02/04/2005

Le centre du monde ?

Vaste opération médiatique ? Oui, sûrement. Nécessité ? Pas de doute : ce n'est pas parce qu'on en parle moins qu'il a reculé. Le Sida tue toujours, il n'a jamais cessé de tuer. Bien sûr, il y a la trithérapie, dans nos pays riches ; bien sûr, certains adoptent le comportement suicidaire, entre roulette russe et pulsion morbide. Et puis, il y a tous ceux qui n'ont pas le choix : parce que l'épidémie est devenue pandémie, parce que les moyens financiers ne sont pas là, parce qu'il fallait mettre le préservatif à l'index en Afrique. Certes, les Eglises locales ont composé avec la situation, comme la conférence française des évêques en son temps. Et si les évêques africains refusent le refuge illusoire du "Plus près de toi, Mon Dieu", la superstition est reprise en main par des illuminés, pentecôtistes ou adventistes, qui s'abattent sur les familles comme de véritables fléaux : ils culpabilisent les malades qui ne guérissent pas en leur rappelant leur manque de foi. Un joli cynisme religieux !
L'essentiel ne se joue pas là-bas, pas à Rome, où les caméras sont pourtant braquées ! Pourtant, je ne peux m'empêcher de songer au symbole d'un pape qui n'a cessé de prêcher l'abstinence et a ainsi détruit, au gré de ses voyages, les tentatives d'associations locales, catholiques ou pas, de lutter contre la propagation du Sida, d'un pape qui puisse mourir le jour où l'on rend aussi hommage aux victimes de sa conception étriquée de la morale.
Mais il n'y a que la foi qui sauve.
 

11:15 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Education Cher Ubu,
Je ne peux pas te suivre dans une partie de ton raisonnement: ce n'est pas parce que le pape et autres religieux d'un autre âge prêchent l'abstinence que le sida se propage, MAIS parce que ces c**s omettent de:
- éduquer (expliquer que forniquer avec un partenaire contaminé propage la maladie)
- prévenir (expliquer que mettre un préservatif est plus efficace que prier)
- Faire tester (expliquer aux porteurs du virus qu'ils peuvent et doivent prévenir leurs partenaires).
Ce n'est pas en disant aux voleurs qu'ils iront en enfer qu'on empêche les vols! Il faut EN PLUS, prévenir (éducation) et sévir (amendes, voire prison) pour convaincre les voleurs de ne pas voler.
Une trithérapie coûte un million de fois plus qu'une capote. En Afrique du Sud (pays le plus touché au monde), les préservatifs sont offerts gratis aux ouvriers des mines MAIS ces ouvriers ne les mettent pas "par tradition" (comme pour les infibulations dont tu parlais autrefois)...
Ce n'est pas les "moyens" qui manquent (recette facile quand on ne veut pas prendre un problème à pleine mains) mais la volonté d'éduquer. En Belgique, les sidéens par manque de précautions savent tous qu'ils prennent des risques; les africains ne le savent pas et ça, c'est une énorme différence...
Amitié.

Écrit par : Armand | 02/04/2005

Cher Armand, Ce n'est pas, malheureusement, que la volonté d'éduquer qui manque. Bien sûr, il y aura toujours des imbéciles criminels qui n'écouteront jamais rien, protégés, croient-ils, par leurs superstitions ineptes : en Afrique du Sud, on pratique même le viol ou le crime rituel pour se "soigner, à tel point qu'une brigade de police spécialisée avait été créée. Et bien sûr, le pape n'est pas le seul responsable de la pandémie : mais il a entretenu l'équivoque au nom d'une tradition obsolète... Et interdire d'éduquer à la sexualité est un crime, une non-assistance à personne en danger, contre ceux que l'on éduque comme contre leurs futurs partenaires. Comme je le dis, cette attitude n'est pas partagée par le clergé africain, fort heureusement : peut-être a-t-il eu le tort de se prononcer un peu tard !
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 02/04/2005

ne pas désespérer Ne paniquons pas, ilva nous faire un miracle dans peu de temps.

Écrit par : duke | 11/04/2005

Les commentaires sont fermés.