nous serons toujours plus forts que ces minables crapules qui ne commettent leurs méfaits qu'en bande. Nous avons réagi parce que nous ne croyons pas à la misère morale, au fatalisme du milieu, aux propos pontifiants des experts professionnels, aux forcenés du tout sécuritaire comme aux chercheurs d'excuse. Nous avons réagi parce qu'attaquer l'un de nous, c'est s'en prendre à tous.

 

Et puis, nous ne voudrions pas que nos élèves pensent que leurs professeurs, leurs éducateurs, leur chef d'établissement sont des irresponsables, comme Madame Fonck, qui a en charge (mais si peu, nous avons dû le constater) les IPPJ.  Nous ne voudrions pas que nos élèves pensent que l'efficacité des institutions se mesure à l'incompétence d'un quelconque cabinet ministériel, incapable de s'attaquer aux quartiers Chicago qui fleurissent un peu partout. Nous ne voudrions pas que nos élèves aient l'impression que, même lorsque la police agit vite et bien, rien ne peut nous éviter de rentrer dans un mur, faute de responsable politique à la Communauté française, dont notre école dépend pourtant.

 

Et puis, il nous faudra expliquer que nos (ir)responsables politiques autorisent l'enfermement d'enfants sans-papiers mais ne trouvent pas le temps de s'occuper des réelles bandes criminelles qui veulent imposer leur loi de la jungle là même où nous essayons de rappeler les principes de la démocratie. Il nous faudra aussi expliquer à nos jeunes gens, qui ont fait preuve de courage, pourquoi nos politiciens se satisfont très bien d'un système de liste d'attente, y compris pour des agresseurs, certes mineurs, mais très violents et récidivistes. Et pourquoi ce laxisme n'est pas le fruit d'une loi mais simplement le résultat d'une incompétence caractéristique de certaines de nos institutions... Et que les règles, faute de moyens pour les garantir, ne s'appliquent qu'à ceux qui ont la moralité nécessaire pour les respecter.

 

C'est fou tout ce qu'il faudra se résoudre à expliquer à ceux qui osent ne plus se soumettre.

 

Mais nous continuerons à réagir comme un corps.

10:44 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (30) |  Facebook |

Remy Van den Abeele

 

Je suis venu à la peinture debout, de face, sur la pointe des pieds

et je partirai debout, de dos, sur la pointe des pieds.

 

C'était mon grand-père : il est mort ce mardi vers trois heures du matin. Je le remercie de m'avoir fait voir sa vision du monde, peuplé d'objets anodins qu'il savait mettre à l'avant-plan, de m'avoir fait découvrir ses rêves, parfois très étranges.

 

Et puis, surtout, je le remercie d'être resté lui-même depuis que j'ai eu la chance de le connaître.

09:59 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

09/05/2006

Un parfum d'élections...

 

 

Les blogs politiques foisonnent : les futurs candidats se positionnent dans le vide et communiquent avec leur nombril. Bref, ils n'en finissent pas de se prendre pour le centre du monde.

 

Ils ont des avis sur tout : ils ont surtout des avis. Comme s'ils voulaient oublier un instant cette savoureuse définition de l'échange d'idées, donnée par Jean-Jacques Jespers lors d'une semaine infernale : l'élu vient avec ses propres idées et repart avec celles de son président de parti.

 

Nous plaçons souvent en accusation les partis de la majorité pour leur inefficacité, leur inertie, leur manque d'à-propos : ces remarques pourraient tout aussi bien être adressées à ceux de l'opposition. D'autant que dans notre petit pays, tout parti démocratique  - n'évoquons même pas les cinglés, les gugusses et les haineux - se retrouve dans une quelconque majorité...

 

Ces blogs politiques, disais-je avant de m'interrompre moi-même dans une de ces digressions qui me vaudra un jour un face à face avec mon propre reflet, pour peu que je me lance dans l'acquisition d'un miroir de bonne taille, ces blogs témoignent d'une incapacité : leurs tenanciers avouent qu'ils ne sont plus des responsables, des décideurs et qu'ils se sont mués en objets de communication, comme de quelconques lessives.

 

Il y a quelque chose de malsain à voir un élu commenter une actualité dont il devrait être l'acteur principal : je ne peux m'empêcher de songer au boulangisme, qui est né d'une crise du parlementarisme. Une autre idée me turlupine aussi : ces babilleurs de fond sont les garants de la démocratie que je défends...

 

Une institution donne les preuves de son inefficacité lorsqu'elle n'assure que la pérennité de sa propre existence. Chers politiciens, si vous cessiez un peu de communiquer à tort et à travers. Vos états d'âme m'importent peu, vos inaugurations de patronnage me laissent froid, votre logorrhée m'insupporte, vos petites querelles bâtardes m'agacent, votre mesquinerie et votre campanilisme m'exaspèrent : ce n'est pas pour cela que je vote.

 

Je vote parce que c'est nécessaire. Malgré vous...  

05:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

 

 

Le petit séjour que j'évoquais dans le post précédent s'est bien conclu, en dépit de quelques frottements. Si mes élèves n'ont manifestement pas l'habitude de la cambrousse et du plein air, les autochtones en sont encore à s'étonner de l'existence d'allochtones, comme on dit.

 

C'est assez prodigieux : nous vivons prétendûment une ère de la communication où l'information devrait se propager dans sa diversité et sa variété, au détriment, supposons-le, des préjugés qui nous enracinent. Et puis, non : le moindre visage un rien buriné excite une sorte de méfiance, comme si une réputation toute faite attendait mes jeunes gens où qu'ils aillent. De même, les cheveux un peu longs et blonds des élèves d'un autre établissement ont engendré une certaine méfiance auprès de mes têtes blondes : méfiance qui céda bientôt à un certain intérêt lors des danses, surtout les slows, de la fête finale.

 

L'un ou l'autre imbécile institutionnel - ce devait être Malraux un soir de cuite - avait sorti que le vingt-et-unième siècle serait spirituel : je crains qu'il ne reste celui de ceux qui sont nés quelque part, parce qu'ils ont la trouille de dépasser leurs propres horizons, parce qu'ils plongent dans les complots de leur propre peur, parce qu'ils craignent leurs zones d'ombre.

 

Tout le monde ne peut pas se déplacer avec sa tour d'ivoire portative.

04:39 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

03/05/2006

Puisque vous partez en voyage...

 

Pas un voyage, une escapade.

De retour ce vendredi.

11:00 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

30/04/2006

Projet terminé

Le projet que j'ai mené avec mes élèves s'est bien achevé. Malgré les impondérables inhérents à ce genre d'activité, les montées d'adrénaline et les instants de profond découragement, le plaisir de voir une réalisation se concrétiser domine forcément. Tiens, j'ai utilisé le mot plaisir : il est presque devenu indécent de l'évoquer dans un climat éducatif où les experts ne cessent d'évoquer des compétences et des performances dont, au fond, ils seraient bien incapables.

 

Lorsque j'entends le constat souvent pessimiste porté sur une jeunesse désenchantée, incompétente, voire délinquante, lorsque l'on nous assène les prévisions les plus apocalyptique sur notre avenir, je reste sceptique sur la portée véritable de cette pensée qui semble davantage s'exprimer que se réfléchir.

 

Nous envisageons toujours des mesures d'ordre général, confondant dans nos représentations caricaturales le laxisme et la liberté, l'autonomie et la loi de la jungle, l'initiative et la prédation. Nous accusons les générations qui vont nous succéder de tous les maux ou la parons de toutes les qualités. Nous évoquons allègrement les innocences de l'enfance pour bientôt lui substituer la violence adolescente. Sans jamais nous regarder en face, nous, ces éducateurs, ces législateurs, ces politiciens, ces simples citoyens qui reconstruisons une réalité faite d'illusions et cédons à nos propres fantasmes.

 

Nous cédons au résumé d'une société qui nous échappe : nous avons vieilli. Et nous cédons autant aux discours de nos aigreurs qu'aux chimères qui édulcorent notre réalité. Nous n'osons plus nommer le délit pour ce qu'il est : tantôt nous poussons la note vers la monstruosité cacophonique, jusqu'à nier l'évidence ; tantôt, nous forçons le plaidoyer larmoyant jusqu'à exonérer nos jeunes gens de toute responsabilité. Comme si nous ne cessions de regarder dans nos adolescents les images déformées de ce en quoi nous croyons, comme si ceux-ci devaient toujours s'identifier à ce que nous pensons d'eux. Et comme si notre vision devait toujours s'imposer, jusqu'à les rendre étrangers à eux-mêmes...

 

Et notre culture médiatique oublie souvent de nous rappeler à la nuance, de nous prémunir de notre propre dérive : parce notre propre paresse nous inculque l'approximation comme ultime réalité.

14:42 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |

Un parfum de Scanie

 

Un parfum de déliquescence dans un paysage de calme et de sérénité, comme si une vierge froide se décomposait dans son sarcophage de fer, comme si Nuremberg s'immergeait dans la Suède contemporaine.

 

Le roman policier suédois est étonnant. De l'extrême brutalité des romans de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, parfois prémonitoires (Les terroristes met ainsi en scène un assassinat politique qui annonce celui d'Olof Palme) à la poursuite désenchantée des enquêtes de Wallander, sous la plume de Henning Mankell, la démocratie sociale y est disséquée sans être autopsiée.

 

La peur, l'insécurité, la violence gratuite sombrent dans la banalité de nos démocraties mais n'y deviennent pas pour autant un système de régime. Et un dysfonctionnement, s'il est une dérive claire d'un système, ne devient pas son principe fondateur. Malgré les miroirs aux alouettes des dictatures, qui font croire en des illusions simplistes qu'elles ne maîtrisent que peu, malgré les discours réducteurs et démagogiques qui prônent des solutions faute d'avoir compris les problèmes, c'est comme si la littérature policière suédoise nous lançait sur les traces de personnages quotidiens, contrastés et contradictoires, qui osent poursuivre leur action désabusée.

 

Parce que le pessimiste n'a plus d'illusion à défendre et qu'il rêve encore d'ailleurs possibles, en prenant garde de trop y croire.

 

Malgré tout.

14:11 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

26/04/2006

 

Je crois bien que je deviens fou.

 

Je m'éparpille, je me dilate, je me contracte : bref, je suis au bord de l'explosion. J'attends mon feu d'artifice.

 

Moi qui ai d'habitude l'air de sortir d'un match de catch avec mon oreiller, je palpite et je frémis dans l'attente de la conclusion du projet que mes élèves et moi menons de concert : pour le moment, nous nous rapprochons davantage des dissonances du free jazz que des joliesses des poèmes symphoniques...

 

Bref, on va dire que j'essaie de ne pas trop m'énerver en attendant de ramasser tous les morceaux qui m'auront lâchement abandonné durant ces prochaines journées.

 

Reconstitution du puzzle ubuesque du côté de vendredi avec une nouvelle partition, plus reposante celle-ci, pour la fin de la semaine prochaine.

 

Merci à tous ceux qui me font le plaisir de me lire et, surtout, éprouvent leur patience en attendant mes tardives réponses.

 

A bientôt, disais-je donc.

19:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

21/04/2006

Le tango de la peau

 

La manipulation fait partie de nos rapports quotidiens : on pourrait dire que nous construisons des relations sur un ensemble de messages, de représentations du monde que nous voudrions établir et partager. Nous cherchons des points d'accord dans une conversation : nous avons repéré la technique, les arguments, et nous acceptons de les entendre pour ce qu'ils sont... Parce que cette manipulation nous permet une liberté de mouvement, parce que l'agrumentation n'est pas insidieuse mais se résout à égalité. Et nous ressentons la caresse des opinions, qui souffle ses vents contraires sans viser à nous déstabiliser mais qui nous permet de modifier notre équilibre.

 

Par contre, d'autres manipulations visent à notre soumission et, à terme, nous déforment : nous n'envisagerions plus d'autre construction possible parce que nous pensons appartenir à une idée, parce que nous avons le culte de l'idée. Mais combien de fois ces idées ne nous semblent-elles pas insatisfaisantes ? Combien de fois ce que nous avions édicté en principe ne nous pousse-t-il pas à l'écoeurement ? Nous n'acceptons plus le mouvement : il nous écrase et nous comprime... jusqu'à l'explosion.

 

Je ne sais plus qui avait dit qu'une société avançait par ses extrémités mais se stabilisait par son centre. je préfère, personnellement, l'idée sensuelle d'un tango des idées, où les interlocuteurs s'enlacent parce que fondamentalement, ils se reconnaissent comme différents.... Et que cette différence s'apprécie dans toutes les positions : comme si les idées perdaient leur triste abstraction et devenaient enfin les vecteurs de la sensualité d'une pensée qui se palpe, se frotte et ne craint pas de se lancer dans une extase aussi infinie que passagère.

 

Se fixer sur des positions, ne serait-ce pas perdre ce goût des modifications infimes qui nous suscitent des rencontres inédites, accepter de se soumettre au temps en prétendant lui résister, et prendre les rêves d'un autre pour sa fallacieuse réalité à soi ?

21:34 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Raisonnable ?

Bon, d'accord, je ne suis pas certain qu'il soit très raisonnable de vous rendre vos visites avec un véhicule comme celui-ci. Déjà, le parking, je ne suis pas certain que cet engin y rentre. Mais vous n'allez tout de même pas m'en faire tout un cinéma ?

21:10 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/04/2006

Une histoire de violence

 

Nous ne concevons la violence concrète qu'à travers ses manifestations symboliques. En fait, nous pensons la violence et la reproduisons avant de l'exercer : et nous accusons la fiction de la propager.

 

Les tragédies mettaient en scène des horreurs : les catastrophes étaient le fruit de complot ou de malédiction, tandis que l'on mourait de guerre, de famine, d'épidémie. Les épopées glorifiaient les hauts faits des héros nationaux, camouflant la crapulerie de leurs exactions sous des dehors merveilleux ou prestigieux. Et puis, il y eut la télévision et le cinéma : prpices aux oeuvres de propagandes tout autant qu'à la mise en évidence de nos comportements, ils peuvent assumer leur mise en critique de notre violence spectaculaire. Sauf si la griserie de l'image nous fait céder à l'ivresse de nos colères enfouies.

 

Un miroir ne reflète que celui qui le regarde : nous sommes tous violents et les loupes nous irritent parce qu'elles nous rappellent à cette nature profonde dont nous essayons de nous extraire, parce qu'elles nous rappellent que nos instincts sont toujours présents.

 

 Une société humaine ne se peut encore concevoir sans violence : parce que nous n'avons sans doute pas encore quitté la jungle de nos origines...  

 

 

06:30 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |