07/10/2004

La fonction pudique ?

L'enseignement ne s'en remet pas de ne pas être une piorité. Ils sont très étranges, ces profs et ces étudiants, de rouspéter pour des petits riens, des petits soucis bien anodins face aux ennuis judiciaire d'un quelconque transfuge ou d'un mandataire politique fâché avec sa feuille d'impôts. Ainsi, les professeurs temporaires de l'enseignement officiel subventionné n'ont pas touché leur salaire fin septembre : de quoi se plaignent-ils donc ? Ils ne se rendent pas compte que le ministère de la communauté française a des soucis ? Que remplacer l'employé chargé de leurs paiements, tombé malade au mois de septembre, relève de l'exploit, de l'héroïsme ? Et puis, on peut très bien vivre sans salaire quand on a la chance d'habiter un pays riche. D'ailleurs, la ville de Bruxelles consent à leur avancer mille euros, dans sa grande mansuétude, sur ce salaire qui leur sera peut-être versé un jour ou l'autre : avec mille euros, on peut en faire des choses, non ? Les profs qui ont des enfants, me répondrez-vous, les frais de rentrée scolaire, le loyer, les charges, la taxe régionale ? Faux problèmes : le vrai drame se situe dans notre pénurie grave de ministres, de conseillers, de sous-chefs de sous-commissions. Les étudiants du supérieur non-universitaire se plaignent aussi à bon compte. N'ont-ils pas compris que bourrer leurs classes jusqu'à la gueule était une saine mesure d'économie d'énergie ? Que la promiscuité, voire l'imbrication, avec ses condisciples lui permettrait d'apprendre à travailler en équipe ? N'est-ce pas émouvant de voir nos petites têtes blondes puiser dans la poche de leurs voisins  -liberté de choix- le mouchoir salvateur et solidaire qui leur permettra de lutter contre les vilains rhumes communs à nos frimas ? Ne comprennent-ils pas, ces fâcheux rouspéteurs, que ce qu'un néophyte percevrait  comme une somme de négligences coupables n'est en fait que leur nécessaire adaptation aux lois du marchés, à la sélection naturelle de la compétitivité ? Ils ne méritent vraiment pas leurs élus : eux ne se plaignent jamais...
 

10:55 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

ah te voilà en rogne ce matin...;-)

Écrit par : fun. | 07/10/2004

Comme l'avait dit je ne sais plus qui... "je râle pour vous". Je précise que je ne suis pas personnellement impliqué par ces deux problèmes, si ce n'est à travers des amis qui se retrouvent en situation périlleuse. C'est une question de principes : j'aime que le monde politique respecte ses promesses et ceux qui dépendent directement de lui. Je me fâche donc lorsque ce n'est pas le cas. Merci de ton passage. A bientôt.

Écrit par : Ubu | 07/10/2004

"Veni vidi..." et comment dit-on "j'ai ri" en latin ??? Suis passée à mon tour et je sens que je reviendrai !
Ouaip' de quoi se plaignent les profs, comme ma copine pas nommée avec 10 ans d'ancienneté, mon copain qu'on change d'école en début d'année sous prétexte de temporaire prioritaire sans lui demander son avis, une autre amie mise à cheval sur 2 écoles distantes de 20 km alors qu'elle n'a pas de voiture (ni de permis !)... Quant aux élèves, pourquoi râler ? Façon, 'grossiront les rangs des chômeurs, tout surpris parce que dans leur Haute Ecole on leur a bien gonflé la tête en leur disant qu'ils étaient des génies...
Pfft ! Mal former les forces vives de demain, dans des conditions déplorables, franchement, c'est pas important...

Écrit par : La Fée Carambole | 07/10/2004

Surnuméraires Chacun sait que que seuls les français et les africains ont plus de fonctionnaires par million d'habitants que nous. Les politiciens y veillent en créant toutes sortes de parlements et réseaux d'enseignement...
Quand les communautés et régions auront compris qu'elles ont fait de la Belgique la risée du monde et rationaliseront enfin, voici une idée pour faire partir les surnuméraires volontairement.
Grâce à la "mobilité" des fonctions, on les contraindrait à enseigner dans une école à discrimination positive. Comme aucun élève n'écoute les cours dans ces établissements, la compétence n'est pas nécessaire. Ensuite, après quelques tabassages, ils s'en iraient d'eux-mêmes...
Ceci est de l'humour, ceci est de l'humour!

Écrit par : Armand | 07/10/2004

J'espère bien... scrogneugneu : chuis prof en discrimination positive ! Et mes élèves m'écoutent encore. Mais tu as raison, je ne donnerais pas cher de la peau d'un reclus de ministère : ils se font même mordre par les collègues quand ils osent passer chez nous. Quand à l'instabilité du corps professoral, c'est pour lui maintenir sa ligne de ses 20 ans : c'est-y-pas beau ? La Communauté, c'est l'athlète et les jambes nouvelle formule ! Merci de votre passage.

Écrit par : Ubu | 07/10/2004

Exemple Il faudrait des profs de ta trempe à l'athénée royal Madeleine Jacquemotte à Ixelles car c'est la cinquième agression en quelques jours!
Vois: http://www.dhnet.be/dhinfos/infos.phtml?id=9
Tu vois, je n'invente rien, même dans mes comments "humoristiques"!

Écrit par : Armand | 07/10/2004

Je connais l'école... j'habite dans le coin et certains de mes collègues y travaillent aussi. Il leur faudrait surtout un autre préfet. Quand en plus tu sais que le commissariat d'Ixelles est à deux pas...

Écrit par : Ubu | 07/10/2004

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