23/12/2005

La ville de poche...

Les Contes érotico-urbains s'affichent au théâtre de Poche : j'avais dit, il y a quelque temps, tout le mal que je pensais des mises en scène démagos que ce théâtre propose si souvent, confit dans ses missions didactiques comme un marron dans le cul d'une dinde (comparaison de saison : merci Desproges ;)) Mais quelque chose de l'ancien Poche est peut-être revenu dans ce spectacle.
 
Les deux premiers contes sont très amusants. Le formateur d'un plan de régulation des habitudes sexuelles met en avant les conséquences inattendues des comportements "déviants" du simple quidam et rappelle, dans une pochade plutôt drôle, que Big Brother  n'est pas qu'une émission de télé-réalité. Le deuxième conte effleure les pentes de l'orgasme et met en avant une Ingrid Heiderscheidt très surexcitée parce que, justement, l'excitation a fini par venir grâce aux magasins du style "Eva luna", et qu'une femme peut atteindre l'orgasme, pour peu "qu'on l'attaque aux instruments... Ubu rappelle d'ailleurs à ses charmantes lectrices qu'il dispose de deux mains particulièrement secourables, toutes disposées à les assister lors de leurs essayages de lingerie dans la boutique susnommée...
 
Ensuite vient le moment faible : le conte d'Isabelle Wéry se voulait ambitieux. Il échoue dans la prétention du monologue décousu, qui enfile des clichés (et des poules, à l'occasion), s'effondre dans des personnages caricaturaux qui se perdent en cours de route, et retombe enfin dans une interpétation peu crédible et rarement subtile d'une souffrance amoureuse qui ne semble faite que d'instants gratuits. Le contraste est d'autant plus puissant avec le dernier conte, écrit par Thomas Gunzig, mis en scène par Sam Touzani et magistralement interprété par Riton Liebman. Ce dernier y campe un personnage terne, esquissé en quatre phrases, qui raconte son expérience malsaine et, au fond, très banale du Net, un personnage normal qui plonge dans la folie insidieuse du voyeurisme le plus malsain.... Sans doute est-ce ce dernier conte qui relève l'ensemble, rappelant que le Poche est encore capable de renouer avec la gifle lorsqu'un auteur, un metteur en scène et un acteur font le pari audacieux de nous parler sans complaisance.
 

15:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

bravo bo blog !!!

Écrit par : achille | 23/12/2005

... Voilà où tu étais? En sortie!! Thomas a du talent, ça se sait. POur les trois autres, j'ai de forts doutes... Sacré Riton, comme il a grandi! Bonnes fêtes mon grand :)

Écrit par : aldagor | 23/12/2005

allez, dis Moi j'aime bien Gunzig

Écrit par : Epicure | 23/12/2005

Taxi de nuit ? ;)) Cher Achille,
Merci ;)

CHer Serge,
Je te remercie et je confirme que Gunzig, Liebman et même Touzani ont beaucoup de talent sur ce coup-là ;))

CHère Epicure,
On va finir par créer un fan club : et le très sain Thomas n'aura rien vu venir ;)

Écrit par : Ubu | 24/12/2005

Tony was here hello

Écrit par : 1789 | 27/12/2005

Salut Tony, Tu sais, je n'étais pas ici pour le moment : je devais être quelque part par là ;)))

Écrit par : Ubu | 27/12/2005

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