15/09/2005

Tranquille

J'ai eu matière à réflexion, ces derniers jours : il me fallait décider de l'orientation de ma carrière, de mon avenir professionnel et de mes engagements personnels. J'avoue avoir apprécié que d'autres, mes amis, me découvrent des qualités que je ne soupçonnais pas vraiment et mettent en avant mes possibilités de changement. Mais, en même temps, je sentais bien ce qui coinçait : j'apprécie la vie que je mène, le métier que j'exerce et ma position me semble plus stable et ancrée que jamais. Je ne me sens pas forcé de changer parce que j'aurais l'impression de stagner, je me sens simplement progresser à mon rythme, imperceptible peut-être mais tout calme. Comme un Don Quichotte conscient de ses attaques contre des moulins à vent mais qui ne céderait pas davantage à l'envolée lyrique des grands combats qu'à la soumission au réalisme contraignant, ces deux fuites en avant qui nous interdisent de rêver le monde en assumant le rêve tel qu'il est : chimère fugace mais illusion sans cesse renouvelée. Rien qu'un plaisir de vivre, purement hédoniste, de savourer les instants qui passent sans amertume, de voltiger en équilibriste excentrique.
 
C'était sans doute une occasion à saisir, une ascension qui me dépasse peut-être. Mais contrairement à Jonathan Livingstone, le goéland, je me sens ancré dans mes réalités familières. Je n'aime pas les vides contemplatifs de l'absolu : je préfère ressentir le poids concret de cet univers modeste et limité mais qui vibre à l'unisson de mes pas. Comme si chaque mouvement d'air m'invitait à la douceur de ses caresses.

23:03 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

Bravo! Applaus.

Mamzel'Toff

Écrit par : Epicure | 16/09/2005

Peut-être... as-tu peur de commettre la même erreur qu'Icare... mais peut-on te donner tort ?

Écrit par : Mateusz | 16/09/2005

Tony was here Faut-il donner un sens à notre vie ou donner une vie à notre sens?
Dur, ce matin...ça cogne derrière la tête...
Bonne journée.

Écrit par : 1789 | 16/09/2005

Promotions. Cher Ubu,
La bonne question est: un enseignant qui fait bien son boulot (d'après les autres, évidemment), pourquoi devrait-il se remettre en question?
Un exemple (dans l'enseignement Français). Autrefois, un chef de département de recherche dans une grande université (que ses découvertes avaient rendue célèbre) exigeait une promotion financière... L'Etat ne pouvait plus l'augmenter (barêmes). Que fit-on pour le garder: on en fit le recteur d'une autre université, située à l'autre bout de la France. Ses capacités dans son domaine furent perdues et je ne suis pas certain qu'un grand scientifique devienne automatiquement un grand administratif!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 16/09/2005

... Evidemment, si le changement de carrière qu'on te propose, c'est de prendre le boulot de Marie A., n'hésite pas, elle a une très belle douche! (et aussi une très belle bouche, mais c'est un autre débat)... :)

Écrit par : aldagor | 16/09/2005

Rafraîchissant. Comme c'est joliment écrit. Il ne manque plus que l'odeur de l'encre. Et celle de la craie (pas si inodore que cela). Et puis, le tablier brun du maître et ceux, gris, des élèves. Le tout photographié par Doisneau...

Écrit par : Maugus | 16/09/2005

excellent WE... ... après cette réflexion...

Écrit par : paikanne | 16/09/2005

;-) ;-)

Écrit par : Votre Cousin | 16/09/2005

Bon ouiquainde ;)) Chère Epicure,
Où il y a du zen, il peut y avoir du plaisir : je suis du genre à déplacer les montagnes, si elles font un efort et si l'érosion me donne un coup de main ;))

Cher Mateusz,
Icare ? Moi, il me faudrait au moins une 4L :))) Non, simplement "Heureux" à la Fernand Raynaud : et ça aussi, ça date ! ;))

Cher 1789,
Une vie de sensations plutôt : à force de chercher à me trouver, je me seais sans doute perdu. Alors qu'en fait je suis déjà là ;)

Cher Armand,
En fait, je me serais retrouvé dans un domaine connexe qui exigeait du changement, certes, mais dans lequel j'aurais dû sacrifier ce que je tiens : comme mon boulot actuel ne me pose aucun problème et fait partie de ce que j'apprécie, je m'étais dit qu'il ne s'agirait pas d'un choix négatif. Et non, en fin de compte, perdre ce que je suis maintenant aurait été négatif. ;)) Et j'ai sans doute aussi redouté de me placer dans le Principe de Peter ;))

Cher Serge,
Tu n'es pas tombé très loin : mais je lui aurais surtout fait redresser ses poils ! ;)))) Et pas qu'à elle d'ailleurs : il aurait fallu une sacrée douche, avec énormément de place ;)))

Cher Maugus,
Doisneau ? :)) Je fais finir par croire que je suis surtout nostalgique des époques que je n'ai jamais vécues ;) Et que je reste, malgré mon épouvantable caractère (parfois !), de ceux qui restent plutôt que de ceux qui partent, ce qui ne me dérange pas : au fond, j'ai trouvé mon cadre de vie ;)

Chère Paikanne,
Excellent ouiquainde ;) D'ailleurs, le soleil brille à nouveau : je dois avoir un pote chez les goléands ;))

Mon Cousin,
"Heuuuuureux !" ;)

Merci de votre passage et à très bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 17/09/2005

un bien bel équilibre on dirait une explication "mens sana in corpore sano"; c'est comme toujours bien écrit et serein, ça donne drôlement envie d'équilibre.
merci pour ce doux moment passé à te lire, c'est apaisant...

Écrit par : fun | 18/09/2005

Chère Fun, Je glisse simplement sur le vent, ce qui me permet de passer les montagnes, jusqu'à présent :)
A bientôt

Écrit par : Ubu | 18/09/2005

Les commentaires sont fermés.