08/10/2005

Je ne marche pas !

Ce blog aurait pu connaître une foule de posts somptueux hier si, convaincu de la marche en avant du progrès et cédant aux mots d'ordre divers qui s'agitaient confusément, comme on demande au petit chien de ramener la baballe, Ubu avait pu décider de se déclarer gréviste. Il ne le fut pas, Ubu prit ses pieds à bras-le-corps, ce qui n'est pas une position très pratique, on en conviendra, et marcha...vers son école.
 
Ubu fut gréviste jusqu'au bout en 1996 : on supprima 3000 postes de profs, qui font toujours défaut aujourd'hui, et on le força à rentrer après un dernier baroud d'honneur le premier juin. A l'époque, La FGTB rouspéta contre ces enseignants qui abusaient.
 
Il y a un an, la FGTB signait le projet de contrat stratégique pour l'école ; ce dernier aboutit à des mesurettes, voire à des suppressions d'heures de cours par impossibilité (incompétence du Ministère ?) de trouver quelqu'un pour les donner. On en est même au-delà des 1/4 de postes ici ou là, qui devraient remplir de gratitude le pauvre chômeur menacé de radiation.
 
Il y a quelques jours, la FGTB, établissant ainsi son incapacité à gérer une négociation et sans doute désireuse de compter ses troupes, lançait son mot d'ordre. Je n'en fus avisé, comme délégué syndical, que jeudi soir : les informations éparses dont je disposais m'avaient déjà convaincu de pas me déclarer en grève, même si je peux souscrire à certaines revendications des négociations ; par contre, je constate que mon syndicat particulier n'a pas jugé utile de me mettre en position, comme délégué, d'informer mes affiliés des réalités de ce mot d'ordre. Sans doute préfère-t-elle les gargarismes d'appareil à la réalité du terrain. Déjà que je manquais de ressources pour défendre au quotidien les collègues victimes des conneries administratives de la Communauté française, très en forme cette année. La FGTB est heureuse : le gouvernement s'en fout...
 
J'ai donc travaillé hier, parce que j'estime que l'effet de mon boulot, même un jour, pouvait être plus important que cette agitation assez gratuite (un vendredi, d'ailleurs ?) qui camoufle les dérives de l'appareil syndical quand il s'emmêle les pinceaux. Je ne comprends pas que l'on aie recours à la grève dès le début de négociations, même si l'on estime qu'il y a un danger. Peut-être parce que les pauvres épreuves de force cachent mal l'ineptie de la hiérarchie syndicale. Quand celle-ci aura retrouvé sa dignité, je me mettrai sans doute en mouvement : je devrais plutôt dire "si"....
 
La FGTB se veut un syndicat politique,  moi non plus : je suis juste un syndicaliste. Pour combien de temps encore ?

06:17 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Commentaires

Je ne suis plus... Dans le système mais je me rappelle, il y a +/- 20 ans d'une grande grève dans l'enseignement. Nous étions prêt à faire céder le gouvernement sur toute la ligne, lorsque les syndicats ont décidé d'arrêter le mouvement car les examens de juin approchaient et nos chers enfants risquaient d'avoir des difficultés, de passage en année supérieure et, pour les 6ème, de l'obtention du diplôme de fin d'études secondaires. Bref, nous avons fait grève... pour rien ! Et le gouvernement s'est frotté les mains devant l'aubaine.
Depuis, j'ai toujours refusé de participer à une grève. Je déteste être manipulé !
Amitiés.

Écrit par : rhadamanthe | 08/10/2005

Je ne suis plus... prêts (sorry !)

Écrit par : rhadamanthe | 08/10/2005

Cher Rhadamanthe, J'ai connu la même blague il y a dix ans, comme toi durant les grèves de 90 (ministère Di Rupo) ou de 86 (réforme libérale) : à l'époque, j'étais étudiant ou élève. Même constat, même conclusion : la grève des services publics ne peut avaoir les mêmes conséquences que la grève d'une entreprise. Chez nous, il n'y a pas de production qui s'arrête mais des services, justement. DOnc, tant que le motif n'est pas meilleur que la suspension de service, je ne fais pas grève. Et quand je me décide, j'ai horreur qu'on me dise d'arrêter, comme en 96 : je suis rancunier... Et nous avions raison : la preuve en est faite actuellement. Quant à la solidarité d'un mot d'ordre, on pourrait demander à ceux de Clabeq ce qu'ils en pensent... Eux nous avaient soutenu : ils étaient pratiquement les seuls.
Amitiés. ;)

Écrit par : Ubu | 08/10/2005

Les sbires n'ont pas usé de leurs méthodes mafieuses pour t'empêcher d'honorer ton contrat de travail? De toute manière, la loi Belge ne prévoit aucun article légalisant clairement le droit de grève.
Etonné?
Malheureusement beaucoup de commerçants ont subit l'intimidation des sbires socialistes syndicalistes intimant l'ordre de grève OBLIGATOIRE sous peine de casse. Certains d'entre-eux, accoudés au comptoir, s'en vantaient hier soir chez mon frère...
Comme on dit à Seraingrad: Que 'n bande di barrakiis!

Écrit par : 1789 | 08/10/2005

Cher Tony, Je l'ai déclaré à mes camarades des instances : ils tiraient la tête mais je pense qu'on n'oserait pas m'arrêter quand je fonce. Ou alors, faut réfléchir aux dégâts : j'ai un physique dissuasif ;))
Sinon, je reste partisan du droit de grève : pas contre, faire piquet...
A bientôt

Écrit par : Ubu | 08/10/2005

Petite erreur de frappe "Par contre", évidemment. Et je ne parle même pas des autres mouvements de blocage, qui n'apparaissent normalement qu'en fin de conflit...

Écrit par : Ubu | 08/10/2005

Ubu Si ils savaient tout ce que je sais, par proximité et qualité d'oreille, là-dessus...ils me descendraient....

Écrit par : cruella | 08/10/2005

Ubu Si ils savaient tout ce que je sais, par proximité et qualité d'oreille, là-dessus...ils me descendraient....

Écrit par : cruella | 08/10/2005

Le syndicalisme aujourd'hui a un point commun avec la politique : c'est une fonction et non plus un but. Sait-on encore pourquoi on y entre ?

Écrit par : Brice Depasse | 08/10/2005

Tony Et si on supposait que ce qui n'est pas interdit est tout simplement autorisé?

Écrit par : Gregg Le Rouge | 08/10/2005

Bonjour ;)) Chère Cruella,
Ne t'inquiète pas : je sais rester discret ;)

Cher Brice,
Je pense que le problème de dérive se pose, en effet. Certains s'y engagent parce qu'ils estiment qu'il faut défendre les droits de leurs collègues (je pense que c'est mon cas), d'autres y perçoivent un levier d'action contre des modifications de société (logique pour un parti politique, moins selon moi pour un syndicat professionnel), d'autres enfin conçoivent le syndicalisme comme un moyen d'accès à l'objet de leurs ambitions (hiérarques dans l'âme, êtres d'appareil). Par ailleurs, il faudrait rappeler d'autres faits : être syndiqué permet de percevoir les allocations diverses plus rapidement et d'obtenir plus facilement des informations qui devraient être à la disposition de chaque travailleur. L'adhésion syndicale représente donc, pour beaucoup, un passage obligé : et le syndicat se présente comme un prestataire de services incontournable. Ce qui relativise ses manifestations contestataires...

Cher Gregg,
Pour le droit de grève, on peut en effet le supposer. Mais de là à concevoir que ce qui est autorisé devient obligatoire... Je ne me sens prêt à contraindre personne, sauf en classe ;))

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 09/10/2005

allons, allons un peu de solidarité que diable! Y a bientôt succession à la fgtb et Vandermeeren devait montrer ce dont il était capable, tout de mêêême.
Quant aux commerçants qui ont dû fermer, ben zavaient qu'à faire comme Cora, ça c'est des braves chez Cora (il y a délégation syndicale, bon emploi, grève et tout et tout...). Mais les petits commerçants, hein... "N'ont qu'à... crever, ce ne sont quand même... que vrais fachos" (dixit... Vandermeeren à bibi lors d'une discussion fort animée le samedi des fêtes de Wallonie).

Écrit par : deborah | 10/10/2005

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