13/12/2005

Pas de boogie-woogie ?

Nouveauté sur le marché des fariboles, le dessein intelligent prétend tout expliquer. Lumbago, arthrite du genou, cervicales fragiles : le dessein est intelligent. Et Darwin de se retrouver en hypothèse au ciel de ce nouveau paradis promis par des voix plurielles qui dissèquent le sexe des anges. La Libre (voir plus bas) de ces jours-ci publie quelques articles sur les assauts des obscurantistes religieux qui prétendent nous éclairer de leurs bûchers autodafesques pour nous ouvrir à la rédemption. On croyait avoir ridiculisé les interprétations littéralistes de la genèse ou les billevesées des sourates prédictives : raté, le dessein se fait intelligent, nous prétend une divine conjuration des imbéciles...
 
Certes, l'évolutionnisme darwinien a eu des ratés : certaines interprétations de ce modèles s'avérèrent hasardeuses, certaines observations peu crédibles et certaines dérives hygiénistes qui s'en inspirèrent donnèrent lieu à des massacres, quand on prétendit soigner la sélection aux petits oignons pour masquer des pans d'humanité dont on ne voulait pas. Certes, l'idéologie du "Struggle for life" s'en inspira sans jamais réfléchir aux données de la psychologie comportementale qui rappelait l'inadaptation profonde de l'homme à son milieu, largement compensée par un talent d'inventivité et des pouces opposables, qui transformèrent son handicap en précieux atout. Certes, la vérité de Darwin est scientifique et, par conséquent, sujet d'étude, de vérification, d'évaluation par le monde scientifique.
 
Mais les bondieuseries dont tentent de nous abreuver les créationnistes de cette nouvelle tendance ne peuvent convaincre : elles se gobent ou pas. Et là, j'ai le gosier étroit, ne leur en déplaise. La biologie ne s'enseigne pas comme une croyance puisque, perçue de la sorte, elle deviendrait impossible à évaluer et à communiquer : elle s'imposerait sans jamais se réfléchir. Quand bien même on la supposerait tissée d'hypothèses, il faut bien constater que leur jeu est beaucoup plus fécond que ces littéralismes qui prétendent retrouver des clés dans des récits peu crédibles, un peu comme ces textes qui prétendent retrouver des codes là où le hasard du langage produit de malicieuses coïncidences, quand le hasard n'est pas un peu forcé par des ficelles grosses comme des cordes à noeud.
 
La logique s'impose en loi, en apparence : en fait, chacune de ses propositions suppose un risque de transgression. Qui pratique ce langage admet le risque et l'étudie : c'est, ou plutôt ce devrait être la qualité essentielle de l'argumentation en général, et dans le sécoles en particuliers. Et le principe devait être de toujours accepter d'envisager, quitte à disposer ensuite de ce que l'on a étudié comme élève, et non en se plaçant dans le carcan étroit de croyances qui nous enferment dans autant de préjugés. Ce qui fait qu'une croyance, question personnelle qui ne pose aucun problème pour qui n'intrigue pas à hauteur d'oeillères, n'est pas sujette à débat. Par contre, sa prédominance dans un système scolaire en détourne les objectifs, en brise le dessein réellement intelligent en prétendant phagocyter la culture du débat par un totalitarisme de la vérité eunuque...
 
Les débats réclament un équilibre, un relativisme : au hasard des idées répondra ainsi la nécessité de la synthèse, ce lieu de rencontre de la tolérance qui exclut le prosélytisme malsain, d'où qu'il vienne. Aux assauts groupés sur la morale, aux prétendues explications du monde, au fallacieux patrimoine des traditions qui nous asservissaient, seul l'esprit critique peut faire obstacle : pour peu que personne ne tronque les règles du jeu au nom d'une foi théocratique, d'une idéologie qui hypothèque le débat et le ruine.
 

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&am...
 

09:37 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (28) |  Facebook |

Commentaires

pour te rasurer 45 % des ricains croient en adam et eve et rejettent darwin ... le monde arabe : 99 % . la science c'est Aram !! tu vas bruler en enfer ! ...paf !

Écrit par : zelda | 13/12/2005

Chère Zelda, Brûler en enfer ? Chouette : économies de mazout et, en plus, si j'en crois les divins religieux, j'y trouverai tout ce que j'aime ;) Entre nous, la description de l'enfer m'a toujours paru ressembler à une superbe brochure touristique ;)) S'il y a vraiment tout cela, je pars tout de suite ;)))

A bientôt.

Écrit par : Ubu | 13/12/2005

100 % des siciliens choisissent l'enfer :-) moi, je veux y aller, en enfer.
Un peu pour y retrouver les défunts de ma famille (je sais qu'ils y sont) un peu aussi pour le fun.
Qu'est le paradis sinon un hospice? Gna gna gna, paix et félicité... Pff!
En enfer, il y a toutes les femmes de mauvaise vie (mais de bonne compagnie)... Eve, la première pécheresse, et... tadaaa: Marie Madeleine... ooooh oui! Il me la faut!

Écrit par : 1789 | 13/12/2005

Actualité récurrente? Cher Ubu,
J'avais parlé du problème dans un post le 12 novembre 2005.
Le titre en était "Obscurantisme".
Tu avais même "commenté"!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 13/12/2005

amand on a tous un jour ecrit des postes sur ce sujet . moi c'etait une histoire de moule et de feuille de vigne. c'est un sujet creatif . he he ... petit fouille chnouille que nous sommes ... mais on a pas tous le talent de ubu . c'est sure !

Écrit par : zelda | 13/12/2005

A part le chaud aux fesses l'enfer est assez proche de ce qui se passe ici. Faut pas croire tout s'qu'on raconte, m'sieur UbU.

Écrit par : fun | 14/12/2005

*** Bonjour Ubu
J'apprécie beaucoup cette méditation. Surtout "La logique s'impose en loi, du moins apparemment". C'est exactement ce qu'il se passe, et l'illusion, même si elle a été démasquée depuis plus de 2 siècle, reprend ses droits (apparaître comme loi) dès que nous détournons le regard. Grand est le génie de Kant, qui a montré que la logique est une abstraction: abstraction de la logique transcendantale qui trouve les lois non dans la logique, mais dans son intrication irréductible avec la sensibilité.
En découle: une certaine relativité de la science: relative parce que soumise non seulement à la logique, mais aussi aux divers de ses objet, mais aussi le seul axe de vérité puisque la logi-mathématisation de la matière et des forces que nous percevons se font dans un cadre clos et nécessaire.
Ainsi, comme tu le dis, la pensée biologique est de loin plus productive que l'interprétation de textes qui se veulent révélations.
En même temps, le sens des choses, la morale, l'émotion, sont contunement à inventer...
Certains diront que la manière de ne pas inventer bêtement est de se rapprocher, de plus en plus, en ces problèmes, de la perfection (relative) de la science. Je suis assez d'accord avec ce point de vue, tant que l'on accepte que la logique n'est pas LA LOI et que cette dernère est inatteignable à jamais, lorsqu'il s'agit de pratiques inter-humaines et non recherche de la connaissance. Je te renvoie à ce sujet au blog philosens, posts "innovation"; et "Explications-application)

Écrit par : gorgo | 15/12/2005

Revenons en à notre discussion. Je retiens de votre dernier commentaire en réponse à l'un des mien ceci : "Une religion , COMME TOUTE IDEOLOGIE contient les ferments d'un absolutisme "
Dans ce post ci , vous parlez aussi de la logique, , base de tout débat consctructif.

Et je me sens titillée par un manque de logique dans les attitudes à avoir face aux multiples ferments d'absolutisme.

J'ai envie de rajouter que toute "communauté" - et je m'y connais bien en ce domaine, je suis née aussi au d'un groupe qui se prend pour un" communauté à part" - contient des ferments d'absolutismes.

Je reviens vers le dilemne. Je comprends, je respecte et je vous encourage même à ne pas stigmatier comme vous dites une communauté.
Je reconnais à chaque être le droit de croire ce qu'il veut.
Mais néanmoins, cela reste et restera des bombes à retardement dès lors que sa croyance devient "religion" ou - et surtout ! - " idéologie communautaire". Ne rien dire, ménager même sous prétexte de ne pas stygmatiser, laisse le champ libre à la fermentation nocives de ces "communautés" quelles qu'elles soient.
Prenons un exemple précis : je sais par expérience que toute communauté défend toujours ses semblables, même si ceux-ci sont en tort.
Exemple précis: l'eglise qui protègent ses pédohiles, les riches qui protègent les voleurs en cols blanc, les socialiste qui ferment les yeux sous certaines magouillent honteuse, les professeurs qui défendent leur coorporations au détriment d'une élèves maltraitée (cas vécu ) ,les aristos qui protègent leurs fous, les laissent se marier et frapper leurs épouses sous prétexte que tout cela "entâchera" la communauté etc..etc..etc... ! ! ! ! J'ai oser, avec d'autres heureusement, de dénoncer l'intolérable dans cette dernière communauté par exemple. J'ai eu droit comme vous semblez dire à Melinissa , à, à peu près, la même remarque "il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac" donc, sous entendu "tais-toi, tu fais du tort aux autres alors si tu dénonces ces attitudes"
Oui, et alors ? C'est justement parce que tous le monde n'est pas dans le m^me sac qu'on peut dénoncer ceux qui partagent la m^me communauté qui sont pourris et dangereux et malsains ! ! ! !
Ce n'est pas stygmanitiser une communauté que de dénoncer ses mauvais sujets ! !
ne pas le faire, c'est , jcrois là où se trouve la stignatisation ! : "je ne dirais rien car je ne veux pas que tu croive que c'est toi que 'jaccuse comme ça " C'est totalement ambigu ! Si vriament l'autre n'est pas come le dangereux, le fou, il y a en effet aucu nrisque à dénoncer et critiquer ouvertement les erreurs et les "crimes" des coupables !
C'est ce que fait Melinissa.

Je reconnais le droit à chaque personne de parler de ce qu'il veut, car j'adore la maxime de Raoul Vaneigem - titre d'un de ses livres que je lis et relis et re lis tant il me plait ! - "tout peut se dire, rien n'est sacré "

Mais je ne reconnais pas, selon ce que l'histoire nous a démontré plus d'une fois,le "devoir"de ne pas stygmatiser " une communauté parce que certains de ces membres sont odieux !
je voudrais jsute savoir si il vous est arrvié (question non ironique, question sincère ) si vous aves oser une seule fois vous fâcher devant certains de vos élèves en leur disant vlairment, nettement, comme un éducatuer peut le faire : " je ne tolère pas la violence, je ne tolère pas le vol, je ne tolère pas les machos qui croient que Dieu leur permet de "dominer" les femmes ! Je ne tolère pas les bêtise quisont dire dans le Coran " ? ? ?


Nous savons vous et moi que ces enfants musulmans, ou chrétiens ou orthodoxe, ou hindousite ou n'importe quoi d'autres, seraient nés dans une autre communauté ne seraisent pas musulmans ou chrétien ou othodixes, ou hindouistes .

NOtre société ne tolère pas, et punis m^me ceux qui ne payent pas leur eurodateurs par exemple, ne tolère presque pas des Michel Onfray depuis qu'il a écrit son dernier livre "traité d'athéologie " mais tolères des voiles, des sacrifices de tout genre parce que tout cela fait partie "des droit de croire ce qu'on veut ". Alors que sous ces viles germes en puissance la domination du mâle sur la femme.
Je ne comprend pas la logique dans tout ça ! ! ! !

Reprenons le dernier livre de michel ONfray : il n'y va pas par quatre chemins : sa critique est dure, sévère, moqueuse même au point que tout les autres philosophes "attitrés" de ce siècle ont été furieux contre lui.
Où est la logique à ne pas tolérer ce qui est dénoncés avec logique et justesse ?

Écrit par : longuesjambes | 15/12/2005

Si.. on veut aller au fond des choses, qu'est-ce qui prouve qu'il y a un dieu ?
C'est un mystère, diront d'aucuns. Facile argument pour faire avaler à des
gens crédules n'importe quoi ! Et qu'est-ce qui prouve qu'il n'y en a pas ?
Darwin, tout Darwin, rien que Darwin... Là, je serais plus circonspect !
Je me méfie des théories qui coulent de source (genre "pomme de Newton"). Il nous manque souvent des paramètres et nous concluons trop vite.
Imaginons qu'un jour, nous découvrions que nous ne sommes pas seuls dans
l'univers. Des pans entiers de la Science s'écrouleront (ce ne sera pas la première fois !) et l'on "clouera" peut-être les adeptes de Darwin au pilori ! Va savoir ?
A plus.

Écrit par : rhadamanthe | 15/12/2005

Bonjour ;) Tout vient à point à qui sait attendre ;))

Cher Tony,
Je choisis aussi l'enfer : tu crois qu'il y aura assez de vices pour nous deux ? ;)) On partagera, alors ? :)))

Cher Armand,
Le problème de l'obscurantisme, c'est qu'il est tellement présent qu'il est en fait permanent... Et ses assauts sont très diversifiés ;) Je suppose que la Libre a sorti ses articles en compléments de l'étude sur les sectes, pardon sur les "religions contestées" ... C'est pas joli, ce genre de périphrase ? ;)
Sinon, tu sais que nos éventuelles divergences portent sur des détails ou des points de vue ;)

Chère Zelda,
Je vais rougir ! ;))

Oups, je reviens de suite

Écrit par : Ubu | 15/12/2005

ça va être terrible...promis! Sois confiant, il y a plein de vices à découvrir dans l'au-delà...
Partager? J'ai rien contre quand c'est moi qui décide ;-)

Écrit par : 1789 | 15/12/2005

Retour en nocturne ;) Chère Fun,
Un peu de chaleur ? Vive les économies d'énergie ! :)))

CHer Gorgo,
Tu es donc philosophe ? ;) Si je comprends bien, tu me parles de la distance entre raison pratique et raison "absolue" ? Je pense qu'il y a aussi un phénomène psychologique simple qui peut expliquer les deux types de réflexion : le fait de se sentir dépassé. Les faits proches nous sont connus par notre perception (avec les erreurs possibles) et nous sont donc connaissables immédiatement, même si leur organisation en structure cohérente réclame une bonne dose d'abstraction. Tandis que les faits qui nous dépassent, ou même dont nous spéculons l'existence en amplifiant un microphénomène, comme pour les quarks ou le quantum, exigent une coupure avec notre mode de pensée intuitif : la seule vérification possible devient le raisonnement logique spéculatif. La biologie nous fait jouer au ping-pong entre ces deux perceptions : entre la volonté d'être autre chose qu'une conséquence et la nécessité éventuelle d'être un résultat... C'est sans doutre aussi ce qui explique notre inquiétude concernant le génie génétique : entre appropriation et possibilité de modification par manipulation... ce qui nous pose en observateurs très instables... Alors, me semble-t-il, soit nous recherchons la Loi, pour arrêter le mouvement, soit nous poursuivons la recherche , en perpétuant et renouvelant les procédures de recherche sans jamais y mettre un terme... En fait, accepter la loi nous donne un confort : elle se substitue à notre instabilité et nous attribue une identité, des fonctions, un mécanisme claire, en apparence... Tandis que toujours remettre tout en cause nous place en position de contestation permanente, y compris de nous-mêmes : ce qui nous permet de rester des sujets de réflexion, et pas de devenir de simples objets intégrés à une croyance quelconque... Il reste aussi à savoir (ou à apprendre) sous quelle égide la relation présente un confort pour l'autre, celui qui nous fait face : transférer un mécanisme de pensée sur qui que ce soit d'autre, n'est-ce pas l'enfermer dans un système et lui créer des lois ?
Je ne sais pas si j'ai été très clair ;)

Chère Longuesjambes,
Tout d'abord, si tu le veux bien, j'ai décidé pour ma part de cesser de discuter du blog de Melinissa : : je n'y vois pas les mêmes intentions que toi, ce qui clôt la discussion de fait...
Pour revenir à notre sujet de discussion principal, je te dirai aussi que nos relations face à l'absolutisme ne peuvent être totalement logiques : c'est la liberté de notre univers que nous sentons mise en cause et c'est en fonction de ce sentiment que nous contesterons ou pas.

D'aucuns préfèreront juger la portée réelle de ce type d'absolutisme comme insignifiante : les comptes sont réglés et ces idéologies ne sont plus leurs points de référence. L'attitude requise dans ce cas, me semble-t-il, est le refus pragmatique de l'invasion de la sphère publique par ces systèmes contraignants : j'avoue que c'est ce que j'ai choisi, pour une question de principe. Pour le reste, il s'agit d'une recherche du bonheur individuel, proprement individuellle, dans laquelle j'estime ne pas avoir à m'immiscer, pour autant que la contrainte ne limite pas l'épanouissement de mes élèves : adultes, ils disposeront de leurs références, qui seront mixtes autant que possible... D'autres se réfèrent à ces idéologies pour s'y soumettre ou les contester :peu importe, elles restent le pivot de leur réflexion. Et en fait, elles en constituent la substance : ce qui pose un problème. Comment se poser en observateur impartial lorsque l'on réfléchit exclusivement par un prisme, qui modifie considérablement notre observation ? Tu connais l'adage : ce que je veux trouver, je vais forcément le trouver puisque je vais négliger le reste... Il me semble qu'il reste plus sain pour un éducateur d'adopter la première attitude, autant que possible : pour ne produire ni un schéma de soumission ni une attitude de dénigrement systématique. N'appelons même pas la tolérance à la rescousse : simple respect de l'interlocuteur que l'on forme à un type de réflexion, critique et autonome (ne pas oublier le second terme, surtout !) Idéalement, cela revient à pouvoir être dépassé par ses élèves de tous les côtés : j'avoue que je trouve très agréable d'être dépassé ;)) par mes élèves, dont certains deviennent adultes très vite.

Par contre, l'erreur fondamentale serait de les considérer exclusivement pour leur prétexte : à un élève dangereux (j'en ai eu !) qui se revendique musulman, je rappelle que peu m'importe et que c'est son agressivité qui me pose problème, pas ses croyances. A mes autres élèves, je rappelle qu'ils ne sont pas des musulmans ou des chrétiens avant tout mais qu'ils sont des élèves, avec les balises communes de l'école pour repère et le droit à leur propre personnalité (encore heureux !) qui peut, sans conflit, intégrer une croyance, ce qui ne me regarde pas puiqu'une croyance n'est pas sujette à discussion, par définition. Bref, contre vents et marées, je continue à ne pas percevoir les communautés parmi mes élèves et eux acceptent de jouer le jeu, globalement... Ce qui nous permet d'ailleurs de ne pas raisonner en termes de catégories lorsque nous discutons : lorsque l'un de mes élèves me dit "pour vous, cela ne pose pas de problème", j'exige des explications sur ce vous... Que sous-entend ce vous ? "Prof corpulent au caractère de cochon mais qui ne coupe la discussion que lorsqu'elle s'enlise" est une réponse que j'accepte. "Vous les Belges" est refusé : d'autant que je leur précise que je suis juif marane, catholique pakistanais, issu des croisés et athée le reste du temps ;)) Difficile de me coller un "vous" réducteur : ce qui est une manière comme une autre de relativiser ces questions identitaires que certains veulent règler en termes de communautés...

Une petite pique contre Onfray, que j'aime pourtant bien (le "Ventre des philosophes" ou "Pour une éthique solaire") et dont la prétendue intolérance à l'égard de son traité (quand et où ?) ne l'empêche pas d'être en vitrine partout : athéisme et traité sont, à mon avis, incompatibles. Soit le titre est provocateur, et Onfray tombe dans les travers du combat laïcard sauce dix-neuvième... Soit le titre est méthodologique et alors, il est redoutable puisqu'il prétend faire un tour d'une question qui, par définition, devrait rester inachevée...


Cher Rhadamanthe,
Il y a de nombreuses querelles à ce sujet : entre scientifiques, pour commencer... Donc, a priori, rien n'empêche que l'on dépasse le modèle darwinien (discutable, comme tout modèle) mais pas au prix d'une régression ou en appelant dans le débat des inepties, nous sommes bien d'accord ;)

A bientôt ;)

Écrit par : Ubu | 16/12/2005

J'adore ton "spéculons l'existence en amplifiant un microphénomène". Bonjour, cher Ubu!
Je dois admettre que ton explication "philosophique" à Gorgo passe largement au dessus de ma tête!
Au fait, une de mes citations récentes était approximativement:
"La philosophie, c'est le bon sens, mais avec des mots compliqués!" ;) ;)
J'apprécie que tu peux te mettre au niveau de tes interlocuteurs!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 16/12/2005

Le vieil Armand est parfois dépassé... Cher Ubu,
Ne m'en veux pas: je suis très terre à terre. Quand le discours vole trop haut, mes vieux poumons manquent d'oxygène!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 16/12/2005

ubu Je suis subjuguée
Je ne sais pas ce que tu enseignes ,mais j’aurais adore être une de tes élèves . j’aurais peut être été meilleur en orthographe … ;-(
Je regardais sur tv5 un débat stérile sur le sujet ,un match de catch sans queue ni tête ou celui qui a vraiment qqchose a dire est muselé par des ténors solistes avide de mots vides de sens .
Ce que tu écris ,ça ne doit pas rester dans un blog avec des gents qui ne comprennent pas le 10em de ce que essayes de faire passer comme message.
C’est du gâchis .

Écrit par : zelda | 16/12/2005

*** Bonjour Ubu
Nous sommes donc bien d'accord, à quelques "mots compliqués" près...
Comme tu dis, la loi est un confort, à tel point qu'elle explique sans doute l'apparition de la religion puis de la théocratie: seule la logique n'a pas évolué depuis qu'elle a été ... découverte? construite? Et la religion monothéiste, de fait, ressemble fort à l'hypostase de nos principes logiques (à l'origine indéterminée) sous la notion d'une personne première et créatrice... C'est pour cela que les sectes, les religions communautaires, et même les partis politiques sont un danger constant: c'est que l'homme a besoin de sens, et que son premier outil, c'est la logique. Si nous sommes disposés à l'effort, qu'il soit philosophique, scientifique, religieux, politique, alors nous n'admettons jamais avoir atteint la loi (ce qui peut former un système, mais ouvert...)... si nous préférons le repos de l'âme, ou le confort, nous cloturons notre monde dans ce qui est admissible à notre stade en tant que loi, et nous fermons le système.
Je ne m'inquiète pas pour le monde scientifique: il est conscient depuis longtemps de sa relativité, de la finitude de notre connaissance. Mais la politique et la religion me semblent beaucoup plus problématiques: le libéralisme économique en vogue se donne comme le seul mode d'économie qui rencontre la notion de liberté (et pourtant la liberté est toujours ouverte, elle), encore pire: la notion de droits de l'homme est imposée par la force, de plus en plus, alors que cette notion doit être issue d'une réflexion... et la société ne prenant plus en charge la recherche d'un sens global à notre mode de vie (elle préfère l'imposer, ce qui est en contradiction avec tous nos principes démocratiques), au sens de notre vie, la religion trouve place grande ouverte pour s'imposer au désarroi des gens...

Écrit par : gorgo | 17/12/2005

Bonsoir ;))) Cher Armand,
Je ne proposerai pas pour autant de bouche à bouche ;))

CHère Zelda,
N'oublie pas que j'utilise tout de même ma formation : quant à écrire ailleurs, je trouve qu'il y a déjà beaucoup de talents qui me dépassent largement rien que sur les blogs. Alors, ailleurs... Même si parfois, en lisant de mauvais bouquins, ou en voyant encenser des oeuvrettes très pauvres, je me dis que je devrais parfois y songer.
Bah, l'essentiel est que je continue à m'amuser : et puis, ici au moins, je cause avec mes lecteurs et je prends plaisir à lire ce qu'ils écrivent et ce qu'ils m'écrivent ;)

Cher Gorgo,
D'accord avec toi : d'ailleurs, plus personne ne croit sérieusement aux utopies,même humanistes, réglées par un système de lois... Les dernières ont échoué sur l'île de Wight... Pourtant, les idées étaient belles, à cette époque : et libertaires... ;)

Plus sérieusement, je pense que la science n'est pas indépendante du politique et de l'économie : au contraire, n'oublie pas que la politique des brevets ou la recherche militaire sont les principaux moteurs de la recherche technoscientifique... Par contre, l'essor de la vulgarisation scientifique (j'ai été étonné de découvrir un rayon complet dédié à la philo des sciences à la FNAC !) permet de plus en plus à des non-experts de s'y attaquer ;)
Tu n'as pas tort sur ton analyse d'une société qui préfère imposer plutôt que baliser (voir l'arsenal des lois votées dans tous les domaines) et je souscris à ta perception de ces contraintes qui pousseraient à se "libérer" dans les religions, ne fût-ce que parce que les objectifs de celles-ci supposent un au-delà (enfin ?) libérateur... Le problème reste toujours que le carcan social nous pousse à nous soumettre ou à transgresser... Difficile de vivre au quotidien sans ressentir la frustration de nos contraintes, de nos rêves qui nous échappent... Et pourtant, il nous reste le temps à disposition, malgré tout, notre vie privée, nos discussions, nos échanges où nous nous balançons nos idées : de quoi se sentir relever d'un groupe très diversifié, de quoi nous créer un lien qui ne succombe pas au piège de l'appartenance. Au moins virtuellement.

Amitiés ;)

Écrit par : Ubu | 17/12/2005

Tolérance. Cher Ubu,
La tolérance, et tout est dit.
- Est-ce le rôle des écoles de donner des cours de religion?
- Pourquoi des religions d' "Etat". Si toutes les croyances sont autorisées, pourquoi en considérer certaines comme plus égales que d'autres.
- Et ceux qui n'adhèrent pas? Pourquoi ne pas créer des prêtres agnostiques ou laïcs?
C'est une émission à la radio (argument, je crois) qui m'a fait faire ces réflexions...
Amitiés.

Écrit par : Armand | 18/12/2005

tolérer c'est déjà se croire supérieur...
croire que Noël et la rédemption du monde sont compatible...

bah !
Joyeux Noël.

Écrit par : xian | 19/12/2005

me suis fait foutre un coup de pied au cul foutre un coup de pied au cul
par melissina i-sata-nik , pcq j'ai ose dire qu'une de ses info était non fonde ridicule . sans preuve , sur un pays que je connais comme ma poche et qu'elle a probablement jamais visite .
L’ignorance est encore plus dangereuse chez quelqu'un qui se croit intelligent .

Écrit par : zelda | 19/12/2005

Votez pour Don Quichotte ! Je joue un petit rôle dans « l’homme de la Mancha » de Dale Wasserman, où j’entends Don Quichotte illustrer avec passion « Les faits ne sont que les ennemis de la vérité », ou, « Alors que la vie elle-même est démente, qui de nous peut dire où se trouve la folie ? Trop de bon sens, n’est-ce pas aussi de la folie ? Chercher des trésors là où ne se trouve que la boue, n’est-ce pas pure folie ? Et la folie suprême n’est-elle pas de voir la vie telle qu’elle est et non telle qu’elle devrait être ? ». Et j’éprouve une admiration sans borne pour le personnage de Don Quichotte tel qu’il est décrit dans cette comédie musicale. Il poursuit sa quête idéale au mépris des faits.

Je serais néanmoins très inquiet, si un personnage tel que lui avait le moindre pouvoir politique.

Pourtant il ne fait que répondre aux questions essentielles que se pose tout homme sur la vie, l’amour, la mort, les autres… A ces questions les scientifiques apportent peu de réponses satisfaisantes.

Les hommes qui exercent un pouvoir (politique, religieux, idéologique…) sont le plus souvent des hommes ordinaires, soucieux d’agir au mieux sur la vie, l’amour, la mort et les autres, de poser des actes, qui deviendront des faits. Ce ne sont le plus souvent pas des hommes d’idées, des manipulateurs de concepts abstraits de haut niveau. Le mode de sélection de ces hommes de pouvoir fait qu’ils se rapprochent beaucoup de la moyenne de la population. Et leur domaine de compétence et d’action les occupe trop pour avoir le temps de spéculer intellectuellement, même s’ils en ont la capacité. Ils ont répondu pour eux-même à ces questions essentielles et agissent sur les autres en fonction de leurs convictions, puisqu’ils ont le pouvoir de le faire.

Comment faire pour que ceux qui manipulent si bien les idées au point qu’ils en deviennent tolérants, puissent un jour exercer le pouvoir qu’exercent les hommes d’actions, et créer un monde tolérant ?

Je n’arrive pas à sortir du paradoxe : si un homme d’idées devient un homme d’action, ce n’est plus un homme d’idées mais un homme d’action, et il se comportera comme tel.

C’est une question ! Je n’ai pas de réponse.

Écrit par : Agequodagix | 20/12/2005

pour agequodagix A la fin du 18eme siècle, Kant se plaignait déjà de cette situation... ou plutôt, il la prévoyait, constatant que le pouvoir, à cette époque, s'éloignait de plus en plus de l'Université, et constatant également qu'au sein même de l'Université, les Facultés étaient de plus en plus soucieuses de défendre leur propre intérêt plutôt que de participer au partage du savoir et des opinions...
Plus de précision dans "Le conflit des Facultés", disponible notamment chez Vrin
POur ce qui est d'aujourd'hui... pas de réponse... à croire que le mal est fait... du moins tant que le pouvoir ne se décidera pas à faire appel à des instances intellectuelles plutôt qu'à des sondages pré-déterminant les réponses...

Écrit par : gorgo | 20/12/2005

Bonjour ;)) Et bonnes fêtes de fin d'année : au vu de mon peu de présence, ces temps-ci, cela s'imposait :)))

CHer Armand,
Tu peux lire le commentaire de Xian ;) J'ajouterai qu'il y a des principes qui permettent le respect : les Droits de l'homme, qui ne sont pas si relatifs à une culture que cela puisqu'on retrouve ces mêmes aspirations partout, à condition qu'ils ne se retrouvent pas soumis à des transactions. Et puis, il y a les appétences individuelles : si l'école est là pour permettre aux élèves de s'épanouir, pourquoi ne pas concrétiser certaines idées dans ces cours de morale confessionnelle (c'est l'appellation exacte ;)) ou non-confessionnelle, pour autant que le respect de la neutralité scolaire y soit également pratiqué...

Cher Xian,
Noël était une fête païenne avant le christianisme : la fête de Mitra, si je me souviens bien, récupérée plusieurs siècles après par l'Eglise ;)

Chère Zelda,
Comme l'a dit l'autre, chacun suppose qu'il dispose de suffisamment d'intelligence puisque c'est avec elle qu'il se juge ;)) Sinon, rien de neuf sous le soleil : certaines personnes confondront toujours ce qu'elles pensent et la vérité, en oubliant qu'elles plaquent seulement des ficelles en apparence logiques sur des propos enragés...

Cher Agequodagix, cher Gorgo,
Je reviens plus tard : je dois ressortir ! ;) Mais je ne vous oublie pas ;))

Écrit par : Ubu | 21/12/2005

Retour aux sources... Cher Ubu,
J'avais aussi lu (mais je ne me souviens plus du journal), que non seulement c'était une fête paienne récupérée, mais que maintenant l'Eglise reprochait d'en enlever tout caractère religieux!
Comprenne qui pourra!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 21/12/2005

ubu tu imagines que la melimelo est venue m'insulter sur mon propre site m'accuseant d'avoir voulue suprimer son blog , ??? la ca devien complettement irrationnel et malsain ... donnes moi des conseils ? que doi-je faire ? toi tu sais .

Écrit par : zelda | 21/12/2005

Pauvre Don Quichotte ! Ce n’est pas très encourageant ! Le pouvoir, faire appel à des instances intellectuelles et poser des actes intellectuellement fondés ! Je n’ai jamais vu ça que pendant les périodes révolutionnaires. Et ça tournait vite au massacre ! Merci Gorgo pour les infos et les références.

Écrit par : Agequodagix | 22/12/2005

m'enfin tout ça.. Salouti Ubu !!!! un ptit tour pour te souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année ;-) chacun sait que le père noel était vert comme un sapin avant que coca cola ne lui fasse signer un contrat qui l'oblige depuis a endosser les couleurs de la dite marque....
le dessein intelligent ? je lisais l'autre jour que les *éclairés* avaient commencé de tester l'affaire dans un petit village du phare wouest... demain le ptit nenfant jésus naitra à Austin (texas).
hop !!! Joyeuse avril ;0)

Écrit par : nadôr | 23/12/2005

Dessein intelligent. Cher Ubu,
Mais, "des seins intelligents", il n'y a que ça... sauf chez les vieilles bigotes...
Amitiés.

Écrit par : Armand | 23/12/2005

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