31/08/2004

A mes élèves qui ont déjà réussi leur vie...

Et oui, le jour fatidique approche. Dès demain, mes m'sieur m'sieurs vont me poser des questions. Dans quelques jours, quand je tonitruerai un bon coup, ils me demanderont pourquoi je ne chante pas dans un opéra. J'aurai encore quelques embryons de crise cardiaque à la vue de leurs écrits parce que je n'aurais vraiment jamais imaginé que l'on écrive un mot de cette façon-là. Et de bonnes surprises, sans doute, qui danseront avec les déceptions, quand ils poseront des questions ou des réflexions qui dépasseront les bêtes cotes que je dois bien me résigner à leur infliger. Et des coups de sang, enfin, quand j'entendrai ces pédagogues qui prétendent, ces politiques qui pontifient, ces parents qui renoncent. Je râlerai alors contre ma toute relative indulgence, qui m'incite à les comprendre, mes élèves, même si je n'y réussis pas toujours,  mais qui ne m'empêche jamais d'exiger ce dont ils ne croyaient pas être capables pour qu'ils apprécient qui ils sont déjà. L'enseignant devrait toujours prendre le risque de l'intelligence contre le conformisme, quoique son employeur lui demande. Le principe du pédagogue n'est-il pas que son élève le démode sans cesse davantage ?  

22:40 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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