30/01/2005

Salut l'artiste...

L'hiver en pente douce

22:02 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Vraiment n'importe quoi !

C'est contraint et forcé que le tenancier de ce blog passe la petite annonce suivante :
 
Albéric Delamare, jeune canard bien de sa personne, bonne situation et palmes sur terre, recherche jolie cane, belles palmes, plumage seyant, bec accroche-coeur et magret proéminent, afin d'entamer parade nuptiale. Ecrire à la rédaction qui fera suivre (ben tiens !)

21:41 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

Communiqué

Le comité de défense des canards agressifs nous a intimé de diffuser le droit de réponse qui suit.

Nous nous excusons auprès de nos commentateurs pour ces désagréments à répétition : notre casa est envahie de canards, actuellement, et leur nombre fait leur force. Malheureusement, le tenancier de ce blog a perdu le numéro du Commissaire Magret et de ses Mulards. De plus, il se voit dans l'impossibilité de les appeler à la raison malgré une défense acharnée à coups de plumier.  





Canes, Canards, Canetons,




On nous exploite.




On nous spolie.




On nous chasse.




Réagissez !




Canardez les connards !




Faites-leur rendre gésier !




Tirez dans tous les coin-coins !



Vendez cher votre appeau !



Le secrétaire général de la CDCA



NB : J'ai l'impression que j'ai dû prendre un truc qui ne passe pas trop bien. J'ai comme un coup de barre, là : je vois vraiment des canards partout.
 





Coin coin











21:10 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

27/01/2005

Auschwitz

Pourquoi commémorer ? Parce que les survivants meurent petit à petit tandis que de nouveaux bourreaux se manifestent. Parce que les mots génocide, ségrégation, extermination ne sont toujours pas des mots historiques mais des pratiques actuelles. Parce qu'on ne s'amuse pas avec les morts. Parce que les bourreaux ne méritent aucun pardon.

05:47 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

24/01/2005

Avis de mobilisation

L'invasion a commencé.
Les pigeons n'étaient
qu'une avant-garde.
 Notre mère-patrie est submergée
par le mulard et le barbarie.
 
Même la police collabore.
 
Luttons ensemble
pour un ciel serein,
Luttons contre les passe-droits
et les palmes académiques.
 
Canardons tous azimuts.
Laquons-les.
Bouchons-leur un coin.
 
 
Notre Nation,
Région,
Communauté,
Province,
Canton,
Commune,
Quartier,
Rue,
Maison,
Jardin,
Cabane au fond à gauche
Vaincront.
 
Mouvement de libération et de lutte mondiale
 contre les canards déchaînés
qui mugissent dans nos campagnes.
 
En fait, faut bien écouter.

22:35 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

23/01/2005

Manifestation

Le Front de libération ubuïste

Vous invite

A une manifestation continue et permanente.

A chaque aberration constatée,

Opposez votre folie douce.

 

Embrassez les impolis,

Pelotez les contractuelles,

Chatouillez les contrôleurs,

Câlinez les colériques,

Papouillez les atrabilaires.

 

Empruntez les trottoirs

Et ne les rendez jamais.

 

Faites rougir les feux

Et les agents.

 

Et n’oubliez pas de regarder

Tout autour de vous

La misère,

La joie,

Le plaisir

Et la mélancolie.

 

Et surtout,

Souriez

Malgré tout
 
Armand Padmaile
Ubu de La Case Folle

20:28 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

22/01/2005

De la douche au bassin...

Ma ministre a pondu son œuf : ça y est ! Je l’ai vue au journal télévisé : pimpante, souriante, fraîche et éminemment politicienne. Enfin elle ne levait plus les yeux au ciel, comme lorsque des enseignants lui faisaient part de leurs expériences de terrain, parfois douloureuses ; enfin elle ne pleurnichait plus, les yeux bouffis d’un shampoing mal appliqué, puisque des cheveux comme les siens s’entretiennent. Elle voulait notre bonheur : elle l’a fait. En tout cas, nous sommes priés de le croire…

 

C’est un phénomène étrange : chaque ministre doit marquer son territoire, histoire qu’on se souvienne de lui autrement que par des frasques, des pataquès ou des frusques. Il y eut un Val Duchesse glorieux, où le PRL prit de grandes décisions qui aboutirent à des aménagements des grilles horaires : un ami à moi eut l’insigne horaire de voir ses heures de math ramenées à 3 périodes par semaines, officiellement, mais suivies, faute de moyen, dans un cours à quatre heures par semaine. Sans doute le résultat de ce parcours vers l’autonomie : il lui fallait récupérer chaque heure qu’il n’avait pas eue parce qu’il était intelligent. Di Rupo (PS) instaura ensuite le NTPP : nombre total de périodes pédagogiques, pour le commun des mortels. Il est toujours en vigueur et obsède tous les chefs d’établissement : c’est en fonction de lui que les classes s’organisent.  Onkelinx (PS) vint avec sa rationnalisation budgétaire d’une Communauté française qui agonisait déjà, cinq ans après sa création : les écoles fusionnèrent, certaines disparurent et plus de trois mille profs disparurent. Pierre Hazette (MR) instaura une réforme du premier degré tandis que Nollet (Ecolo) s’en prenait au primaire et Dupuis (PS) au supérieur pour la mise en application des accords de Bologne : des plans toujours aussi ambitieux et toujours impraticables. Ces deux dernières années, les chefs d’établissements ont reçu au moins deux cent circulaires : leurs compétences de lecture ont dû s’améliorer. Je passerai sur les assises de l’enseignement, les diverses consultations, les revalorisations de l’enseignement de qualification ou du métier d’enseignant,  le bilinguisme prévu en 2001 (tiens oui, spreekt u Nederlans ? Moi pas !), les mouvements du menton suite aux enquêtes Pisa, les commissions de pilotage (créées à peu près au moment où Francorchamps était en péril !), les socles de compétence, les évaluations formatives ou certificatives ou sommatives (biffer les mentions inutiles), les compétences terminales, les évaluations externes ou communes, etc.

 

Je ne parle là que de ce que j’ai vécu, comme élève ou comme prof. Chaque fois, l’enseignement est au centre des préoccupations. Chaque fois, les profs sont davantage désabusés : leur dernière contestation en force n’a rien donné, d’ailleurs, il y a huit ans. Et le plaisir d’être en classe se voit submergé par les promesses qui n’engagent même pas ceux qui les claironnent, les tâches administratives ineptes qui resteront lettres mortes, les grands plans qui nous mènent droit dans le mur.

 

Bien sûr, je vais encore me battre contre ce qui est ridicule ou dangereux dans celui-ci : après première lecture, 90% du texte. Je vais encore m’insurger contre ces ministres de gauche qui parlent de gouvernance, en les admirant de créer un nouveau jargon cosmétique pour chacune de leurs fumeuses idées (ah, euphémisme, quand tu nous tiens !), qui jettent au bassin l’enseignement officiel et public, qui confondent effets d’annonce et actions de terrain… Ce qui sera surtout pénible, c’est de ne plus penser à toutes ces c…ries, à toutes ces douches écossaises,  quand je serai en classe et de me dire que j’aime encore mon métier. Si on me laisse le faire…  

 

http://www.contrateducation.be/index.asp

13:54 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook |

19/01/2005

En mon palais ?

« Vous n’aurez pas ma liberté de penser » ânonnait une voix jacassante bien connue du Top 50, l’un de ces contestataires qui prétend à la révolution lorsque son seul confort est en cause. Sa liberté de penser, je n’en voudrais pas : je craindrais de devoir m’essuyer les pieds pour rentrer dans sa chapelle, de m’efforcer à un respect que je ne ressens pas. Je me sens parfois comme un sans idéologie fixe : cœur à gauche, hémisphère droit et   tête haute. J’apprécie les principes, les convictions, même les croyances mais je refuse de me les voir imposer sous prétexte que ce serait bon pour moi, comme ces médicaments efficaces parce qu’ils ont mauvais goût. Les doctrines se vident quand elles prétendent dominer la réalité : nous nous racontons notre vie avec des idées, jolis mots qui oublient notre petit quotidien, essaimé de gestes anodins, de paroles insignifiantes, de plaisirs insoupçonnés. Comme l’avait dit Tristan Bernard  -ce ne sera sûrement pas lui, avec ma mémoire qui me joue des tours, ces temps-ci-,  « il ne faut compter que sur soi mais pas trop ! »

 

A force de se poser des questions, l’indécision vous guette. Que vaut un indécis au pays des décisions stratégiques, des plans de campagne,  publicitaires ou militaires, la différence s’estompe ? Quand le doute s’échappe de la réalité, quand nous prenons nos déserts de haut, nous vivons et avançons : nous refusons des certitudes permanentes et admettons enfin que nos idées sont provisoires, comme nous. Etre raisonnable ? L’humanité n’a progressé que grâce à sa puérilité, ses passions, ses tocades : ses élans l’entraînent plus avant, chaque jour. Elle se risque tout entière, se parie et se féconde en se jouant d’elle-même.

 

Que sais-je ? Que je prends plaisir à écrire ce que j’écris, à lire ce que je lis, à laisser aller mes pensées. Je vagabonde en électron libre, un peu fou parfois, qui s’aventure où il peut et adresse des clins d’œil aux nuages. Mon école ? Buissonnière, forcément, la seule qui vaille.

 

Suivez la flèche.
 

Illustration d’Armand Pasdmaile


21:56 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

15/01/2005

Communiqué aux petits pois...

Les statues du square Delcominette, l'amicale des porteurs de chapeaux, le front indépendant des porteurs de casquettes (provenant d'une scission historique du précédent), Nike, Stetson, Reebok et Elvis Pompilio nous ont fait parvenir le communiqué commun suivant :
 
Nous devons constater que les multiples plaintes et interpellations des pouvoirs publics n'ont servi à rien.  Chaque jour, nous subissons les assauts de cette faune sauvage ces pigeons déliquants qui nous agressent de leurs fientes corrosives et, pourtant, le gouvernement n'agit pas.
Nous avions pourtant proposé des solutions réalistes et pragmatiques pour que cessent enfin ces nuisances intolérables : plan de vol déterminé par le ministère de l'agriculture, brigade volante de répression des fientes, fêtes de la musique, DCA et ballons publicitaires captifs.
Nous étions raisonnables : nous n'avons pas été entendus.
 

Nous nous sommes donc résolus à agir par nos propres moyens.
Les plumes vont voler !

Editeurs responsables
Armand Padmaile
Ubu de La Case Folle







12:18 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook |

13/01/2005

L'humanité n'a pas de prix...

Quelques propos de gens particulièrement responsables  cités dans le Charlie-Hebdo du 5 janvier.

 

De Eddy Wong, analyste en chef pour l’Asie chez ABM Amro : « Il est évident qu’avec de si importantes pertes en vies humaines, il faudra beaucoup de temps pour nettoyer les débris, enterrer les morts et retrouver les disparus. Mais ce n’est pas nécessairement un si grand événement en termes économiques. Les dommages subis par les bons hôtels ne semblent pas graves. Même si certaines chaînes hôtelières ont pu être affectées, il y a aussi des gagnants en termes économiques tels que les producteurs de ciment. »

 

De Vijay Tilakraj, cadre à la maison de courtage Cholamandalan Securities Bombay : « Ce n’est pas que la communauté des courtiers soit indifférentes aux désastres et à la douleur. Ils sont très préoccupés mais une réaction aurait été visible si les affaires avaient été affectées, ce qui n’est pas le cas. Le sens des affaires semble dominer tout le reste. »

 

De Denis Kessler, président général de la SCOR : «  C’est une catastrophe par le nombre de victimes mais, d’un point de vue économique, les dégâts sont relativement limités. Je ne parle pas des villages de pêcheurs, de toutes ces petites villes qui vivaient du tourisme, mais il faut savoir qu’aucun grand port de la région n’a été touché, ni les grandes installations industrielles. Or, c’est cela qui est très coûteux. Il y a bien entendu des sociétés d’assurances qui assuraient les complexes hôteliers et qui vont subir des dégâts et les conséquences de ces dégâts, c’est-à-dire des pertes d’exploitation, ce qu’on appelle « business interruptions » dans notre jargon. Mais tout ceci reste, à l’échelle du globe, mesuré. »

 

Ouf, merci messieurs : sans vous, nous aurions pu perdre la tête et croire que 160 mille morts et 2 millions de sinistrés constituaient une catastrophe humanitaire. Merci de relativiser la mort, quand elle n’est pas trop coûteuse, la misère, quand elle reste lointaine et de garder votre sang-froid. Vous nous rappelez heureusement que la sympathie, l’assistance aux victimes ne sont pas l’essentiel : en fait, il ne s’est rien passé, comme il ne se passe rien au Darfour, en Afrique centrale, dans les bordels de Thaïlande. En fait, il ne se passe jamais rien tant que l’économie n’est pas affectée…


08:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (46) |  Facebook |

07/01/2005

Discrimination positive ?

"M'sieur, c'est pas un Arabe au moins ?" Cette question m’a été posée par une de mes élèves suite à l’annonce de l’arrivée d’un remplaçant. Elève d’origine marocaine, comme la majorité de la classe : les autres sont Turcs, Congolais, Ruandais, parfois sans papiers. Tous sont allochtones et la plupart d’entre eux proviennent de la commune, des quartiers résidentiels ou, le plus souvent, des quartiers populaires. Nous sommes dans une école à discrimination positive, expression imbécile mais qui se concrétise par quelques moyens de fonctionnement supplémentaire. Mes élèves viennent majoritairement d’un ghetto inavoué : j’en ai eu qui n’avaient jamais été au cinéma, d’autres collègues rappellent à leurs souvenirs les gosses qui n’avaient jamais eu un stylo-bille en main. Les gosses du Kosovo, du Ruanda, de Tchétchénie, d’Albanie qui avaient dû tout laisser derrière eux et les gosses d’origine immigrée : une année en classe d'adaptation pour certains, primoarrivants,  puis ils intègrent les classes normales. Et voilà qu’une gamine, dans mon école, dans ma classe, me pose cette question… « Je l’ignore. C’est important ? » On me répond : « M’sieur, les profs arabes, ils font n’importe quoi ! » J’avoue que je reste perplexe et que je flotte un rien. « Vous vous fichez de moi ? C’est une blague ? »

Et non, pas une blague… La discussion aidant, et d'heureux contre-exemples aussi, ils m'ont expliqué ce qu'ils pensaient : à savoir cette impression de désintérêt vis-à-vis d'eux, de volonté de les voir se replier dans une communauté, même à l'école, comme certains d’entre eux le sont dans leur quartier. Leur ras-le-bol d’avoir des profs parfois incompétents (ça, il y en a partout) et surtout leur impression de se réserver les profs allochtones comme s’ils étaient une sorte de dépôt. Ils reconnaissent que certains sont bons mais ils pensent qu’il y en a trop dans l’école. Et ils respirent depuis qu’ils sont au degré supérieur : là, il y en a beaucoup moins. Je reste très perplexe face à leurs propos, très révélateurs de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes ou qu’on leur renvoie d’eux-mêmes. Tous les arguments sortent : la réussite d’anciens élèves, le fait que les profs sont des profs, la réalité de la jeunesse bruxelloise, les difficultés de l’intégration, etc.

Pourtant, je reste songeur.  On ne peut pas parler franchement de racisme à l'embauche dans l’enseignement : même si le statut exige la nationalité belge, comme dans la fonction publique,  les dérogations existent. Donc, la plupart des profs de l’établissement sont belges, comme la plupart des élèves, en fin de compte. Cependant,  il y a cette manière particulière de gérer la "pénurie" et de discrimination à l'affectation des profs. On enverra donc en priorité les profs allochtones ou qui n'ont pas les titres requis dans les écoles réputées difficiles, avec les problèmes que cela pose : face à des élèves qui ont des problèmes linguistiques parfois aigus se retrouvent des collègues qui éprouvent eux-mêmes des difficultés avec le français...  Et on répercute les inégalités scolaire dans la gestion du corps enseignant : comme il y a peu d’élèves des ghettos dans les bonnes écoles, il y a peu de profs allochtones. Quant à la pénurie, elle est artificielle dans les établissements à discrimination positive : on dissuade les titres requis de s'y aventurer en leur laissant entendre que les travail est pénible, comme à l'athénée Jacquemotte où 70% des profs sont articles 20, ce qui coûte moins cher à la CF, puisque le salaire est moindre,  et permet de faire pression vu leur statut très précaire, puisqu’il suffit de ne pas les reprendre dans l’établissement. Enfin, il arrive parfois que l’on nous envoie les profs dont personne ne veut plus : ceux-là ont le titre mais sont « finis ». Sans doute suppose-t-on que la catastrophe passera inaperçue chez nous (ce en quoi on a tort !) ou ne donnera lieu à aucune réaction (et là, malheureusement…)

De nombreux profs se démènent pour gagner le pari de l’intégration, malgré les vents contraires : ils essaient de faire leur boulot correctement, en dépit des circonstances parfois très défavorables.  Ils exigent beaucoup de leurs élèves et d’eux-mêmes : ils jouent le jeu à fond pour obtenir des résultats tangibles. Ils refusent le communautarisme et restent intransigeants sur les matières qu’ils abordent, sur le travail à fournir, sur la réussite personnelle de leurs élèves. Si on les laisse faire ?  



16:57 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (59) |  Facebook |

05/01/2005

La guerre de l'humanitaire ?

Ce petit post est né d’une lecture attentive des commentaires de textes précédents. Je me suis donc pris au jeu d’aller m’informer au hasard, sur le net, en ne gardant, autant que possible, que des sources sérieuses : il y a des moments où il est nécessaire de faire confiance à la presse. J’avoue ne pas comprendre les rivalités concernant les dons : je pense que pour les sinistrés eux-mêmes, peu importe qui donne et en quelle quantité ?  L’inquiétude de l’ONU réside dans le manque de certitude de certaines promesses, même si les pays moraux et des pays pauvres ont promis et parfois déjà  donné, même si certains agissent déjà sur le terrain : le tremblement de terre de Bam n’a suscité que 54% des sommes nécessaires, comme le rappelle Jan Engeland, coordonnateur de l’aide d’urgence à l’ONU. C’est un peu comme cette promesse sans cesse répétée de renforcer l’aide aux pays en voie de développement : les promesses ne coûtent rien à qui les fait.

Mais une donnée vient peut-être donner de l’espoir : actuellement, l’opinion publique se sent concernée et les initiatives privées ou locales se multiplient comme au Canada, en France ou dans les pays du Proche-Orient. Les dons privés dépassent parfois les promesses officielles  et battent des records, à tel point que MSF a lancé un appel pour l’arrêt des dons concernant son organisation et ses opérations spécifiques : une situation inédite !

Sans doute, l’aspect spectaculaire de nos médias, les refus politiques de certains gouvernements qui privilégient des options contestables au détriment de leurs sinistrés (comme l’Inde et ses zones militarisées) ou les élans « généreux » de l’un ou l’autre organisateur de voyages écoeurent  - en tout cas, moi, ils m’écoeurent – parce que les priorités sont une fois de plus accordées à des prétextes alors que le temps presse de manière dramatique pour éviter que la catastrophe ne se développe en un désastre sanitaire.

Bien sûr, il y aura des malversations ;  bien sûr, il y aura des détournements de fonds et de la corruption ; bien sûr, d’autres sinistrés mourront encore parce qu’aux difficultés réelles s’ajouteront les mauvaises volontés coutumières, le goût du spectacle ou la cupidité des affaires, qui seront toujours les affaires ; bien sûr, la charité n’est pas la justice et un don n’est qu’une aide ponctuelle. Le pire à craindre n’est pas là : ce serait plutôt que la mobilisation, en feu de paille, s’éteigne doucement, avant même la fin de l’urgence. Et l’urgence est loin de sa fin…

 

Sources

Proche-Orient Info

http://www.proche-orient.info/xjournal_pol_doc.php3?id_article=34361

Tourisme et action humanitaire ?

http://permanent.nouvelobs.com/societe/20050104.FAP4939.html?0816

Canada

http://radio-canada.ca/regions/Ontario/nouvelles/200501/04/012-tsunami-mardi.shtml

MSF

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-392968,0.html

Le Monde : la France

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-392837,0.html

Action ONU

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3210,36-392855,0.html

Course contre la montre

http://www.reuters.fr/locales/c_newsArticle.jsp?type=topNews&localeKey=fr_FR&storyID=7234295


00:26 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (28) |  Facebook |

02/01/2005

L'enfant

Il est couché : il est pâle et fatigué,  sa sueur coule sur les vieux draps. Sous la tente de fortune, ils sont des dizaines dont les gémissements percent la nuit, malades comme lui mais il se sent seul. Ses parents sont morts là-bas, au village, avant l’évacuation. Pour une fois, ce ne sont pas les militaires qui ont tué : il a d’ailleurs été étonné, il n’avait jamais vu de soldat sans arme. Ils avaient l’air plus jeunes sans arme, plus jeune que ses parents. Ses parents sont morts, sa soeur est morte et lui reste couché dans le lit de camp de l’hôpital de campagne.

Il serre dans sa main une photo, la photo d’un jeune couple avec son bébé : ils sont beaux et démodés, sa sœur vient de naître, lui viendra l’année suivante, ils ont la vie devant eux. L’épidémie les a tués : son père s’est couché d’abord, puis sa sœur et enfin sa mère. Il a peur des lits. Les rues du village restaient désertes, hormis quelques enfants comme lui qui partaient à l’abordage de leurs rêves. Quelques hommes épuisés se rendaient encore aux champs, quelques mères essayaient de s’occuper des malades. Et puis l’évacuation les a dispersés. Il s’endort à l’abordage d’un nouveau rêve

L’infirmière s’est approchée : elle a vite compris qu’il ne respirait plus. Elle fait signe aux brancardiers pour qu’ils emportent le petit corps. Elle jette un coup d’œil à la photo sur laquelle la main s’est crispée : un jeune couple, un bébé et un gamin de cinq ans sourient au photographe, de plus en plus lointains.



23:17 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

01/01/2005

Ce post m'a été envoyé par Armand : je le publie parce qu

Ce post m'a été envoyé par Armand : je le publie parce qu'il me semble bien résumer la situation présente sur plusieurs blogs. A cause des cloportes, certains doivent vider leurs commentaires, d'autres ont dû les supprimer, d'autres en sont venus à supprimer leurs blogs. J'ai pour le moment eu la chance de n'avoir droit qu'à des commentaires signés : j'espère que cela durera. Mais je ne suis pas optimiste au point de croire que ce qui est arrivé à d'autres, que j'apprécie, ne nous arrivera jamais. Merci à ceux qui signent, quels que soient leurs tendances, leurs goûts, leurs plaisirs ou leurs opinions : c'est et ce sera toujours un plaisir de discuter franchement avec eux. Merdre aux autres qui devront apprendre à ramasser leurs petits besoins d'ânonymes et à les emporter loin, plus loin, très loin.  

La Vérité d’Armand
Quelques malfaisants du monde des blogs m’obligent à sortir de mon cimetière et à rédiger le post suivant:
Les cloportes
Depuis quelques temps, ces sales bêtes envahissent sournoisement les blogs. Ils viennent d’abord seuls, puis par couples et enfin en famille et en cohortes serrées. Au début, c’est amusant de les voir lancer leurs urines et leurs selles sur celui qu’ils ont élu «souffre-douleur». Les autres bloggeurs ne pipant mot par prudence (c’est le mot gentil pour «lâcheté»), ils s’enhardissent, deviennent plus nombreux, versent dans l’insulte ou réalisent des «blagues» de très mauvais goût.
Attention, quand la première victime sera tombée, les cloportes, qui ont besoin d’excréments pour survivre, trouveront une, puis deux… nouvelles victimes jusqu’à ce que plus personne ne puisse exprimer ses idées… et c’en sera fini avec les blogs! En médecine, avec des microbes, cela s’appelle septicémie.

Armand




21:39 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (26) |  Facebook |