11/12/2005

Saint Nicolas ou Saint Ubu ?

Lundi passé, c'était le piège dans toute sa splendeur. Une semaine auparavant, j'avais entendu par mégarde une conversation de mes collègues de primaire déplorant l'absence d'un Saint Nicolas crédible pour leur petite fête. N'écoutant que mon bon coeur (si si !) et me rappelant mes projets d'entrisme au nom du syndicat des nains de jardins, sous-section du secteur "Grincheux", je me portai volontaire. D'ailleurs, Saint Nicolas et Saint Dycal ne commencent-ils pas par les mêmes lettres ? Non ? Tant pis...
 
Recouvert d'une robe de dentelle et d'une grande cape de velours, armé d'une crosse à double détente et chapeauté de frais  - ce n'est pas la première fois que je fais ami-à mitre, tout de même -, je me lançai face aux enfants trépignants en vérifiant la barbe postiche qui recouvrait, tant bien que mal, mes propres pilosités qui me donnent l'allure du Yéti après son hibernation annuelle. La barbe glissait malheureusement...
 
Les festivités furent charmantes : après la petite rencontre avec les gosses de primaire  - dont un pas tout à fait sage à qui Saint Nicolas fit les gros yeux - vint le tour de la fête des petits de maternelle. Les comptines, les chansons charmèrent le grand patron des enfants, même s'il était un peu enrhumé et très inquiet à l'idée de passer dans les multiples classes peu adaptées à sa mitre et à sa crosse (Saint Nicolas danse-t-il le disco ? Depuis lundi, il a de l'entraînement !) où les instits avaient disposé les jouets et friandises en de véritables jeux de piste et s'étaient arrangés pour que les carottes de mon âne se retrouvent à moitié mâchées.Les enfants étaient très impressionnés et très sages : une seule a tout de même pleuré... Et puis, il a fallu quitter la tenue très apaisante du Grand Saint pour retrouver ma tenue habituelle de Prédator des grands soirs : et pour retrouver mes élèves dans la perspective de leur dissertation d'examen du surlendemain...
 
J'ai donc participé à la mystification, ce jour-là, mais en tout bien tout honneur : quand les rêves sont aimables, pourquoi en démonter les mécanismes  ? D'ailleurs, j'ai moi-même oublié mon syndicat de nains de jardin ce jour-là....
 
Une petite trêve, donc.
 

16:47 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Battre l'Ubu tant qu'il est chaud, dit le proverbe. Cher Ubu,
Ces gosses sont vraiment très courageux: sur la centaine qui t'a vu, un seul a pleuré!
Pourtant, Ubu avec ses 165Kg, son tour de ventre de 140cm, sa barbe fleurie des restes de son potage de la veille, et ses bottes (pointure 48) doivent être très très impressionnants!
J'espère que "Zwarte Piet" (j'ignore la traduction en français) t'aura, comme dans les théâtres pour enfants, donné assez de coups de massue pour que ton chapeau ressemble à un bérêt basque...
A part ça, j'espère que tu t'es bien amusé!
Je plaisantais, je ne te souhaite aucun mal!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 11/12/2005

CHer Armand, Je te l'ai dit : j'étais planqué sous la barbe. ET le "Père Fouettard" n'a pas osé m'approcher : un bon coup de crosse l'attendait au tournant ;)

Amitiés.

Écrit par : Ubu | 13/12/2005

Mon cousin en saint homme Cela vallait le coup d'oeil ! La mitre branlante, la barbe et la perruque en bataille, les chtis tchos faisant la file, la voix adoucie extorquant une promesse de sagesse ou une confession en échange d'un chti cadeau et d'une friandise... Pas de père fouettard, mais bien une directrice acariâtre interceptant l'un ou l'autre don destiné à un pauvr' lardon pas très sage durant les récrés !
J'ai bien fait de refuser et de laisser la place à mon Cher Cousin :-P

Écrit par : Le Cousin | 17/12/2005

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