07/01/2005

Discrimination positive ?

"M'sieur, c'est pas un Arabe au moins ?" Cette question m’a été posée par une de mes élèves suite à l’annonce de l’arrivée d’un remplaçant. Elève d’origine marocaine, comme la majorité de la classe : les autres sont Turcs, Congolais, Ruandais, parfois sans papiers. Tous sont allochtones et la plupart d’entre eux proviennent de la commune, des quartiers résidentiels ou, le plus souvent, des quartiers populaires. Nous sommes dans une école à discrimination positive, expression imbécile mais qui se concrétise par quelques moyens de fonctionnement supplémentaire. Mes élèves viennent majoritairement d’un ghetto inavoué : j’en ai eu qui n’avaient jamais été au cinéma, d’autres collègues rappellent à leurs souvenirs les gosses qui n’avaient jamais eu un stylo-bille en main. Les gosses du Kosovo, du Ruanda, de Tchétchénie, d’Albanie qui avaient dû tout laisser derrière eux et les gosses d’origine immigrée : une année en classe d'adaptation pour certains, primoarrivants,  puis ils intègrent les classes normales. Et voilà qu’une gamine, dans mon école, dans ma classe, me pose cette question… « Je l’ignore. C’est important ? » On me répond : « M’sieur, les profs arabes, ils font n’importe quoi ! » J’avoue que je reste perplexe et que je flotte un rien. « Vous vous fichez de moi ? C’est une blague ? »

Et non, pas une blague… La discussion aidant, et d'heureux contre-exemples aussi, ils m'ont expliqué ce qu'ils pensaient : à savoir cette impression de désintérêt vis-à-vis d'eux, de volonté de les voir se replier dans une communauté, même à l'école, comme certains d’entre eux le sont dans leur quartier. Leur ras-le-bol d’avoir des profs parfois incompétents (ça, il y en a partout) et surtout leur impression de se réserver les profs allochtones comme s’ils étaient une sorte de dépôt. Ils reconnaissent que certains sont bons mais ils pensent qu’il y en a trop dans l’école. Et ils respirent depuis qu’ils sont au degré supérieur : là, il y en a beaucoup moins. Je reste très perplexe face à leurs propos, très révélateurs de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes ou qu’on leur renvoie d’eux-mêmes. Tous les arguments sortent : la réussite d’anciens élèves, le fait que les profs sont des profs, la réalité de la jeunesse bruxelloise, les difficultés de l’intégration, etc.

Pourtant, je reste songeur.  On ne peut pas parler franchement de racisme à l'embauche dans l’enseignement : même si le statut exige la nationalité belge, comme dans la fonction publique,  les dérogations existent. Donc, la plupart des profs de l’établissement sont belges, comme la plupart des élèves, en fin de compte. Cependant,  il y a cette manière particulière de gérer la "pénurie" et de discrimination à l'affectation des profs. On enverra donc en priorité les profs allochtones ou qui n'ont pas les titres requis dans les écoles réputées difficiles, avec les problèmes que cela pose : face à des élèves qui ont des problèmes linguistiques parfois aigus se retrouvent des collègues qui éprouvent eux-mêmes des difficultés avec le français...  Et on répercute les inégalités scolaire dans la gestion du corps enseignant : comme il y a peu d’élèves des ghettos dans les bonnes écoles, il y a peu de profs allochtones. Quant à la pénurie, elle est artificielle dans les établissements à discrimination positive : on dissuade les titres requis de s'y aventurer en leur laissant entendre que les travail est pénible, comme à l'athénée Jacquemotte où 70% des profs sont articles 20, ce qui coûte moins cher à la CF, puisque le salaire est moindre,  et permet de faire pression vu leur statut très précaire, puisqu’il suffit de ne pas les reprendre dans l’établissement. Enfin, il arrive parfois que l’on nous envoie les profs dont personne ne veut plus : ceux-là ont le titre mais sont « finis ». Sans doute suppose-t-on que la catastrophe passera inaperçue chez nous (ce en quoi on a tort !) ou ne donnera lieu à aucune réaction (et là, malheureusement…)

De nombreux profs se démènent pour gagner le pari de l’intégration, malgré les vents contraires : ils essaient de faire leur boulot correctement, en dépit des circonstances parfois très défavorables.  Ils exigent beaucoup de leurs élèves et d’eux-mêmes : ils jouent le jeu à fond pour obtenir des résultats tangibles. Ils refusent le communautarisme et restent intransigeants sur les matières qu’ils abordent, sur le travail à fournir, sur la réussite personnelle de leurs élèves. Si on les laisse faire ?  



16:57 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (59) |  Facebook |

Commentaires

Article parfait, enseignement pourri Cher Ubu,
Voilà un article comme je les aime, pas les faits dénoncés eux mêmes, bien évidemment!
Les aberrations de nos ministères de l’éducation (généralement cachées comme des maladies vénériennes), et une vision réaliste des faits avec leurs contradictions par quelqu’un qui connaît ce dont il parle! Une discrimination positive devrait être, par définition, meilleure que le tout venant…
Et que nous expliques-tu: certains profs n’ont pas les diplômes requis, certains sont démotivés, d’autres encore ont été rejetés ailleurs pour incompétence!
Le nombre d’enseignants ne fait pas la qualité de l’enseignement…
Dans la foulée, je suis presque certain que les labos et salles de gym nécessitant du matériel sont mal équipés avec des appareils mal entretenus et abîmés, voire dangereux…
J’avais lu une boutade: l’argent consacré au confort de notre ministre aurait permis de payer du «papier toilette» à toutes les écoles francophones… J’aurais aimé la remplacer par : «l’argent consacré au confort de notre ministre aurait permis de réparer ce qui est détraqué dans les écoles les plus abandonnées par un état providence qui n’a de providence que le nom».
Les ghettos et racistes existent mais les socialistes de salon aussi ! J’en connais dans le monde des blogs.
Une précision pour finir: mon épouse vient d’un milieu défavorisé et peu éduqué, mais elle a bénéficié d’un enseignement de qualité qui lui a permis d’en sortir. Si un manque d’enseignement mène au repli identitaire, voire à la délinquance, un bon enseignement peut effacer les différences sociales.
Amitiés

Écrit par : Armand | 07/01/2005

Je vois... que durant mon absence momentané rien à changé dans la blogosphère le roi Ubu est toulours sur son trone et n 'est pas pret de le quitter.

Bonne et heureuse année à toi et à tes élèves tant qu'on y est, j'éspere qu'ils auront leur ubucasalauréat:)

Écrit par : Alsgard | 07/01/2005

Tayaut ! Tayaut Mon Cousin, la chasse reprend lundi ! Nul repos aux Sarrasinois !

Écrit par : Votre Cousin | 07/01/2005

... Une telle réalité... :-(

Écrit par : Nortine | 07/01/2005

Merci de votre passage Cher Armand,
L'honnêteté m'oblige à te dire que le matériel est relativement récent et que les salles de gym sont bien équipées dans une partie de l'établissement : l'école est très grande et certaines classes tombent un rien en morceaux mais c'est l'établissement où j'ai connu le plus de travaux ;) L'inégalité scolaire était relevée par Pisa : je ne suis pas fan de cette enquête parce qu'elle n'analyse pas les problèmes structurels de l'enseignement. Il y en a beaucoup d'autres encore... J'avoue aussi que la situation est plutôt en progrès dans l'établissement : moins de décrochage scolaire, des élèves corrects et en âge normal, des conditions de travail acceptables. Mais le passé de mon école ne nous laisse pas à l'abri d'une crise et d'autres établissements vont à la dérive. J'y reviendrai sûrement.

Cher Alsgard,
J'en aurai qui obtiendront leur CESS (certificat de l'enseignement secondaire supérieur) : combien, je ne sais pas encore... Ravie de te voir de retour ;)

Mon Cousin,
Nous croiserons le fer de concert : sus aux Sarrasinois ! ;))))

Chère Nortine,
Ce qui est éonnant, c'est que le système scolaire ne "pète" pas : les profs ne bougeront plus comme ils l'ont fait il y a huit ans. Peut-être que les parents, un jour... Mais notre chère ministre a plein de projets pour nous : un nouveau projet sort dès janvier. Comme d'habitude, plein d'intentions, beaucoup de promesses et puis rien : hypothèse la plus positive... Sinon, nouvelles réformes et couvercle sur la marmite... On verra...

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 08/01/2005

et toi alors quelle catégorie ? :)

Écrit par : imagine | 08/01/2005

Quel bel article, intelligent et inattendu à la lecture pour un bon blanc, qui connaît mal l'image que les jeunes gens de l'immigration (disons ça comme ça pour faire simple) ont d'eux-mêmes, voire même le procès qu'ils peuvent faire à nos initiatives. Le fait qu'ils soient ados les pousse indéniablement à surinterpréter (il est blanc alors, il est beur alors...) C'est vrai que cette question était vraiment éberluante. Qu'entendent-ils par n'importe quoi ? Dans l'attitude, dans la structure, dans le contenu du cours ? Mais ceci dit, tous les élèves ont le sentiment de changer d'air une fois qu'ils sont dans le supérieur , non ? Et peut-être que les élèves devraient s'interroger aussi sur leur propre changement, leur plus grande disponibilité (enfin, je vois ça de l'extérieur... ;-) ), leur maturité en tout cas... Bon samedi l'ami. N'oublie pas de répondre à imagine, à moins que tu m'accordes ce privilège... ;-))

Écrit par : Paul | 08/01/2005

Complexes d'infériorité vs infériorité réelle des cons Cher Paul,
Moi aussi, j'ai "tiqué" à la lecture de la question de la gamine... puis j'ai pensé qu'à force de voir les allochtones cantonnés dans des postes "subalternes", les immigrés ont acquis un complexe d'infériorité.
C'est terrible: certains d'entre eux risquent, à cause de ça, de renoncer à se battre pour se faire la place qu'ils méritent dans la société...
J'ai aussi été étonné que les problèmes des "écoles à discrimination positive" intéresse si peu de gens... Quand j'ai lu l'article, j'ai cru qu'il y aurait des centaines de commentaires...
Je ne suis pas psychologue pour un sou...
Amitiés

Écrit par : Armand | 08/01/2005

ok soyons fous
n'oubliez pas votre humour
les culs pincés j'en ai ma claque
la discrémination positive ou négative c'est tjs que de la discrémination !
bonne journée

Écrit par : imagine | 08/01/2005

.... Lire "Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman, un afro-bourguignon qui remet tout le monde à sa place, racistes primaires, multiculturalistes naïfs et communautés allochtones. Il vaut mieux parfois un bon pavé dans la mare pour changer de fusil d'épaule que des discours qui n'ont rien changé à une situation depuis l'arrivée des premiers "travailleurs invités"

Écrit par : promethee | 08/01/2005

Merci de votre passage Chère Imagine,
Je suis hors catégorie, bien entendu, ou dans toutes à la fois ;)

Cher Paul,
Effectivement, leurs représentations d'eux-mêmes se modifient dans la mesure où eux-mêmes changent. Quant à cette remarque, je leur ai posé la question : rien de précis n'est sorti... Ce qui m'inquiète surtout c'est que cette situation instable permet à de "joyeux" sectaires de fondre sur eux... Si je peux les amener à s'interroger sur ce qu'ils pensent, je m'interdis de leur donner des réponses à des questions dont je n'ai pas la réponse ;)

Cher Armand,
Je pense que ça fait trente ans qu'on a loupé le coche de l'intégration et que, loin de réagir, nos chers responsables laisse la situation dériver vers le communautarisme. Je te conseille d'aller faire un tour sur le site assabyle.com, site fermé par la justice mais dont les pages subsistent en cache (via google) Tu y verras la complexité du problème de la réussite sociale et le tour d'une mentalité minoritaire mais agissante, malheureusement...

Chère Imagine,
La discrimination positive n'est que le rattrapage d'années sans action, pire peut-être de relative indifférence... Elle n'est donc pas un remède en soi puisqu'elle marque les écoles. Le terme me semble mal choisi : j'ignore qui a pu l'inventer...
PS : je ne comprends pas pourquoi tu veux me pincer le derrière... Etrange fantasme ? En plus, ça fait mal, dis ! ;))

Cher Prométhée,
Merci pour la référence, que j'ignorais, mais je crains qu'elle ne soit pas vraiment transférable. Le fait que la situation se passe dans une grande ville, dans une population parfois stigmatisée et avec un repli identitaire me semble important. Il y a sûrement des idées qui m'échappent mais je ne suis pas persuadé que l'analogie puisse marcher. Par contre, si tu as connaissance d'une enquête sur le sujet, je suis preneur ;)

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 08/01/2005

J'essaie de comprendre les différents points de vue... Cher Ubu,
J'essaie de m'instruire:
-Le site assabyle est un site islamiste... anti-tout-ce-qui-n'est-pas-pour -le-jihad (si je peux me permettre l'expression). Il ne m'a pas fallu lire longtemps pour le comprendre!
-Le livre référencié par Prométhée prône l'intégration totale, se fondre dans le pays d'accueil, c'est à dire, comme l'auteur dit: "obtenir le droit à l'indifférence"... C'est en quelque sorte perdre son âme pour avoir la paix...
Il me semble que, comme pour tout, il faut garder la mosquée au milieu du village et que les différentes cultures peuvent s'épanouir sans se fondre en une culture internationale "moyenne et insipide", à condition de pratiquer la tolérance qui semble manquer singulièrement dans certains milieux chrétiens et musulmans...
Plus je te lis, plus je t'apprécie...
Amitiés
P.S. Ne serais-tu pas un peu un idéaliste masochiste qui recherche des tâches qui rebuteraient le commun des mortels?

Écrit par : Armand | 08/01/2005

Cher Armand, Si j'ai cité ce site (oulà, allitération), c'est parce que mon établissement y fut nommément mis en cause ;) Voilà à quel esprit sectaire mes élèves sont parfois confrontés, quand ils n'y sont pas immergés :-(... Quant à la référence de Prométhée, je te remercie pour tes informations. J'avoue que j'ai pensé au livre de Magyd Cherfi, ancien chanteur du groupe Zebda, mais je ne l'ai pas lu non plus... Une culture, ce sont des racines qui voyagent , selon moi. Je te rassure : je ne suis pas masochiste et j'ai souvent plaisir à donner cours parce que je me dis que ça marche, parfois du moins, et que je ne me pose pas des objectifs inaccessibles : à petits pas... ;)
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 08/01/2005

Saluuuuuuut Dis donc Cousin, www.islam-belgique.com n'est pas mal non plus, sourtout les petites annonces.

Soit, soit, dès lundi, reprenons notre croisade !

Écrit par : Votre Cousin | 08/01/2005

Mon Cousin, Avez-vous briqué votre armure ? Montjoie et Saint-Denis ! Breitz bepred ! Et toutes ces sortes de choses... ;)))
A lundi.

Écrit par : Ubu | 08/01/2005

.... Armand,
Je ne sais pas si tu as lu Gaston Kelman mais il n'appele pas vraiment à dissoudre l'identité culturelle dans un magma unique propre à la société d'accueil, il fustige les erreurs du repli communautariste mais bien également le fait que l'on ne reconnaît pas toujours le droit aux gens d'être français ET maghrébin, belge ET noir, etc. Quoi de pire que de demander à Mohamed de se faire appeler Robert et à Rachida de prier le petit Jésus ?La nuance est de taille et bien précisée dans les propos dudit auteur, pour que l'on ne parle pas d'appel à "l'intégration totale" comme tu sembles l'avoir compris.

Ubu,
Cette situation décrite dans le billet est en voie de putréfaction, on encommissionne les problèmes jusqu'à la prochaine éruption volcanique et, là, encore une fois, les beaux discours seront de mises, rien dans les actes...
Au fait, le bouquin de Kelman est une oeuvre générale, il ne porte pas sur le cas de ton témoignage....

Écrit par : promethee | 09/01/2005

.... ps: les beaux discours et l'inaction, je vise évidemment le politique et la démission des parents...tu t'en doutes...

Écrit par : promethee | 09/01/2005

Prométhée Désolé,
J'avais cherché sur Google et trouvé quelques bribes du livre que je n'ai pas interprété avec autant de discernement que toi... Heureusement que tu es là pour mettre les choses en place! Que serait le monde des blogs sans toi! ;) ;)
Amicalement

Écrit par : Armand | 09/01/2005

Merci de votre passage CHer Prométhée,
Ce n'est pas moi que tu dois convaincre de l'enlisement des actions d'intégration et des effets d'annonce qui ne se concrétisent que très rarement. Quant à l'ouvrage de Kelman, je n'en ai lu qu'un extrait qui ne me paraît guère concaincant dans son ensemble : il y a à boire et à manger, même si sa distinction entre communauté et communautarisme me semble digne d'intérêt. Dans ses interviews, il me semble oublier les interventions économiques (voire plus si affinités) de certaines multinationales (Elf ? Total ? etc.) . Enfin, cela n'empêche pas à mes yeux qu'il faille enquêter sur les jeunes Bruxellois allochtones : je serais très curieux des résultats d'une analyse sociologique claire et objective, si c'est encore possible.

Cher Armand,
Je t'ai trouvé un extrait sur le site des éditions Max Milo : je suppose qu'il est significatif. Je le place ci-dessous avec quelques autres liens parfois partiaux (dans les deux sens bien entendu) : ce qui me semble assez normal pour une perception plutôt subjective du problème posé. En est-il d'autres ? ;)

Interview
http://www.linternaute.com/sortir/auteurs/gaston-kelman/gaston-kelman.shtml

Critique Express
http://livres.lexpress.fr/portrait.asp/idC=7863/idR=5/idTC=5/idG=0

Périphéries : critique négative
http://www.peripheries.net/crnt53.htm

Compte-rendu
http://www.revue-republicaine.org/DOScommunautarismesdoc040426kelman.htm

Interview All-Africa
http://fr.allafrica.com/stories/200501030356.html

Critique avec citations
http://www.ac-versailles.fr/PEDAGOGI/ses/traveleves/fichlect/kelman_jofrere.htm

Réponse
http://www.ac-versailles.fr/PEDAGOGI/ses/traveleves/fichlect/kelman.html

Un extrait
http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=71

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 09/01/2005

Cher Ubu Pourrais-tu jeter un coup d'oeil à ta chandelle verte?

Écrit par : Armand | 09/01/2005

Cher Armand, Bien reçu : je t'ai répondu ;)
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 09/01/2005

.... Ubu,
Ne lis pas "un extrait" car il n'y a pas que à boire et à manger, certaines vérités font plus de bien sur le long terme que de mal en apparence.... :)

Au fait, pourquoi écris-tu "Dans ses interviews, il me semble oublier les interventions économiques (voire plus si affinités) de certaines multinationales (Elf ? Total ? etc.)" ? J'avoue ne pas comprendre....

Écrit par : promethee | 09/01/2005

Post assez pertinent puisque moi aussi, je pense m'orienter vers l'enseignement. Pas par dépit, mais par goût, par envie !
J'ai actuellement un graduat en automatisation et robotique. Je vais peut être pouvoir, enfin, changer de travail et essayer d'inculquer un peu de cet art informatique, franchement je suis impatient de pouvoir donner mon premier cours.
Je vais très certainement aller à l'école du soir pour passer mon CAP. C'est une nouvelle vie qui commence, je crois que c'est important !

Écrit par : Nola | 10/01/2005

Merci de votre passage Cher Prométhée,
Simplement, dans une interview lue, il évoque la manière dont les Africains se déchargent de leurs problèmes en dénigrant et en voulant imiter l'Occident : dans le premier lien, c'est en tout cas ce que j'ai compris. Peut-on leur donner tout à fait tort quand on voit l'action des multinationales dans certains pays ? Je pensais aux scandales "Elf" en le lisant. Je le lirai sans doute, avec "Livret de famille" de Magyd Cherfi (Actes Sud) en regard ;)

Cher Nola,
Attention à ne pas céder à la vocation : c'est un métier avec ses contraintes, surtout administratives. Le reste fonctionne si on reste honnête avec sa manière de procéder. Si tu restes motivé, bienvenue : je suppose que tu peux faire du bon boulot. ;)

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 10/01/2005

Envoi J'ai envoyé quelque chose sur ta bougie verte. Pas t'asseoir!
Amitiés

Écrit par : Armand | 10/01/2005

*** Je me rappelle d'une leçon sur le racisme que j'ai donnée dans un lycée professionnel et de ma déconvenue face à cette "graine de fasciste" en face de moi ! Ben oui, jeune et innocente, j'avais axé le bazar en partant du postulat que les élèves ne l'étaient pas, racistes. Sotte que j'étais...
Ils y sont tous allés de leur histoire de vol ou d'agression par des gens de type méditerranéen, anecdotes aussi éculées que fausses puisque légendes urbaines transmises par le bouche à oreille aussi sûrement que les contes d'antan.
Un rapide tour de table m'a fait découvrir des élèves qui d'origine italienne, qui ukrainienne, etc. en tout une dizaine de différentes mais, comme ils me l'ont si bien souligné "européennes, M'dame, rien avoir"...
Pour passer du perso au général, je me deamnde si le Ministère n'a pas trop tendance à envoyer des profs d'origine étrangère dans les écoles à grosse proportion d'étudiants allochtones "parce qu'ils seront mieux acceptés que les autres". C'est en tout cas le cas avec les éducateurs des rues, à ce que je sais. Mais ça ne fait que renforcer la éghettoisation".

Écrit par : La Fée Carambole | 10/01/2005

Tout n'est pas blanc ou noir ! Permettez moi mon Cousin de faire une chtite remarque à Dame Fée Carambole.
Si les élèves issus de l'immigration européenne peuvent être raciste envers les maghrébins, ces derniers peuvent aussi exprimer toute une série de préjugés, de lieux communs et de rejets à l'égard des Polonais, des gitans, des azirs (nègres, terme couramment utilisé) ou des Juifs pour ne citer que ces exemples. Sans parler des piques entre Rifs (Berbères) et Arabes.
On ne refait pas le monde, les idiots sont partout !

Écrit par : Votre Cousin | 10/01/2005

Merci de votre passage Chère Fée,
C'est parfois l'inverse qui se passe : les professeurs d'origine étrangère ont parfois beaucoup de mal à être acceptés. Ils vont entendre de la part de certains élèves : "On ne se fait pas ça entre Marocains !". Entendu par un de nos éducatuers, qui a répondu immédiatement : "Je ne suis pas Marocain, je suis éducateur" En plus, la situation évoquée par mon Cousin, qui est mon collègue direct comme tu l'auras compris, est réelle : j'ai déjà entendu ce genre de propos et j'y ai d'ailleurs toujours réagi. Mon Cousin et moi nous faisons passer pour des nobles, issus de familles de croisés (d'où les sus aux Sarrasinois qui émaillent parfois les commentaires), lui se présentant comme Juif protestant et moi comme Juif catholique : une manière comme une autre de remettre à distance certains discours, de relativiser les préjugés et de les amener, à terme, à les remettre en question (ça ne marche pas trop mal dans l'ensemble). Tu n'as pas idée de certains propos : chaque année, au moins un élève m'évoque "Le protocole des Sages de Sion", ce faux antisémite infâme, que je croyais réservé aux partis d'extrême-droite. Dans ces cas-là, beaucoup de patience... ;)) Pour les éducateurs des rues ou les médiateurs scolaires, tu as effectivement raison : en général, ça ne se passe pas trop mal, non plus, s'ils ne cèdent pas à la tendance communautariste qu'on a laissé s'insinuer.

Cher Cousin,
La xénophobie n'a en effet pas d'appartenance et la connerie pas de patrie : souvenez-vous des projets de Bob Cools, ancien bourgmestre Sp d'Anvers qui préconisait les ghettos pour les populations immigrées dans les années 80. Ce genre d'attitude est plus grave venant d'un politique, ou d'un professeur, que d'un adolescent, même si le dernier doit apprendre la responsabilité de ses propos. ;)

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 10/01/2005

discrimination positive. Encore une belle invention socialiste.
Inutile.
Je crois que si on ne démolit pas cette tendance qui tend à vouloir contenter tout le monde vu que les résultats ne donnent que des mécontents, on va continuer à s’enfoncer dans la médiocrité.
Ni dit-on pas qu’il vaut mieux faire un content et deux jaloux que trois mécontents ?
L’intégration et le civisme passent par la compréhension d’une situation et son adaptation individuelle afin d’arriver au résultat désiré.
Trop de démagogie!
Trop!

Écrit par : Tony | 11/01/2005

*** La connerie n'a pas de race... c'est peut-être là la preuve qu'on est tous égaux ??? Idée de départ intéressante pour une leçon ? A retenir... Je vois que certains ont "une certaine" culture... On connaît le Protocole des Sages de Sion sur les bancs du secondaire ? Suis impressionnée... Et Mein Kampf aussi ???
Le coup du chantage affectif "on ne se fait pas ça entre...", c'est moche, mais en effet répandu, j'en avais déjà entendu parler.
Il reste du boulot aux professionnels de l'éducation : réjouissez-vous... (???)

Écrit par : La Fée Carambole | 11/01/2005

il faut souligner aussi les conneries du gouvernement Je crois comme dit Tony que c’est la capacité et la volonté d’adaptation de chaque individu qui donne un résultat.
Comme il a été dit aussi, la discrimination positive est, et reste de la discrimination.
Par conséquent, elle ne peut avoir qu’un effet dans le long terme; créer encore plus de sentiments d’injustice et, ou, d’instaurer un mal être.

Aussi je pense que les médias sont coupables ; coupables par leurs influences de créer et de renforcer les communautés, bref rien n’est fait pour apaiser les esprits.
Mais journalistes et médias ne sont ils pas contrôlé par les gentils dirigeants qui nous gouvernent ?


Créer des problèmes pour ensuite prendre des « pseudo » dispositions, qui plus est, contraignante pour tous. Et se parer des meilleures intentions.
Voila ce que fait de mieux notre gouvernement.

Enfin pour les politicien les faut débats qu’ils créent eux-mêmes, auront au moins l’effet escompté.
Celui de nous occuper tous, de détourner l’attention, afin de continuer à bafouer
Nos droits les plus fondamentaux.

Écrit par : leptitpousset | 11/01/2005

... Bonsoir Ubu...

Écrit par : Nortine | 11/01/2005

Quand je dis les idiots sont partout... Hé oui Cousin ! Des gens peuvent être au Ps (pS) ou au Sp (SP.A) et exprimer des idées fascisantes. Combien n'en ai je pas entendues dans l'un ou l'autre Congrès ou dans le salon d'une Maison du Peuple !
Fort heureusement, cela reste minoritaire !

Quant à Tony, peut-être les pauvres (financièrement ou culturellement parlant) devraient-ils le rester, les riches devenir plus riches (l'eau doit aller à la mer) et les moutons en seront mieux gardés ! Qu'il évalue alors le coût de l'ignorance et le danger que représente une société dans laquelle l'ascension sociale est impossible. Il a intérêt à acheter un fusil pour protéger sa propriété privée. Vive le darwinisme néo-libéral !

Écrit par : Votre Cousin | 11/01/2005

ha bon? qui? qui parle de darwinisme neo liberal, ici?
je pense que tu te méprends "cousin"

Écrit par : leptitpousset | 11/01/2005

Des raisons d'espérer Ajoutez tout de même Cher Cousin,
- que la majorité des problèmes rencontrés dans nos classes, se retrouvent également dans d'autres établissements de la Capitale ou des Provinces, discriminés ou non (je cite sans généraliser : la fainéantise, le manque de travail et de curiosité, le moindre effort, l'esprit calculateur, les difficultés de concentration) ;
- que nos élèves (à 99 %) ont les mêmes rêves, projets, questionnements, préoccupations que n'importe quel ado de leur âge ;
- qu'on n'est pas dans une réserve d'indiens ;
- qu'à notre niveau, nous formons (quelques collègues et nous) un petit noyau qui n'hésite pas à secouer le cocotier, luttant quotidiennement contre l'ignorance et les préjugés ;
- que pour des juifs déclarés, nous sommes acceptés sans animosité, éveillant souvent toutes sortes de curiosités religieuses, politiques ou autres ;
- que pour un élève qui termine sa vie une balle dans la tête, cent autres font leur petit bonhomme de chemin avec des réussites diverses sans vagues !
En sommes vive Nous et baste des cons !

Écrit par : Votre Cousin | 11/01/2005

Réponse à chti poucet Faut lire plus bas !

Écrit par : Le Cousin d'Ubu | 11/01/2005

Merci de votre passage. Il est un peu tard mais on fait ce qu'on peut... ;)
Cher Tony,
On dit beaucoup de choses... La discrimination positive restera une nécessité tant que l'autre, la négative existera : c'est malheureusement la seule manière pour que des élèves comme les miens soient un jour considérés pour leurs qualités et pas selon ce qu'ils sont supposés être. Nous possédons un système scolaire profondément inéquitable : ce n'est pas le tout de préserver l'accès de tous à l'école, encore faut-il donner des moyens de cet accès. Evidemment, il faut user de ces moyens supplémentaires avec honnêteté et se refuser à tout compromis avec les exigences. Mais, dis-moi, comment parler de responsabilité à des gosses du primaire ou du début du secondaire lorsque leurs parents ne les prennent pas et les cantonnent dans un idéal de passivité et d'échec ? Faut-il sans cesse continuer à préserver une exclusion que l'on peut contrer ?

Chère Fée,
Un petit exercice donné aux élèves sur les préjugés et les généralisations abusives (je le résume : je ne vais pas faire cours à cette heure-ci !) Prenons l'énoncé suivant : "Tous les Arabes sont voleurs" Phrase entendu déjà : forte impression sur la classe... Inversons maintenant l'énoncé : "Tous les voleurs sont arabes" Très explicite pour le problème des nuances, toujours un rien complexe à maîtriser chez les ados : et chez les adultes ? ;) Quant à "Mein Kamf", contrairement au "Protocole", les élèves n'en parlent jamais : intéressant, maintentant que tu le fais remarquer... Je te rassure tout de même : si on m'en parle chaque année (je ne me souviens pas d'une année sans !), je dois dire qu'il s'agit de peu d'élève. Mais à force, ça agace...

Cher Leptitpousset,
La capacité et la volonté d'adaptation d'un individu ne sont pas indépendante des circonstances dans lesquelles il se retrouve placé. Je pense que les humains ont les moyens de dépasser la sélection naturelle : d'ailleurs, s'ils ne l'avaient pas dépassée, ils auraient déjà disparu ;) Imaginons un homme sans outil dans une forêt : mort en combien de temps ? Imaginons-le au sein d'un groupe : n'en obtiendrait-il pas assistance en cas de danger ? Pas tout le temps mais cela arrive également. Sur les médias, il est vrai qu'ils procèdent souvent à de joyeuses simplification, qu'ils soient publics ou privés (un peu plus, les médias privés si je me souviens bien de TF1 et de RTL) : cela ne correspond-il pas avant tout aux demandes de leurs spectateurs, qui consomment l'info comme le reste ? Il reste heureusement des organes d'information sérieux et relativement indépendants... Quant aux droits, ils ne valent et ne sont viables que s'ils sont partagés : comme lors du passage du suffrage censitaire au suffrage universel, voté par des élus du premier système, qui pouvaient y perdre... Il arrive ainsi que des politiciens défendent des droits qui dépassent leur idéologie.

Cher Cousin,
Même si ce discours est minoritaire, il est incompatible avec certains principes de base et il est poujadiste : combien d'exclusion des partis démocratiques à ce jour pour ceux qui le proférent ? C'est une décison qu'il faut assumer aussi... J'ajouterai à ton intervention une petite phrase de Victor Hugo : "Ouvrir une école, c'est fermer une prison" Autrement dit, la justice sociale est un facteur de stabilité : peut-on accorder des circonstances atténuantes aux gosses qui vivent dans des familles où personne ne travaille plus depuis des années et qui bossent parfois dans des conditions pénibles ? Quant aux autres (il y a toujours des autres), ils sont adolescents... Effectivement, Mon Cousin, je crois que lorsqu'on règle avec intransigeance les cas incurables, on peut construire un travail de fond avec les autres, et qui fonctionne plutôt pas mal. Cela n'empêche pas que que le cas sur cent que tu évoques laisse une impression de gâchis, malgré tout.
Pour l'apostrophe finale, Mon Cousin, elle aurait pu être évitée ou donner lieu à précision : j'apprécie tous mes commentateurs quand ils ne sont pas ânonymes.

A bientôt.



Écrit par : Ubu | 12/01/2005

toujours incisif et si la question devenait plus dense, plus dure
mais à quoi sert l'enseignement ?

et si simplement (sic)
les "décisionaires" (resic) se posaient la question ....


une autre manière de voir tous les jours en feuilleton chez
http://www.20six.fr/henrilauteur
(page : La Colo)
juste après le café du jour ...

Écrit par : xian | 12/01/2005

cher ubu l'adaptation se fait généralement de façon naturelle
pas sous la contrainte ni sous la menace


ne te focalise pas trop sur les chaines dite "privées"
car elles sont tout aussi controlées que les publiques en MATIERE D'INFORMATIONS
tu trouve que les droits sont partagés équitablement ?
permet moi d'en douter
pourtant c'est pas faute d'éclairer les gens sur la question

cité ci plus haut:"cela ne correspond-il pas avant tout aux demandes de leurs spectateurs, qui consomment l'info comme le reste ?"

tu dénonce bien un exemple du travail etatique exercé sur la masse .
LA DESINFORMATION d'une part et LA BETISE d'autre part

donc nous sommes certainement d'accord sur un point le systeme est bel et bien merdique



Écrit par : leptitpousset | 12/01/2005

Je crie: "Famiiiiiiiiiiiiineee!" Cousin... n'abuse pas de l'esprit de famille!
Avant de porter un jugement sur les gens, il faut les connaître.
Combien d'articles ai-je écrit chez moi pour mettre en relief le fatalisme belge face à la pauvreté! Comme si c'était génétiquement inscrit!!!
Le fait est que le système tel qu'il est minutieusement étudié ne donne aucune chance de s'en sortir à certaines personnes.
Certains trouvent que c'est idéal ou que c'est le moins pire possible. Je ne partage pas ce point de vue et pense qu'une socièté intelligente et honnête offre à tous le monde des chances de progresser, pas de s'encrouter. Mais en habitué de ce genre de débat sur le net, je sais que je perds mon temps car tout ce qui vous intéresse c'est vous conforter dans vos croyances et vous donner bonne conscience en jugeant ceux qui risqueraient d'ouvrir une autre forme de débat.
Bonjour à la famile, cousin et embrasse la cousine avec tendresse de ma part.

Écrit par : Tony | 12/01/2005

De l’information objective et des vraies priorités Ce matin, à la radio, un commentateur disait avoir lu sur un forum «qu’il était inadmissible que l’on se mobilise tant pour l’Asie alors que l’escalator de la gare centrale était en panne depuis des mois».
Le commentateur trouvait indécent que l’on compare 150.000 morts avec un escalator en panne…
Je généraliserais bien volontiers la question: la Belgique dépense des milliards pour un millier de parlementaires et leurs cabinets, les cultes, la famille royale, les arts, la culture «bio» et la culture «tout court», les castors en voie de disparition…
Par exemple, le «Théâtre National de la Communauté Française» (sic) est fortement subsidié bien que fréquenté majoritairement par des gens à fort pouvoir d’achat…
Ce n’est pas tout: on tolère des gaspillages (non je ne parlerai plus d’une douche célèbre) comme des ponts qui ne mènent nulle part, des circulaires Peeters, une dizaine de réseaux d’enseignement, des achats immobiliers laissés à l’abandon par la suite, des dîners «de travail» en famille et payés par les cartes Visa des communes… et on laisse des malheureux africains croupir dans des guerres civiles tribales sponsorisées par des dictateurs corrompus que l’on reçoit en grande pompe lors de leurs déplacements dans notre pays.
Un référendum (sur la répartition de nos impôts par exemple) est possible car on en a organisé un lors de la question royale. Ici, il y va d’un choix de société et de la vie d’êtres humains.
Je suis (un peu) partial, je sais. Mais je sais aussi que la «majorité silencieuse» a une opinion sur les lobbies (syndicaux, politiques, corporatistes) qui n’est probablement pas aussi belle que ces lobbies ne l’espèrent…
Amicalement
P.S. Ubu me dira certainement que je mélange plusieurs problèmes sans rapport entre eux. J’espère qu’il me pardonnera et corrigera le tir avec son bon sens légendaire… (Quand j'avais arrêté mon blog, il m'avait d'ailleurs autorisé à utiliser le sien pour exprimer mes opinions...)

Écrit par : Armand | 12/01/2005

Cher Xian, C'est une question pour laquelle je n'ai pas de réponse : soit on choisit la réponse de Bourdieu, perpétuer les inégalités (dans "Les héritiers"), soit on suppose que l'instruction permet de former un futur travailleur (hypothèse basse) ou permet à l'individu de se construire son épanouissement personnel. Autre possibilité : on trouve à quoi il sert avec le temps mais notre mauvaise mémoire nous le fait oublier ;))
Manifestement, ceux qui l'organisent préfèrent l'hypothèse basse ces temps-ci ...
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

priorité : ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain le misérabilisme n'a jamais aidé personne à s'en sortir.
Tout ce qui élève l'être humain lui permet aussi d'être plus digne et d'avoir désir et force de s'en sortir et d'aider les autres à s'en sortir.

Écrit par : deborah | 12/01/2005

Cher Leptitpousset, L'adaptation est le fruit d'une pression extérieure : la reconnaître comme unique système d'organisation reviendrait à un certain fatalisme et nierait la force de la volonté individuelle, me semble-t-il. Quant aux chaînes privées, j'évoque mes souvenirs ;) Mais pour obtenir une presse indépendante, il faut alors interdire toute publicité : les pressions des annonceurs sont aussi une réalité. Je me demande qui serait prêt à payer son journal au prix coûtant... ;) Pour le moment, nous pouvons juste espérer que des pressions de sens contraire s'annulent : j'avoue que je préfère celle qui permet un certain contrôle. Pour les privilèges de certains, tu n'as pas tort : c'est "tôdi le p'tit qu'on spotche"...
Merci de ton passage

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

Cher Tony, Tu n'as pas tort sur ton constat mais tu sais bien que nous divergeons sur la hiérarchie de nos priorités et de nos éventuelles solutions. Pourtant, je pense que nous aurions tendance à réagir aux mêmes situations d'une manière identique, toi, Mon Cousin, et moi. Pëut-être parce que nous nous rendons compte qu'aucun de nous n'a les moyens réels de construire une société honnête et intelligente : juste y contribuer parfois, quitte à ne pas être toujours d'accord. ;)
Amicalement.

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

Cher Armand, Non, tu n'es pas hors-sujet. Encore une fois, quelle est notre hiérarchie des priorités ? J'aurais cependant une inquiétude à ta solution de référendum : certaines lois et certaines affectations ne sont pas populaires immédiatement alors qu'elles ont leur nécessité. A l'époque de la dépénalisation de l'avortement, en France, de nombreuses associations catholiques avaient fait pression en précisant qu'elles inviteraient leurs membres à ne plus payer leurs impôts... Personnellement, je verrais dans ce système un risque de surmultiplication du lobbying. Le problème que tu dénonces tient davantage à l'absence de transparence (réelle) mais il faudrait toujours se fier à l'un ou l'autre expert, comme actuellement, et donc déléguer son jugement. Je penserais plutôt à une obligation contractuelle dans les programmes politiques: cela serait une véritable révolution ;)
Amicalement.

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

Chère Deborah, Ni misérabilisme ni charité : de la justice avant toute chose, transparent et équilibrée. Savoir ce que l'on fait et, autant que possible, pourquoi on le fait. Et malheureusement, parce que tout le monde n'est pas intègre, un contrôle exercé dans les règles de l'art... ;)
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

Désolé, mea culpa mea maxima culpa Je regrette humblement, Mon Cher Cousin ! Si j'ai pu offenser l'un de vos hôtes, c'était sans malice !

Écrit par : Votre Cousin tout contrit | 12/01/2005

... la fatigue sans doute : je me suis très mal exprimée. En fait, mon commentaire était un petit bémol au commentaire d'Armand sur la définition des priorités

Écrit par : deborah | 12/01/2005

les commentaires se succèdent à rythme rapide et le temps de taper le sien un autre est déjà venu s'insérer.
Je voulais donc simplement dire que face à des situations désastreuses, on en appelle parfois à rejeter certaines dépenses comme inutiles - ce qui est légitime et ce que soulignait si bien Armand.
Mais je crois que des choses comme la culture, la beauté, le sport... ne sont pas du superflu parce qu'ils donnent une dignité humaine et que c'est grâce à cette dignité que l'homme se relève et se bat. L'"inutile" est parfois essentiel pour garder la volonté de se battre. Un homme sans ce supplément d'âme sombre vite dans l'acceptation d'un minimalisme croissant (c'était le sens dans lequel j'avais employé le terme misérabilisme).
(J'espère que mon commentaire n'arrivera encore comme "un cheveu dans la soupe")

Écrit par : deborah | 12/01/2005

Priorités Chère Débohrah,
Un homme qui a faim préférera un bol de soupe à écouter un concert.
Ce n'est qu'après qu'il soit rassasié que les autres choses acquerront de l'importance...
Les deux tiers de l'humanité sont dans la misère la plus totale...
Quand ce problème de disette sera résolu, il sera temps de subsidier des choses moins importantes... En attendant, rien ne t'empêche de consacrer ton superflu à ce qui te tient à coeur, bien entendu.
Je t'aime bien, tu sais... car avoir du coeur est une qualité...

Écrit par : Armand | 12/01/2005

... Juste un petit bonjour du planqué rentré de... Tunisie.

Écrit par : serge | 12/01/2005

Ubu bien parlé.
Saluti in famiglia, cugini e tutti quanti ;-)

Écrit par : Tony | 12/01/2005

Merci de votre passage Cher Cousin,
Vous enfourchâtes encore votre fougueux destrier : je reconnais bien là votre panache mais les croisades ne sont plus ce qu'elles étaient. ;))

Chère Deborah,
Pas de cheveu dans la soupe : "c'est beau parce que c'est inutile" . Mais il y a peut-être des limites à garder. Quand Canal + s'offre le championnat de foot français à des prix délirants, on atteint l'excès d'inutilité. Et quand un théâtre se complaît dans ses goûts douteux également. Il reste toujours la possibilité à l'abonné de ne pas payer sa quote-part, s'il juge que cela ne le concerne pas... Mais il risque aussi de juger selon des envies du moment et d'oublier sa dignité à lui. En gros, réprimons donc les abus manifestes mais n'oublions pas que les plaisirs de la vie sont nécessaires ;)

Cher Armand,
Le problème de disette ne dépend pas de moyens : il dépend de volontés. Les moyens existent, y compris pour le "superflu", comme je l'avais dit dans un commentaire précédent : simplement, leur répartition pose manifestement problème (et c'est un euphémisme...) De plus, nous connaissons tous des cas de gens qui ont peu de moyens mais se privent pour une fête qui leur tient à coeur et je pense que nous le comprenons. L'aberration viendrait plutôt de cette mentalité qui veut que le spectacle se substitue à la vie réelle...

Cher Serge,
Bon retour sur la blogosphère ;) Tu n'as pas de chance : tu reviens pour les grands froids.

Cher Tony,
Je transmets à la famille. ;)

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

a la "téléllusion" j'ai regardé le magazine actuel sur la une ce soir...

Écrit par : leptitpousset | 12/01/2005

Cher Leptitpousset, Quel en était le sujet précisément ? Je te rappelle que je n'ai plus la télévision depuis des années ;) Même si je paie la redevance qui, à Bruxelles, est reprise dans la taxe régionale...
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

le FN et ses maitres d'armes dont le président Daniel Féret ...
je suis en droit de me poser pas mal de question sur ce qui a été dit
mais je la réserve pour les prochains jours le temps de rassembler
la plus part de mes interrogations

Écrit par : leptitpousset | 12/01/2005

Ah oui, le reportage de Defossé Je me demandais ce qu'il devenait : en général, j'appréciais beaucoup ce qu'il faisait. Ses enquêtes étaient toujours sérieuses et leur humour me ravissait : ah, les travaux inutiles. Ce "cher" Féret n'a pas dû apprécier...
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 12/01/2005

oui bien sûr Ubu moi aussi je t'apprécie Armand.
Ventre affamé n'a pas d'oreilles, bien sûr, mais il n'empêche quand qu'une des premières choses qu'on reconstruise, à juste titre à mon avis, en Asie, ce sont les écoles. En Afrique et ailleurs dans le monde quand les populations peuvent intervenir dans leur développement, et notamment les villageois et villageoises, c'est aussi dans ce sens qu'ils oeuvrent fréquemment.
Je crois que nous avons un peu trop tendance en Occident à gonfler les besoins matériels, par rapport aux autres besoins. Nombre de peuples extrêmement pauvres continuent à consacrer temps et ressources à ce que nous avons tendance à considérer comme superflu. Et je crois qu'ils sont plus sages que nous. Et dans nos contrées, des sdf se privent aussi pour continuer à garder un animal et le soigner. Et je crois que cela leur est nécessaire.
Ceci dit c'était évidemment une remarque générale, je ne pensais pas du tout à des dépenses granguignolesques comme certains matchs de foot, autres dakar ou spectacles.

Écrit par : deborah | 13/01/2005

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