30/08/2004

Zazou, zazou

Par un heureux hasard, j'ai pu voir la diffusion du spectacle Zazou de Jérome Savary, en clôture des cérémonies qui commémoraient la libération de Paris. Hormis le fait que certains participants chantaient comme des casseroles - dont la fille de Savary- , le choix de ces petites musiques me semblait incontestablement judicieux. Les zazous, excroissance du swing, résistaient à leur manière. Au chants martiaux, ils opposaient leurs "Je suis swing" ; face aux tenues vert-de-gris, ils brandissaient leurs pantalons de golf, leurs vestes à carreaux, leurs bas blancs ; au salut nazi, ils répondaient par un doit qui tournicotait joyeusement. Un ami à moi, 
adolescent à cette époque, me racontait combien cette résistance, pour dérisoire qu'elle lui ait paru, lui avait été nécessaire et il déplorait que l'on ne lui ait jamais rendu hommage.Ainsi, alors que l'on propage le mythe d'une France combattante, jetant un voile pudique sur les succès du pétainisme, on oublie que quelques zazous défilèrent, au risque de leur peau, sur les Champs-Elysées, porteurs de deux gaules, en glorieux combattants de l'humour qu'ils étaient : ils ne furent pourtant admis à aucune cérémonie d'hommage. Il n'y a pas que les actions qui comptent : l'élégance est toujours admirable. Quand rendra-t-on hommage aux civils qui combattirent ou brocardèrent l'occupant ? Quand il sera trop tard ?  


09:34 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

les zazous Né en 28 j'ai connu l'occupation .j'étais swing et zazou.par la tenue vestimentaire,
chantant"Je suis swing" en croisant l'occupant haï à l'époque et toujours habité par
les mêmes sentiments nonobstant les cérémonies actuelles.Je continue à détester cette horde de sauvages et d'assassins.

Écrit par : daco cyril | 31/08/2004

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