30/04/2005

Le commandant de bord vous salue !

Suite au décalage horaire, aux circonstances de l'atterrissage et à un casque sacrément coincé (nondidjiu !), le commandant Ubu redécollera avec ses aimables passagers ce dimanche premier mai. Jour du travail : ça tombe bien, non ?
 

Merci d'avoir choisi notre compagnie !

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20/04/2005

Un retour

J'avoue que j'étais un peu débordé ces temps-ci : il m'a fallu attendre que le vent daigne me déposer... Dans une semaine et demie, un projet qui me tient à coeur se conclut : ce blog va encore en souffrir un peu. Donc, pas encore un retour en fanfare : juste un petit solo avant le chorus.

20:24 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Un silence

...

20:19 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/04/2005

Magie ordinaire...

Il y a des instants qui se refusent à nous : notre mémoire les transforme en routine et, consommateurs avisés, nous les comparons d'expérience. Nous brandissons la bannière des blasés : chaque réveil n'est qu'un glissement de torpeur, chaque geste répète un geste appris et cent fois répété. Nous nous sommes endormis, entourés de nos objets familiers : des paysages lointains, nous ramenons des impressions d'enfance, nous promenons notre terroir de souvenirs sur le fil du temps. Notre curiosité nous a laissé tomber tandis que nous poursuivions notre bonheur : comme la princesse lointaine, attendrait-il notre mort pour nous accorder l'ultime étreinte ?
En fait, nous nous concevons comme si nous, ou un quelconque créateur, disposions de la maîtrise de ce que nous vivons et avons vécu. Nous nous supposons un plan, des intentions délibérées, des motivations : et nous voguons contre les vagues du hasard, en recherchant notre nécessité, en occultant tout ce qui nous est indispensable. Et pourtant, le courant nous a entraîné à la dérive : des notes qui charment, des sourires enjôleurs, des regards échangés, des saveurs capiteuses, des baisers qui se prolongent (pour peu que les plats précédents n'aient pas contenu trop d'ail ! ;)), des sensations comme autant de surprises.
Un ciel gris nous plombe le soleil dans son irrégularité, quelques gouttes de bruine s'irisent au contact d'une façade contre laquelle nous glissons.  Une jupe ou un pantalon se froisse à chaque pas ; des bruits incongrus résonnent ou se tapissent, à notre affût, mélodies incontrôlables et nécessaires . Un fumet, âcre ou voluptueux, nous remonte aux narines ; des effluves se libèrent après la pluie et nous traversent, fugaces.  Les épices s'acharnent sur la langue, le sucre du café nous tapisse.  Une danse, peau contre peau, surplombe nos petits équarissages ; la fraîcheur de la soie nous glisse entre les doigts, doux contraste. Et chaque jour virevolte, amenant le jour suivant dans une sarabande rêveuse et sensuelle. Et chaque sensation nous renouvelle.
Quelqu'un (Malraux peut-être) a dit : "Le bonheur, c'est pour les imbéciles." Tant qu'à faire, je préfère être un imbécile heureux.

05:45 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

13/04/2005

La tondue de Georges brassens

J'avais écrit un petit texte sur le même sujet et puis, en recherchant au hasard une image pour l'illustrer, je suis tombé sur ce texte de Brassens qui est tellement mieux que ce que je pourrais même imaginer d'écrire. Je ne le connaissais pas : je le partage donc.


La belle qui couchait avec le roi de Prusse,
Avec le roi de Prusse,
À qui l'on a tondu le crâne rasibus,
Le crâne rasibus.

Son penchant prononcé pour les «ich liebe dich»,
Pour les «ich liebe dich»,
Lui valut de porter quelques cheveux postich's,
Quelques cheveux postich's.

Les braves sans-culott's et les bonnets phrygiens,
Et les bonnets phrygiens,
Ont livré sa crinière à un tondeur de chiens,
À un tondeur de chiens.

J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison,
Parti pour sa toison,
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon,
Pour sauver son chignon.

Mais je n'ai pas bougé du fond de ma torpeur,
Du fond de ma torpeur,
Ces coupeurs de cheveux en quatre m'ont fait peur,
En quatre m'ont fait peur.

Quand, pire qu'une brosse, elle eut été tondu',
Elle eut été tondu',
J'ai dit : «C'est malheureux, ces accroch'-coeur perdus,
Ces accroch'-coeur perdus.»

Et ramassant l'un deux qui traînait dans l'ornière,
Qui traînait dans l'ornière,
Je l'ai, comme une fleur, mis à ma boutonnière,
Mis à ma boutonnière.

Et me voyant partir arborant mon toupet,
Arborant mon toupet,
Tous ces coupeurs de natt's m'ont pris pour un suspect,
M'ont pris pour un suspect.

Comme de la patrie je ne mérite guère,
Je ne mérite guère,
J'ai pas la Croix d'honneur, j'ai pas la croix de guerre,
J'ai pas la croix de guerre.

Et je n'en souffre pas avec trop de rigeur,
Avec trop de rigeur,
J'ai ma rosette à moi : c'est un accroche-coeur,
C'est un accroche-coeur.


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L'alarme à l'oeil ?

On peut rêver sa réalité ou choisir ses illusions. On peut se retrouver au pied du mur ou au pied de la lettre. On peut transformer la réalité en un rêve de dément et craindre le réveil du dormeur. On peut prendre des vessies pour des lanternes : si c'est plus joli. On peut toujours découvrir ce qu'on pensait avoir oublié. On peut donner du pain aux petits paradoxes qui volètent sur nos places de veille. On peut toujours choisir une autre réalité...

 

05:24 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

11/04/2005

Don de soi

Les mains pleines mais tremblantes, anxieuses, il se pressait maintenant. Tout à l’heure encore, ses pieds semblaient se forcer l’un l’autre à avancer. Il avait hâte de répandre l’argent sur la table de la cuisine, de réveiller les enfants pour leur annoncer qu’ils auraient droit à des vacances loin du désert, sur le sable lépreux d’une mer morte qu’éclairerait un soleil artificiel. Ils pourraient enfin respirer l’air léger et humide brassé par les ventilateurs, humer les essences d’algue et de varech qu’on leur diffuserait à satiété, courir loin des immeubles monochromes jusqu’à atteindre les limites de la bulle où leurs rêves respireraient enfin.  Presque joyeuses, ses prothèses cliquetaient sur les marches de l’escalier ; une de ses pinces s’agrippait à la rampe tandis que l’autre, remplie d’argent frais, balançait entre un signe de victoire mal contenu et une caresse furtive au pansement suintant qui recouvrait son orbite vide depuis peu.

05:05 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

10/04/2005

Flegme et bon genre

Ubu n'est pas le genre à s'enthousiasmer pour rien, voyons ! Mais parfois il applaudit... Quand le jour tombe à pic, quand le plissé d'une jupe délicate se froisse, quand un regard sourit avec un tout léger strabisme : subtil et intense. Comme une impression de vie qui se réveille, des envies de flamboiements innocents et des lumières tenaces  illuminent la nuit urbaine. Des ombres dansent sur le rythme des pneus mouillés tandis que j'entends, mélodie somptueuse, une voix à peine frelatée qui chantonne, qui allumerait des bals pour les gueux. Mes applaudissements résonnent, discrètement. Et leur écho me poursuit, de plus en plus lointain.

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"Le fusil brisé"

J'avoue mes lacunes en histoire de Belgique : il y a un ensemble d'événements qui me restent inconnus, soit parce que mes divers professeurs ne les ont jamais abordés, soit parce que je n'ai pas pris le temps de m'en informer. Sans doute parce que je n'ai jamais été un militant politique : j'ai décidé assez vite de me cantonner au syndicalisme, non pas idéologique mais purement pragmatique, en souvenir de pressions subies personnellement lorsque je m'étais "arrogé" le droit de faire grève il y a quelques années et parce que je me disais que je pourrais être utile dans ce maquis des textes légaux qui régissent mon métier. Le nez plongé à hauteur de circulaires, décrets et autres arrêtés gouvernementaux, j'en oubliais parfois qu'un mouvement syndical se construit parfois dans les symboles : je vasouillais même sur l'histoire du premier mai, avant de me rendre compte qu'il était une date du mouvement ouvrier, de la base, comme on dit, pas l'emblème des partis et hiérarchies syndicales (les secondes n'ont-elles pas rejoint les premiers ?). De même, l'histoire du "Fusil brisé", je ne l'ai apprise que récemment : honte à l'ancien Louvièrois que je suis !
Je la reprends donc ici, avec mention de la source, pour rappeler à ceux qui l'ignoraient comme moi qu'en un temps qui semble bien révolu, l'idéalisme ne se souciait pas des "nécessités" politiques et refusait toute dictature, se prétendît-elle d'une idéologie commune. Parce que le courage n'a pas de camp, parce qu'il constitue la dignité humaine, parce que Tien-an-Men ou les geôles de Castro valent les crimes de Pinochet ou de la dictature argentine, un coup d'oeil dans le rétroviseur de l'Europe.
 

Qu'est-ce le "Fusil brisé" ?

Il faut remonter quelques années après la guerre 14-18, plus exactement en septembre 1921 : des syndicalistes organisent une semaine de discussions à Morlanwelz; des militants syndicaux étrangers y prennent la parole parmi lesquels Johan SASSENBACH, allemand, qui doit parler du contrôle ouvrier en Allemagne.

La semaine de débat débutait le lundi 5 septembre pour se clôturer le samedi 10 septembre. A mi-semaine, le 7 septembre, une grande conférence publique des délégués étrangers était annoncée à La Louvière.

Une "Association des combattants" appose une affiche :

"Proteste énergiquement contre l'arrivée, à La Louvière, d'un délégué allemand… fait appel aux invalides… aux déportés qui ont été martyrisés dans les prisons d'Allemagne…" Halte au Boche !

Le 7 septembre arrive. Le cortège des syndicalistes arrive de Morlanwelz à La Louvière où le meeting doit se tenir à la "Maison du Peuple".

Quand le cortège débouche place "Jules Mansart", des contre-manifestants "patriotes" tentent de bloquer l'entrée de la "Maison d u Peuple".

Une bagarre éclate.

Va se former une "Ligue du Drapeau", groupant les principales personnalités des partis libéral et catholique. Les couleurs nationales ont été souillées. Les drapeaux des patriotes ont été mis en lambeaux lors de la bagarre devant la "Maison du Peuple".

S'organise donc une "JOURNEE EXPIATOIRE" destinée à glorifier le drapeau national.

Une manifestation aura lieu le 12 octobre.

"Il est trop tôt pour nous imposer la présence de nos ennemis d'hier, d"aujourd'hui, de demain."

Les choses n'en restent pas là.

Il faut une riposte à la "Journée expiatoire" ! La fédération locale socialiste de La Louvière lance un appel pour la manifestation du 16 octobre. Il y aura un nouvel étendard : un soldat, un jass brisant son fusil. A bas la guerre !

Le drapeau fut jugé séditieux, poussant à l'indiscipline, à la révolte. Comme Edouard ANSEELE, ministre socialiste, assistait à cette manifestation et y avait prononcé un discours, le ministre libéral de la guerre démissionna, entraînant la démission des ministres socialistes.

Source : http://users.belgacom.net/studiotheatre.ll/historique.htm
 
 
 

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09/04/2005

Vous n'avez rien contre la jeunesse ?

Ma bonne humeur n'aura pas duré. Le temps d'apprendre avec quelle humanité ce cher François Fillon, ministre de l'éducation nationale, avait fait preuve de pédagogie à Lille et à Paris. Les lycéens réclament une école acceptable : leurs nouveaux éducateurs seront habillés en bleu, porteront des casques et des matraques, distribueront les lacrymogènes en guise de bons points...  La langage du coeur, sans doute : le coeur n'est-il pas un muscle ?
Ah, ces jeunes ! Il leur faudrait une bonne guerre, tiens !
 

16:05 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

You know what ? I'm happy

C'est un petit bonheur que je n'ai même pas ramassé : il n'était pas tout en pleurs sur le bord d'un fossé. Non, simplement, quelques rayons de soleil qui filtrent entre deux averses, des musiques qui tiennent chaud, des visages parfois souriants. Le retour de couleurs lointaines, qui ne parvenaient plus à se coller à nos rétines : un printemps qui passe, calmement et sereinement... Ubu bourgeonnerait-il ?

14:46 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

08/04/2005

Liberté d'expression ?

Je vous conseille un excellent article dans le blog http://allochtone.skynetblogs.be/   Mehmet  y évoque la sortie d'un livre écrit par un élu de Schaerbeek qui nous apporte la "vérité" sur le génocide arménien.  Une bonne occasion de rappeler que le complément du nom prête souvent à équivoque : le génocide des Arméniens peut se lire de plusieurs manières.  Mustafa Öztürk, conseiller communal MR à Schaerbeek,  a manifestement la sienne, comme le prouve l'interview qu'il a accordée à    http://www.minorites.org/article.php?IDA=7984  . Le MR suivra-t-il le chemin du silence inauguré par le PS lors de l'affaire Emir Kir ? Affaire à suivre...


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Culte de la personnalité ?

Il y a les enterrements cathodiques et il y a les autres. Le culte de la personnalité irradie les médias, renvoyant à l'ombre les morts anonymes et lointains. On s'émeut à Saint-Pierre de Rome, à Monaco, où des vieillards sont enterrés, poussière renvoyée à la poussière,  et l'on ignore Nias, où la nature a frappé... L'actualité a de ces pudeurs ! Elle préfère les morts propres, en fanfare, selon les rites immuables. 
Pendant ce temps, à Nias, la terre bouge.  

13:23 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

06/04/2005

La journée d'un scrutateur

Italo Calvino publie le roman La journée d'un scrutateur en 1963, qui marque la fin de sa période néo-réaliste. Intellectuel communiste, il a rompu avec le Parti lors des événements de Hongrie pour se consacrer au journalisme. Pourtant, il n'a pu s'empêcher de revenir sur son passé de militant. Le scrutateur, c'est celui qui, délégué par sa formation politique, observe les conditions de vote et s'assure que la légalité est respectée. Notre scrutateur, communiste, se retrouve dans un fief de la démocratie chrétienne : un hospice où grabataires et handicapés profonds votent, la main guidée par le personnel religieux de l'institution. Le militant connaît une sorte de crise morale : il est en droit de refuser le vote de ceux qui, manifestement, n'ont plus leur santé mentale et qui sont manipulés par les religieuses. Pourtant, ce refus, il le ressent comme un déni de citoyenneté : il a l'impression d'enterrer ses convictions profondes sous son action politique, d'oublier ses principes tant l'adversaire se fait pressant.
Un texte humain, loin des fadaises convaincues, à défaut d'être convaincantes, et des mièvreries gentillettes des imposteurs coutumiers, qui récitent la litanie de leurs lectures infantilisantes de la philosophie - où tout est souvent la faute de mai 68, ces derniers temps -  ou de leurs préceptes religieux -trop d'exemples pour n'en citer qu'un, alors on va dire Coelho, Guy Gilbert et les autres gangnans - en solde. Ici, la perception offre la justesse des nuances : le conflit ne se résume pas à un choix cornélien mais à des humeurs changeantes, et la crise s'insinue plutôt qu'elle ne se déclare. Il est rare de trouver un texte de militant qui n'assène pas : c'est peut-être parce que Calvino sait combine l'éthique personnelle coûte quand, comme la solidarité et un certain humanisme distancié des grandes phrases creuses, elle se poursuit pas à pas, à hauteur d'homme.  

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Sartre louchait !

Pour une exposition, il faut toujours une affiche qu'illustre une photo, significative si possible. La BNF a monté une exposition, sans doute bien faite, si elle est à l'image du site (http://expositions.bnf.fr/sartre/index.htm) et a donc eu recours à une photo emblématique. Le visage est ouvert, le sourire un rien pincé, les yeux louchent et la main flotte. On sent vite qu'il manque quelque chose à cette main : bien sûr, une cigarette, comme dans d'autres photos qui émaillent le site. Il était impensable d'oser afficher une cigarette au crédit d'un philosophe : la communication, tartuffe, n'en veut pas. Déjà, un auteur laid, c'est limite, mais une cigarette, vous pensez...
Les trucages photographiques sont une vieille histoire : les photographes reconstituaient avec des figurants les grands événements d'actualité que le temps de pose de leurs appareils leur interdisait de fixer ; les dictatures effaçaient telle ou telle figure du parti qui avait été supprimée ou était honnie, au gré des convuslsions internes ; les faces tavelées des despotes se voyaient retouchées parce que le culte de la personnalité imposait la jeunesse et la force là où la rage et la sénilité s'affirmaient en réalité. L'histoire a pu se pencher sur de telles pratiques. 
Mais l'ère de la communication a ses manières bien à elle de confondre réalité et image : le monde des images est devenu une réalité en soi. Les aspérités se gomment, non pas en vue d'une manipulation politique, mais pour induire de nouveaux modèles. Le philosophe peut y être laid, le vieillard y agoniser longuement, les chanteuses y être affriolantes : les catégories s'imposent au spectateur, piégé dans un faisceau de stéréotypes....
Sarte ne pouvait fumer en langage publicitaire : l'icône ne peut avoir de geste délibéré et l'histoire doit se remanier en douceur, loin des intellectuels qui l'étudient. Et la liberté du geste individuel ne peut se confondre avec le culte publicitaire : la communication ne se satisfait pas d'idées. Elle déforme simplement ses miroirs, jusqu'à polir ses pantins à sa mesure.   

00:06 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

04/04/2005

Un petit air de jazz ?

James Morrison est un trompettiste australien découvert chez Duke (http://jazzfan.skynetblogs.be) Je vous en ai mis quelques morceaux sur ma petite radio à moi (cliquez sur le lien tout en bas,  dans la colonne de droite pour afficher le popup : si si, ça fonctionne !), des morceaux téléchargeables, en toute légalité et gratuitement sur le site http://www.jamesmorrison.com.au/ . All that jazz !

11:34 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Pas d'hagiographie !

Je suis d'accord pour respecter le deuil, même de quelqu'un qui n'est en rien une référence pour moi. Mais de là à supporter l'hagiographie d'un dignitaire religieux qui m'a toujours semblé éminemment conservateur et autoritaire, il y a un pas que mon refus du sport m'interdit de franchir. Un pape défenseur des droits de l'homme ? Dans sa lutte contre le communisme soviétique, sûrement : panache et courage de l'archevêque de Varsovie, qui n'hésitait pas à remplacer un curé incarcéré,  méritent chapeau bas. Mais se cantonner à des préceptes rétrogrades pour la sexualité, quitte à mettre en péril des vies dans des états qui continuaient à confondre loi religieuse et loi civile (l'Irlande et le Portugal résistent encore au droit à l'avortement) ; tancer la théologie de la libération par crainte du marxisme et soutenir les clergés conservateurs d'Amérique latine ;  béatifier le fondateur de l'opus dei (avec minuscules, SVP !) : non, non et cent fois non ! Si quelqu'un mérite le respect, parce qu'il a poursuivi un combat moral sans déroger à ses principes, c'est cet évêque du Salvador assassiné il y a 25 ans (le 24 mars 1980 précisément)  : Mgr Oscar Romero ! Le seul commentaire du pape fut de s'indigner du blasphème : on assassina l'évêque, qui lui était pourtant fidèle mais se sentait incompris,  en pleine eucharistie ! De là à condamner la misère du peuple salvadorien, contre laquelle Romero luttait pacifiquement : cette condamnation-là ne vint jamais. Certes, il fut béatifié et est peut-être même déjà canonisé : les morts ne parlent plus, c'est là leur avantage. Et puis, la reconnaissance est un peu tardive...
Par respect pour Romero, pour ceux qui dans leurs églises ont préféré un message évagélique aux compromissions de la théocratie, pour ceux-là qui me feraient presque douter de mon anticléricalisme, je m'en tiens là.

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02/04/2005

Clint Eastwood, de gauche ?

Ce n'est pas un constat : juste une phrase entendue dans un cinéma, au moment où je m'apprêtais à sortir. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que Clint Eastwood est républicain depuis longtemps, maire de Carmel (Californie), je pense même qu'il soutient Bush. Mais il continue à réaliser des films superbes et à jouer avec classe, où il prête attention aux marginaux, sans tomber dans une mièvre complaisance.
Découvert dans une série télévisée anodine, il devient "L'homme sans nom" des westerns de Sergio Leone, "L'inspecteur Harry" de Don Siegel, où il détruit déjà l'Amérique qui se prêche pour montrer le cynisme de la violence. Ensuite, il ose des films sur les loosers, qui poursuivent leurs rêves mais que la vie érode inexorablement : "Honkytonk man"  ou même "Le maître de guerre", sujet de nombreuses controverses, ou encore "Unforgiven", où il crée le western crépusculaire. Il y eut "Bird" aussi, où il montra son amour du jazz en guidant un Forrest Whittaker sur les pas d'un Charlie Parker flamboyant jusque dans sa déchéance. L'usure est toujours à l'honneur dans son dernier film, "Million Dollar Baby", où Clint Eastwood, Morgan Freeman et Hillary Swank joue une histoire cent fois racontée, un récit de réussite voué à l'échec mais sans sombrer dans les accents mélodramatiques de la bonne conscience à peu de prix : la preuve qu'un montage judicieux et une direction d'acteurs toute de sobriété  nous offrent un regard neuf sur ces situations que nous pensions prévisibles. Dans le cinéma d'Eastwood, les personnages sont denses de ce qu'ils ont vécu,  toujours en marge, comme si leurs aspirations pouvaient suppléer leur passé douloureux. Et la vie s'y vit toujours intensément, tantôt avec distance ironique, tantôt avec l'intelligence des émotions.
Au fond, Clint Eastwood n'a pas à être de gauche ou de droite : il est grand acteur et grand cinéaste.  Cela me suffit, à moi, pour vous conseiller d'aller voir ce film.  

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Le centre du monde ?

Vaste opération médiatique ? Oui, sûrement. Nécessité ? Pas de doute : ce n'est pas parce qu'on en parle moins qu'il a reculé. Le Sida tue toujours, il n'a jamais cessé de tuer. Bien sûr, il y a la trithérapie, dans nos pays riches ; bien sûr, certains adoptent le comportement suicidaire, entre roulette russe et pulsion morbide. Et puis, il y a tous ceux qui n'ont pas le choix : parce que l'épidémie est devenue pandémie, parce que les moyens financiers ne sont pas là, parce qu'il fallait mettre le préservatif à l'index en Afrique. Certes, les Eglises locales ont composé avec la situation, comme la conférence française des évêques en son temps. Et si les évêques africains refusent le refuge illusoire du "Plus près de toi, Mon Dieu", la superstition est reprise en main par des illuminés, pentecôtistes ou adventistes, qui s'abattent sur les familles comme de véritables fléaux : ils culpabilisent les malades qui ne guérissent pas en leur rappelant leur manque de foi. Un joli cynisme religieux !
L'essentiel ne se joue pas là-bas, pas à Rome, où les caméras sont pourtant braquées ! Pourtant, je ne peux m'empêcher de songer au symbole d'un pape qui n'a cessé de prêcher l'abstinence et a ainsi détruit, au gré de ses voyages, les tentatives d'associations locales, catholiques ou pas, de lutter contre la propagation du Sida, d'un pape qui puisse mourir le jour où l'on rend aussi hommage aux victimes de sa conception étriquée de la morale.
Mais il n'y a que la foi qui sauve.
 

11:15 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |