04/10/2004

Faces de carême

Sans doute vivaient-ils de leur désespoir. Leurs faces de carême, édifiantes pour le témoin qui se serait attardé à les regarder, avaient quelque chose d'effrayant : leur humanité, peut-être. Ces pénitents, en files longues et distordues, s'aventuraient dans les rues, entraînant rires ou frissons de dégoût. Leurs pas, entravés par de longues et lourdes chaînes, plantaient des traces profondes dans la boue des sentiers. On leur crachait quelques injures bien senties, on les frappait même parfois. Qui commettait cet outrage connaissait alors la peur, tant le frottement mou de ces corps décharnés suscitait les plus répugnantes sensations. Ils disparaissaient ensuite, leur périple accompli, jusqu'à l'année suivante. Mais les laideurs des hommes subsistaient, elles, avec une telle vigueur qu'elles meurtriraient encore un peu plus ces corps déjà si lamentables

23:17 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Effectivement Effectivement, certains croyants ne peuvent vivre leur foi qu' "exhibée" au public, comme si Dieu ne pouvait pas les voir s'ils étaient anonymes...
La vraie question est: puisque Dieu est amour, pourquoi voudrait-il que des gens souffrent... exprès et en son nom!

Écrit par : Armand | 05/10/2004

La pénitence... m'a toujours semblé douteuse : je suis prêt à assumer les responsabilités que je connais, pas celles que je ne puis qu'ignorer. Et la souffrance ne m'a jamais paru libératrice, à moi non plus. Etrange, cette manie de la culpabilisation : vanité ou autohumiliation ?

Écrit par : Ubu | 05/10/2004

Particularité Une autre particularité étrange de toutes les religions est de vouloir réglementer l'amour physique (nuit de noces dans l'obscurité pour les juifs, virginité pour les chrétiens, sexe avec le prêtre chez les mormons...)

Écrit par : Armand | 05/10/2004

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