13/01/2005

L'humanité n'a pas de prix...

Quelques propos de gens particulièrement responsables  cités dans le Charlie-Hebdo du 5 janvier.

 

De Eddy Wong, analyste en chef pour l’Asie chez ABM Amro : « Il est évident qu’avec de si importantes pertes en vies humaines, il faudra beaucoup de temps pour nettoyer les débris, enterrer les morts et retrouver les disparus. Mais ce n’est pas nécessairement un si grand événement en termes économiques. Les dommages subis par les bons hôtels ne semblent pas graves. Même si certaines chaînes hôtelières ont pu être affectées, il y a aussi des gagnants en termes économiques tels que les producteurs de ciment. »

 

De Vijay Tilakraj, cadre à la maison de courtage Cholamandalan Securities Bombay : « Ce n’est pas que la communauté des courtiers soit indifférentes aux désastres et à la douleur. Ils sont très préoccupés mais une réaction aurait été visible si les affaires avaient été affectées, ce qui n’est pas le cas. Le sens des affaires semble dominer tout le reste. »

 

De Denis Kessler, président général de la SCOR : «  C’est une catastrophe par le nombre de victimes mais, d’un point de vue économique, les dégâts sont relativement limités. Je ne parle pas des villages de pêcheurs, de toutes ces petites villes qui vivaient du tourisme, mais il faut savoir qu’aucun grand port de la région n’a été touché, ni les grandes installations industrielles. Or, c’est cela qui est très coûteux. Il y a bien entendu des sociétés d’assurances qui assuraient les complexes hôteliers et qui vont subir des dégâts et les conséquences de ces dégâts, c’est-à-dire des pertes d’exploitation, ce qu’on appelle « business interruptions » dans notre jargon. Mais tout ceci reste, à l’échelle du globe, mesuré. »

 

Ouf, merci messieurs : sans vous, nous aurions pu perdre la tête et croire que 160 mille morts et 2 millions de sinistrés constituaient une catastrophe humanitaire. Merci de relativiser la mort, quand elle n’est pas trop coûteuse, la misère, quand elle reste lointaine et de garder votre sang-froid. Vous nous rappelez heureusement que la sympathie, l’assistance aux victimes ne sont pas l’essentiel : en fait, il ne s’est rien passé, comme il ne se passe rien au Darfour, en Afrique centrale, dans les bordels de Thaïlande. En fait, il ne se passe jamais rien tant que l’économie n’est pas affectée…


08:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (46) |  Facebook |

Commentaires

Actualité Cher Ubu,
Je constate tout d'abord que tu as de bonnes lectures: Charlie Hebdo! ;) ;)
Tu parlais hier de l'Afrique (où les morts sont encore plus nombreux, même si les causes sont différentes)...
Comme le problème y est équivalent à plusieurs tsunamis par an et que l'actualité l'impose (l'article risque de ne plus être disponible dans quelques jours) je me permets de t'inviter à lire: http://www.reuters.fr/locales/c_newsArticle.jsp?type=topNews&localeKey=fr_FR&storyID=7306953.
Ce document ne semblant pas être accessible directement, je te suggère d'essayer de demander à Google de trouver, dans l'actualité, un article de Reuters comprenant l'expression exacte: "monde l'an dernier et devraient poursuivre sur cette".
Tu y apprendras (si tu ne le sais déjà), la nécessité (qui commence à être comprise par les pays du Tiers-Monde), d'utiliser les biotechnologies pour pouvoir nourrir leurs populations (en explosion démographique) quelques années de plus...
Je ne fais pas de politique ici, je donne des faits et j'essaie de ne pas interpréter... (J'espère ne pas me mettre à dos la douce rêveuse Déborah que j'aime bien!).
J'espère aussi que tu n'en veux pas de t'informer "en temps réel" quand il n'y a pas moyen de faire autrement. L'article traite de l'extension des OGM's dans le monde l'année dernière et de leur impact sur les cultures...
Amitiés
P.S. Mes lectures sont, hélàs, plus matérialistes que les tiennes... ;) ;)

Écrit par : Armand | 13/01/2005

... J'avais en effet déjà noté les réactions boursières rassurées qui prétendaient que, malgré 160000 morts, tout allait bien. Pauvre monde!

Écrit par : serge | 13/01/2005

... ON s'est croisés, Armand. Tu me boudes? Amitiés

Écrit par : serge | 13/01/2005

l'analyse prismatique de catastrophes bien sûr, pour certains des "vendredis noirs" sont plus catstrophiques que des tsunamis ou des famines.
Armand, bonjour. Je réfute l'appellation de douce rêveuse. Les coloniaux aussi disaient qu'ils allaient apporter richesses et développement aux pays colonisés : qu'en est-il? Les Espagnols du 16e siècle, les cow-boys... allaient civiliser, qu'en est-il advenu de ces indiens parqués en réserve qui n'ont plus de territoire de chasse et ont "chopé" des maladies inconnues?
Bien sûr, les sciences et techniques sont un progrès et les biotechnologies une porte ouverte vers une meilleure maîtrise des ressources. La découverte de l'atome l'était aussi, cela ne veut pas dire qu'il faille en accepter les dérives et qu'il ne faille pas en analyser les conséquences.
Derrière les ogm, il ne faut pas oublier qu'il y a des brevets et donc aussi bien autre chose qu'un souci de nourrir l'humanité. Quelque chose du même acabit que l'appropriation de l'eau et des ressources comme le gaz dans certains pays d'Amérique latine. Et entre ce que les grands groupes industriels et les gouvernements disent et font et ce que vivent les populations, il y a une marge et une marge énorme. On a en son temps beaucoup critiqué le "planisme" et à juste titre, or dans ce débat "pour nourrir les populations" que fait-on si ce n'est du "planisme" co-dirigé par les groupes industriels et les gouvernements.
Les faits...? La raison prééminente de l'ingéniérie? Hum... Le titanic a bel et bien coulé... Et au moment où en Occident (en Europe à tout le moins) on incite les agriculteurs a abandonner les mono-cultures intensives à grande échelle, on voudrait les multiplier dans les pays du Tiers-monde? Mon intention ici n'est pas de rejeter les technologies, mais de dire que des solutions imposées de manière externe et à grande échelle sans tenir compte des conditions locales et des savoirs-faire locaux et de la population et sans eux, ça ne marche pas, ce n'est pas une solution à long terme. Les projets qui marchent sont les projets de développement en partenariat agissant sur le terrain et repris en main et maîtrisés par la population concernée.

Écrit par : deborah | 13/01/2005

bien sur c'est revoltant bien sur
mais tu sais la mobilisation l'attention qu'on porte à la catastrophe lorsqu'elle touche, nest plus au bout de quelques jours, pourquoi ? parce que toi comme moi comme les politiciens comme tout le monde, reprend "sa vie", les combats les plus durs à mener sont ceux qui durent dans la durée. bientot on en parlera plus parce que ça gavera les gens
c'est comme ça
il faut le vivre pour pour que l'attention reste, et encore... tu sasi meme quand on est dedans, regarde les enfants, ils vont jouer, meme blessés, reprendre une vie "normale" sourire, danser et tu sais pourquoi ? parce qu'ils sont en vie...
bonne journée ubu :)

Écrit par : imagine | 13/01/2005

... A première vue, ces réactions ont de quoi faire un peu froid dans le dos. A y regarder de plus près, je ne vois rien de vraiment étonnant. Ca me fait un peu penser à cette image d'épinal du siège de la Loyd à Londre où le naufrage d'un bâteau est signalé par un coup de cloche. Rêvons un peu et imaginons la même scène chez Europ Assistance où chaque identification d'un nouveau cadavre de touriste européen est signalée par un coup de trompette...

Écrit par : HL | 13/01/2005

avant de répondre... les profs ne nous ont-ils pas enseigné qu'il fallait d'abord lire attentivement la question?
Or j'ai quand même l'impression que les solutions avancées pour lutter contre les famines dans les pays du tiers-monde ne tiennent pas compte des données du problème.
Combien de famines sont-elles dues à un trop faible rendement des sols??? Et combien aux guerres, aux déplacements de populations, à la disproportion énorme entre le nombre d'adultes et d'enfants, au choix de production pour l'exportation, aux pillages, à la désertification, au manque d'eau, aux maladies comme le sida .... qui empêchent les gens de pouvoir travailler, à l'exode vers les grands centres urbains, aux invasions de sauterelles ou autres? Combien?
Dans le pourcentage restant dû à une faible rentabilité des sols, quel pourcentage est-il encore dû à un manque d'outils... Ensuite seulement quelles méthodes sont-elles les plus utiles à long terme et accessibles (économiquement sans les entraîner dans l'endettement) aux populations? Pour que les populations profitent pleinement des solutions envisagées, il faut me semble-t-il d'abord répondre à ces questions puis mettre en place une solution viable à long terme avec ces populations en leur permettant une maîtrise des moyens.
Moi à ces questions je n'ai qu'une réponse, les ogm c'est sûr profitent et profiteront aux firmes agroalimentaires, mais à qui d'autre? Alors là???

Écrit par : deborah | 13/01/2005

dans ce genre d'argument, ce qui me blesse c'est le MAIS. Ce mot de quattre lettres est malhereusmeent lourd de sens, à chaque fois !

Écrit par : Nola | 13/01/2005

Médias Heureusement qu'il y a des personnes de bonne volonté pour rappeler à chacun d'entre nous la relativité du malheur qui frappe l'Asie du Sud(-Est). Parce qu'avec plus de 160.000 jours en une journée, on aurait pu croire que c'était grave, nous voilà donc rassurés (hum hum). Merci donc à M. Wong, Tilakraj, Kessler de me permettre de pouvoir dormir en paix. Car si on devait croire tous ce que les journaux racontent, ma bonne dame, on n'en dormirait plus, vous savez.

Écrit par : Fab | 13/01/2005

Il y a une photo pour toi. Clique deux fois de suite pour agrandir deux fois et en voir toutes les subtilités...

Écrit par : Armand | 13/01/2005

Changement Si tu as déjà regardé la photo, trop tard, je l'ai remplacée par une autre que je crois plus intéressante...

Écrit par : Armand | 13/01/2005

Vous avez un message...

Écrit par : Armand | 13/01/2005

.... Si bien que je comprends et adhère entièrement à ta colère face à ce genre de propos qui manquent vraiment de décence et d'humanisme, gardons néanmoins foi au sens où ces échantillons de l'être humain ne représentent pas la majorité des citoyens ni même celle des traders, des économistes ou des patrons d'industrie. Il y a eu suffisamment de contre-exemples venant de la sphère du patronat et ce, sans publicité de masse ni arrière-pensée, pour ne sombrer dans le pessimisme....On ira tous au paradis, tous... :)

Écrit par : promethee | 13/01/2005

Pauvre Monde ou The real world Las mon Cousin, les adorateurs de Mamon et les marchands du Temple sont encore et encore toujours bien présents ! Pour eux un sou est un sou et une vie ne faut pas un liard !

Écrit par : Votre Cousin pénitent | 13/01/2005

pff de grandes phrases pas de fond, oui j'ai osé dire ce que certains pensent et en plus je ne l'ai que constaté... m'en fiche, c'est vrai, le cul assis dans votre profond canapé ? vous arrive-t-il de penser à eux ? lol
allez faites moi rever
faites au moins semblant
pfff
le fric le cul et tout ce qui ne peie pas n'a pas la moindre importance et c'est ainsi, je pense décidement que certains devraient arreter de parler (je vais meme m'empresser de suivre mon conseil ) et de balayer rien que devant leur porte... vous parlez de l'asie, bien, il est normal de leur venir en aide et mais critiquer toujours sans rien faire, et le soir ressembler à ceux qu'on critiquent voilà un bien bel exemple.
moi je prefere encore eviter la critique mais arretez de vous voiler la face, apres le onze sept. aussi les debris n'étaient pas encore ramassés que les gens construisaient deja ailleurs... alors aider les survivants, penser aus morts, bien, mais limite faudrait pouvoir penser aux vivants et leur venir en aide, non ?
bon pour le discours politique , pff m'en tape en crise ou en paix ils tiennent tjs le meme discours alors :)
bonne soiree :)

Écrit par : imagine | 13/01/2005

Je pense à toutes ses victimes ... c'est vraiment triste. J'espère qu'elles pourront être vite relogées.

Et le pire, c'est que cs gros porcs de financiers ont raison : comme les centres industriels ne sont pas détruits, les Etats devront dépenser moins pour la recontruction et pourront plus vite s'occuper du logement. Parce qu'ils auraient d'abord concentré leur efforts sur les industries.

Écrit par : Mateusz | 14/01/2005

un + qui n'apporte rien.. bande de tarés !! ( courtiers marchands et compagnie.. j'irai p.. sur vos comptes!)

Écrit par : dôm | 14/01/2005

... Les personnes interviewées l'ont été en qualité d'économistes.

En économie, on ne fait pas de sentiments. ou si on parle de sentiments, c'est pour voir si ça aura des conséquences financières. Est-ce que c'est moral ou pas, je ne sais pas.

Je pense que ces économistes pensent au futur : "Est-ce que cette catastrophe aura un impact négatif sur la vie des survivants, particulièrement leur vie économique, en dehors du fait que beaucoup ont perdu des proches?". Ils n'ont pas voulu minimiser les morts mais il faut se rendre compte que le plus important c'est les vivants, pas les morts. Si tu perds un enfant, tu dois continuer à travailler pour nourrir tes autres enfants. Pour ce qui est des malheurs en Afrique, il faudrait analyser pourquoi on ne s'en soucie plus. Je n'ai pas d'idées sur la question.

Ta question chez Tony à propos des restrictions dans une démocratie est justifiée et elle m'interpelle : Est-ce que l'on peut tout tolérer? Si des choses sont intolérables, comment les définir? À quel niveau doit-on les bloquer (politique, culturel, associatif, cultuel, ...)? Dans quels secteurs doit-on regarder (politique, culturel, associatif, ...)?Doit-on faire en sorte que ces bloquages soient revus régulièrement? Les critères sont souvent moraux et idéologiques : ils changent selon les époques. Un bête exemple, imaginons que dans les années 50, on ait interdit la pédophilie, la zoophilie, l'homosexualité, la polygamie, ... parce que ce sont des dérives sexuelles intolérables. Quid de l'homosexualité maintenant.

Assez compliqué et très dur à trancher. Il faudrait y réfléchir. Se documenter. Voir dans la philosophie, ... Je me rends compte que l'avis de Tony, et le mien, sont tranchés. Tout comme celui de nos actuels élus. à noter que l'on a pas vraiment eu de débats là-dessus, ni une argumentation posée. Je trouve que nos représentants devraient argumenter leur point de vue en public, notamment par le biais d'Internet, ça ferait un grand bien à la Démocratie.

Bien à toi.

Écrit par : Couhoulinn | 14/01/2005

Prolongement En fait, tout cela me fait penser à l'Irlande, pays riche si l'on calcule en fonction du PIB et pauvre si on va vraiment voir la population...

Écrit par : serge | 14/01/2005

Pas seulement des économistes... Je lis dans le récent bouquin de Claude Allègre (Quand on sait tout on ne prévoit rien... et quand on ne sait rien on prévoit tout) - qui soit dit en passant manque de bibliographie et de références -
Tout d'abord un distingo utile : "La prévision consiste à répondre à la triple question : où, quand, à quelle puissance? La prévention, à réduire les pertes en vie humaines et les dégâts matériels."
Ensuite :
"Il y a vingt ans (ou à peu près), je particpai au comité de l'ONU sur la décennie des catastrophes naturelles. Parmi les auditions que nous fîmes [...] la plus remarquée fut celle des responsables politiques de villes menacées par les tremblements de terre.
A la question : "Si l'on vous annonce qu'il se produira un tremblement de terre dans votre ville le mois prochain, que faites-vous? Allez-vous évacuer? Totalement ou partiellement?", la réponse des responsables californiens et japonais fut identique :"Il n'est pas question d'évacuer une ville importante pour un mois ou une semaine! Imaginez l'évacuation de San Francisco ou de Yokohama... Où loger les millions de personnes? Comment envisager d'arrêter l'économie de ces villes pendant une semaine? Des milliards de dollars sont en jeu! Bien entendu, si nous disposons d'une prédiction fiable annonçant un tremblement de terre, avec vingt-quatre heures devant nous, il est ENVISAGEABLE (NDRL : c'est moi, Deborah qui souligne) d'évacuer les enfants, de couper l'eau, le gaz et l'électricité de certains quartiers, d'informer la population, de la préparer même, mais c'est le maximum que nous pourrions faire!"
Sans commentaire.

Écrit par : deborah | 14/01/2005

Inimaginable Imaginons que tout San Francisco soit évacué... Qui va payer? Je ne doute qu'il va falloir payer les logements temporaires des évacués sans compter la nourriture, l'eau, l'électricité, ... Qui payera les entreprises qui devront fermer pendant plusieurs mois?

à s'arracher les cheveux quand on reste pragmatique. Je comprend tout à fait les réponses des responsables californiens et japonais.

Je comparerai une ville sous risques de tremblements de terre à une personne qui risque des arrêts cardiaques : tu ne peux pas lui interdire de manger, lui extraire le cerveau ou le foie parce que le coeur risque de lâcher. Tout ce que tu peux faire c'est donner de l'aspirine et faire un régime ainsi que lui conseiller d'éviter de rouler en voiture. c'est exactement la réponse de ces experts.

Écrit par : Couhoulinn | 14/01/2005

hum... hum... Petites remarques quand même :
L'économie vaut plus que la vie? mais l'économie, à QUI sert-elle et à quoi sert-elle?
Un mort ne consomme plus et ne participe plus au circuit économique.
En général, quand les travailleurs sont morts, l'entreprise aussi s'arrête.
La nature ne sélectionne pas ses dégâts : les entrerprises risquent aussi d'être démolies et donc d'être de toute façon arrêtées.
Les politiques sont les représentants élus par qui? Pour être au service de qui? Pour quelles priorités? Ce genre de situation ne mérite-t-il pas au moins un débat citoyen?
Combien coûte une reconstruction?
Qui a dit que les gens qui paient bien leurs dépenses quotidiennes en temps normal devaient être totalement et gratuitement nourris, logés,...?
Qui a dit qu'une évacuation durait des mois?
Combien d'impôts pour les dépenses militaires? Et combien pour les dépenses de protection civile?
Est-il logique de continuer à développer des villes à certains endroits avec de tels choix? Est-il logique d'y développer les entreprises?
Que feraient les décideurs de chaque endroit à risque sur la planète? Le savons-nous? Avons-nous droit à la parole et au choix dans ces domaines?

Écrit par : deborah | 14/01/2005

la question qui tue euh je me trompe ou c'est toi qui revendique haut et clair une vision chrétienne de la vie, Couhoulinn?

Écrit par : deborah | 14/01/2005

Il semblerait qu'Armand désire que tu termines une histoire chez moi !

Écrit par : Nola | 14/01/2005

La réponse d'un mort. @Deborah : une vision chrétienne? 1) J'essaye que MA vision soit chrétienne. je ne revendique pas qu'elle est la meilleure qui soit ou que tout le monde doit l'adopter. Essaye d'être moins agressive ou de te sentir moins agressée s'il te plaît. Je suis pas là pour t'imposer mon point de vue, juste te le donner. Je suis pas là non plus pour démontrer que tu es stupide : en discutant poliment sans insultes je pense faire le contraire. 2) Qu'est-ce que c'est, pour toi, avoir une vision chrétienne de la vie? Être chrétien, c'est d'abord respecter l'autre. Tout en savant que la tolérance et le respect ont des limites. Pas du masochisme ou être béat. Et chrétien englobe beaucoup de choses, je n'ai pas forcément les mêmes valeurs qu'un protestant born again comme Bush, heureusement.

"Qui a dit que les gens qui paient bien leurs dépenses quotidiennes en temps normal devaient être totalement et gratuitement nourris, logés,...? " --- Donc l'Etat peut décider : "tu déménages pendant une semaine! Je sais pas où mais tu déménages!" en laissant derrière une maison, un job (l'Entreprise aura été fermée), ... sans aucune aide financière pendant une semaine? C'est pas très social de faire ça. Et c'est encore pire pour une entreprise qui doit cesser ces activités.

"Qui a dit qu'une évacuation durait des mois? " --- Les risques d'une réplique à l'actuel tsunami s'étalent sur plusieurs mois. On doit arrêter le tourisme et évacuer les gens jusqu'à ce qu'elle arrive? La vigilance et la prévention est la moins pire des solutions.

"Est-il logique de continuer à développer des villes à certains endroits avec de tels choix? Est-il logique d'y développer les entreprises? " --- Est-il logique que l'on continue à légaliser le tabac ou toute autre drogue au vu des risques de santé et les coûts? Ou tout simplement de continuer à fumer ou à consommer des drogues?

Je n'ai jamais dit que la réponse des experts californiens et japonais était bonne, c'est juste la moins pire et la moins irréalisable.

Pour un cardiaque, tout ce que tu peux faire c'est lui conseiller d'arrêter de fumer, de manger plus sainement ou faire du sport modéremment. Pas les forcer à être en observation pendant un mois en laissant tomber le boulot et la famille. Pareil pour les habitants et les entreprises de san francisco, tu peux leur conseiller de partir et de se préparer à un tremblement de terre (matériel de secours, une quantité de vivres, ...), pas les expulser sans aucune aide de chez eux même pour une semaine.

Écrit par : Couhoulinn | 14/01/2005

interloquée, "soufflée", pas agressive Soufflée de ce j'ai lu, mais aussi de ce que j'avais lu à propos du "cercle laïc" (j'ai oublié l'expression exacte) et de l'islam qui seraient les seuls à devoir être éliminés dans un parti politique qui idéalement devrait être composé de gens qui se devraient nécessairement se présenter avec un profil philosophique ou religieux.
Pour le reste euh, je crois qu'il y a vision diamétralement opposée. Donc je laisse tomber, je crois que ce ne serait pas constructif.
Je m'étonne simplement que tu parles de prévention, ce serait quoi la prévention.
Où as-tu lu expulsion?
Cela eût été quoi la prévention, si elle avait pu exister, dans le cas des tsunami qui viennent de se passer selon toi? Moi, sérieusement je ne vois dans un tel cas que l'évacuation. Quoi d'autre??? (La prière avant de mourir?)

Écrit par : deborah | 14/01/2005

redistingo et reprécision je présentais le texte de Claude Allègre qui évoquait le cas où on prévoit une catastrophe dans le mois ou les deux trois semaines, pas des mois à l'avance.
La possibilité d'évacuation portait donc sur ces périodes limitées et pas sur des mois.
Dans le cas du risque de nouveaux tsunamis : que faire?
Je crois que les gouvernements concernés ont déjà décidé d'adopter d'autres règles d'urbanisme et de construction, ce qui est bien.
Je n'ai jamais imaginé une solution qui voudrait qu'on empêche toute occupation des zones concernées.
Mais on peut si possible organiser de telle façon que si l'alerte est donnée (on avait pu prévoir très précisément en tout cas dès le départ de la catastrophe on connaissait les risques d'élargissement) on évacue directement : il s'agit donc ici de délais très courts.
Quand on prévoit on peut donc organiser avant l'action d'urgence et préparer les gens.
Me semble-t-il;

Écrit par : deborah | 14/01/2005

pas des experts, des responsables politiques à qui il incombe de prendre des dispositions pour leur population puisqu'ont la gestion de la cité dans leurs attributions et ce avec les deniers publics

Écrit par : deborah | 14/01/2005

Déborah Chère Déborah,
Moi, je vois la prévention autrement:
Une tornade (un tsunami par exemple) cause davantage de dégâts par les objets volants qui frappent les passants.
Au lieu de faire évacuer (pour une tornade "terrestre", il faudrait partir très loin...), pourquoi ne pas se protéger?
Un exemple: installer (pour les tsunamis, il faudrait les mettre sur des piliers de béton) des cagibis protecteurs?
En dix minutes, toute la famille se met à l'abri et attend deux heures que le vent ait cessé... On a peut-être perdu sa maison, mais on est indemne!
DuPont en a créé pour cet usage en kevlar (matière utilisée pour les vestes anti-belles).
J'espère que le fait que DuPont soit aussi un pionier dans le domaine des OGM avec Monsanto n'est pas rédhibitoire à l'usage du machin, Chère Déborah? (Je plaisante, pas taper!)
Allons, un petit sourire, nous sommes d'accord sur bien des choses...
Amitiés
Annexe: documentation et petit film à:
http://www.stormroom.dupont.com/

Écrit par : Armand | 14/01/2005

la comparaison avec les risques cardiaques... on peut quand même conseiller d'avoir certaines choses rapidement sous la main, non? Si tu n'as ni possibilité de téléphoner au n° d'urgence, ni médoc, ni cardio,... ni ni Cest quasi sûr, faudra de la chance pour ne pas y rester.
Quant à la vision chrétienne, c'est ta réponse accordant (à mon regard) la primauté à la réflexion économique qui m'a interpellée. Point à la ligne.

Écrit par : deborah | 14/01/2005

je peux me mettre à souffler si tu l'es déjà. L'agglomération de San Francisco comprend 7 millions de personnes, l'ensemble des agglomération de Tokyo-Yokohama-Kawazaki comprend 30 millions de personnes.

Essaye de faire un plan d'évacuation de ces villes : c'est irréalisable. Déjà une évacuation de Bruxelles, qui compte à peine 1 million d'habitants, est irréalisable. Tu imagines si c'est pour une évacuation pour une semaine seulement? Tu rajoutes aussi le nombre d'entreprises présentes dans des agglomérations de cette taille. Imagine l'impact économique sur la Belgique de fermer toutes les entreprises de Bruxelles pendant juste une semaine. Sans compter l'économie et le fonctionnement du reste du pays gêné par un million de personnes logées dans des écoles, des entrepôts, des casernes, des malades déplacés dans d'autres hôpitaux, ...

La prévention, c'est un système d'alarme quand les signes précurseurs arrivent. c'est de faire une réglementations sur la résistance des bâtiments, c'est éduquer les gens à avoir des bons réflexes (se mettre dans les chambranles de porte, un casque pour chaque élève dans une classe, ...) c'est demander aux familles et aux autorités d'avoir une réserve d'eau potable et de nourriture lyophilisée chez eux, ... (ça évite d'avoir des famines et des maladies : de la prévention quoi!)

Forcer les gens à partir, c'est une expulsion.

Soufflée par mes propos sur l'Islam et les Maisons de la Laïcité? 1) Tu ne connais rien sur l'Islam. 2) Tu ne sais même pas ce que c'est que les maisons de la laïcité. Comment peux-tu avoir un avis objectif là-dessus en ne connaissant pas ce dont je parle? En effet, en ne pouvant pas avoir un avis constructif et objectif là-dessus, il vaut mieux se taire. Tu réagis par "sentimentalisme" : tu vois le mot "proscrit" et donc tu lèves les bras et tu cries au scandale. Il y a bien vision diamétralement opposée : j'ai des arguments logiques et j'essaye de savoir de quoi je parle, tu as des arguments "sentimentaux" et tu ne sais pas toujours de quoi tu parles.

Écrit par : Couhoulinn | 14/01/2005

prévention. "on peut quand même conseiller d'avoir certaines choses rapidement sous la main, non? Si tu n'as ni possibilité de téléphoner au n° d'urgence, ni médoc, ni cardio,..."

C'est de la prévention. ça sauve pas tout le monde mais c'est la solution la moins pire.

Écrit par : Couhoulinn | 14/01/2005

Cher Armand oui, je suis assez d'accord avec toi.
En ce qui concerne les tornades terrestres, probablement.
Le tsunami, il y a raz-de-marée, non? C'est donc un peu différent.
Vis-à-vis des tremblements de terre, c'est encore sans doute une autre attitude.
Mais bien sûr à long terme, il faut construire en conséquence. A moyen terme ... et à court terme...
Dans le choix des actions, nous sommes d'accord les experts doivent donner des indications pertinentes et les politiques les demander... et organiser la gestion des crises.
Pour le reste, c'était surtout une discussion de fond par rapport au post d'Ubu : quelle priorité?
Bonjour à toi.

Écrit par : deborah | 14/01/2005

... "Quant à la vision chrétienne, c'est ta réponse accordant (à mon regard) la primauté à la réflexion économique qui m'a interpellée. Point à la ligne. "

Jésus a dit "Il est plus facile pour un chameau d'entrer dans le chat d'une aiguille, qu'un riche d'entrer au paradis."
L'argent n'est pas la priorité dans la philosophie chrétienne mais l'argent sert à faire vivre les gens et donc il faut prendre compte cet élément. Il faut savoir faire des concessions entre l'argent et la vie des gens : c'est pour cela que l'on demande aux économistes de donner leur avis en tant qu'économiste parce qu'il faut opposer les points de vue et discuter. C'est en discutant que l'on acquiert toutes les informations nécessaires pour prendre la meilleure décision. Pas en ayant un avis tranché sur la question.

Discuter comme on l'a fait, tu es arrivé par toi-même à la prévention avec l'exemple des risques cardiaques. La prévention étant la meilleur concession entre les couts financiers et les couts humains.

Ne jamais se sentir offuscé (et c'est moi qui dit ça ;o) ), être ouvert (pas dans le sens militaire de ville ouverte) et essayer de comprendre l'autre point de vue. c'est la base de la prise des meilleures décisions, en tout cas les moins pires.

Désolé si je t'ai blessée.

Écrit par : Couhoulinn | 14/01/2005

il y l'existant et l'avenir La construction de mégalopoles dans des endroits à risques était un grosse erreur, sauf constructions prévues pour et effectivement mise en place d'une action de prévention pour la population : on le fait bien pour les risques incendie (c'est d'ailleurs obligatoire dans certains cas et ce malgré les pertes économiques encourues).
Pour l'avenir, il faut évidemment tenir compte des risques quand on construit. Et se rendre compte que la mégapolisation n'est pas une bonne solution.
Pour le reste, j'ai précisé suffisamment me semble-t-il. Je ne veux pas aller plus avant, juste une question Tu es un spécialiste de l'islam et des maisons de la laïcité?

Écrit par : deborah | 14/01/2005

... Je n'ai pas la prétention d'être un spécialiste de l'Islam, mais je peux être considéré comme un "alim de niveau 1" (je ne sais plus le terme arabe). En ce qui concerne les maisons de laïcité, je sais ce que signifie la laïcité normalement (séparation de l'Eglise et de l'Etat, équité des croyances et non-croyances, cérémonies et actes civils) et leur signification de la laïcité (athéisme avec cérémonies "laïques" qui équivalent au baptème, à la confirmation, au mariage, à la profession de foi, ...) et ça, ça permet de voir qu'elles sont antinomiques et que donc ils ne sont pas "laïcs" comme ils disent.

Écrit par : Couhoulinn | 14/01/2005

je viens de relire:))) attends Le Dupont, ça me dit quelque chose. Semaine prochaine je chercherai.
J'aime assez bien les pionniers, j'aime pas les monopolistes et j'aime pas du tout la nouvelle optique des brevets.:)))

Écrit par : Armaaaand! | 14/01/2005

... c'est malin : la signature du commentaire précedent devait être la mienne et le Armaaaand venait dans le titre.
Désolée

Écrit par : deborah | 14/01/2005

kevlar, Armand??? utilisé dans les vestes "anti-belles", mais je ne SUIS PAS D'ACCORD, c'est une honte, c'est une matière à proscrire définitivement, m'en vas me plaindre au centre d'égalité des chances et aux descendantes du mlf:)))))
Bon, blague à part, bon week-end à tous

Écrit par : deborah | 14/01/2005

Merci de votre passage Mais là, ce ne sont plus des commentaires, c'est un vrai forum. ;))
Je réponds dès que j'ai eu le temps de tout lire ;)
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 14/01/2005

Un commentaire global ;) Tout d'abord, une remarque préalable : les propos cités datent des jours qui ont suivi directement la catastrophe. On ne pouvait en imaginer l'ampleur mais j'y perçois la nécessité d'un message rassurant (et indécent) vis-à-vis des investisseurs. Un peu comme si une famille en deuil devait immédiatement rassurer ses banquiers et gérer les affaires courantes. Cela se manifeste aussi dans notre petit monde à nous : c'est donc une attitude significative et pas un raisonnement exceptionnel.

Comme le dit Nola, c'est cette utilisation du"mais" qui m'a choqué. Bien sûr, la vie continue, bien sûr il faut reconstruire et parfois prendre des décisions : mais un rien de tact se serait imposé, à moins que les médias et leurs lecteurs, auditeurs ou spectateurs se soient accommodés du cynisme économique. L'économie ne peut être un culte : c'est sans doute un moyen de gestion, ce n'est en rien un but en soi. Une idéologie, une institution, un organisme qui oublie ses missions tourne à vide. Une humanité qui privilégie ses finances et oublie les nécessaires solidarités me semble d'une moralité douteuse.

Nos priorités : nous n'allons pas changer nos habitudes quotidiennes suite à cette catastrophes. Nous la digérerons, comme d'autres avant elles, comme d'autres en même temps : le Ruanda, la Yougoslavie, le Sahel, le Biaffra (je ne suis pas sûr de l'écrire même correctement !), la Somalie, etc. Ou même la Marche blanche, qui fut une manifestation massive. Nous sommes demandeurs de changements et d'humanités, à l'exception des pseudo-pragmatiques voués à leur culte des finances, que je cite après Charlie-Hebdo, et d'autres vautours, pire encore, qui voient sans doute dans cette catastrophe un moyen de soumettre une province rebelle (en Indonésie). Même si nous sommes versatiles en tant qu'individus, ce qui ne me semble pas anormal, nous assumons une responsabilité à la mesure de notre pouvoir : est-il scandaleux de réclamer une éthique proportionnelle à ce pouvoir ? Lorsque l'on préside une société de réassurance comme la Scor, on peut être et compétent et humain : c'est peut-être ce que l'on appelle encore la déontologie, terme désuet de nos jours.

Après un décès, on enterre le mort et on soutient les vivants comme on le peut : c'est plus qu'un rite, c'est normalement significatif de l'humanité. J'aurais pu noter d'autres attitudes tout aussi écoeurantes : il y a eu plus d'une indélicatesse manifeste dans cette affaire comme dans d'autres. Les médias, parfois charognards, la course aux dons de certains états, des positionnements, des attitudes, des mauvaises postures, des sous-entendus mais aussi des propostions d'actions, des présences effectives, de réels gestes d'attention ou, du moins, de compassion : notre humanité est comme cela, au quotidien. Tous ceux d'entre vous qui ont connu un deuil le savent : il ya ceux qui nous aident, même maladroitement, et les autres. C'est sans doute parce qu'il y a encore les premiers que nous ne retirons pas en ermite, loin dans le désert. Et tant pis pour les autres : ils ignorent ce qu'ils ratent, tant leur victoire s'établit sur le territoire mesquin de leurs oeillères.

Enfin, n'oublions pas que nos propos sont l'expression de nos rêves, de nos désirs, de nos envies, de notre besoin de les penser comme des choses concrètes au moins un instant, comme si notre mémoire pouvait respecter les morts et aider les survivants. Ils semblent futiles : ils nous sont nécessaires pour nous ressaisir, pour penser et peut-être pour agir un jour ou l'autre ailleurs que sur notre bulle virtuelle...

A bientôt. ;)

Merci à tous les commentateurs, les habitués comme les nouveaux.

Écrit par : Ubu | 14/01/2005

Quelques réponse individualisées ;)) Cher Armand,
La prévention est une politique en soi : et comme tu le rappelles, les solutions techniques existent. Pourquoi ne pas les utiliser ? Peut-être que, avec certains pays et dans certains pays, on considère que c'est toujours la loi du plus fort qui doit primer. Et donc, on laisse les dictatures s'installer et décider de ce qui est bon, au nom d'un prétendu relativisme, culturel, comme si des populations étaient vouées au totalitarisme et d'autres à la dictature. Pour les solutions proposées par les biotechnologies, bien sûr qu'elles existent mais elles sont toujours l'objet de marchandages comme Dola. Ainsi, avec cet accord sur les génériques, l'Inde se voit obligée de reconnaître les brevets et les autres pays, les plus pauvres, devront renoncer aux avantages de Dola dans le cadre de leurs accords économiques. Joli effet d'annonce... Après le commerce équitable, il faudra inventer une expression pour celui-ci : le commerce macabre ?
Amicalement

Chère Deborah,
Tant que nous ne nous soucierons pas de bioéthique dans nos pays, tant que nous ne nous informerons pas des possibilités qui existent, ce que certaines ONG font pourtant, aucune politique globale de lutte contre la famine, les pandémies ou tout autre problème, rien de durable ne se résoudra. Nous avons pour le moment les moyens de faire pression : utilisons-les comme soutien aux populations qui meurent... Et nous l'exerçons comme nous le pouvons ;)

Cher Serge,
Je peux concevoir que les courtiers s'estiment dans leur rôle quand ils minimisent la situation : je ne peux pas admettre qu'ils oublient qu'ils ne sont qu'un moteur de richesse éventuelle et que leurs propos pèsent lourd. C'est leur refus d'assumer leur responsabilité sociale qui m'indigne avant tout. Il arrive que certains le fassent... ;)

Cher HL,
Tout d'abord, bienvenue. Ta solution est intéressante mais si l'on exécute la sonnerie aux morts pour chaque victime, je crains que le quartier ne dépose plainte pour tapage nocturne ;) Plus sérieusement, à partir de combien de morts prenons-nous une catstrophe au sérieux ? A bientôt.

Cher Nola,
Bien vu : il y a toujours un Mais. C'est ce que les financiers appellent leur pragmatisme : cela les dédouane de toute éthique... Je n'ai pas compris cette histoire d'histoire ;))

Cher Fab,
Il faut surtout rassurer le marché : il est si malade et si fragile. D'ailleurs, les bourses asiatiques ont monté elles aussi après la catastrophes...

Cher Prométhée,
Il est vrai que plusieurs entreprises ont promis ou même donné : elles ont donné souvent leur superflu comme nous. Mais pas beaucoup... Un journal notait que les dons des entreprises correspondait au dixième (la dîme donc !) des plus-value sur stock-options des entreprises de référence du Cac 40 : la somme est considérable, l'effort les moins. On n'ose imaginer que la Bourse accepte de bonne grâce une taxe Tobin permanente à destination de l'aide au développement ... ;))

Mon Cousin,
Les Etats ne font pas nécessairement mieux : ils promettent des aides au développement et ne tiennent pas leurs promesses. Même pour les aides : on a un peu reparlé de Bam ces temps-ci... ;)

Cher Mateusz,
Bienvenue ! Tu as raison mais je me demande quelle part des aides va être détournée vers l'industrie du tourisme, en oubliant la simple survie des populations locales... A bientôt.

Chère Imagine,
La vie reprend ses droits, les rêves aussi : je pense que nous aimerions parfois que la réalité permette à tous des rêves qui ne soient pas de simple survie, même avec nos défauts ;)

A bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 15/01/2005

... Et moi qui allait envoyer un don au groupe accord pour qu'il puisse reconstruire c'est hotel 5 étoiles en Asie me voila ressuré.

Bien le bonjour Ubu.

Écrit par : alsgard | 15/01/2005

Le second pan de la discussion ;) Chère Deborah,
Ta référence au bouquin de Claude Allègre est intéressante : on calcule d'abord, on sauve éventuellement ensuite. Et l'on ne parle que de pays riches... On pourrait aller plus loin encore et se dire qu'une catastrophe est pain bénit pour l'entreprise concurrente, qui peut s'imposer sur le marché ;) Comme tu le dis, certains, même à gauche, semblent avoir oublié que l'économie est un outil, pas un but. Pour la prévention, je me dis que même si essayer n'offre pas de certitude de résultat, continuer à ne rien faire sera toujours pire. Sinon, les progrès que nous offrent les technosciences sont profondément inutiles...

Cher Couhoulinn,
J'avoue que je ne te comprends pas toujours. je vais essayer de te répondre sur quelques points...
- Lorsque tu parles d'économie, tu me sembles considérer qu'elle doit rester indépendante et rationnelle. Je partagerais ton avis si elle restait l'outil qu'elle doit être : je pense que quelqu'un comme Kessler, ancien conseiller du Medef la tranforme en un culte qui exige de tous de se prosterner face à sa puissance. Si être "sentimental", c'est défendre les droits de l'homme, la qualité de vie de tous autant que possible, je revendique alors mon sentimentalisme ;)

- Sur les limites de la démocratie : je pense que l'Etat de droit est une garantie tant pour les libertés individuelles (séparations des pouvoir) que pour la protection de chaque citoyen. Tu prends le cas de l'homosexualité : même si je ne la pratique pas (pas mes tendances !), je comprends qu'elle ne soit pas pénalisé parce qu'elle n'est pas un abus sexuel, ni une contrainte pour qui la pratique : les autres pratiques que tu abordes sont des perversions, elles, en ce sens qu'elles nécessitent l'exercice d'un pouvoir ou d'une contrainte. Il est donc normal qu'elles soient réprimées et interdites au nom des droits de chacun. Pour l'homosexualité, c'était sa répression qui était un abus manifeste... Quant à la révision de certains phénomènes, elle s'impose à nous suite à la modification de nos représentations mentales et de nos conditions de vie.

- Sur le problème des évacuations : problème complexe. Je pense que la priorité doit toujours être donnée à la sauvegarde des vies humaines : les problèmes économiques suivent. En médecine d'urgenc, dans nos pays, on intervient d'abord, on présente la facture ensuite... C'est aussi la responsabilité d'un état. Par contre, si certains veulent rester à leurs risques et périls, c'est effectivement une décision à respecter : comme le suicide, c'est aussi un choix personnel...

- Sur l'Islam et les maisons de la laïcité : je ne comprends pas non plus tout à fait tes raisons. La laïcité, selon moi, doit postuler la neutralité de l'Etat et le respect des convictions personnelles, pour autant que celles-ci respectent les lois. Si certains les tranforment en nouvelles chapelles, libre à eux : je reste quant à moi un électron libre agnostique, parfois athée, mais sans aucun rite autre que ceux de la socité civile. Pour l'Islam, il est multiforme et n'a pas d'autorité centrale reconnue comme telle par les Musulmans. Certains respectent les avis du recteur de Marseille, qui prône la laïcité de l'Etat, d'autres écoutent Tariq Ramadan, l'intégriste qui se prétend modéré, d'autres encore se rattachent au salafisme et au wahabisme, d'autres enfin vont à la mosquée par habitude, par nostalgie du pays... Le problème de cette religion est de parvenir à se débarrasser de son point de référence externe afin de parvenir à la construction d'un Islam adapté aux sociétés européennes. Le travail de ceux qui en ont la volonté serait grandement facilité si un climat d'islamophobie ne s'était déchaîné après le 11 septembre. Je peux pourtant t'assurer que lorsque le dialogue se poursuit, cela marche à 95% : il suffit de regarder les résultats électoraux du PCP et des Jeunes Musulmans aux dernières élections : entre 1 et 4%. Oserais-je dire qu'il est encore possible d'éviter le communautarisme ? Mais ces partis, comme d'autres, entrent en conflit avec les principes démocratiques parce qu'ils réclament la soumission à une idéologie unique et sont totalitaires : il est donc nécessaire de leur refuser l'accès aux responsabilités politiques, comme on devrait le faire à l'égard des sectes catholiques (Opus Dei, Renouveau charismatique) ou avec les sectes en général (Scientologie, installée Rue de la loi maintenant... ) A propos, qui a freiné la loi anti-sectes ?

A bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 15/01/2005

Cher Alsgard, Accor ne doit rénover que son bar : nous lui dédierons donc notre prochaine cuite ;)
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 15/01/2005

:) je confirme
j'aurais aimé aussi
mais tous les reves s'achèvent
(haussement d'épaules)
certains y croient d'autres non
bah les miens aussi s'envolent
je m'en créé d'autres
mais quand un rêve se réalise c'est cool :)
bonne journée Ubu

Écrit par : imagine | 15/01/2005

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