09/09/2005

Rentrée difficile ?

La rentrée se fait dans une certaine agitation, cette année.
 
Certes, les élèves n'ont pas tous encore retrouvé le chemin de l'école : ils voyagent encore au hasard des écoles, cherchant tantôt celle qui les accueillerait, non sans difficultés,  ou celle où ils voudraient rester, pour de bonnes ou mauvaises raisons. Un collègue recherchait ainsi pour sa fille une section technique de transition qui ne soit pas déjà complète : le conseil de classe qui a pris la décision de restriction ne reclasse pas lui-même et la Communauté, qui autorise ces décisions, n'organise pas d'école proposant ce genre d'option. Il lui reste à contacter trois écoles de la Ville de Bruxelles qui pourraient ne pas avoir clôturé leurs inscriptions. Pendant ce temps, la ministre lance des promesses pour l'avenir... Un plan Shérif pour l'enseignement ?
 
Des profs sont suspendus aux décisions de la Communauté française qui accumulé les erreurs administratives, les désignations farfelues et est revenue sur l'affectation de plusieurs temporaires prioritaires...  Plus de cent cas litigieux sont signalés sur Bruxelles et, pourtant, personne ne s'interroge vraiment sur l'absurdité d'une désignation des profs par un cabinet ministériel, composé d'ailleurs d'anciens profs détachés (pénurie, vous avez dit pénurie ?) et pas toujours compétents (en tout cas, pas vraiment au fait des règles de désignation : mais l'opportunisme n'est pas une compétence). On semble revenir dans une ère d'instabilité des équipes pédagogiques : aux forces centripètes qui animent les cabinets correspondront de nouvelles forces centrifuges pour les enseignants, dont certains tourneront en orbite le temps qu'on se souvienne de leur existence...
 
Les directions d'école sont inquiètes : la flambée des produits pétroliers va sans doute encore affecter le chauffage des écoles qui sont censées être autonomes dans la gestion de leurs frais. Et une école ne peut  menacer de se délocaliser , elle... Les conseils de classe programments des braquages de pétroliers en mer du nord comme excursions pédagogiques, cette année...
 
Bref,  le bordel  et l'impression que la Communauté joue un peu trop les visionnaires en oubliant le quotidien. Et le bien-être des gosses...

05:56 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

question pertinente ? communauté et bordel ne sont-ils pas synonymes ?

Écrit par : xian | 09/09/2005

Rentrée. Je ne crois pas qu'il faille s'affoler. On a connu pire.
Ce qui m'inquiète plus dans l'enseignement secondaire, c'est la dérive des programmes : un peu de tout et n'importe quoi !
J'ai lu un programme de physique (3/4ème) : 300 pages. Je ne suis pas certain d'avoir tout assimilé.
Je suis peut-être un vieux "con" mais auparavant, on s'attachait à l'essentiel (et les programmes étaient déjà surchargés). Aujourd'hui, nous avons des techniques ultra-modernes à notre disposition... inutilisées. Trop chères ? Peut-être.
Et on nous sort une pédagogie (socles de compétence...) écrite par (?) qui me laisse perplexe. J'aime mieux connaître ce que l'élève doit savoir (le minimum) que comment lui faire savoir. Je considère que le comment relève de ma compétence exclusivement (avec contrôle des inspecteurs concernés).
Si non, mon métier n'est qu'un stupide travail administratif à la portée du premier venu.
Mais pour ce que j'en dis... La question est tout un programme.
PS : combien de fois n'ai-je entendu : suis en retard dans le programme. Mais jamais : suis pas sûr qu'ils aient compris.
Désolé pour le style télégraphique.
Amitiés.

Écrit par : rhadamanthe | 09/09/2005

l'état doit s'occuper de ses affaires! dans la communauté, il y a des fonctionnaires qui jusqu'ici ont montré que leur principale préoccupation est... leur petite carrière.
L'enseignement devrait s'affranchir définitivement du grapin de l'état.
Ah, si mes profs lisaient ce que je fais de l'art de la rédaction qu'ils m'ont enseigné...hi hi hi!

Écrit par : 1789 | 09/09/2005

°] Criant de vérité.

Écrit par : Melo | 09/09/2005

Gaspitaxes. Cher Ubu,
Beaucoup de choses dans ton post...
- Les classes surpeuplées: chaque élève devrait trouver une place dans l'école dont il rêve. On peut créer des classes, quitte à fermer les écoles dont les élèves (ou leurs parents) ne veulent pas. Je ne crois pas que ce petit bonheur coûterait beaucoup: quelques classes à construire, mais qui seraient compensées par la revente de bâtiments scolaires délaissés.
- L'énergie: si la production de pétrole ne sait pas suivre, il y aura pénurie jusqu'à obtention d'un équilibre. Il faudrait éviter que ce soient les plus démunis qui doivent le réaliser en ayant froid alors qu'on vend de plus en plus de voitures à forte consommation, de voyages en avion, de conditionneurs d'air et autres gadgets pour frimeurs-gaspilleurs...
Je propose de faire payer des "gaspitaxes" aux irresponsables qui font fermer les centrales nucléaires et polluer au CO² à la place...
- Les fonctionnaires incompétents car politisés. Il y a normalement des concours d'entrée et des diplômes requis pour toutes les fonctions...
Je crois que ce sont des évidences et que tu seras de mon avis (cette fois-ci en tout cas).
Amitiés.

Écrit par : Armand | 09/09/2005

Bonjour ;) Tout d'abord, je suis désolé de ne pas pouvoir vous rendre vos visites autant que je le voudrais mais le temps est une saloperie encombrée qui n'a rien de relatif ;) Je me rattrapperai sûrment dans quelques jours;)

CHer Xian,
Au prix des douches et vu le peuplement des cabinets, on pourrait le croire ;)

Cher Rhadamanthe,
Tes remarques sur les programmes me semblent pertinentes : en fait, ils ont substitué des compétences procédurales complexes aux savoirs mais en établissant une évaluation assez loufoque. 50% d'un socle et on obtient la réussite : équilibre très instable... Résultat : les élèves n'ont que peu de savoirs (dans certains cours, ils sont même interdits d'évaluation) et ne parviennent pas à développer une procédure. Ils ne réussissent que dans les fantasmes des pédagogues de chambrée ou dans les illusions de Meirieu : dans les écoles, ils échouent ou passent par la force du nombre. Ce qui aboutit aux catastrophes du supérieur... Quant aux techniques ultra-modernes, encore faudrait-il qu'elles fonctionnent et qu'elles soient accessibles... Enfin, les inspecteurs sont parfois une très belle application du principe de Peter : ils récitent le programme. Celle à qui je l'ai fait remarquer m'a trouvé agressif ;))
Conclusion : programmes psychorigides et évaluations rabotées induisent catastrophes pédagogiques ;) (en style télégraphiique itou ;))

Cher 1789,
Changer l'organisateur ne changerait que peu les dérives d'un système : le privé ne marche pas nécessairement mieux s'il se base sur des taux de réussite qui ne représentent rien. C'est d'ailleurs cette tendance qui préside à l'autonomie des écoles : "commercialement", les écoles ont intérêt à avoir un maximum de réussite puisque c'est sur leur nombre d'élèves qu'on leur attribue des subventions de fonctionnement (le chauffage et l'entretien, entre autres, de bâtiments souvent vendus pour refinancer l'enseignement dans les années 90, enfin pour l'officiel en tout cas) Et je t'ai déjà dit que je connaissais des écoles privées catastrophiques : on cache ses misères autrement, c'est tout. Mais il me semble que tu reconnais que les écoles d'état t'ont appris des choses ;))

Cher Melo,
Je vais bientôt devenir aphone ;)

Cher Armand,
Je ne sais pas s'il y a encore tant de bâtiments à vendre : on a beaucoup refinancé la CF il y a quelques années. Et dans certains villages, les fermetures d'écoles primaires tourneraient au drame...
Pour éviter les gaspillages d'énergie, on pourrait isoler convenablement : mais comme on avait le souci de ne pas trop dépasser ou comme beaucoup de bâtiments sont vétustes, cela est presque impossible. A moins d'y investir des fonds...
Il n'y a pas de concours ou de brevets pour entrer au cabinet : la carte politique suffit. Quant aux brevets organisés pour les directions d'école, seuls 30% des candidats les ont réussis. Ce qui signifie que peu de préfets ou proviseurs sont brevetés (je parle toujours de l'enseignement de la CF : ailleurs, cela n'existe même pas !)
En fait, nous payons toujours les dettes de la création de la CF, très mal négociée par les partis de l'époque, et du refus des régions wallone et bruxelloise de s'y associer, comme en Flandre.
Je te rappelle, d'ailleurs, que la CF n'a aucune ressource propre (à moins de vendre son patrimoine) : elle dépend d'une dotation du fédéral et des régions. C'était d'ailleurs le problème des enveloppes fermées du Supérieur, il y a moins d'un an.

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 10/09/2005

oui, à l'école communiste...je veux dire communale... j'ai appris des choses. Je t'ai déjà dit que je me demandais ce que penseraient mes ex-profs (tous +/- socialos) s'ils lisaient ce que je fais de l'enseignement qu'ils m'ont "administré" (en rédaction, par exemple...) :-)))
Comme je t'ai déjà dit (je le répète pour tes lecteurs) que pour moi, l'état, c'est trois pouvoirs et rien de plus et que je serai bien heureux si l'état s'occupait correctement de ces trois tâches au lieu de fourrer son naze dans par exemple, le logement, l'enseignement, la santé ou l'art, puisque ce n'est pas son affaire... et de laisser ces activités au secteur privé et à des personnes qui ont prouvé leurs compétences.
Nooon, a peuuurrrr...

Écrit par : 1789 | 10/09/2005

à Mighia Es-tu sûr que le secteur privé a prouvé sa compétence dans tous ces domaines? Personnellement, en tout cas pour le secteur théâtral, je dirai que les quelques expériences privées ont prouvé qu'elles fonctionnaient autant au pistonnage et au copinage que le public et que les théâtres privés en question ne montrent pas une grande sagacité culturelle. ET les exemples sont les mêmes dans les autres domaines. ciao

Écrit par : aldagor | 11/09/2005

aldagor ce que tu dis est vrai.
Seulement, si un abus est commis dans le secteur public, c'est toute la communauté qui est lésée. Si le secteur privé travaille mal, il court tout seul à sa perte...tant pis pour lui!
Si un entrepreneur travaille mal, je le l'engage plus.
Si c'est l'école du quartier qui a des comptes à me rendre puisque je la finance par les taxes que je paie... c'est plus embêtant.
Non?

Écrit par : 1789 | 11/09/2005

Chers Aldagor et 1789, Discussion intéressante : on en profite quand je ne suis pas là ? ;))))
Plus sérieusement, on pourrait dire que le choix entre public et privé se résume à une contrainte captive face à l'illusion d'un choix : pas génial, non ? En fait, c'est autant notre dépossession comme citoyen et comme consommateur qui m'inquiète, surtout quand on touche à ce qui nous est essentiel et vital. Dans les deux systèmes, on se voit obliger d'interpeller la justice avec les difficultés inhérentes : face à un service d'état, on peut se retrouver à un juge qui est aussi partie ; face à une entreprise, il faut avoir les moyens de poursuivre. Au fond, le boxon, c'est pas si mal ;))

Amitiés.

Écrit par : Ubu | 12/09/2005

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