04/07/2005

Liberté de la presse

Le 22 mars 2003, un véhicule de presse subit un tir croisé des troupes irakiennes et des forces américaines. Un journaliste britannique d'ITN et son interprète libanais sont tués. Fred Nerac, caméraman français domicilié en Belgique, ne sera jamais retrouvé. Depuis plus de deux ans, sa famille attend et espère.

http://www.fred-nerac.info/

 

Le 16 avril 2004, le journaliste indépendant Guy-André Kieffer est porté disparu à Abidjan : il enquêtait sur le commerce du cacao, principale ressource de la Côte d'Ivoire. Depuis plus d'un an, sa famille attend et espère.

http://www.guyandrekieffer.org/accueil/index.php

 

Depuis le début du conflit en Irak, soixante et un  journalistes ont été tués et deux,  Fred Nérac et  Issam Hadi Muhein Al-Shumari, sont portés disparus. Depuis le début de l'année 2005, trente-cinq journalistes ont été tués, cent neuf  emprisonnés ainsi que trois de leurs collaborateurs et septante-cinq cyberdissidents. Leurs familles espèrent et attendent.

 

http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=19

 

L'information semble couler de source dans les tuyaux du réseau : elle se diffuse à toute vitesse. Elle a pourtant un prix : celui du sang.

 

Post original sur http://jazzfan.skynetblogs.be/


11:22 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Et pourtant Je me suis toujours demandé, ce qui poussait un journaliste d'aller couvrir des reportages dans des régions hostiles. C'est vrai que si personne n'y va, pas d'informations !
Mais, tout de même, outre le fait de l'information, ces gens ont une famille !

Écrit par : Nola | 04/07/2005

Métier ambigu. Cher Ubu,
Les journalistes et photographes crient au scandale quand on leur interdit d'aller en des endroits dangereux: on leur cache des informations (c'est souvent vrai d'ailleurs). Quand on les laisse y aller et qu'ils meurent, c'est la faute aux soldats, aux terroristes, aux preneurs d'otages...
Pour aller sur les lieux des combats, les journalistes se font passer pour des guérilleros, des soldats ou se cachent... mais si on les abat comme des ennemis (qu'on croit qu'ils sont), ils sont scandalisés.
S'ils font échouer une mission de guerre en diffusant prématurément des informations militaires, ils s'étonnent d'être traités comme des ennemis.
Je ne sais que penser: vont-ils sur place pour la gloire, pour l'argent, par amour de leur métier? Probablement un peu pour toutes ces raisons à la fois... Mais ils diront tous que c'est pour que le monde entier sache la vérité.
Le problème se pose aussi (dans l'ombre) pour les mercenaires: sais-tu qu'après une mission il manque souvent 10% des effectifs?
Amitiés.

Écrit par : Armand | 04/07/2005

Bonsoir ;) Cher Nola,
N'oublie pas que sans information, c'est comme si le conflit n'existait pas. La médiatisation de l'info est à ce prix-là. En fait, on pourrait dire la même chose des pompiers, des sauveteurs, et de toutes les autres professions où les risques sont nécessaires...

Cher Armand,
Les mécanismes économiques de la presse sont connus : c'est le lecteur ou le téléspectateur aussi qui impose la prise de risque. Sans info, pire sans image, rien n'existe : je me souviens d'un attentat contre un premier ministre japonais dans les années 80 dont les télés n'avaient pas parlé sous prétexte qu'elles ne disposaient d'aucune image. Le fait était scandaleux : la mentalité du téléspectateur en est également responsable. De même que l'aspect commercial de la presse impose d'étranges réflexion : un photographe de guerre s'est fait demander s'il disposait de photos où les obus serbes partaient de la gauche, parce que les siennes n'étaient pas très esthétiques. Elles traduisaient simplement la réalité.
Le journaliste est devenu indispensable partout : il est le garant de notre information et de nos capacités de réaction en tant qu'opinion publique. Certains d'entre eux font certes des conneries mais tous sont nécessaires. Et plus que tu ne le penses prennent des risques : dois-je te rappeler ce journaliste assassiné par les négriers de la construction en Wallonie ? Au fond, comme je le disais à Nola, c'est une profession à risque dont la nécessité n'est pas discutable. Enfin, je m'étonne un peu : je n'ai volontairement pas voulu restreindre le problème aux seuls correspondants de guerre. Il y a beaucoup de journalistes qui sont assassinés ou emprisonnés parce qu'ils dérangent : parce qu'ils dénoncent des affaires pourries, des scandales d'état, des dérives maffieuses, des prévarications, des délits graves, des compromissions. Giscard fit arrêter un journaliste qui enquêtait sur ses relations avec Bokassa, en contradiction flagrante avec les règles du droit : personne ne s'est indigné de son retour sur le devant de la scène européenne. Au fond, les seuls journalistes qui ne risquent rien sont les présentateurs de JT et les paparazzis. Avec eux, pas de problèmes, que du sensationnalisme ou un regard lointain : j'espère que tu ne désires pas une presse à leur image ? ;) Sinon, pas d'info valable et plus d'occasion de dire que le monde tourne mal.
Amicalement.

Écrit par : Ubu | 04/07/2005

Hallucinant! Tu as tout compris.Plongé dans le règne du chacun pour soi,notre société se construit un avenir radieux.Avec délectation je replonge dans mon petit monde swingant.
Amitiés

Écrit par : Duke | 04/07/2005

Occultations Cher Ubu,
A la lecture de ton article et un autre du "Monde", j'ai fait un rapprochement intéressant (à mes yeux) et j'y ai même ajouté le Tour de France pour ne pas faire de jaloux (!).
J'ai trouvé que des événements importants étaient "occultés" alors que d'autres étaient surmédiatisés... et ici, la sécurité des journalistes n'avait rien à voir...
J'espère que tu seras heureux que je te donne une occasion de me contredire vigoureusement! ;) ;) ;) ;)
Amitiés.

Écrit par : Armand | 04/07/2005

et si tout simplement la guerre n'existait pas ...
mais alors ?
y aurait-il encore des journalistes ?

bonnes vacances à tous ceux qui y vont ou s'en vont....

Écrit par : xian | 05/07/2005

Neige... Cher Ubu,
Je viens de lire que Neige (Lune Rousse) cesse ses activités blogiennes...
Je la regretterai... et toi aussi probablement!
Elle a supprimé les commentaires et rejoint Elfarrane, Tony et les autres...
Amitiés.

Écrit par : Armand | 05/07/2005

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