10/10/2004

Introspection

               Il s'efforçait d'écouter avec conscience les borborygmes qui tenaient lieu de philosophie à l'orateur. De vagues réflexions héraclitéennes mêlées à des considérations néo-existentialistes sur l'instabilité intrinsèque du monde dans lequel nous passions, lesquelles aboutissaient à cette conclusion banale : rien n'était fixé, hors de notre vue. C'est alors qu'il décida de fermer les yeux.

                Lorsqu'il les rouvrit, il entendit l'orateur affirmer que le monde dont nous étions les particules mouvantes était, lui, une masse inerte et stable, un être fixe et universel qui était tout, sans la croyance duquel nous n'étions rien.

                Lorsqu'il ferma à nouveau les yeux, ses paupières se scellèrent.

22:03 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

... Il s'endormit paisible dans le gargouillis des mots gobés doucement par le silence...
Bonsoir Ubu.

Écrit par : Ixième | 10/10/2004

... J'ai relu les posts précédents. Une vraiment belle écriture! :-)

Écrit par : Ixième | 10/10/2004

Oh... Que j'aime lire tes posts cher Ubu, ça me change des diatribes navrantes d'un certain B.

Écrit par : Fab | 10/10/2004

talent d'écriture, c'est certain...;-)

Écrit par : fun. | 11/10/2004

... Je confirme, je confirme, je confirme

Écrit par : serge | 11/10/2004

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