06/04/2005

La journée d'un scrutateur

Italo Calvino publie le roman La journée d'un scrutateur en 1963, qui marque la fin de sa période néo-réaliste. Intellectuel communiste, il a rompu avec le Parti lors des événements de Hongrie pour se consacrer au journalisme. Pourtant, il n'a pu s'empêcher de revenir sur son passé de militant. Le scrutateur, c'est celui qui, délégué par sa formation politique, observe les conditions de vote et s'assure que la légalité est respectée. Notre scrutateur, communiste, se retrouve dans un fief de la démocratie chrétienne : un hospice où grabataires et handicapés profonds votent, la main guidée par le personnel religieux de l'institution. Le militant connaît une sorte de crise morale : il est en droit de refuser le vote de ceux qui, manifestement, n'ont plus leur santé mentale et qui sont manipulés par les religieuses. Pourtant, ce refus, il le ressent comme un déni de citoyenneté : il a l'impression d'enterrer ses convictions profondes sous son action politique, d'oublier ses principes tant l'adversaire se fait pressant.
Un texte humain, loin des fadaises convaincues, à défaut d'être convaincantes, et des mièvreries gentillettes des imposteurs coutumiers, qui récitent la litanie de leurs lectures infantilisantes de la philosophie - où tout est souvent la faute de mai 68, ces derniers temps -  ou de leurs préceptes religieux -trop d'exemples pour n'en citer qu'un, alors on va dire Coelho, Guy Gilbert et les autres gangnans - en solde. Ici, la perception offre la justesse des nuances : le conflit ne se résume pas à un choix cornélien mais à des humeurs changeantes, et la crise s'insinue plutôt qu'elle ne se déclare. Il est rare de trouver un texte de militant qui n'assène pas : c'est peut-être parce que Calvino sait combine l'éthique personnelle coûte quand, comme la solidarité et un certain humanisme distancié des grandes phrases creuses, elle se poursuit pas à pas, à hauteur d'homme.  

01:24 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (26) |  Facebook |

Commentaires

bien vu Salut Ubu,

Bien vu, je ne dors presque plus
Merci pour ta visite impromptue
un plaisir continu que je n'explique plus
A propos de ce blog aux phrases perdues
Ce n'est pas que je ne recommencerai plus
mais vois-tu
si ce n'est que pour meubler pour être vu
je préfère d'abord passer en revue
la presse que j'ai déjà lue
pour finalement commenter à première vue
une actu épurée des déjà-vu
ah, si mon ridicule ne m'avait tu
j'aurais pu continuer sans discontinu
Allez, merci d'être venu
salut

Écrit par : mehmet | 06/04/2005

italo Calvino connaissait le poids de la vraie légèreté...
belle journée, Ubu!

Écrit par : fun | 06/04/2005

Ici et ailleurs... Cher Ubu,
L'histoire avait lieu à chaque élection en Belgique (du moins je le suppose).
Ayant été une fois (il y a très longtemps) président de bureau de vote, j'ai vu une dizaine de personnes âgées se faire accompagner dans l'isoloir par celui qui les avait amenées en voiture (avec autorisation officielle).
Ces personnes auraient eu plus facile de remettre un certificat médical les exemptant de vote... Crois-tu que ces personnes âgées étaient tellement motivées par le vote? (J'en veux pour preuve du "civisme" des citoyens ordinaires le fait que j'ai dû commander une seconde livraison de convocations, les 40 reçues d'origine étant insuffisantes vu les désistements...).
Les magouilles n'ont pas lieu qu'à l'étranger...
Amitié.

Écrit par : Armand | 06/04/2005

La démocratie est un bel idéal trop souvent malmené. Les principes de l'élection et de l'égalité entre Hommes ne sont pas toujours faciles à digérer et à instaurer intelligemment : Pourquoi le vote d'un homme de 45 ans qui a 5 enfants a-t'il autant de poids que celui d'un jeune homme de 18 ans pas forcément mature? La démocratie est une belle fleur difficile à faire pousser et très fragile. Son principal engrais étant la bonne intelligence de chaque citoyen, ce qui n'est pas toujours le cas au vu de la qualité (qui se dégrade) de notre enseignement malheureusement. Et la meilleure façon de la faire pousser, on ne la trouvera jamais, un peu comme la raison de notre existence dans l'Univers...

Pour répondre à l'autre commentaire concernant le progressisme et le conservatisme, c'est beaucoup moins simple que le clivage conservateur/progressiste. Chemin naturel de la vie? Je ne sais pas au vu de notre façon moderne de traiter l'environnement ou notre entourage par exemple. Argument ab absurdo au niveau moral mais pas si irréaliste (quand on voit certain psys et politiciens parler de sexualité des enfants) : imaginons des "progressistes" qui demandent de baisser l'âge de la majorité sexuelle à 12 ans voire à 10 ans et qui cataloguent leurs détracteurs de "conservateurs". Il y a toujours plus progressiste que soi.

Je suis en train de lire un très bon livre qui parle un peu de ça : "Le malaise de la modernité" de Charles Taylor. Il n'y aucun parti pris dans ce livre, c'est ce qui en fait sa force. Je le conseille.

Écrit par : Couhoulinn | 06/04/2005

... Ne fais pas dire à Taylor ce qui ne dit pas. Sa vision du malaise de la modernité (passionnante au demeurant) n'a rien à voir avec une remise en question de certains choix éthiques que tu jugerais trop "progressistes". On peut être communautariste, prôner une solidarité active entre les personnes sans pour autant être atteint de mysticisme chrétien exacerbé.

L'histoire montre que l'église catholique n'a que très rarement su anticiper les mutations profondes de la société depuis l'époque de "rerum novarum" où elle était le fer de lance des conquêtes sociales. Au contraire, elle a toujours du s'adapter. La ferveur mystique de ces derniers jours est un faux-semblant. Les gens ont toujours autant besoin de spritualité et l'église ne parvient pas à répondre à ce besoin. Le discours sur la perte des valeurs morales de la société n'est qu'un cache-sexe qui permet à l'église de masquer ses propres faiblesses.

Écrit par : HL | 06/04/2005

euh? Dans ce livre, il essaye de se mettre sur un autre plan que le clivage modernistes/anti-modernistes. Je l'ai dit que sa vision des malaises de la modernité n'est pas une remise en cause de certains choix moraux : " il n'y aucun parti pris". Mais il éclaire quand même cette situation car qu'est-ce que le progressisme? C'est notamment vouloir faire abandonner certains horizons de valeurs pour permettre idéalement à chacun de s'autodéterminer avec ce que cela entraîne sur les jugements de valeurs. J'ai dit que cela en parlait un peu, car le progressisme est quelque de moderne, ça s'apparente. J'ai jamais dit que le sujet du livre était une critique du progressisme.

Et... euh... où ai-je parlé d'Eglise catholique? C'est quoi ses faiblesses? De ne pas être moderne? Comment pourrait-elle dès lors critiquer la modernité si elle était elle-même moderne?

Écrit par : Couhoulinn | 06/04/2005

Merci de votre passage ;) Cher Mehmet,
Si je commence à rimer, ça va faire mal ;)) J'espère au moins te retrouver à l'occasion sur Minorités. org ;)) et à l'occasion, j'espère, sur ton blog. ;)

Chère Fun,
Je me suis maudit de l'avoir oublié ! Vive nos ancêtres ! En plus, les villes invisibles, ça ferait un joli blog, non ? ;)))

Cher Armand,
En effet, les magouilles n'ont pas llieu qu'à l'étranger. Et je pourrais citer, par expérience, des institutions catholiques du même ordre qui se spécialisaient dans la procuration... Merci, mes soeurs ! Mais, dans le roman, il s'agit plutôt d'un contexte : ce qui y est intéressant est plutôt l'aberration du militantisme qui tourne à vide ! J'avoue que j'y cède parfois, pris dans le mouvement : pourtant, je n'aime pas ça ! Sauf pour emmerder mon monde... ;))))

Cher Couhoulinn,
- "Un homme, un vote" : c'est un principe récent mais de qualité, garanti par l'état de droit. Tout autre système procèderait de l'injustice. Pourtant, quand il y a une incapacité manifeste, que faire ? S'en tenir au formalisme ou prendre en compte les situations exceptionnelles ? En plus, de récentes élections (en Italie) me font penser que la démocratie a encore des sursauts : fort heureusement. ;) Et d'ailleurs, ce sont les démocratie qui ont créé l'enseignement obligatoire et accessible à tous, me semble-t-il ?
- Tu sais comme moi que ce n'est pas nécessairement ceux qui parlent qui mettent en pratique et la cécité volontaire de certaines institutions m'écoeure, surtout quand elles prônent la morale. Je pense à au curé de Quincampoix (pas sûr de l'orthographe !), à ce charmant religieux qui envoya ses boy-scouts à la mort, à ces curés américains impliqués dans des scandales sexuels... Permets-moi de préférer un acquis légal, qui ne se mue pas en obligation de fait, à une hypocrisie qui enterre ses turpitudes : l'histoire de la paille et de la poutre... Débattre d'un problème, c'est l'étudier, pas nécessairement le résoudre : et c'est reconnaître qu'il n'y a pas qu'une vérité, forcément usurpée, mais des changements de société qu'il faut prendre en compte. Et les hommes qui les subissent, sans les culpabiliser : c'est bien là le problème des conservateurs religieux, ils culpabilisent mais ne responsabilisent jamais...

Cher HL,
C'est qui ce "Charles Taylor" ? Globalement, je suis d'accord avec toi. Simplement une réflexion en l'air : n'est-ce pas le propre d'un idéologie que d'être dépassée par les événements ? ;)

A bientôt

Écrit par : Ubu | 06/04/2005

Oups : fricassée de commentaires ! ;) Cher Couhoulinn,
Ton commentaire s'est intercal pendant que je rédigeais les miens.
Pour l'église catholique, je te répondrai que c'est moi qui y fait allusion dans mon post. Quant au progressisme, s'il présente une part d'autodétermination incontestable (et tant mieux !), c'est tout de même dans le cadre de droits acquis collectifs et de garanties de protections pour tous, y compris pour les non-électeurs... Critiquer la modernité ? Pourquoi pas, si l'on accepte sa réalité et ses apports, positifs et négatifs... Elle admet d'autant plus la critique, je suppose, qu'elle n'est pas un dogme mais un mouvment : ce qui n'est pas le cas de tous ses critiques, d'ailleurs (j'ignore si c'est le cas pour ce Charles Taylor que je ne connais pas ;))

A bientôt

Écrit par : Ubu | 06/04/2005

... Si vous croyez que, dans mon état, je peux vous suivre...
Et si on parlait de "oui-oui" :)

Écrit par : Serge | 06/04/2005

no problem "Tout autre système procèderait de l'injustice."

Tout système est injuste. Un chef de famille qui a 5 enfants est virtuellement 6 personnes car il décide (vote) pour sa famille, sa voix vaut-elle 1/6 d'un autre? Ses enfants ne sont pas importants? Ne sont-ils pas comme les personnes agées atteintes de Parkinson qui ne font que regarder les Feux de l'Amour toute la journée mais qui peuvent donner leur droit de vote à quelqu'un d'autre? Pourquoi n'y auraient-ils pas procuration pour les enfants? Ceux qui votent pour eux ne doivent-ils pas le faire dans l'intérêt de ceux-ci?
La situation inverse est également injuste : pourquoi un homme vaudrait moins s'il n'a pas d'enfants?

On peut se tirer les cheveux pendant des heures là-dessus.

Toutes les institutions humaines connaissent des défauts. Les flics verreux, faut-il diaboliser la police c'est pourtant eux qui doivent défendre la justice? Les syndicalistes qui tabassent les non-syndiqués et les non-grêvistes, faut-il interdire les syndicats c'est pourtant ceux qui doivent défendre le droit au travail? Les prêtres pédophiles, faut-il interdire l'Eglise c'est pourtant eux qui disent défendre la moralité? Les employés des mutuelles malades imaginaires pour les congés maladies, les entreprises publiques noyées dans le clientélisme, le président d'un CPAS habitant un logement social, ...ect

Tout ça n'entâche en rien les belles idées que ce soit le discours de Jésus, le système de sécurité sociale, la démocratie, la liberté d'expression, le vote par procuration, ... Les acquis légaux peuvent être tout aussi hypocrites. La démocratie peut devenir tout aussi infantilisante, on en a encore eu la preuve pour la consultation populaire sur la constitution européenne.

Écrit par : Couhoulinn | 06/04/2005

De retour : il va pleuvoir ! ;) Cher Serge,
Moi, c'est plutôt "Ubu petite maman" ma lecture de référence ;)))

Cher Couhoulinn,
Ce que tu désignes, c'est la qualité d'électeur : je te rappelle qu'une démocratie n'offre pas seulement de garantie à ses électeurs mais aussi aux enfants, aux grabataires, aux immigrés (pour peu que l'on reconnaisse leur statut, il est vrai). Je trouve d'ailleurs étonnant qu'on aborde pas davantage le dernier cas : ils ne sont pas en incapacité de voter et pourtant ils sont encore exclus de certaines élections... Enfin, passons. Donc, la citoyenneté s'étend au-delà du corps électoral : elle est un autre fondement de la démocratie.
Tu rappelles que toutes les institutions humaines ont des défauts : et tes exemples sont justes. Seulement, toutes les institutions ne prônent pas un idéal moral et les institutions civiles tombent sous le coup (en théorie !) des lois civiles et des procédures du même nom : elles ne prétendent pas à une absolue vérité mais à un service public. Tu sais comme moi que les principes doivent être appliqués par des hommes : et ceux-ci ont la moralité très variable... Y compris, et là je te suis (ou je te précède !) lorsqu'ils transforment leur mission au nom de la perennité de leur institution ou de leurs intérêt et au détriment du service qu'ils sont censés assurer : c'est, bien entendu, condamnable parce cette attitude argue de prétextes pour le maintien d'une tradition corporatiste et oublie les principes mêmes qui sont censés l'animer... La vigilance est donc de mise : je pense d'ailleurs que les catholiques réformistes et rénovateurs ne se privent pas d'appuyer là où ça fait mal... Les autres institutions disposent de procédures disciplinaires, internes ou externes : il y a encore du boulot pour qu'elles fonctionnent mais elles existent... Quant à ta réflexion sur la constitution européenne, j'y souscris mais je me pose une question : qui l'a lue ? ;) Comme ce fut déjà le cas pour Maestricht. Mais là, c'est la sociologie de l'information qu'il faut interroger, pas nécessairement le politique. On peut d'ailleurs se demander si beaucoup d'électeurs français ont une réelle idée de ce pour quoi ils vont voter... En plus, les référendums, chez nous, ça tourne mal ! ;))

A bientôt

Écrit par : Ubu | 06/04/2005

Test Je viens de recevoir une adresse URL de ce bon Monsieur BT...
Je me permets de l'essayer ici...
Sois pas fâché!

Écrit par : Armand | 06/04/2005

Cher Armand, Arrête de me dire ne pas me fâcher : ça m'énerve ! ;))))) Toujours content dans ton squat ? ;)
A bientôt

Écrit par : Ubu | 06/04/2005

Oui Oui, et je crois que c'est le blog qui a le plus de lecteurs et de posts par jour.
BT est très amusant et Catherine fait des belles photos...
Tu vois que j'ai même reçu un URL spécialement pour moi!
Et surtout, les cloportes, je ne les verrai pas s'ils osent venir!
Amitié.

Écrit par : Armand | 06/04/2005

je suis triste Saul BELLOW est mort aujourd'hui.

Écrit par : fun | 06/04/2005

... "je te rappelle qu'une démocratie n'offre pas seulement de garantie à ses électeurs mais aussi aux enfants, aux grabataires, aux immigrés [...] ils ne sont pas en incapacité de voter et pourtant ils sont encore exclus de certaines élections... "

Faut pas mélanger les droits civils, sociaux et les droits politiques... ;-) Je parle des droits politiques.

"elles ne prétendent pas à une absolue vérité mais à un service public"
La pouvoir judiciaire est un service public servant lui-même un absolu, celui de la Justice. L'être humain n'est pas absolu, il est imparfait. La seule distinction que l'on peut faire c'est celle entre la loi et la morale mais ça n'oblige en rien les institutions morales, que dis-je la moralité elle-même, d'être parfaites (tu le dis toi-même : "moralité très variable"). Cela équivaudrait à les rendre inutiles car elles seraient condamnées à ne jamais atteindre leur objectifs.

"Quant à ta réflexion sur la constitution européenne, j'y souscris mais je me pose une question : qui l'a lue ? ;)"

Peu de monde. C'est la grande faiblesse du suffrage direct, les décisions devant être normalement prises en connaissance de cause. Qui a lu les encycliques de l'Eglise Catholique? ;-)

ps: il y a également des procédures disciplinaires dans l'Eglise aussi ;-)
ps2 : Il y a peu d'absolu dans le judaïsme et le christianisme. En tout cas en ce qui concerne l'humain. Notamment à cause du libre arbitre, ça serait illogique d'un point de vue théologique. Par exemple, dans l'Ancien Testament les seules choses à prendre au pied de la lettre, c'est les 10 commandements et dans le Nouveau, c'est "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé", le reste c'est des fioritures écrits par des hommes et donc sujet à caution. Quoique le Cantique des Cantiques est un des plus beaux textes que l'on puisse lire...

Écrit par : Couhoulinn | 06/04/2005

De passage ! ;) Cher Armand,
J'en suis ravi : attention tout de même aux cadences infernales ! ;)

Chère Fun,
Tu me l'apprends : les illusions médiatiques cachent malheureusement les nouvelles importantes :( Et nous sommes dans une époque où un prince d'opérette et un chef religieux s'imposent devant un écrivain...

Cher Couhoulinn,
- Heureux que tu t'aperçoives de l'existence de différents droits : ce n'était pas clair dans ton commentaire précédent ! ;) N'empêche, le droit de vote aux immigrés n'est pas réglé, ce qui rend la démocratie imparfaite...
- Que la justice se réfère à un absolu : certes, mais en prenant en compte la réalité des faits et l'humanité des victimes et des coupables, davantage chaque jour. La justice s'humanise, imparfaite mais vivante. Tant mieux, ce qui est parfait est mort...
- Qui a lu les encycliques papales ? Peu de monde en effet : il est vrai qu'elles n'ont aucune importance en droit, contrairement aux directives européennes. Comme les encycliques ne sont que des textes religieux, qui n'ont strictement rien de démocratique, maintenons-les dans la sphère privée une bonne fois pour toutes. La religion ne me dérange pas quand elle prend des positions morales : elle me révulse quand elle prétend les imposer à tous !
- Je te signale que toute la Bible a été écrite par des hommes dans un contexte social spécifique... La beauté de l'un ou l'autre texte est subjective (personnellement, je préfère Baudelaire ! ;)) mais la détermination de ces textes dans une époque maintenant révolue ne fait aucun doute : leur caractère obsolète également. Et ceci vaut encore davantage pour le dogme, qui fut jugé à maintes reprises révisables d'ailleurs...

A bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 07/04/2005

... Il y a énormément de choses qui datent d'il y a 2000 ans et qui sont encore d'actualité sans être pour autant obsolètes. Théologiquement pour les chrétiens et les juifs, toute la Bible a été écrite par les hommes sauf les 10 commandements et, spécifiquement pour les chrétiens, le message de Jésus que l'on peut qualifier de divin : Le divin n'étant jamais obsolète car il est hors du temps. Mais ça n'engage que les croyants.

Droits de vote des étrangers? Pourquoi pas. Mais il faut se poser des questions sur les ingérences étrangères, la souveraineté d'une nation, ... car la Démocratie se base sur un peuple, pas sur du vide. La naturalisation deviendrait donc inutile si celle-ci ne donne aucun droit supplémentaire. Je suis sceptique, j'attend de voir la situation de la France dans 15 ans pour juger de l'immigration, de la naturalisation, du droit de vote des étrangers, ect.

Écrit par : Couhoulinn | 07/04/2005

La Vérité d'Armand... Cher Ubu,
Comme tu le verras (je sais que tu passes souvent dans mon petit squatt), je viens de faire un post dans le style du bon vieux temps (tu reconnaîtras la photo d'ailleurs)...
Je verrai s'il y a du lectorat pour ce genre de papier...
Amitié.

Écrit par : Armand | 07/04/2005

La journée d'un scrutateur “C’est sous ces apparences négligées, grises, dépouillées, que la démocratie se présentait aux citoyens; par moments, Amerigo trouvait cela sublime, dans cette Italie qui, de tout temps, révéra la pompe, le faste, l’ostentation, l’ornement; il y voyait en fin de compte une leçon de morale, d’honnêteté, d’austérité, une perpétuelle et silencieuse revanche sur les fascistes, sur ceux qui avaient cru pouvoir mépriser la démocratie à cause précisément de ce dénuement, de cette humble comptabilité, et qui étaient retombés en poussière, avec tous leurs glands et leurs pompons, tandis qu’elle poursuivait sa voie, dans le cérémonial désincarné de ses petits papiers pliés comme des télégrammes, de ses crayons confiés à des doigts gauches ou calleux.”

Écrit par : Paul | 07/04/2005

Bonjour ! ;)) Cher Couhoulinn,
Simplement ceci : la notion de peuple est née avec la démocratie. Auparavant, il n'y avait que des sujets. Une idée récente peut donc se réformer en fonction des évolutions sociales. En fait, le problème réside surtout dans l'idée de nation, ce fantasme identitaire...

Cher Armand,
J'ai un cloporte qui m'évoque sur le blog de HL mais qui ne vient jamais me voir : je ne peux même pas te l'envoyer pour un petit traitement ! ;))) Ce doit être un timide. ;))

Cher Paul,
Merci pour la citation : je n'en attendais pas moins de toi ! ;)))

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 08/04/2005

fantasmes "la notion de peuple est née avec la démocratie. Auparavant, il n'y avait que des sujets."

Fantasme car la plupart des nations actuelles en europe sont basées sur ce nationalisme, ce désir d'auto-détermination d'un peuple : La Belgique et l'Irlande sont les meilleurs exemples. On le voit de nouveau en Europe avec le multiculturalisme : N'importe qui peut maintenant devenir français ou belge "de papier", par contre il est très dur de devenir Flamand, Breton, Picard, Lorrain => Montée des nationalismes régionaux. Le nier serait une abbération au vu de ce qui se passe en Flandre et dans d'autres pays européens.

"Que des sujets?" C'est oublier que la monarchie est porteuse d'un idéal : le Roi est le représentant de tous les belges quelque soit leur langue car il n'est d'aucune communauté, d'aucun parti, ... La notion de peuple existe depuis que l'homme existe sur terre.

"...ce fantasme identitaire"
Faire partie d'une communauté ayant une culture, une langue ou une ethnie commune, c'est un fantasme? On est juste des pions bons à voter? Certains pensent qu'une société multiculturelle sans problèmes de balkanisation et de communautarisme est un fantasme. Qui a tort? Qui a raison? On le verra.

Pour ce qui est des droits politiques des enfants comparés au droit de vote par procuration, tu ne m'as pas vraiment répondu : Pourquoi les enfants ne pourraient pas donner leur voix à leur tuteur par procuration dans la même logique que les grabataires? Faut-il mériter le droit de vote? Un homme quelque soit son âge n'est-il pas une voix même s'il est incapable de faire un choix intelligemment (handicapés, grabataires, comateux, drogués, psychotiques, ... enfants)? Les gens votant pour eux ne sont-ils pas sensés le faire dans l'intérêt de ceux qui ont des responsabilités vis-à-vis d'eux?

Écrit par : Couhoulinn | 08/04/2005

Cher Couhoulinn, Tu me parles de nations puis de régions : pas cohérent tout ça ! La Belgique est la création du congrès de Vienne, je te le rappelle, en tant qu'état tampon entre la Prusse et la France... Pas une nation... Le nationalisme n'est donc que du campanilisme mégalomane... Quant à l'idéal monarchique, c'est un joli rêve, fruit de circonstances : pour la Belgique, dois-je te rappeler qu'il y avait plusieurs candidats ? ;) Le fantasme identitaire : beaucoup de gens construisent leur identité par opposition. Pour moi, ce n'est pas un idéal : tout au plus une chimère... Enfin, en ce qui concerne le droit de vote aux enfants, ce serait nier a contrario la notion de majorité et renforcer le pouvoir patriarcal : les autres cas relèvent de droits acquis que les usufruitiers sont dans l'incapacité d'exercer. L'enfant et l'adolescent acquièrent ces droits en même temps que la responsabilité pénale : un équilibre judicieux me semble-t-il !
Bien à toi ;)

Écrit par : Ubu | 09/04/2005

... La Nation Belge a toujours existé. Le fait qu'on brade notre nationalité, il y a un décalage des identités nationales vers les identités régionales. Et l'affrontement "flamands"><"wallons" est le fruit de propagande de politiciens : les réalités régionales sont au combien différentes et plus riches.

Pour le droit de vote des enfants, ton point de vue se défend mais le mien tout autant. Pouvoir patriarcal? La procuration peut aller sans problème à la mère. Je dirai plutôt pouvoir familial et ça serait pas une mauvaise chose : la famille a toujours été une valeur sûre et l'élément essentiel d'une société.

Écrit par : Couhoulinn | 09/04/2005

Cher Couhoulinn, Qui connait la Brabançonne ? Un Belge sur dix ? ;) Quant aux réalités régionales, leur richesse provient des échanges : une culture métisse...
Un idéal à atteindre ? Peut-être bien : qu'y risquerait-on ? Quant au vote des enfants, qu'il soit délégué au père ou à la mère ne change rien au problème : ils parviendront à l'exercer quand ils seront adultes, individuellement et non comme l'auront décidé leur famille. L'indépendance s'acquiert individuellement . Mais j'avoue que je ne suis pas très famille ;))

Écrit par : Ubu | 09/04/2005

Merci beaucoup! Juste un petit merci pour m'avoir éclairé sur bien des choses de ce livre. Je fais un exposé en Italien sur cet ouvrage justement, et j'ai trouvé dans vos commentaires de quoi fournir délicieusement ce que j'ai à raconter devant une classe d'endormis. Vous m'avez aidé à comprendre des choses encore floues, merci beaucoup!

Écrit par : Ju | 25/04/2005

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