28/07/2004

Imaginerf ou imaginouille ? (Cobra)

On a beaucoup parlé l'année passée des intermittents du spectacle, de leurs grèves et de leurs actions qui ont mené au sabordage de différents festivals français. Une attitude suicidaire ? Sans doute. Une inadaptation aux lois du marché ? Sûrement. Le problème financier posé par leur statut provient, en majorité, des sociétés de production audiovisuelle, ces mêmes sociétés d'animateurs-producteurs dont on avait relevé la surestimation il y a quelques années, des sociétés tenues par des gens comme Delarue, qui prétendent imposer un concept pour camoufler leur manque d'idées. Or, cette télévision lambda a toujours son succès populaire et attire les annonceurs publicitaires autant que les spectateurs passifs avides de s'admirer dans leur foire aux vanités : impossible de citer toutes ces émissions dont la médiocrité sert de référence. Et puis, il y a le spectacle vivant, coûteux et pas toujours enthousiasmant, qui innove et se perd parfois dans les méandres de ses vrais concepts, de ses émotions assumées ou intellectualisées, mais qui offre certaines perspectives de variétés. Evidemment, il est très difficile de sponsoriser une troupe chorégraphique ou dramatique : une Andromaque revêtue d'un "survet" Adidas serait peu crédible, le récit ne semontrant pas assez sportif puisque la faible y gagne. On comprend ainsi très bien le raisonnement du Medef et de la droite française : il leur est impossible de payer aussi cher pour ce qui suscite la réflexion, et peut-être la subversion de celui qui se met à penser, ce qui n'entre ni dans une logique du travail, ni dans celle des loisirs organisés. Si j'ai été parfois très critique vis de certains spectacles - je ne parle pas ici de ceux de Jean Lefèvre, dont le style de jeu a sans doute influé sur la télé-réalité de nos lucarnes quotidiennes  - c'est parce que ceux-ci me demandaient une adhésion que je n'avais pas envie de leur donner. C'est peut-être dans cette possibilité du refus sporadique que réside la liberté de la culture, loin des anecdotes insignifiantes de la mauvaise télévision. Vivement la nouvelle saison.    

12:55 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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