31/07/2004

Les polis tics

Il y a une institution assez particulière en Belgique : elle s'appelle la Communauté française. Sa spécificité est l'absence de financement direct, en dépit du nombre impressionnant de ministres dont elle se retrouve affublée, tel Zavata de tous ses nez rouges. Il est vrai que les compétences qu'elle gère sont mineures : culture, enseignement, audiovisuel, que de l'anodin. Il y a peu  - précisément avant les élections -, les partis en lice se gargarisaient de leur obtention d'un refinancement global et avantageux. Les avantages se seraient-ils fourvoyés au gré de la création de commisions chargées d'évaluer le travail de groupes d'observation, friands lecteurs de rapports d'évaluation et autres paperasseries bien pratiques pour caler les étagères de guingois, les photocopieuses acharnées et les sièges pour nains ? Nenni : le refinancement est simplement insuffisant et l'équipe arrivée aux affaires envisage déjà des choix (douloureux ?) . On n'ose espérer de lents choix au menu.Les directions d'école vont devoir gérer ces choix à enveloppe fermée : on peut supposer que les compléments de subvention,  forcément exceptionnels, seront alloués au cas par cas et que le clientélisme électoral n'y aura sûrement pas sa part. Et puis,  il faudra assumer les sempiternelles réformes, pédagogiques ou supposées telles, pour se donner une contenance, à défaut de développer un contenu. Ainsi, un projet de nouveau bulletin est apparu dans le courant de l'année passée : sans doute était-il l'émanation de superbes intelligences qui ont l'ambition de former les parents à la maîtrise pédagogique. On y présente une évaluation critériée des savoirs, savoir-faire et compétence : à raison, on ne précise pas la définition de ces différentes notions, sans doute parce que les diverses commissions ont craint de se muer en groupes polyphoniques, elles qui sont tout au plus folkloriques, surtout en phase de digestion. Non content d'avoir créé ce document illisible, le pouvoir organisateur de la Communauté française de Belgique (c'est bien long pour si peu de choses, non ?) envisage de le mettre en application d'ici quelque temps : ce qui signifie un remplacrment coûteux des programmes informatiques actuels au détriment des budgets des écoles. N'est-ce pas un choix budgétaire de qualité, cher contribuable ? Mais les professeurs seront davantage formés : la pléthore de formateurs étiques et souffreteux doit bien donner l'illusion de gagner sa pitance. Sans doute faudra-t-il longuement leur expliquer comment vendre aux élèves et aux parents les nouvelles réformes, les nouveaux projets, les nouveaux programmes, de sorte que personne ne s'interroge jamais sur les gabegies financières d'une institution déjà mal en point mais que nos hommes politiques, toutes tendances confondues, nous promettent plus ambitieuse que jamais . A propos, un enseignement si souvent réformé peut-il encore aller au combat ?

03:34 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Mais mais mais Allons mon cousin, vous vous faites encore un sang d'encre, votre bile va vous faire souffrir de nouveau ! Profitez des jours ensoleillés et de la canicule à venir. Il sera encore assez temps de médire du gouvernement de la Communauté française de Wallonie - Bruxelles. Dame Arena fera ce qu'elle pourra !

Écrit par : :-P | 05/08/2004

Sans la liberté de blâmer... Je regrette simplement que les promesses électorales et la gestion "pragmatique" n'aient en commun que l'espace qui les sépare. L'exemple français fait craindre le pire : des trois priorités (santé, éducation, sécurité, seule la dernière s'est vue allouer des moyens substantiels. Il est vrai que combattre pour Francorchamps ou Ryanair témoigne tellement plus d'une vision ambitieuse de l'avenir de la culture francophone en Belgique...

Écrit par : Ubu | 11/08/2004

Hourrah Bien dit, ça c'est parlé...

Écrit par : Brice Lalonde | 16/08/2004

Le divin K Brice Après Nathalie Menigon, qui était sortie des siens, de gonds, voici notre cas Brice, encore vert qui êtes odieux. Non, je plaisante, bien entendu. Toujours ravis de recevoir des décervelés dans mon courrier. Et puis, les revenants ont toujours un goût de revenez-y, surtout en politique. Un prêté pour un revenu en quelque sorte.

Écrit par : Ubu | 18/08/2004

communauté française de belgique lorsque je vois ces mots, j'ai comme l'impresion d'etre un exilé dans mon propre pays, au meme titre que la communauté juive ou musulmanne ou autres !

Écrit par : charles | 03/09/2004

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