05/07/2004

La chorégraphie ne se danse pas à pas

J'ai parfois une étrange impression lors de spectacles de danse contemporaine : tantôt l'émotion survient, brute malgré la réflexion dont la chorégraphie est l'aboutissement ; tantôt, la danseuse préfère la démarche à l'entrechat (c'est un des rares pas de danses dont je connaisse le nom : à moins que le triple axel...). J'ai eu le plaisir d'assister à une spectacle de Michèle Noiret, au théâtre des Tanneurs, il y a quelques mois : elle nous y invitait dans une plongée sensuelle et parfois angoissante au coeur de nos territoires intimes. Et, quoique désorienté parfois, je me laissais aller au plaisir de la découverte, me prêtant à croire que ce type d'expression pouvait sonder des contrées inexplorées. Le kunstenfestival des arts me fit déchanter à deux reprises : je me méfierai à l'avenir de Paula Buelens et de Olga de Soto. Si la première chorégraphie était juste dans la mode du "je-fais-n'importe-quoi" sur un ton très convaincu à défaut d'être convaincant, la seconde se présentait comme une installation vidéo consacrée au ballet de Cocteau, Le jeune homme et la mort. Lorsqu'une danseuse évoque sa démarche, je m'attends à du mouvement, esthétique ou touchant. Les quelques pas que fit Olga de Soto pour aller d'un écran vidéo à un autre ne me convainquirent guère. Pire, le propos de ces témoins d'une chorégrapie mi-oubliée m'irritèrent d'autant plus qu'ils auraient pu me toucher si je n'avais eu l'étrange sensation d'un lamentable gâchis. Si l'on m'avait dit qu'il ne s'agissait pas d'un spectacle, peut-être n'aurais-je pas éprouvé de rancoeur. En fait, je n'aime pas la télévision, y compris quand elle phagocyte les salles de spectacle : les créateurs feraient bien de se souvenir de la qualité du théâtre vivant. Et j'espère que Madame de Soto s'est remise de sa démarche mal assurée.

22:15 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

pfff.... joli le lapsus : il y a quelques moi ! Ca traduit bien l'égocentrisme de l'auteur, qui regarde sans doute les productions artistiques à travers son spectre (sceptre ?, puisqu'il aime les lapsi) étroit de myope du coeur, à milles lieues de toute sensibilité et de toute humanité. Gageons que ce monsieur ubu se gargarise sans doute de spectacles de Victor Lanoux dans des salles dont l'architecture ne heurte pas sa "sensibilité".

Écrit par : Nathalie Ménigon | 05/07/2004

Je vous le concède Vous avez raison, chère Madame, mon ami est un peu sot avec ses à-peu-près tranchés, mais reconnaissons que pour la compagnie Buelens Paulina, il a un peu raison.

Écrit par : Paul | 05/07/2004

Y a pas de quoi Désolé, chère Nathalie, je persiste et signe. En plus, je ne déteste pas Victor Lanoux dont je vous conseille la pièce "Le Tourniquet". Quant au droit du spectateur à ne pas apprécier qu'on le marine dans le potage pour lui servir la soupe, je le revendique. Dont acte.

Écrit par : Ubu | 05/07/2004

Bon sang Allons Cousin, n'importunez pas la dame Nathalie qui a fait l'effort de lire votre texte fort longuet à mon goût et d'y aller de son commentaire.
Au fait, Lanoux, il est pas mort ?

Écrit par : Son cousin | 06/07/2004

ne peut mentir.... Bien dit, ce texte est fort longuet. D'ailleurs, je m'étonne que Nathalie ne l'ait pas relevé.

Écrit par : Paul | 07/07/2004

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