26/11/2005

Le reflet virtuel...

J'ai presque tenu parole : je me suis bien absenté des blogs depuis une semaine. Mais, j'ai dû refaire une brève incursion sur un blog qui, au fond, m'indiffère pour y remettre à sa place un méprisable usurpateur qui s'appropriait mon identité pour déverser ses billevesées.
 
Le blog, qui apparente dans une association de l'Islam et du satanismedont on goûtera la modération, l'esprit de nuance et l'ouverture d'esprit de ceux qui ferment de bonne heure, avait suscité ma curiosité, je l'admets. Ceux qui me font l'honneur de passer lire mes quelques posts n'ignorent pas que mon athéisme ne m'empêche pas de m'intéresser aux phénomènes religieux, ne fût-ce que parce que j'ai dû être catholique plus jeune  - le temps passe ! - et parce que je donne cours à des élèves dont beaucoup sont musulmans, ce qui ne fut pas sans poser quelques problèmes il y a quelques années.
 
J'ai donc lu l'un ou l'autre post sur ce blog : j'ai failli m'étouffer à la lecture de certaines informations ou, devrais-je dire, impressions qui me semblaient confiner à la paranoïa. Arte et la RTBF y devenaient des médias complaisants, tandis que RTL-TVI devenait un média de référence ; le film de Ridley Scott sur les croisades disait enfin la vérité sur ces sauvages que nos gentils chevaliers allaient un peu éduquer, tandis que les historiens se roulaient dans la propagande en critiquant les sources ou, je le suppose, qu'Amin Maalouf se fourrait le doigt dans l'oeil en évoquant "Les croisades vues par les Arabes". Je laissai donc un commentaire, qui connut une réponse, à laquelle je ripostai en évoquant les blogueurs d'extrême-droite qui gravitaient sur ce blog, les sources nauséeuses de certaines références données pour fiables (l'une d'entre elles ne cessait d'évoquer avec admiration les moindres faits et gestes des élus FN, dans le charabia coutumier des nouveaux "croisés" de l'absolue connerie). Inutile de préciser que mon commentaire fut effacé, comme le furent d'autres sur des sites intégristes en d'autres temps. Je me dis donc qu'il était inutile de repasser sur ce genre de blog, puisque son extrémisme le rendait insignifiant...
 
J'appris pourtant, par un vent favorable  - et oui, le vent me parle parfois !- qu'un commentaire signé de mon pseudonyme avait atterri sur ledit blog, commentaire d'autant plus étonnant qu'il ne correspondait pas à mes opinions affichées et, je vous rassure, assumées... Je bondis, constatai l'indélicatesse d'un ânonyme qui avait laissé sa crotte sous mon nom... Je répondis : pas de commentaire en réponse...  Je revins aujourd'hui sur les lieux du crime de mon improbable double (rien à voir avec uBu, qui est tout à fait charmant même si nous ne partageons pas les mêmes passions !) et y retrouvai une nouvelle intervention de ce ver solitaire (lui) sans doute amoureux d'une étoile (moi ?), en plus d'une admonestation adressée à Zelda, qui rappelait à la raison les commentateurs excessifs du blog concerné (en deux mots ?). Mon sang pirouetta et en cavalcade, je tapai un commentaire (qui disparaîtra sans doute, lui aussi ?).
 
En substance, je rappelle à mes lecteurs et aux autres que toutes les opinions sont appréciées par Ubu, le vrai, le seul et l'unique - ce qui vaut mieux, étant donné mon poids déjà honorable : j'imagine mal le monde virtuel supporter plus de cent kilos de chair bien portante -  pour autant qu'elles ne soient pas entachées par la bêtise du fanatisme, du prêchi-prêcha aveugle et de l'appel aux croisades idiotes... Je rappelle également que je n'aime pas ceux qui prétendent à la réflexion personnelle en la drapant de discours bas de gamme et de pratiques douteuses. J'ai des lecteurs de toutes les opinions : j'apprécie leur diversité. Mais ils ont une caractéristique unique qui me les fait apprécier, même au coeur de nos engeulades : leur intégrité.
 
Sur ce, l'incident est clos et je reviens à mes chers délires, mes chimères virtuelles.

11:35 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (27) |  Facebook |

19/11/2005

Hibernation anticipée...

Le boulot devient particulièrement envahissant : on peut parler de période de pointe. Par conséquent, je vais hiberner une bonne semaine... jusqu'à ce que je trouve le temps de vous dire quelque chose d'intéressant.
 
En attendant, je vous remercie tous de votre passage et je vous invite à visiter les liens que vous ne connaissez pas : textes, photos, musiques et autres réflexions vous y attendent au détour du virtuel.
 

A bientôt.

18:22 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

16/11/2005

La mémoire vive...

Un an déjà ! Et aucun d'eux n'aura un an de plus, sauf dans nos souvenirs...

11:07 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

12/11/2005

C'est une belle journée !

Pas beaucoup d'idées mais de nouveaux liens : des retours en fanfare, des divines apparitions, des sources d'inspiration...

Elle n'est pas belle, la vie ?

12:38 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

N'oubliez pas le portier...

C'était la fête ce mercredi dans notre école : une fête organisée dans notre école par des élèves de rhétorique. Entre danse et karaoké  - ouch, Céline Dion et Beyonce chantées à voix haute pendant une après-midi, et j'ai mes pulsions homicides qui reviennent - , mes chères petites têtes ont assuré : aucun problème dans la salle, tout était bien géré par les organisateurs.
 
Par contre, à l'entrée, un éducateur et moi jouions les pit-bulls de service : il est toujours étonnant qu'une fête strictement scolaire, avec un affichage restreint à l'école elle-même soit connue dans le quartier... Pour des raisons de sécurité, d'assurances et de sérénité, seuls les élèves des trois années du supérieur inscrits dans l'école étaient admis : ce qu'il a fallu expliquer longuement à des jeunes  - et même très jeunes gens - qui ont perdu deux heures au moins à attendre un improbable changement d'avis des deux très méchants portiers qui les refoulaient avec le sourire. "Sans haine ni violence", comme aurait dit un de mes collègues avec un petit sourire sarcastique... Ce qui est amusant, ce sont les tentatives un peu idiotes de ces petits jeunes (certains ne devaient pas avoir fini l'école primaire !) qui ont essayé de convaincre des collègues qui passaient, les élèves qui organisaient, d'autres élèves : le pape serait passé qu'il aurait eu droit, lui aussi, à son petit discours avec regard de chien battu... Nous avons dû mettre fin à leur attente infructueuse lorsque l'un d'entre eux s'en est pris, sans succès d'ailleurs, à certaines de nos élèves qui sortaient : celles-ci lui ont d'ailleurs répondu vertement...
 
Tout ceci pour rappeler quelques vérités toutes simples mais parfois oubliées : il reste des jeunes "allochtones"  - je rappellerai qu'une vingtaine au moins de nationalités coexistent pacifiquement dans notre établissement -  qui désirent pouvoir vivre des instants de sérénité, loin d'un quartier où les agressions verbales ou physiques restent la déplorable norme, même si elles sont l'expression d'une minorité vagissante. C'est ce que nous essayons de leur assurer au quotidien, dans notre école, ce qui nous permet d'aborder les sujets qui, sous d'autres cieux pas vraiment lointains, fâcheraient, avec le calme qui sied à une discussion courtoise où chacun essaie de ne plus s'encombrer de ses préjugés et de ses caricatures.
 
Je peux m'affirmer Juif sans entendre des imprécations qui fleurent l'antisémitisme quotidien ou encore athée sans m'entrendre condamner à l'enfer. Je peux leur parler de leur look de voyou sans me prendre une chaise sur la tronche ou évoquer l'improbable attentat que fomenterait le Oussama de ma classe, "à bicyclette et contre la Tour du midi", sans me voir victime d'une fatwa... Bref, nous pouvons poursuivre le dialogue le plus loin possible parce que nous avons imposé le respect des règles scolaires, sans transiger sur leur application mais en acceptant de les expliquer et en rappelant leur nécessité pour un fonctionnement d'une institution qui peut persévérer dans leur intérêt. Leur permettre de se construire plûtôt que de s'enfermer dans des slogans prétendûment robinhoodesques, qui servent de cache-misères à la frustration de la stagnation : c'est le principe qui marche, en tout cas dans mon école...
 
Evidemment, la réalité quotidienne du quartier ne s'embellit pas outre mesure et les galères existent toujours, quand une élève se fait agresser par des Tchétchènes parce qu'elle est russe ou quand une autre vit sous la menace d'une expulsion, mais nous parvenons à trouver nos moments de respiration, de plus en plus nombreux et, en fin de compte, conséquents... Sans doute parce que nous essayons de préserver l'école comme un sanctuaire  - pas une garderie, par pitié -  mais qui ouvre sur de nouveaux horizons...
 
En espérant qu'elle puisse se maintenir dans ce confort de fonctionnement...

12:19 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

05/11/2005

Incertitude.

Déjà, à la naissance  -que dis-je, il n'était même pas encore né, justement - il avait hésité à venir au monde : après une fausse alerte du côté de ses huit mois, sa mère en accoucha enfin après neuf mois et demi d'intenses atermoiements. Il pleura brièvement mais se plongea bientôt dans cette hébétude qui ne le quitterait plus.
 
Son enfance passa tranquillement : bien sûr, il laissait filer les ballons et fut le plus mauvais passeur que les équipes de foot, de basket ou même de hand-ball aient connu. Il pratiqua quelques sports de combat : ses adversaires perdaient patience en attendant des coups qui ne venaient jamais. Il les désarmait littéralement, même si certains soupconnaient une tactique sournoise. En fait, il voulait simplement se faire oublier.
 
Il poursuivit ses études, brillamment, même si ses idées était originales. Ses bafouillements, ses rougeurs amenaient à le sous-estimer mais là encore, ceux qui prétendaient contrer les audacieux concepts qu'il présentait en s'excusant se retrouvaient si énervés qu'ils ne pouvaient poursuivre leur propre raisonnement. Pire encore, ils se rendaient compte avec effroi que leurs propres idées étaient déjà entachées de ses réflexions à lui, et s'en trouvaient huilées et assouplies. Quelques regards soupçonneux subsistaient mais noyés dans des torrents de stupéfactions. En fait, notre pays vécut l'âge d'or inattendu dans l'histoire de ses idées, avec ces philosophes qui se mettaient tous à hésiter, ces scientifiques qui balbutiaient, ces linguistes qui remettaient en question leurs propres théories en mimant des gestes d'impuissance.
 
Cet état de fait ne pouvait être ignoré des politiciens, tant on sait qu'ils aiment à se reposer dans l'alma mater en prétendant y exercer leurs idées. On l'approcha donc pour se présenter aux élections : on crut disposer de ce candidat idéal que l'on attendait tant, un fantoche manipulable mais qui s'attirerait les faveurs de l'électeur. Lors de sa campagne, ses plus proches collaborateurs le raillaient ouvertement, se moquant des tentatives désespérées de ses successifs conseillers en communication pour l'amener à articuler un discours qui s'impose. Ses prestations télévisuelles auraient dû détruire son image. Et pourtant, les spectateurs, moqueurs au début eux aussi, se prirent vite de sympathie pour lui et même ses adversaires, vieux routards de la politique, se montrèrent déconcertés...
 
Son record de voix de préférences le désignait nommément pour devenir le président de cette petite république. Le pays ne connut plus de crise majeure : les conflits sociaux n'avaient plus de sens, tant les représentants syndicaux et patronaux se retrouvaient à l'unisson de bégaiements hésitants ; les autres partis politiques ne parvenaient à prendre en défaut sa manière de gouverner puisqu'ils devaient reconnaître les indéniables résultats de cette manière de toujours hésiter jusqu'à ce que la décision s'impose à tous, avac une étonnante satisfaction... Il atteignit même les sommets, les sommets et conférences internationales : ce représentant d'un étonnant petit pays favorisa des révolutions douces chez les dirigeants de tous ordres, et bientôt dans leur populations. Son pouvoir d'influence dépassa ce que l'on aurait pu imaginer : la paix régna enfin.
 
Il vieillit doucement et s'éteignit doucement : là encore, il hésita longtemps entre la vie et la mort jusqu'à ce que son décès ne provoque plus de crises de larmes mais juste un sourire attendri sur les lèvres de tous ceux qui s'étaient libérés grâce à lui.
 
Les peuples du monde entier et leurs dirigeants, certains de bon gré tandis que d'autres se forçaient encore mais ne pouvaient que céder à la masse de tous leurs concitoyens, lui rendirent plus qu'un hommage : plus jamais l'humanité n'eut à connaître quelque pouvoir que ce soit. Elle avait appris à hésiter.

19:29 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Les identités meurtrières...

De plus en plus, nous nous posons des questions sur notre identité : identité nationale, identité religieuse, identité politique... Comme s'il nous fallait payer le tribut du sang à une appartenance quelconque, comme si cette appartenance devait nous déterminer  totalement.
 
Il nous faut prendre position, pour ou contre, de manière à adopter une attitude de confort dans un monde instable, nous disent les uns ou les autres, tant ceux qui se complaisent dans leur "culture" identitaire, soucieux de se justifier par l'appartenance à un club fermé, que ceux qui se posent en opposants irréductibles et règlent des comptes avec l'idéologie qui les enferme toujours, tissant leur appréciation en une trame ténue et fragile faite de conversions à de nouvelles chapelles, d'approximations redondantes et d'obsessions assénées avec radicalité, à la manière de celui qui renie un quelconque baptême pour se plonger dans d'autres fonds baptismaux afin de goûter, une fois de plus, aux délices masochistes de la noyade. Les uns se réfèrent à l'autorité, les autres au choc des autorités : des hardes de pensée...
 
Qu'on l'appelle militantisme, prosélytisme ou  ce qu'on veut, ce type d'attitude se saisit d'elle-même comme prétexte et s'affirme à vide, comme si l'adhésion ou l'opposition exigeaient la radicalité, comme si identifier amis et ennemis, sa tribu et les autres peuplades menaient à comprendre un monde en demi-teinte. C'est un peu comme si on ingurgitait un poison et son contre-poison pour assurer son existence : et, finalement, le malade meurt guéri mais toujours paranoïaque...
 
Les faits s'exploitent ainsi : nous leur accordons une vérité absolue alors même que c'est notre propre jugement qui les modifie. Nous sélectionnons les informations qui nous agréent, nous découpons notre réalité en tranches digestes, nous déterminons et contraignons les discours que nous écoutons en fonction de nos replis. De peur d'oser nous découvrir en acceptant la vérité toute relative qui nous anime : notre changement perpétuel. De crainte, aussi, de découvrir dans ce que nous détestons chez d'autres ce qui nous anime nous-mêmes...
 
Montaigne disait que tout bougeait (en fait, il disait que tout branlait, mais il était un peu cochon...), autant le monde qui nous entoure que notre propre personnalité... Il aurait pu ajouter que notre propension à juger n'était qu'une tentative de nous arrêter, de nous confiner nous-mêmes, comme si le fait d'arrêter les rotations de ce pauvre monde (Ah, si seulement tu t'appelais Raymonde !) et  nos pirouettes permettait de résoudre nos propres conflits. Et c'est ainsi notre équilibre que nous perdons : notre seule certitude, c'est de tomber, comme ces funambules qui s'arrêtent et reconstruisent le vide autour de la fragile ligne qui les maintenait tout en acceptant leurs oscillations.
 
L'identité se met en carte : pour éviter qu'elle nous restreigne, dessinons la mappemonde de notre imagination, de nos doutes, de nos rêves... Et brisons nos garde-fous : la folie douce n'est-elle pas notre seule manière de respirer ?

13:26 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

04/11/2005

Sarkoman ?

Nicolas Sarkozy est un grand ministre : je vous l'ai déjà faite, celle-là, non ? Sous prétexte qu'il se prend pour "Un justicier dans la ville", il prétend gouverner autrement : intéressant jeu de dupe...
 
Nicolas fut le grand élève de Pasqua et Balladur. Pasqua, le ministre de l'intérieur qui aimait la jeunesse, dont un certain Malik Oussekine mort au champ d'horreur lors d'une charge des brigades légères du côté de 1986. Et Balladur ? Faut-il vraiment en dire plus ? Bref, pour un homme politique nouveau, il a déjà un passé. Et je ne reviendrai pas sur ses diverses expériences ministérielles, qui ne l'empêchent pas de faire le coup de l'héritage grâce à une vraisemblable schizophrénie persistante.
 
Sarkozy donne un coup de Karcher : c'est toute la banlieue qui s'incendie... Il ne doit pas vérifier la substance de ce qu'il projette, ni avoir pris conscience du gouvernement, que dis-je des gouvernements, dans lesquels il est invité : à moins qu'il ne le soit au titre de président de l'UMP, sans aucune volonté de particratie, allons donc, qu'allez-vous penser là, ma brave dame....
 
Une politique de proximité avait été installée tant bien que mal dans ces îles de béton : elle fonctionnait tant bien que mal mais endiguait le désastre économique et social de cette France lointaine, de ces citoyens précontraints ou de ces allochtones parqués... Il fallait bien rendre présentables les bidonvilles, fruits du succès des 30 Glorieuses. Et puis ? Rien, des cités qui tournent en rond, un morne ennui à longueur de couloir et des crapules qui surfent sur la misère, puisque les services publics disparaissent de cette autre France, puisque les immigrés ou anciens immigrés s'y retrouvent logés, faute de pouvoir se payer mieux ou faute d'être accepté ailleurs, comme le rappelle encore la discrimination à la location menée par une société immobilière française (voir Le Canard enchaîné de cette semaine) En même temps, ces quartiers difficiles fournissent la légitimation de la politique de sécurité. Ne sont-ils pas menaçants, ne sont-ils pas dangereux, ces "jeunes d'origine difficile" ? Puisqu'aucune politique de prévention ne marche -ce qui reste à prouver - menons des incursions dans ces territoires hostiles, en négligeant les acteurs locaux : les flics qui préfèrent dialoguer que "baver" et qui connaissent leurs clients; les acteurs sociaux débordés de dossier suite à la suppression du personnel; les imams qui calment le jeu ou l'attisent, selon leur tendance, puisqu'il est plus facile pour un jeune de rentrer dans une mosquée qu'en boîte, comme le rappelait Y.B., les instits et les profs, qui ont vu partir les assistants d'éducation en quelques années de réforme scolaire ; et les autres, pères et mères de famille, qui n'attendent que la possibilité de fuir ces zones pour que leurs gosses aient droit à un avenir...
 
Sarkozy est-il responsable ? Oui, même s'il est loin d'être le seul. Quand des responsables politiques persistent à évoquer ces jeunes Français comme des gens à part, quand ils assimilent forcément l'immigration et la misère à la délinquance, quand ils ne conçoivent la protection des citoyens qu'en termes de coups de matraque, quand un ministre annonce une rafle à la presse avant de la mener à bien une semaine plus tard, quand la réforme de la justice fait disparaître petit à petit le rôle du juge d'instruction au profit de celui de procureur, que reste-t-il encore à préserver ?
 
C'est ainsi que se forge une identité haineuse : en général, le respect gagne sur l'usage de la force. Peut-être plus jamais dans les banlieues françaises...
 

Quelques liens pour compléter...
 
Dessins de Karine et d'A. Cide
http://www.20six.fr/kruptesthai
 
Un blog satirique
http://sarkostique.over-blog.com/
 
Blog du représentant de la firme Karcher
http://sarkozyblog.free.fr/index.php?2005/

18:51 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Merdre à la pub !

Je souscris à ce mouvement de mécontentement : j'ai d'ailleurs piqué (avec son accord) une petite image très sympa à Goldograf. Et j'ai réglé leur compte à mes compteurs ;)
 

18:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

03/11/2005

La sueur et l'ennui.

J'ai vu, ces derniers temps, un spectacle de danse proprement calamiteux. Le chorégraphe voulait y mettre en scène les rapports à la foule : il y exposait aussi ses virtuosités techniques, d'instants gratuits en moments anodins.
 
Le concept est désastreux dans les arts vivants : si le rythme de la lecture permet de revenir sur ses pas, si la vidéo et le DVD permettent de croiser différents rythmes, la lourdeur devient pesante sur une scène. A la lourdeur didactique des spectacles à messages - envoyez-moi plutôt un courrier où vous vous obligerez à synthétiser vos réflexions sur une page bien serrée - succède l'engoncement du spectacle pour initié. L'artiste contemporain ne jouerait-il que sur des références éminemment partagées, cédant aux flots de nouvelles conventions pour remplacer celles du spectateur moyen ?
 
L'émotion, le sourire sont-ils devenus à ce point conventionnels ? Je n'en ai pas vraiment l'impression: nous vivons un fantasme de relation face aux spectacles, entre voyeurisme passif et exhibitionnisme froid. L'artiste se met en oeuvre, comme n'importe quelle divette télévisuelle : il prétend s'exposer alors qu'il s'impose dans une sorte de masse figée de toute une sauce lourde de pathétisme ou de technicité. Et le spectateur de regarder d'un air impassible, voire impatient  - les fesses coincées sur une banquette sont beaucoup moins patientes que le regard déjà blasé - des manifestations à haut potentiel culturel qui s'affichent comme telles et qui en viennent à se montrer aussi vulgaires et plates que ces modèles télévisuels, chanteuses anémiques, animateurs roquets et autres brushings animés qui hantent ces autres plateaux.
 
J'aime avoir des moments pour comprendre et d'autres pour ressentir : des éclipses de logique teintées de réactions affectives. J'apprécie les chocs émotionnels au théâtre, quand je ne vois plus la mise en oeuvre des éclairages, l'habileté de la réplique, le trucage de la mise en scène. J'aime les spectacles qui m'acceptent sans me demander de rendre des comptes. J'aime la fantaisie légère, la violence ponctuelle, le geste qui s'affine.
 
Alors, pour ne pas se quitter fâcheux, chers chorégraphes, chers metteurs en scène, cessez de vous engluer dans des spectacles englués dans leurs discours verbeux : vos mouvements deviennent ennuyeux et vos propos emmerdants. Mes chers artistes, cessez d'afficher tous vos malheurs dans des exhibitions froides : ne nous contraignez plus à admirer en silence votre pathétisme autocomplaisant qui ne débouche sur rien d'autre que sur l'affirmation d'un ego qui écrase le peu d'intérêt que l'on pouvait trouver à vos réalisations.
Affirmez un peu votre envie de communiquer, hors des mondanités, hors des circonstances : empoignez-nous.
 
Un retour à la fête des corps et du verbe, juste pour montrer ce qui se perd ailleurs, dans la rêverie formatée du média ?
 
 

12:10 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Coup de fatigue...

Etrange sensation : je devrais bourgeonner sous ce printemps tardif qui, à mon avis, ne passera pas l'automne. Je devrais suivre le soleil dans sa course, et m'attarder sur chacun de ses rayons qui câline les inconnues qui passent et les connues qui s'arrêtent. Je devrais aussi me réjouir des siestes forcenées, des nuits de rêve, des ailleurs lointains qui me passent à portée de caresse. Je devrais, pleinement...
 
Mais là, j'ai encore sommeil : un rien de lassitude, peut-être ? L'impression de céder à la routine, alors que d'habitude je me l'approprie ? Ou encore la mise en oeuvre de cet esprit de contestation qui me ferait presque dire : "Tais-toi, Ubu ! Tu m'emmerdres !". Mes démons tout quotidiens, en quelque sorte...
 
Bon, un gros dodo là-dessus et il n'y paraîtra plus.

11:44 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |