21/05/2005

Rêverie

Je regarde au loin ; sous la surface plane, j'imagine des écueils qui brisent les mouvements de l'eau en autant de remous. Je rêve de cascades, de vagues, de torrents : un doux vent chaud caresse les contours de l'étang, presse en rides douces la surface de l'eau, l'épouse enfin dans des relents d'humidité. J'ai l'impression d'une solitude à hauteur d'homme : tout ce paysage s'étale devant moi comme si je n'existais pas réellement. Je ne trouble rien, j'ai à peine besoin de respirer. J'écoute mon souffle ténu, comme si le vent me caressait moi aussi. J'entends mes pulsations ralenties, écho des ondes calmes qui effleurent le rivage, s'en éloignent puis le rejoignent sans jamais vraiment l'avoir quitté. Je sens déjà les trépidations du geste qui m'arrachera à mon immobilité. Je m'apprête à bouger : la sérénité n'a qu'un temps.

05:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

le rêve le samedi matin, encore un coup de Fantomas ou alors de Henri dans cinq minutes ?

Écrit par : xian | 21/05/2005

le voyage immobile il en faut du talent pour déplacer le vent!
belle journée, Ubu!

Écrit par : fun | 21/05/2005

Bonjour ;) Cher Xian,
Toujours aussi matinal ! Je dirais plutôt les mille et une nuits : un matin vient toujours forcément ;)

Chère Fun,
Je pense qu'il y avait des nouvelles de Ballard qui parlaient très bien d'immobilité : le vent lui-même doit parfois céder aux obstacles ;)

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 21/05/2005

Les commentaires sont fermés.