02/10/2005

Inspiré d'un débat radiophonique...

Hier, j'ai écouté un débat sur la Première : l'émission "Quand les jeunes s'en mêlent", souvent plate pourtant, avait choisi d'aborder l'homosexualité et le problème de l'homoparentalité. Les "Ce n'est pas naturel",  "D'ailleurs Adam et Eve étaient un homme et une femme" sont venus en renfort d'un "ça" plus ordinaire, plus pénible encore à mon avis, pour désigner le phénomène, je n'ose écrire le monstre de foire dont il était question. Je salue d'ailleurs l'heureux travail du journaliste qui revenait à chaque fois sur ce "ça" d'apparence anodine mais révélateur.
 
Je ne suis pas homosexuel et je ne le regrette pas. Pourtant, je ne dois pas être le seul hétéro à trouver insupportables ces arguments que l'on nous ressasse pour nous présenter l'homosexualité comme une tare, un défaut, voire comme un comportement criminel. Le délit de sodomie est toujours puni de prison dans plusieurs états américains, de mort dans les états qui veillent à réprimer ce qu'ils nomment "déviance" dans leurs fichues lois où deux adultes consentants sont criminalisés au même titre qu'un violeur, parfois plus.
 
Lorsqu'on évoque les homosexuels sous forme de "ça", je me rappelle l'histoire des étoiles roses, poursuivies par un régime qui haïssait tout au nom de la pureté de la race : des étoiles parties en fumée, elles aussi. Lorsque l'on me dit que les homosexuels mettraient en péril l'éducation d'un enfant, je pense en moi-même que l'hétérosexualité n'est pas une garantie de saine éducation et que l'amour est pas une affaire de couple mais de parents. Et qu'un enfant n'a pas a juger les habitudes sexuelles de ses parents, me semble-t-il.
 
En fait, il est plus facile, y compris pour moi pendant longtemps, de concevoir la différence comme une altérité au lieu de l'envisager comme un point de vue. Au fond, la seule maladie dont peut souffrir un couple homo, ou l'enfant de parents homos, ne réside-t-il pas dans notre regard de mépris ordinaire, masqué sous la pitié ou sous la haine, qui leur refuse à tous le droit de vivre une vie normale, dans nos catégories qui nous assurent un confort artificiel ?
 
Quelle assurance, si parfaite, nous permet de nous arroger le droit de juger ce que nous ne sommes pas comme une mauvaise voie ? Notre peur d'avoir honte de ce que nous sommes, sans doute.

19:50 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

Intérêt de l'enfant. Je crois avoir compris ton idée et elle me plaît...
Les homos ne doivent pas être pénalisés pour leur habitude sexuelle qui ne regarde qu'eux.
Mais l'intérêt de l'enfant prime.
Ce sont les parents les plus aptes qui doivent élever l'enfant adoptable.
Je crois m'être répété, mais c'est la logique même: l'intérêt de l'enfant d'abord, pas de quotas, discriminations positives ou autres: les pédopsychiatres décident.
Amitiés.

Écrit par : Armand | 02/10/2005

le "ça" de l'émission Je n'ai pas entendu l'émission mais peut-être dans le "ça" y avait -t-il toute une difficulté de jeune à aborder ( en public en plus!)LA sexualité en tant que mode relationnel faisant partie de tout un éventail relationnel qu'ils devinent mal connaître(et qui le connait ds son entièreté, hein?Souvent il n'y a personne pour leur apprendre non plus, d'abord est ce que cela se transmet ou est ce que cela s'expérimente?)) Et ce ça rassemble, en vrac toute forme de sexualité autre que celle que banalise cocacolamalboroandco.La pression normative est ,sur les jeunes et les ex-jeunes de façon générale énorme( et ne s'applique pas qu'au champ de la sexualité)Faut-il LEGALEMENT déstigmatiser l'homoparentalité? Est-ce que cela va déstigmatiser l'homoparentalité dans le regard des gens?Comment ces enfants vont-ils supporter ce regard ?Fils de pute va-t-il être remplacé par fils de PD?Quand j'entends des copains vouloir louer le ventre d'une roumaine qu'ils payeraient, 1 je ne suis pas d'accord je trouve ça foireux,2 je me dis qu'il y a légalement du pain sur la planche...Et que j'aurais du faire le Droit, y a de l'avenir pour autant qu'on ait peu de scrupules et un soupçon de démoniaquerie et de créativité ."The first thing we 'll do, let us kill all the lawyers" Shakespeare
Et si on arrêtait de faire du travail et de la reproduction le but unique et absolu de la vie? Quel est le bénéfice de l'homosexualité à s'élever en une autre forme de normalité? A quand la norme de Abstinents Anonymes, des célibataires richissimes, des tripédaliques, des branleurs?Tous soucieux d'appartenir à un groupe noble, digne et reconnus et de ne pas être victimes de mise à l'écart. J'exagère, d'accord mais je questionne.

Écrit par : Cruella | 02/10/2005

Bonsoir ;) Cher Armand,
En effet : intérêt de l'enfant et aptitude des parents avant tout ;) Le reste est une afaire d'intimité...

Chère Cruella,
D'abord, salutations à la nouvelle visiteuse ! ;)) Beaucoup de questions, en effet...
Sur la difficulté à parler d'intimité et de la perception de celle-ci : en effet, c'est plausible, d'autant que si l'univers des médias s'est érotisé, il tronque également la perception de l'intimité vers le voyeurisme : voir les émissions de "télé-réalité". Imaginer une solution à l'école, comme cela était soulevé dans le débat ? Difficile, sans tomber dans le travers des cours d'éducation sexuelle de l'armée : au fond, cela revient dans les deux cas à créer une relation sous le coup du voyeurisme ou du risque et d'induire une passivité "confortable". Reste la possibilité des parents : compliqué également, à expliquer et à aborder... Résultat : des expériences plus ou moins heureuses. Donc, juste poser des balises, comme pour le reste : ce n'est déjà pas si mal. Et éviter les "ça" qui transforment qui que ce soit en objet, de transaction ou de mépris...
Sur le passage à la légalité et à la déstigmatisation, je pense que globalement cela peut marcher : pourquoi la loi ne pourrait-elle modifier les préjugés qu'elle même a aidé à instaurer ? On l'a vu dans le cas des mères célibataires : le combat pour les droits est difficile mais il passe la rampe. Evidemment, il y aura toujours des gens qui refusent (ce qui reste leur droit) mais on peut suposer qu'ainsi on apprendra à relativiser le "péché" ou la "faute". Par contre, la monétisation de l'être humain que représente la location d'une mère porteuse est dangereuse : dans ce cas, pourquoi ne pas lever le secret de l'accouchement sous X dans tous les cas ? Un pédopsychiatre rappelait que la recherche des racines est valable pour tous les enfants adoptés : c'est donc une responsabilité parentale à assumer également...
Le travail et la reproduction : n'abusons pas et ne confondons pas... Ce n'est pas parce que certaines cultures, et la nôtre il n'y a pas si longtemps, confondent progéniture et investissement (avec le cas dramatique de l'Inde où il naît, contre toute vraisemblance, davantage de garçons que de filles, because la dot impossible à assumer...) qu'il faut tomber dans ce travers et considérer les couples avec enfant(s) en tant qu'incarnation de la norme : ils prétendent plutôt à la cohérence de leurs repères parentaux, à raison, comme les autres perçoivent leur propre cohérence. L'idée de norme implique une déviance, une faute : pourquoi, si personne n'en pâtit ? Donc, une norme instaurée pour des relations intimes est idiote, sauf s'il en va de la protection d'un des partenaires... ET dans ce cas, on pourrait aborder beaucoup d'autres problèmes : les coups, le viol, les abus divers... Ce qui reste une autre histoire, loin du sujet de départ : puisqu'il n'y a plus de consentement...

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 03/10/2005

... 100 % d'accord avec Armand. Je connais des couples d'homosexuels à qui je ne confierai pas un enfant, mais cela n'a rien à voir avec leur sexualité... Idem pour des couples heterosexuels et la grande majorité des autres couples (qui sont, je le rappelle, asexués :))

Serge

Écrit par : serge (toujours) | 03/10/2005

gna gna gna! l'enfant n'est adopté que dans son intérêt!
Et son intérêt est d'intégrer un modèle qui ressemble à celui prévu depuis des millénaires par le barbu (je ne parle pas de Castro)
Tout le reste, c'est l'habituelle démagogie, l'insupportable manie de faire large courroie du cuir d'autrui. De faire parler de soi, vendre des livres, des disques, de passer à la télé... de dénicher un nouvel électorat, etc.

Écrit par : 1789 | 03/10/2005

. Peux-tu voir ta chandelle verte, s'il te plaît?

Écrit par : Armand | 03/10/2005

Moi je dis....... .......que personne ne sait ni ne peut avoir raison,surtout pas tous ces pseudopsy.
Le recul que nous avons par rapport à " ça " est trop court.Attendons et jouissons
de la vie,écouter du jazz est une bonne solution parmi d'autres.
Salut l'ami

Écrit par : DUKE | 03/10/2005

Bonjour très matinal ;)) Cher Serge,
Je t'avoue que je ne suis pas papa mais pour avoir des couples homosexuels dans mes relations, je pense que c'est tout à fait envisageable : l'équilibre parental, le sens des responsabilités n'est pas une question de choix sexuel. Entre nous, je n'aurais sans doute pas tenu le même discours il y a quelques années encore : l'expérience nous change et c'est parfois étonnant de l'admettre ;))

Cher Tony,
Tu te répètes ;)) (voir commentaire du post précédent) En plus, ce type de procès d'intention pourrait s'appliquer à n'importe quelle manifestation publique : aux JMJ, par exemple. Mais cela n'a rien à voir, bien entendu, comme ton commentaire actuel... Réfléchis-y. ;)

Cher Armand,
Vu ! ;))

Cher Duke,
Il ne s'agit plus de recul : il s'agit de droits. Droit de l'enfant à recevoir une éducation correcte, ce que le choix de sexualité de ses parents ne détermine pas, et droit des homosexuels à ne pas être considérés comme des citoyens de seconde zone, parce que perpétuer ce genre de logique nous ramène à de la ségrégation. Donc, attendre n'est pas une bonne idée, sous peine de revenir à un ordre moral contraignant dont on voit la fragilité lors d'une époque agitée comme la nôtre : pourquoi ne pas se construire des repères qui permettent à tous de respirer ? Utopie ? Peut-être, tant qu'on n'essaie pas...
Sinon, all that jazz, ami ;))

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 04/10/2005

il a bon dos l'enfant objet et non sujet d'idéologies basées sur un droit naturel qui est le droit qui évolue tous les jours. Ce qui nous semble d'ailleurs naturel aujourd'hui ne le sera peut-être plus demain. Ce que l'enfant a besoin, c'est de protection et d'amour. On ne peut garantir l'amour par un droit qui par essence est quelque chose que l'état peut garantir, sinon que de parents n'auraient pas eu droit à avoir des enfants.
L'enfant vivant entre papa et maman est une conception et réalité très moderne qui n'a d'ailleurs pas durer longtemps puisque nos familles d'aujourd'hui sont souvent recomposée et celle d'hier bien plus large que papa et maman.
Défendre comme le fait Armand et bien d'autres l'intérêt de l'enfant uniquement élevé dans le cadre familial "papa-maman", c'est "marginaliser" voire pire "traumatiser" et dire en quelque sorte aux enfants de célibataires, ceux du divorce et autres qu'il ne peuvent vivre dans un amour abouti et idéalisé par une société qui a peu le sens de l'histoire et plein de préjugés venus d'une culture judéo-chrétienne.
Imposer une norme idéologique à toute une société est peu démocratique et je ne conteste nullement le droit à ceux qui tiennent à ce modèle de l'appliquer mais non de l'imposer.
C'est en démocratie le respect de la minorité qui la rend forte, bien plus que la force de la majorité... Je m'arrête ici. Mais de grâce, que l'on ne prétexte pas le droit de l'enfant autre que celui de pouvoir bénéficier d'un cadre de protection et un cadre affectif où il puisse s'épanouir que cela soit dans un couple hétéro, homo ou chez un célibataire. La référence mixte indispensable peut se trouver ailleurs que dans la sainte famille traditionnelle. AMEN.

Écrit par : mik | 06/10/2005

CHer Mike, Plutôt d'accord avec toi : ce type de débat prouve bien que l'enfant est l'objet d'idéologie. Ce qui me semble particulièrement fou, c'est ce hiatus entre prétendu rigueur morale (peu de l'inconnu ou oubli de ce qui a déjà été connu ?) et la marchanisation quotidienne de l'enfant, de la pub au pire... Sinon, pour le reste, ce que tu appelles "cadre" et que je nomme "repères" me semble relever du simple bon sens : le reste n'est que de la tradition mal digérée, qui semble oublier l'évolution historique deu cadre famillial et de la position de l'enfant lui-même dans nos conceptions sociales. Voir le roman "autobiographique" de Jules Vallès à ce propos.
A bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 08/10/2005

l'émission en question Salut, en fait je viens de voir que cette émission a eu lieu et elle m'intéresse beaucoup, du coup j'ai écrit à l'émission pour savoir si elle était dispo en mp3 ou qqchose comme ça... Mais je doute alors si quelqu'un l'a vous pouvez me l'indiquer, je transmettrai mon mail.

Concernant le débat ici présent, ben je suis plutôt d'accord avec ceux qui disent que y'a pas de mal en soi qu'un couple homo adopte des enfants, et si mal il y a, il y en a autant que dans un couple hétéro. Par rapport à la note, je dirais qu'il y a probablement un risque pour l'enfant adopté par des homos de se sentir différent si l'homosexualité n'est pas bien intégrée dans son entourage, ce qui est souvent le cas :( . Mais peut etre que la, le role des parents homo sera d'autant plus important si ils arrivent à faire en sorte que l'enfant se sente bien par rapport aux autres. Ceci dit je pense que ce n'est pas en ne faisant rien que les mentalités évolueront et donc je trouve ça bien que l'adoption par des homos au même titre que l'adoption par des hétéros. Après, on ne peut sans doute pas deviner à l'avance les conséquences futures que ça aura, mais l'avenir le dira. Euh... j'ai pas apporté grand chose au débat mais bon, que dire de plus après tout... En tout cas j'ai suivi cette note et ces commentaires avec intérêt.

Écrit par : adrien | 14/12/2005

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