02/10/2005

Les deux hommes

 Ils voulaient devenir parents, les deux hommes
Et ils se sont battus longtemps
Pour avoir tout simplement, les deux hommes
Les deux têtus, les deux amants
Une famille...alors ils ont
Adopté un joli poupon

Ils sont enfin devenus papas, les deux hommes
Et comme tous les papas sérieux
Ils se sont creusé malgé eux, les deux hommes
Des cernes mauves sous les yeux
A chercher la meilleure façon
de s'occuper d'leur nourrisson

Il n'aura pas eu de maman, le petit môme
N'aura tété que des biberons
N'aura pas connu ces seins blancs que l'on donne
A tant d'autres petits garçons
Dans ces maisons ou ça s'querelle

Ils'y arrivaient pas trop mal, les deux hommes
Les deux amoureux, les deux mâles
Même s'il était clair dans la tête des deux pères
Qu'ils ne pouvaient pas se permettre
Les mêmes faiblesses que l'on pardonne
A tous les parents de la Terre

Il aura grandi calmement, le garçon
Jusqu'a cinq ans, jusqu'a l'école
Où bien sûr quelques garnements se moqueront
En le traitant de fils de folle
Et il en gardera des séquelles
Il reniera ses parternels

Ils étaient de braves parents, les deux hommes
Mais l'monde étant c'qu'il est devenu
L'amour, ben c'est pas différent pour deux hommes
Souvent l'amour, ca en peut plus
Et ce fut l'cas d'cet amour-là
Les deux hommes ont baissé les bras

Un tel échec fait toujours mal, on n'veut pas
Se r'trouver monoparental
Mais quand tu t'fais appeler pédale et papa
Là t'es un homoparental
Pour les langues sales et les jugements
Les "on l'savait qu'ça foutrait l'camp"

Ils feront tout pour consoler leur enfant
Leur adolescent partagé
Qui tentera bien de n'pas rêver d'sa maman
De sa peau tendre et satinée
Et d'son épaule comme une gouttière
Pour y déverser ses rivières

Ils seront toujours les parents, les deux hommes
De l'homme que leur fils deviendra
Et même s'ils n'entreront jamais dans les normes
S'ils auront été maladroits
Ils n'auront pas perdu le droit
D'être des hommes dignes et droits

Ils seront toujours des papas, les deux vieux
Et leur garcon s'en souviendra
Quand a son tour il embuera ses beaux yeux
En tenant un poupon dans ses bras
Et c'est à temps qu'il comprendra
Un petit peu mieux les deux hommes
Et c'est à temps qu'il reviendra
Avant que ses papas s'endorment.



Paroles et musique de Lynda Lemay
Chanson extraite du Cd "Les lettres rouges"






19:25 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

aie aie aie! pfffffffff

Écrit par : 1789 | 02/10/2005

Cher Tony, Et encore, il y a une suite... Ce n'est pas pour te provoquer, je me rappelle bien la discussion que nous avons eue en son temps mais j'ai vraiment bondi plusieurs fois à l'audition de cette émission...
Amitiés, avant la grosse discussion...

Écrit par : Ubu | 02/10/2005

Equilibre. Cher Ubu,
Le bonheur et l'équilibre de l'enfant passent avant toute autre chose.
Si les deux papas savent faire en sorte qu'il en soit ainsi, d'accord.
Ce critère devrait être pris en compte au même titre que ceux utilisés normalement pour l'adoption (stabilité, mode de vie, passé psychiatrique...) car il y a davantage de candidats adopteurs que d'enfants adoptables... Donc, pas de discriminations positives ici!
Cela me semble être la logique même!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 02/10/2005

Omission. J'ai oublié dans les critères l'âge des candidats adopteurs car il ne s'agit pas que l'enfant soit prématurément orphelin...

Écrit par : Armand | 02/10/2005

Cher Armand, Bien d'accord avec toi ! ;)) Sur le critère d'âge aussi : te rappelles-tu cette histoire de dame de 60 ans qui tomba enceinte suite à une fécondation in vitro ? Pas une bonne idée, en effet...
Amitiés.

Écrit par : Ubu | 03/10/2005

L'âge du capitaine. Cher Ubu,
J'avais oublié l'âge...
Passer devant un miroir m'y a fait penser... Aucun rapport, sans-doute! ;) ;)
Amitiés.

Écrit par : Armand | 03/10/2005

gna gna gna! l'enfant n'est adopté que dans son intérêt!
Et son intérêt est d'intégrer un modèle qui ressemble à celui prévu depuis des millénaires par le barbu (je ne parle pas de Castro)
Tout le reste, c'est l'habituelle démagogie, l'insupportable manie de faire large courroie du cuir d'autrui. De faire parler de soi, vendre des livres, des disques, de passer à la télé... de dénicher un nouvel électorat, etc.

Écrit par : 1789 | 03/10/2005

Cher Tony, Nous parlons bien de l'intérêt de l'enfant : en quoi déprendrait-elle de la sexualité de ses parents ? Quand au modèle qui dure depuis des siècles (tout relatif, le modèle, d'ailleurs, si on l'étudie bien...), n'est-ce pas toi qui me serines souvent avec ironie "On a toujours fait comme ça" ? Sinon, merci de m'apprendre qu'il y a d'autres barbus : tu sais qu'Ubu est barbu, comme te le confirmeras la couverture de mon ouvrage "Je me fais épiler à la courroie du cuir d'autrui : expérimentation maso-sociologique". En vente partout ;)
Keep cool ;)

Écrit par : Ubu | 04/10/2005

Les commentaires sont fermés.