28/08/2005

La chanteuse

La batterie entame le morceau sur un tempo lent, bientôt rejointe par la basse. Les accords de Fever s’accrochent au mur de la boîte : ils poissent les verres huileux de rouge à lèvre, ricochent sur les murs blancs, s’attardent  sur les ivrognes attablés. Enfin, elle apparaît : ses mains se frottent l’une contre l’autre, se nouent, s’écartent. Elles battent, comme des papillons affolés, froissent l’air : les doigts se tendent, fragiles et douloureux., pressent le visage, en froissent les pommettes. Elles se reposent sur les hanches pour remonter le fourreau noir et s’écarter à nouveau du corps qui vibre de tout le rythme de la chanson. Les notes des musiciens s’accrochent dans l’air et rejoignent les ongles délicats qui dessinent un corps, des cœurs, des corps à corps. Les mains se figent sur les dernières notes, signent les dernières paroles : la chanteuse adresse un léger signe de la main, qui s’estompe comme un rêve au cours d’une nuit qui s’efface.


00:50 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

L'image qu'on donne de soi... Chèr Ubu,
C'est l'illusion, la comédie de l'engagement, de la passion...
Les meilleures parviennent même à faire croire à leurs "fans" que leur vie réelle est à l'image de leurs chansons.
Pour mille Tartuffe de sexe féminin, combien de Piaf?
Vois ma citation de ce jour: qu'il est malheureux pour un jeune de constater en grandissant que le monde n'est que comédie!
Amitiés.
P.S. Pas faire attention: les vieux déraillent parfois...

Écrit par : Armand | 28/08/2005

bel hommage mots accordés, comme toujours...
bon dimanche, Ubu

Écrit par : fun | 28/08/2005

Barbara. Ton texte me rappelle les prestations de notre regrettée Barbara.
Amitiés.

Écrit par : rhadamanthe | 29/08/2005

*** Je voyais une chanteuse jazz métisse, sculpturale dans son fourreau noir, timide mais dont la voix déchire l'air de la salle aux 1e notes...

Écrit par : La Fée Carambole | 29/08/2005

Bonjour Mister Ubu... Moi aussi, je la voyais métisse... paillettes... maquillage...
Bon
Oki
Je sors
:-p

Écrit par : Fléa... | 29/08/2005

heu.. Jessica Rabbit ?
Ou Michèle Pfeiffer ( dans les "Fabulous Baker Boys") ?

Écrit par : Lato | 30/08/2005

Bonjour ;)) Cher Armand,
Le paradoxe de la comédie est de parfois faire passer des sentiments insoupçonnés. Beaucoup de comédiens, de chanteurs, d'artistes trichent : cela passe rarement la rampe, sauf pour eux... Ils deviennent des phénomènes de foire : comme de mauvais candidats dans une émission de téléréalité ;) En fait, nous jonglons tous avec nos miroirs déformants : les médias y ajoutent l'effet-loupe ;)

Chère Fun,
Je te remercie : je constate avec plaisir que tu survis à tes vacances ;))

Cher Rhadamanthe,
Je dois t'avouer que je n'aime pas Barbara : je n'ai pas eu l'occasion de la voir mais sa voix me laisse froid. Peut-être que je perds quelque chose mais je ne le soupçonne pas encore ;)

Chère Fée,
Tu es à côté : mauvais entretien de la baguette ? ;))) EN fait, Marlee Matlin est une actrice sourde de naissance, comme Emmanuelle Laborit, la petite-fille d'Henri Laborit, le grand biologiste. Dans le film "Les enfants du silence", elle danse avec William Hurt ;) Comme quoi les idées se modifient à la lecture ;)

Chère Fléa,
Paillettes et maquillage : pauvre régisseur ! ;))) Mais tu peux rester tout de même ;)

Cher Lato,
Deux excellentes propositions : "Je n'y peux rien, je suis dessinée comme ça " :)))

A bientôt

Écrit par : Ubu | 31/08/2005

Pessimisme ou réalisme ? Cher Ubu,
Je suis plus pessimiste que toi: je pense qu'au contraire, la plupart des chanteurs mentent...
Je pense aux chansons d'amour d'un meurtrier à Vilnius qui était "si sincère" dans ses chansons, paraît-il!
Les vieux doutent de tout, les jeunes croient en tout... (Armand)
Amitiés
Ubu croirait-il au bon sauvage malgré ses dénégations?

Écrit par : Armand | 31/08/2005

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