26/10/2004

L'identité

Il fuyait. Depuis son enfance, il fuyait son reflet, son odeur, ses sensations. Il fuyait tout ce qu'il avait vécu, pourtant rien de notable, et surtout ce qu'il risquait d'avoir à vivre. Il eût aimé l'immobilité impassible des statues,  n'était ce sentiment d'horreur à l'idée de passer l'éternité face à lui-même. Lorsqu'on l'arrêta, il ressentit un choc des plus violents : on le haïssait donc à sa place, on abhorrait son identité. C'est ainsi qu'il mourut en déportation, enfin fier d'être lui-même face à ces bourreaux qui lui déniaient les qualités d'un être humain.

23:06 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Parias Cher Ubu,
C'est le sentiment des "parias" (religion, façon de vivre, couleur de peau...) ou des non assimilables à notre société (autre vocabulaire, même réalité)...

Écrit par : Armand | 27/10/2004

Cher Armand, ce qui est dramatique, c'est que la création de parias ne cesse de persister : c'est peut-être ma tête qui m'agace... et pas que moi. A bientôt. ;)

Écrit par : Ubu | 27/10/2004

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