08/05/2005

Polis tics

Les politiciens finiraient par nous faire croire à leur nécessité dans notre existence : ils se croient événements mais ne sont que circonstances. A tout prendre, aucune idéologie ne me convient : aucune ne peut s'abstraire de compromis, voire de compromissions avec la réalité. Aucune n'a la force d'un idéal, à moins de sombrer dans les méandres verbeux d'une pensée défaite avant sa concrétisation même.
 
En fait, c'est la réalité concrète, le quotidien et moi-même qui gagnons toujours.  De gauche à droite, je dandine : parfois j'incline mais sans trébucher de manière définitive. Je reste sceptique, parce que les circonstances changent, parce que je change et parce qu'il m'est déjà difficile de poursuivre et les circonstances et moi-même. Seuls les rêves nous ménagent des stases en mouvement, des contours flous familiers. Seuls les rêves nous font toucher la durée d'un clin d'oeil, notre seul éphéméride durable. Le reste n'est que passé ou futur : du récit mort ou d'improbables conjectures. Une société qui ne rêve pas se condamne à se souvenir, à rendre hommage, à déterminer son avenir en tirant des leçons. Elle se contraint à l'anxiété de l'avenir, qui ne se présentera jamais comme un reflet exact mais comme une illusion déformée de ce qui a été vécu auparavant.
 
Une société n'est qu'une somme de rêves individuels, pas un discours mécanique et construit. Elle reste imprévisible.   
 
Et je continue à prendre mes rêves pour la réalité.

22:18 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (33) |  Facebook |

Commentaires

A quand ... une société...
où on ne voudra plus avoir plus que les autres ....
où on ne fera pas de mal aux autres ...
où on pourra faire se que l'on veut mais dans le respect des autres ...

Utopie, quand tu nous tiens ...

Écrit par : Mateusz | 09/05/2005

j'ai un secret... je crois que les rêves sont une réalité...mais chuuuuuuut.
belle journée, m'sieur Ubu

Écrit par : fun | 09/05/2005

Idéaux utopiques et dure réalité. Cher Ubu,
Les rêves et utopies sont incompatibles avec la survie de l'espèce dès que tous veulent les concrétiser en permanence.
Les rêves et utopies sont incompatibles avec la morale si quelques uns, sans raison valable si ce n'est leur plaisir égoïste, veulent les concrétiser (hors loisirs) en parasitant les travailleurs...
La nature, pour compenser cette frustration, a rendu les rêves nécessaires pendant le sommeil. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.
Je suis très matérialiste mais aussi très réaliste, je sais!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 09/05/2005

Bonjour à tous ;) Cher Mateusz,
Quelle exigence, la liberté : elle nous pousse à la responsabilité personnelle et plus à la culpabilisation collective, qui est souvent un état de complaisance ;)

Chère Fun,
Des rêves familiers ? C'est normal : nous sommes virtuels ;))

Cher Armand,
- La survie de l'espèce : il me semble que la compétitivité et le nationalisme sont une négation de l'espèce, puisqu'ils créent des sous-catégories exclusives. N'oublions pas que l'espèce humaine se caractérise par son intelligence et sa maîtrise des outils: sans cela, il n'y a pas plus inadapté à la survie que l'homme surtout s'il ne conçoit pas son interdépendance avec les autres hommes.
- la morale : le cynisme est souvent mis en avant non plus comme attitude critique mais comme ersatz de franchise. Le président de TF1, en son temps, a résumé son idéal de télévision : "fournir de l'espace pour vendre de la pub" C'est la manipulation qui est peu morale, pas le rêve... Il est vrai que l'utopie est cruelle : elle nous est inaccessible car elle remet à leur place nos multiples travers. Mais ne vaut-elle pas mieux que cet état de régression qu'entretient le consumérisme ?
- Comme nous avons quitté l'état de nature, nous rêvons ailleurs : certains rêvent partout, comme ils respirent.
En bref, rêver consiste aussi en un oubli passager des contingences... Penses-tu vraiment que ce soit une manière si irresponsable de voir les choses ? Au fond, c'est libérer l'hypothèse de manière momentanée : "et si c'était vrai ?"
Amicalement

A bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 09/05/2005

Puisque tu me demandes si c'est irresponsable... Cher Ubu,
Je crois que nous voyons certaines choses autrement... (On peut voir les choses de différentes façons, ne crois-tu pas?).
1) Survie de l'espèce: si les gens rêvent tous (ou s'occupent de Dieu ou d'autre chose de "non productif") au lieu de travailler, rien ne va plus!
2) "Egoïsme parasitaire" si je peux me permettre! Chaque personne valide doit contribuer au fonctionnement de la société selon ses moyens. Ce n'est pas le cas des prêtres contemplatifs ou de certains nobles et rentiers par exemple.
3) Il faut rêver... la nuit évidemment. Mais on le peut aussi pendant ses loisirs et se créer alors de jolies utopies.
Je n'ai pas dit autre chose... Je ne crois pas être tout à fait en contradiction avec ton post, d'ailleurs. J'avais ajouté quelque chose de plus terre-à-terre tout simplement...
Tu sais depuis le temps que nous nous connaissons que nous sommes "sur la même longueur d'onde" pour la plupart des choses... sauf pour Céline!
Amitiés.
P.S. J'ai trouvé un article dans "Le Monde" qui soulève le problème de la tolérence et des droits universels et y ai consacré un "post"... Je crois que là, nous serons tout à fait d'accord...

Écrit par : Armand | 09/05/2005

Armand Vous êtes effrayant

Écrit par : jc bronson | 09/05/2005

Hello Si l'homme ne voulait pas toujours être plus fort que son voisin, tout irait beaucoup mieux ! Et je suis pour la responsabilité personnelle !! Na !

Écrit par : Mateusz | 09/05/2005

c'est utile que je me répète? moins d'état, moins de taxes...

Écrit par : Tony | 09/05/2005

j'en oublie le titre (Dexia bacop multibond ?) à moins de sombrer dans les méandres verbeux d'une pensée défaite avant sa concrétisation même ...
j'en suis resté sur le cul mais je me suis relevé à toute vitesse à la recherche de la chaleur de 68...

Écrit par : xian | 10/05/2005

Seuls les rêves...
Comme tu as raison...

Écrit par : Fléa... | 10/05/2005

*** Cher Ubu (je deviens poli...)
Je serais assez d'accord avec toi sur la définition de la société, comme somme de tant de rêves, si je ne sentais de façon aigue la manière dont, dans ce jeu foisonnant des imaginations libres, quelques personnes ont tiré leur épingle...
Plus le temps passe (c'est effrayant, je suis encore si jeune), et plus je vois la société comme une masse complètement manipulée par les sophistes politiques et médiatiques, complètement coincée par des technologies futiles devenues besoins artificiels et légitimant ce monde industriel est consuméristes. heureusement que nous, et j'espère quelques générations encore, pouvons encore rêver dans le silence de la pensée, sans que cela soit automatiquement analysé, digéré et intégré par les sophistes profiteurs... heureusement aussi, nous pouvons nous dire que là où ils placent la hauteur, il n'y a que la fnitude, alors que nos rêves à nous sont infinis...

Écrit par : gorgo | 10/05/2005

Les rêves ... auront toujours leur place dans nogtre société ... même si cela sera difficile ! Tout le monde rêvera-t-il ? Encore faut-il que chacun en ait envie... il y a des gens qui n'ont pas envie de rêver (bouuuuh)...

En tout cas, moi je rêverai toute ma vie !

Écrit par : Mateusz | 10/05/2005

*** Pour mettre mon grain de sel dans la machine, je dirais que le monde n'a progressé si vite que tiré par des "fous", des utopistes, des idéalistes... Certes, certains se sont plantés en tout ou en partie, mais je crois, comme toi Ubu, que si l'on de rêve pas, si l'on est trop "raisonnable", on cautionne le système en place et, pire, on le pérennise.
Rêvons, créons... il en restera tjs quelque chose ! J'espère...

Écrit par : La Fée Carambole | 10/05/2005

... Le rêve c'est aussi la force ultime quand on a perdu tout le reste, c'est ce qui permet (et a permis) la survie dans des conditions extrêmes.

L'"inutile, le loisir, le futile" d'un présent est parfois (plus souvent qu'on ne le croit) ce qui permet l'invention, le développement des sciences et des richesses d'un demain. A l'aube de la civilisation occidentale, qu'y avait-il de plus inutile que les mathématiques et pourtant ...

Écrit par : deborah | 10/05/2005

un idéal, des idéaux. Franchement, si la politique était moins importante dans la vie de tous les jours, je m'en passerais bien!
Le principal, je pense, c'est de vouloir la justice, l'égalité des peuples, l'égalité des chances, le bien-être de tous.
On me dit souvent que je suis un gauchiste incurable, et c'est peut-être vrai...mais je le dis encore une fois: de gauche ou de droite, le but, c'est le bien-être de son prochain (du moins pour moi).

Écrit par : Gregg Le Rouge | 11/05/2005

en lien sur mon blog ;-) amitiés, Tony

Écrit par : Scot-Free | 11/05/2005

... N'écris pas trop fort, Ubu, je dors...

Écrit par : Serge | 12/05/2005

... N'écris pas trop fort, Ubu, je dors...

Écrit par : Serge | 12/05/2005

Bonjour, partie 1 ;) Cher Armand,
Ton utopie s'appelle la réalité, la mienne le rêve : juste un problème de définition. Je trouve simplement étonnant qu'au vu de nos progrès scientifiques, nous ne nous soyons pas encore abstraits de la valeur "travail" ou de cette illusoire "croissance", credo qui semble justifier tous les asservissements. Au xixème siècle, "Le droit à la paresse" suggérait que nous nous en tenions à 3 heures de travail quotidien : n'est-ce pas largement suffisant pour assurer la perennité de notre système social ? Quant au progrès, c'est la culture ou la recherche fondamentale qui l'apporteront : les inutiles, donc ;)

Cher JC Bronson,
C'est une vieille discussion entre Armand et moi : pas de désaccord, juste une fricassée d'utopies ;) Et comme nous ne sommes nullement dogmatiques, rien ne peut t'effrayer ;))

Cher Mateusz ,
Le "struggle for life" est effectivement un leurre créé pour prétendûment motiver notre évolution : en fait, ce n'est qu'une perte de temps, un gaspillage d'énergie fondé sur le modèle du patriarcat ou du chef de meute, comme on voudra. Il n'y a pas si longtemps que nous avons quitté la jungle ;)

Cher Tony,
Moins d'état, moins de services. Moins de services, moins de bien-être, de confort, de sécurité, de soins, d'éducation. Par contre, moins de commerce, plus de liberté ? ;)

Cher Xian,
J'avoue qu'il me reste de la sympathie pour mai 68 : très peu pour les soixante-huitards qui ont tourné casaque... La conversion est une religion en soi ;))

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 12/05/2005

Bonjour, partie 1 ;) Cher Armand,
Ton utopie s'appelle la réalité, la mienne le rêve : juste un problème de définition. Je trouve simplement étonnant qu'au vu de nos progrès scientifiques, nous ne nous soyons pas encore abstraits de la valeur "travail" ou de cette illusoire "croissance", credo qui semble justifier tous les asservissements. Au xixème siècle, "Le droit à la paresse" suggérait que nous nous en tenions à 3 heures de travail quotidien : n'est-ce pas largement suffisant pour assurer la perennité de notre système social ? Quant au progrès, c'est la culture ou la recherche fondamentale qui l'apporteront : les inutiles, donc ;)

Cher JC Bronson,
C'est une vieille discussion entre Armand et moi : pas de désaccord, juste une fricassée d'utopies ;) Et comme nous ne sommes nullement dogmatiques, rien ne peut t'effrayer ;))

Cher Mateusz ,
Le "struggle for life" est effectivement un leurre créé pour prétendûment motiver notre évolution : en fait, ce n'est qu'une perte de temps, un gaspillage d'énergie fondé sur le modèle du patriarcat ou du chef de meute, comme on voudra. Il n'y a pas si longtemps que nous avons quitté la jungle ;)

Cher Tony,
Moins d'état, moins de services. Moins de services, moins de bien-être, de confort, de sécurité, de soins, d'éducation. Par contre, moins de commerce, plus de liberté ? ;)

Cher Xian,
J'avoue qu'il me reste de la sympathie pour mai 68 : très peu pour les soixante-huitards qui ont tourné casaque... La conversion est une religion en soi ;))

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 12/05/2005

Bonjour partie 2 ;) Chère Fléa,
Au moins les rêves se montrent pour ce qu'ils sont : tandis que la réalité... ;)

Cher Gorgo,
Le rêveur n'est pas forcément un naïf : il peut conserver sa relative lucidité en la mesurant. Il lance ses hypothèses vagabondes comme des chevaux qui s'emballent et les élague ensuite, sans complaisance vis-à-vis de lui-même ou vis-à-vis d'un quelconque système qu'il prétend défendre. Montaigne appelait cela la philosophie fortuite, après avoir noté que ceux qui avaient établi des systèmes en arrivaient à défendre des absurdités pour cautionner leurs conbstructions bien fragiles ;)

CHer Mateusz,
A condition que l'on ne formate pas nos rêves ;)

Chère Fée,
Créer, ce n'est en effet pas seulement se confronter à la réalité : c'est la changer. Je ne peux que reprendre ta conclusion ;)

Chère Deborah,
Ravi de ton retour ;) Le rêve est peut-être ce qui nous est indispensable : le reste n'est qu'un ensemble de contingences... ;)

Cher Greg,
C'est peut-être le seul problème : le rêve donne des contours flous à ceux qui nous entourent. Mais la réalité les enferme facilement dans des catégories. Que choisir ? ;) Les idéaux, sans doute...

Cher Scot-Free, alias Tony,
Je dois retravailler sur les liens prochainement : donc, à charge de revanche ;)

Cher Serge,
"Dormir, rêver peut-être" : créerions-nous le dialogue d'Hamlet ;)

A bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 12/05/2005

°] Ma réalité quotidienne me tire de mon rêve tous les matins à 6h.
:-)

Écrit par : Melo | 12/05/2005

Moins d'état, moins de services. Moins de services, moins de bien-être Si tu en es sûr... L'histoire parle.

Écrit par : Tony | 13/05/2005

Bonjour ;) Serais-je l'ami Ricoré ? ;))) Cher Melo,
Je te bats : moi, c'est à 5 heures. Mais il est vrai que je me donne le temps de rêver ;)))

Cher Tony,
Ne confonds pas l'histoire et l'actualité : en fait, l'idée de service est beaucoup plus récente que celle de commerce ;) Le premier s'adresse à la collectivité, le second à la clientèle : et les extravagances de certains ne remettent pas en cause le principe de la nécessité des services...

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 13/05/2005

Moins d'Etat Chers Ubu et Tony,
Je lis la remarque de notre ami Tony.
Je crois que moins d'état signifie plus de services... pour une toute petite minorité.
Louis XIV bénéficiait d'un maximum de services car le peu d'Etat qui existait, c'était lui!
La vie, sous Louis XIV était merveilleuse... pour Louis XIV.
Mais quid de l'écrasante majorité?
N'est-ce pas Tony qui aime parler de raisonnements viciés au départ?
Amitiés à tous deux.

Écrit par : Armand | 13/05/2005

Ubu ... t'inquiète, il n'y a personne qui formate mes rêves ...

Écrit par : Mateusz | 13/05/2005

politique ! et oui moi aussi aucune idéologie de me convient! mais le compromis,dis moi, ça fait bien partie de la vie, alors pourquoi pas en politique? Puis, moi me méfie trop. Quand on sait où est vraiment le pouvoir, c'est souvent signe de dictature...

Écrit par : mik | 14/05/2005

..... L'exemple de Louis XIV sur la question de l'Etat minimaliste me fait un peu sourire. En Afrique, des dictateurs comme Idi Amin Dada ou Mobutu avaient instauré de grosses administrations centralisatrices, interventionnistes et évidemment répressives, pour le compte de ces mêmes....dictateurs. Autant, je ne suis pas partisan de l'absence d'Etat, autant les cliché "moins d'Etat = moins de service à la collectivité", "plus d'Etat = plus de service à la collectivité", ne résistent pas aux faits. C'est l'instauration de la démocratie et du contrat social qui primen, pas les références historiques...

Écrit par : promethee | 15/05/2005

.... Oups....mea culpa...mea culpa, je retire mes propos, j'ai très mal lu Armand :))

Nous nous rejoignons plutôt sur l'analyse, j'ai juste sauté une négation qui fait toute la différence. Je m'en vais vite prendre la porte, honteux... ;))

Écrit par : promethee | 15/05/2005

Pour survivre...il faut croire en nos rêves... ...

Écrit par : Christ | 15/05/2005

Articles... Cher Ubu,
A quand le prochain article?
Ce n'est pourtant pas les sujets d'actualité qui manquent!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 16/05/2005

mon cher Ubu tu seras le premier averti
j'ai coupé les comment. je n'aurais pas le temps d'y répondre ;)
tu as mon mail ;)
bises

Écrit par : imagine | 16/05/2005

Bonjour très matinal ;))) Cher Armand,
Le bon sens même ;)

Cher Mateusz,
Je n'en doutais pas ;))

Cher Prométhée,
Tu as corrigé de toi-même. Quant au contrat social, je suppose que tu n'en donnes pas une interprétation rousseausiste ? ;) Je suis justement en train de le revoir en rhéto : le style de Rousseau me paraît toujours aussi bâti à la truelle... ;)

Cher Mike,
Prends garde à la dictature du compromis : elle entraîne vite aux compromissions ;)

Chère Christ,
Pas pour survivre, pour vivre, tout simplement ;))

Cher Armand,
Je n'ai jamais été très actuel ;) Et puis de BHV aux massacres perpétuels, en passant par le traité constitutionnel, les farces semblent succéder à des tragédies...

Chère Imagine,
Je te remercie ;) Je suis impatient de te lire ;)

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 17/05/2005

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