14/12/2006

La guerre des mondes: le retour...

owelles

J'apprécie assez les hommages lorsqu'ils ne saisissent pas le prétexte d'une quelconque date anniversaire pour s'afficher : j'éprouve aussi un certain plaisir, peut-être pervers, à songer qu'une provocation vieille de près de septante ans puisse encore fonctionner.

 

La RTBF a donc osé poursuivre le spectacle de la politique fiction jusqu'au bout : comme je n'ai pas l'âme journalistique, je ne donnerai pas de leçon de déontologie mais mon goût du canular biche littéralement à la lecture des réactions, bien réelles, que l'émission a suscité dans un monde politique que l'on avait rarement vu si uni...

 

Où serait l'outrage ? Dans cette fiction, qui s'est présentée brièvement comme une réalité, ou dans les ballets communautaires incessants qui servent de fonds de commerce aux politiciens belges et belgicains, avides de se présenter en hérauts de contes de fée aux yeux d'une population qui cède facilement aux clichés et aux stéréotypes  auxquels elle s'attendait ? Depuis longtemps, le politicien belge, lorsqu'il n'est pas en délicatesse avec la justice au gré de la gestion d'une quelconque société de droit public qu'il songeait réservée à son usage privé, tend à user de sa prédisposition au clientélisme : sa proximité, il la revendique électoralement ; son discours, il le formate au gré des illusions à la mode ; ses idéaux, il les a bradés lors des spectacles auxquels il se prête.

 

Où est-elle, cette indécence du journalisme qui joue la carte de la provocation, puisque les phrases assassines et les effets d'annonce tiennent lieu de gestion politique depuis des années déjà ? A cette nuance près que là où un bandeau vient déciller le spectateur crédule en fin d'émission, les lendemains d'élections transforment l'électeur que l'on voulait séduire en citoyen que l'on persistera à berner : le spectacle électoral est bien cher pour une si triste qualité.

 

Ainsi, le quatrième pouvoir ne respecterait plus les institutions : c'est le constat courroucé ou larmoyant qu'affichent nombre de commentateurs politiques, et même une partie de la presse. J'oserai, pour ma part, y voir un espoir superbe : malgré les défauts de ce genre d'émission, dont nous ne finirons par retenir que l'effet spectaculaire au détriment de la réalité qu'elle évoque, je perçois le frémissement d'une presse qui conquiert peut-être son indépendance réelle à l'égard du spectacle qu'elle est censée relayer. Et cette attitude me semble beaucoup plus responsable et moins cynique que la énième répétition du même reportage sur une seule agression, qui entretient le réflexe sécuritaire, ou que l'absence de contestation des propos peu certifiés d'un quelconque élu en mal de respectabilité médiatique.

 

Ainsi, détourner les mensonges ou les illusions médiatiques pour les renvoyer à leur expéditeur, n'est-ce pas là une leçon de journalisme et de citoyenneté active ?  C'est en tout cas salutaire à la réflexion de chacun sur ses propres chimères.

 

 

19/10/2006

 

bug

 

Chers lecteurs et jazzonautes,

Un incident inopiné a fait sauter l'autre blog Ubucasa et ses videos de jazz : apparemment, un bug de Blogger en est responsable. J'ai pu  récupérer et remettre en ligne les posts ici. Je vais voir si je peux  également rapatrier vos commentaires dans les jours prochains grâce à Haloscan, qui ne semble plus vraiment compatible avec la nouvelle version de Blogger beta : c'est bête, hein. Sinon, vos réactions seront définitivement perdues, à mon grand regret.

En attendant, rendez-vous ici ou  : alors, si vous ne craignez pas de vous répéter...

18:00 Écrit par Ubu dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : demenagement, blogger, bug |  Facebook |

29/06/2006

De retour ?

 

 

Ma pause n'était que virtuelle : et pour vous ?

 

La suite des événements, pour ceux qui ont suivi :

  • L'année est pratiquement terminée, avec les aléas des délibérations pour les élèves et les contraintes administratives pour les profs. Pour mes élèves, les décisions finales me paraissent en gros logiques. Tantôt l'échec sanctionne un manque de régularité et un absentéisme chronique, tantôt il rappelle la nécessité d'une réelle mise à niveau avant un passage à l'année supérieure. L'échec scolaire n'est peut-être pas en soi la meilleure des solutions, je le concède, mais que dire de ces réformes criminogènes qui prétendent niveler le niveau scolaire, en supprimant la moitié des heures de l'enseignement artistique, tout en se prévalant d'une formation meilleure ? Une école n'est pas un centre de formation et mes élèves, même ceux qui ont gâché leurs chances cette année, n'ont rien de machines-outils préformatées aux tâches répétitives et ineptes, comme cet idéal d'homme nouveau (des abrutis compétents selon Brighelli) que nos pédagogues de pot de chambre veulent faire passer au nom de leurs soptuaires économies... Ben oui, je vois rouge : un rien de conjonctivite ?
  • Le très grand Sarkozy, qui conteste à Robert Hue le prix du meilleur nain de jardin relâché dans la nature, va fournir une jolie fin d'année à des centaines de gosses cette année : les expulsions vont reprendre à la pelle, aveuglément, dès la fin de cette année scolaire. Des préfets avaient d'ailleurs anticipé le mouvement, ici ou là : comme au bon vieux temps, ils nous sortiront qu'ils ne feront que leur boulot...  Je m'inquiète aussi pour l'une de mes élèves, ici en Belgique, qui a très bien réussi son année scolaire mais se retrouve, elle aussi, sous le coup d'une mesure d'expulsion... Il est loin le temps de Radio Kosovo...
  • Je dois rendre visite à beaucoup d'entre vous : j'en ai pour un certain temps. Tant de plaisir en une fois : vais-je y survivre ?
  • L'actualité d'hier : ne se commente même plus, parce qu'il n'y a peut-être plus d'explication à trouver et qu'il faut vivre à tort et à travers...

A bientôt.

15:36 Écrit par Ubu dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |