19/01/2005

En mon palais ?

« Vous n’aurez pas ma liberté de penser » ânonnait une voix jacassante bien connue du Top 50, l’un de ces contestataires qui prétend à la révolution lorsque son seul confort est en cause. Sa liberté de penser, je n’en voudrais pas : je craindrais de devoir m’essuyer les pieds pour rentrer dans sa chapelle, de m’efforcer à un respect que je ne ressens pas. Je me sens parfois comme un sans idéologie fixe : cœur à gauche, hémisphère droit et   tête haute. J’apprécie les principes, les convictions, même les croyances mais je refuse de me les voir imposer sous prétexte que ce serait bon pour moi, comme ces médicaments efficaces parce qu’ils ont mauvais goût. Les doctrines se vident quand elles prétendent dominer la réalité : nous nous racontons notre vie avec des idées, jolis mots qui oublient notre petit quotidien, essaimé de gestes anodins, de paroles insignifiantes, de plaisirs insoupçonnés. Comme l’avait dit Tristan Bernard  -ce ne sera sûrement pas lui, avec ma mémoire qui me joue des tours, ces temps-ci-,  « il ne faut compter que sur soi mais pas trop ! »

 

A force de se poser des questions, l’indécision vous guette. Que vaut un indécis au pays des décisions stratégiques, des plans de campagne,  publicitaires ou militaires, la différence s’estompe ? Quand le doute s’échappe de la réalité, quand nous prenons nos déserts de haut, nous vivons et avançons : nous refusons des certitudes permanentes et admettons enfin que nos idées sont provisoires, comme nous. Etre raisonnable ? L’humanité n’a progressé que grâce à sa puérilité, ses passions, ses tocades : ses élans l’entraînent plus avant, chaque jour. Elle se risque tout entière, se parie et se féconde en se jouant d’elle-même.

 

Que sais-je ? Que je prends plaisir à écrire ce que j’écris, à lire ce que je lis, à laisser aller mes pensées. Je vagabonde en électron libre, un peu fou parfois, qui s’aventure où il peut et adresse des clins d’œil aux nuages. Mon école ? Buissonnière, forcément, la seule qui vaille.

 

Suivez la flèche.
 

Illustration d’Armand Pasdmaile


21:56 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

Commentaires

L'autre imbécile du Top50 Pour reprendre un imitateur (Yves Lecoq je crois), pour lui c'était plutôt sa liberté de planquer...

Écrit par : Fab | 19/01/2005

;) :) ;) :) Cher Ubu,
Ton imagination fertile et ton esprit m'étonneront toujours!
Ton sens littéraire aussi!
Tes élèves ont bien de la chance: ils apprendront une langue difficile en s'amusant!
Amitiés

Écrit par : Armand | 19/01/2005

rassurant.. ont aura pas à virer nos shoes pour entrer dans ton palais.. donc ;-)

Écrit par : dôm | 20/01/2005

... D'accord avec toi sur la volatilité des idées. Faudrait peut-être les remplacer par des principes... Enfin, comme disent les infirmières, tant qu'on garde sa liberté de panser... :)

Écrit par : serge | 20/01/2005

!?!? Cher Ubu,
Il y a un message avec une image pour toi...
Amitiés

Écrit par : Armand | 20/01/2005

Merci de votre passage Cher Fab,
En plus, je ne sais pas ce qu'il est devenu : on devrait suggérer à Ducarme, ce grand artiste, de la reprendre aux Francofolies de Jodogne ;))

CHer Armand,
Je ne suis pas certain qu'ils s'amusent toujours : ils doivent me prendre parfois pour un fou. Ils se trompent : en fait, je suis complètement dingue... :)))

Cher Dôm,
Blue suede shoes ? No problem ! ;))

Cher Serge,
Les principes : ils sont parfois lourds à porter...

Cher Armand,
J'ai vu : je me manifesterai bientôt ;))

Écrit par : Ubu | 20/01/2005

:) Belle flèche… Je dirai même que ce texte m’a touché en plein cœur
Bonne soirée Ubu J
si tout le monde pouvait penser comme toi, on avancerai d'un seul pas :)

Écrit par : imagine | 20/01/2005

belle épistole, m'sieur tu es bien plus agréable à lire qu'une notice de médicament!;-)))
Quant à ce chanteur, laissons le virer en pâte-agonie...

Écrit par : fun | 20/01/2005

I'll be back ;)) Chère Imagine,
Diantre ! Si tout le monde pensait comme moi, je ne pourrais plus râler ;) et je disparaîtrais... Et puis, je m'ennuierais... ;)

Chère Fun,
Joli jeu de mots : je vois que même malade tu gardes les idées claires... ;)
Bon rétablissemnt.

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 21/01/2005

:) n'empeche un super txt j'en suis jalouse !!! ;)

Écrit par : imagine | 21/01/2005

Tristan Bernard... c'était bien lui « Il ne faut compter que sur soi. Et encore, pas beaucoup »
C'est vrai que ta version est plus harmonieuse :-)
Compliments pour la photo! (Bien, Armand!)

Écrit par : Tony | 21/01/2005

mon avis... Ne crachez pas sur une personne qui défend ses droits.
(Il y a eu désaccord avec le fisc ne pas l’oublier)
Crachez plutôt sur ceux qui vous ôtent le fruit de vos efforts soi-disant pour la bonne cause et qui s’octroient des salaires à faire pâlir des directeurs d’entreprises.
Sans oublier tout ce qu’il y a derrière.
Ce qu’ils disent n’est qu’illusion,
Nous prendre par les sentiments est leur stratégie

Il est plus facile d’abuser nos cœurs que nos raisons

Écrit par : leptitpousset | 22/01/2005

Le retour de la revanche de l'empire contre-attaque, 2 Chère Imagine,
Si tu voyais mes dessins ! D'ailleurs, par respect pour les couleurs, je n'essaie même pas : me suis arrêté à l'âge de deux ans. Et puis, ne sois pas trop modeste, j'ai vu des textes magnifiques sur tes blogs ;))

CHer Tony,
Merci de la correction ;) et de tes principes, malgré nos divergences sporadiques : nous apprécions au moins tous les deux Tristan Bernard ;)

Cher Leptitpousset,
N'as-tu jamais songé que c'est le comportement des délinquants de haut volqui alourdissait nos lois et rendait la situation artificielle, voire plaçait certains indépendants dans la situation loufoque de frauder pour survivre, au risque de se retrouver planté par un redressement fiscal ? Et eux n'auront pas les amis qu'il faut pour le négocier : ils paieront jusqu'à la fin de leur vie. Lorsque j'étais jobiste, je travaillais dans un centre de formation : l'épouse d'un des chômeurs en stage a vu ses droits supsendus pour travail au noir (quelques ménages). Résultat : 900.000 francs de remboursement et son époux qui abandonne une formation qui débouchait sur un emploi afin de rester insolvable. Quand je compare, je n'ai pas vraiment envie de pleurer sur Pagny, qui s'en sortira toujours grâce à la naïveté de son public. Par ailleurs, sur la transparence du patrimoine, je serais d'accord avec toi, et même sur l'abolition des jetons de présence dans les conseils d'administration d'association publiques : les rangs seraient bien clairsemés. L'un n'empêche pas l'autre ;)

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 22/01/2005

j'passerai encore chez toi :) bises

Écrit par : imagine | 22/01/2005

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