01/12/2004

Harmonie de nuit

Un mime grotesque  te décante

des complaintes absolues

où s'émeuvent des corps ivres

Les coeurs battent en silence

les lèvres se joignent sans un mot

et se collent sans hoqueter

Des femmes aux yeux fanés regardent de leurs mains

qui soubresautent

des corps d'hommes durs et froids

 

Elles les cisaillent avec une avidité

misérable et grotesque

poussant leurs feulements inassouvis

La lumière éteint ces ombres mécaniques

qui s'accouplent à peu près

Des rouages arrosés d'huile humaine

se bloquent pour toujours

Les esprits s'avarient les corps tombent

 

Le sommeil vient me délasser

pour une nuit sans aucun rêve moribond

qui s'agite dans ma tête folle

Un oiseau trille

je m'endors au sein de la vie réelle

où l'on ne peut exister sans ressentir

où le champ des expériences

se cultive avec le plaisir de l'amertume

Jusqu'à la fin






23:52 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Illusions perdues, mon cher Ubu? "Accouplement" (je déteste ce mot pour des humains) devrait toujours aller de pair avec l'amour, n'est ce pas ?
Autrement, ce n'est que l'alliance de l'imperfection mécanique et d'un gaspillage d'énergie...

Écrit par : Armand | 02/12/2004

Cher Armand, Ce texte, tout comme le suivant, a une bonne dizaine d'années. Et encore, j'ai fait pire à l'époque ! J'en ai tellement que je me demande si je ne vais pas ouvrir un blog sur la déprime. ;) En fait, je suis encore débordé pour le moment et, comme avec les aphorismes, je vais puiser dans mes réserves. Mais promis, dans une semaine, je prends le temps de réécrire au quotidien. ;)
Mais j'avoue que j'aime l'imperfection et le gaspillage d'énergie :)
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 02/12/2004

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