29/09/2005

L'usine.

Les engrenages fonctionnaient avec de légers grincements. Le tapis déroulait les objets auxquels une pince métalique ajoutait une pièce, qu'un bras articulé soudait bientôt tandis qu'un pistolet à peinture arrosait généreusement les diverses surfaces polies de la voiture. Le PDG regardait l'usine fonctionner seule, comme une entité autonome : sa peau momifiée se reserrait sur ses orbites vides.
 
L'usine avait été un fleuron : la machine devait délivrer l'homme de l'esclavage du travail. On inaugura la chaîne automatisée en grandes pompes. On débaucha. La sécurité fut bientôt assurée par une armée de robots dirigée par des détecteurs de présence. On débaucha de nouveau. La gestion fut informatisée. On débaucha encore. Lorsque le conseil des actionnaires annonça au PDG qu'il fallait s'emparer de nouveaux marchés, il eut l'idée géniale de construire une usine qui fabriquerait des consommateurs. On débaucha donc les consommateurs humains.
 
Et dans ce monde de pure logique, les nouveaux consommateurs avaient accepté de gaspiller un peu d'énergie et de matière dans cette usine qui produisait continûment sous le regard enfiévré de son PDG. Un soupçon de délicatesse ou une nostalgie difficile à expliquer pour des cerveaux artificiels  les avait amené à laisser ces restes d'humanité s'éteindre doucement en admirant le désert que leurs projets visionnaires avaient créé : leur solution idéale.
 

 Daewoo Fameck, mai 2003, l'usine vide,
photographie Rolleiflex Jérôme Schlomoff


15:26 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Bagnoles inutiles. Cher Ubu,
Qui achetait les voitures... et à quoi servaient-elles si plus personne ne travaillait ou n'avait où aller?

"La chaîne de fabrication fut donc prolongée jusqu'à la toute nouvelle déchetterie automatisée où les différents composants étaient récupérés. Ces matériaux serviraient à fabriquer de nouveaux véhicules.
Ainsi la Mauritanie (Fer) et le Zaïre (Cuivre) purent retourner à l'authenticité ultime, l'âge de pierre..."
Extrait de l'évolution inversée (Armand)

Amitiés.

Écrit par : Armand | 29/09/2005

pfft !Vous-zêtes pêtés... mais comiques...
Râlez en paix, je vous pardonne.
La peau sur les orbites....

Écrit par : Epiqure | 29/09/2005

à la rubrique "people" aujourd'hui: Ubucasa, le fils caché d'Isaac Asimov.

Écrit par : Lato | 30/09/2005

le chameau ya qu'ca d'vrai

Écrit par : zelda | 30/09/2005

'Zouilles et bon w-e....
;-)

Écrit par : Fléa... | 30/09/2005

Bonsoir ;) Cher Armand,
Evolution inversée ? Très juste ! Bref, tout roule : mais en marche arrière ;)))

Chère Epiqure,
Avoue qu'on t'organise de sacrés voyages en voiture ;) Maintenant, j'ai bien cherché ce que pouvait faire la peau autour d'orbites vides : faudra que je fasse l'expérience ;) Mais tu témoigneras que c'était ton idée ? :)

Cher Lato,
Tout petit Asimov : on n'a pas fait les mêmes études ;)) Sinon, plus Sheckley ou Brown : complètement pété, disent mes amis, mais sans alcool. Il doit me rester des traces de mes nuits de beuveries d'il ya de plus en plus longtemps ;)))

Chère Zelda,
A quoi rêvent les chameaux mécaniques ? ;)

Chère Fléa,
Bizzzzz ! ;)) A nous deux, nous formerons le mot complet ;)

Bon ouiquainde ;)


Écrit par : Ubu | 30/09/2005

a se balader a l'arriere d'un picup . pour faire des economies de fouin .

Écrit par : zelda | 01/10/2005

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