06/07/2005

Chansons pour l'amour...

Etrange idée, faire l'amour sur une musique pas nécessairement douce ou capiteuse : céder le le rythme intime pour d'autres arrangements plus voluptueux. La danse est d'ailleurs une imitation de la parade amoureuse des animaux, qui ont eu le bon goût de tout comprendre avant tout le monde. Il est à craindre, d'ailleurs, que cette fâcheuse habitude de danser seul, même au milieu d'une piste bondée, ne soit significative de moeurs beaucoup plus dissolues en public qu'en privé. Hélas, onanisme blues !
 
Je me suis égaré, ce que je trouve fort excusable : les chansons voluptueuses, les pistes de danse et mes petits récitals de musique de chambre encombrent ma petite tête. Et puis, en vacances, tout se relâche, les idées butinent ou se lutinent et le pauvre homme, cochon ensommeillé qui ne demande qu'à se réveiller pendant le reste de l'année, devient presque adepte de nuits blanches : il survole sa concupiscence. Et le romantique échevelé  - puisque les romantiques ne vont jamais chez le capiliculteur - se transforme en boxeur après trois round contre Mike Tyson ou Maurice Béjart ; il en faut pour tous les goûts.
 
L'érotisme de l'oreille : que celui qui n'a jamais frémi  - et je ne parle pas des sursauts d'horreur qui saisissent le mélomane averti à l'audition des hurlements de détresse de Lara Fabian, Céline Dion ou des cris, plus connotés mais aussi peu mélodieux, des chanteuses à voir son coupé -  aux volutes d'une voix capiteuse me jette son premier disque de Chantal Goya ! Au moins, il a la certitude que je le lui rendrai ! Certaines vois émeuvent : voix sucrées, voix éraillées, voix cristallines, voix d'opale, voix d'ébène... J'ai déjà évoqué dans un post précédent les sensations qu'éveillait en moi la voix de Billie Holiday : vous pouvez chercher dans mes archives, en fin si vous voulez, moi je dis ça comme ça, l'air de rien, c'est vous qui voyez...
 
Certaines chansons se prêtent aux envies amoureuses. Relevons-en quelques cas :
  • Californication des Red Hot Chili Pepers : juste le rythme qu'il faut, rien de plus à ajouter, malgré un texte très pessimiste. Accompagne très bien les inconnues qui passent.
  • Ca de Jacqueline Maillan et Bourvil : l'atmosphère change. C'est en fait une parodie du Je t'aime moi non plus de Gainsbourg. A réserver aux couples du troisième âge. Idéal pour les rencontres dans les voyages organisés par l'amicale des Anciens combattants de Rilleux-la-Pape.
  • Les vieux mariés de Michel Sardou : n'a rien compris à l'amour ni à la musique. Sa mièvrerie accompagne très bien les séparations du quatrième âge ou un message du Ministère de la Santé du beau pays de France en pleine canicule. L'équivalent d'une preséntation toute militaire des MST...
  • Lawrence d'Arabie de Maurice Jarre : pour ceux qui trouvent que les plages sont trop restreintes pour leurs amples ambitions. En plus, ça tombe bien : la vantardise engendre vraiment la solitude...
  • My man : si vous le chantez avec cette voix-là, n'hésitez pas à m'envoyer un message. Mais j'exigerai la preuve audio, je vous préviens...
  • Voulez-vous danser grand-mère ? de Chantal Goya : la gérontophilie ne date pas d'hier. Personnellement, je passe. Et puis, il y a toujours un doute : déconseillé à ceux qui jouissent d'un viager. Les mauvaises intentions s'accomodent bien de l'été et des canicules...
  • Jaws de John Williams : très évocateur de la rentrée tardive, nimbée des effluves de l'ivresse, lorqu'on se sent amoureux du monde entier et que l'on retrouve Madame, tous bigoudis dehors et masque au concombre emplâtré sur la face. On passe très vite au requin-chagrin.
  • J'ai encore rêvé d'elle de Il était une fois : implique des frais de blanchisserie, puisque les draps s'en souviennent. Ne surtout pas se souvenir de la chorégraphie des Taloche.
  • Diminuendo and crescendo in blue de Duke Ellington : en 1956, à Newport, une jeune femme blonde serait montée sur scène et aurait dansé face à Paul Gonsalvez pendant tout son solo au saxophone, qui dure à peu près huit minutes.
  • Je t'aime de Lara Fabian : aaaaargh !
  • Short dick man de Twenty Fingers : si madame se sent d'humeur moqueuse. N'empêche, c'est vexant et ça pousse à éteindre la lumière !
  • Smoke gets in your eyes des Platters : ah, l'envie de fumer une cigarette après l'amour. Plusieurs inconvénients : il faut fumer sur la terrasse, on pense à Rudy Demotte et ça gâche l'ambiance, on tousse. Et qui a entendu parler d'une toux érotique ?
  • Moments in love de Art of Noise : très bon rythme, tout en douceur. Double problème : le remix est très long et puis, qui s'en souvient ?
  • Mourir d'aimer de Charles Aznavour : est-ce bien raisonnable ?
  • The girl from Ipanema d'Astrud Gilberto : un peu de douceur dans ce monde de brutes...
  • Chacun fait c'qui lui plaît de Chagrin d'amour : parfaitement adapté aux divorces.

En fait, si vous n'avez pas trouvé votre bonheur dans ces quelques exemples, je vous conseille d'éviter le play-back : au fond, on n'a rien trouvé de mieux que le son direct.

Ubu revient au mois d'août.

A bientôt. ;)

 

21:50 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

04/07/2005

Liberté de la presse

Le 22 mars 2003, un véhicule de presse subit un tir croisé des troupes irakiennes et des forces américaines. Un journaliste britannique d'ITN et son interprète libanais sont tués. Fred Nerac, caméraman français domicilié en Belgique, ne sera jamais retrouvé. Depuis plus de deux ans, sa famille attend et espère.

http://www.fred-nerac.info/

 

Le 16 avril 2004, le journaliste indépendant Guy-André Kieffer est porté disparu à Abidjan : il enquêtait sur le commerce du cacao, principale ressource de la Côte d'Ivoire. Depuis plus d'un an, sa famille attend et espère.

http://www.guyandrekieffer.org/accueil/index.php

 

Depuis le début du conflit en Irak, soixante et un  journalistes ont été tués et deux,  Fred Nérac et  Issam Hadi Muhein Al-Shumari, sont portés disparus. Depuis le début de l'année 2005, trente-cinq journalistes ont été tués, cent neuf  emprisonnés ainsi que trois de leurs collaborateurs et septante-cinq cyberdissidents. Leurs familles espèrent et attendent.

 

http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=19

 

L'information semble couler de source dans les tuyaux du réseau : elle se diffuse à toute vitesse. Elle a pourtant un prix : celui du sang.

 

Post original sur http://jazzfan.skynetblogs.be/


11:22 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |