18/04/2006

Un nouvel hélicoptère ?

De retour ? Allez savoir : l'envolée se poursuit et j'ai du mal à mettre pied à terre, vu la taille de la marche.

 

Des événements en vrac, des intimes et d'autres, qui poussent la vie. Et comme je n'ai pas vraiment l'habitude de parler de ce qui est intime, et le reste par la force des choses...  Mettons que l'envie de lézarder a tiré profit des quelques rayons de soleil, parfois autour de minuit, comme si la carcasse se refusait à se secouer, même virtuellement.

 

Des rages froides : René Haquin qui s'en va et les tueries du Brabant qui restent toujours inexpliquées. Si le prestige d'un pays se mesurait à son mystère, nous nous retrouverions parmi les premiers : la gloire des brumes, en quelque sorte...  

 

Des surpises agréables, il y en eut.  Berlusconi aurait raté sa sortie, de très peu il est vrai. L'inflexible Villepin, avec son panache obsolète, qui masque mal ses oeillères cassantes, aurait retiré ce CPE inepte, d'autant plus inepte sans doute que ce n'est pas la flexibilité qui  pourvoit à la richesse d'un pays, ou alors je n'ai strictement rien pigé au consumérisme ambiant, ce qui est bien possible. Enfin, au moins, ces deux événements rappellent qu'il n'est pas inutile de se manifester et de voter : même si l'institution bouge lentement et parvient à noyer souvent le poisson, elle ne peut rester insensible à l'opinion publique malgré tout. Et puis, il faudrait que nos chers élus, même ceux pour lesquels on n'a pas voté, s'habituent à se voir réclamer des comptes sur leurs activités, sur toutes les activités... Quant à nous, il nous faut sans doute nous souvenir que le système démocratique est probablement le moins pire parce qu'il permet des contrôles séparés, pour autant que nous acceptions de faire preuve de vigilance civique, c'est-à-dire de refuser les clichés de ceux qui ne réfléchissent plus parce qu'ils ont le pouvoir et de ceux qui ne réfléchissent qu'au pouvoir qu'ils désirent imposer.

 

Les sans papiers se manifestent un peu partout, avec des choix de lieux d'asile surprenants : certaines maisons de la laïcité et des mosquées s'y mettent. J'avoue que je rêve parfois de sénateurs qui offriraient un asile, ce qui nous sortirait peut-être de nos histoires de fous : au fond, un sénateur français ne s'était-il pas lancé dans une grève de la faim pour lutter contre la délocalisation d'une usine dans son patelin ? Mais d'ici que l'on reconnaisse les sans papiers pour ce qu'ils sont, que l'on admette les risques pris pour arriver dans "notre" pays et les risques encourus si certains d'entre eux retournent dans un là-bas où il ne reste parfois plus rien...  Serais-je le seul à me rappeler ces Africains bloqués illégalement dans la zone de transit de Zaventem ? Serais-je le seul à me poser des questions sur la légitimité de ces décisions, dont la justification me laisse perplexe ? Apparemment pas : je regrette simplement que ce genre de fait de société, comme bien d'autres, ne deviennent pas de réelles affaires d'Etat. Au fait, les sans papiers ne votent pas...

 

Je ne vais pas davantage évoquer l'agression de la gare centrale : au-delà de la tragédie individuelle, elle n'est qu'un rappel de cette délinquance ancienne qui ne cesse de se perpétuer. Dérisoire, cette vie que nous pensions placée au sommet : comme si le sang ne s'inscrivait que dans sa valeur marchande. Oh, bien sûr, il s'est trouvé l'habituel expert confit dans sa suffisance pour nous asséner la sempiternelle antienne du cinéma et de la télévision qui véhiculent leur lot de violence...  J'ai toujours jugé très étrange cette tendance à accuser le miroir de refléter ce qui existait bien avant lui : la peur et la violence sont omniprésentes dans nos rapports sociaux, et tout le reste aussi... Et la rage aussi, face à un meurtre qui transforme la victime en objet encombrant : ce n'est pas une attitude si inédite que cela. Cherchez bien.  

 

Ce monde a ses horreurs et ses beautés, ses enchantements et ses coups de sangs, ses vraies misères et ses frustrations passagères : il n'est fait que de contrastes. J'aimerais de temps en temps qu'il s'arrête de tourner mais c'est un peu difficile : c'est parce que nous sommes tous les deux en mouvement, lui et moi, que nous parvenons peut-être à jouer de concert. A condition que je ne descende pas en marche de mon hélicoptère.

04:41 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

René Haquin Je l'appréciais beaucoup aussi. Un excellent journaliste. Controversé. Comme beaucoup de grandes personnalités.

Écrit par : Pivoine | 20/04/2006

Oh ! J'ai loupé ton retour parmi nous...
Mais attention : avant de descendre de ton hélicoptère, ne pas oublier de le poser et de l'arrêter... sinon, ça risque de faire mal !
J'aime beaucoup ton analyse des événements... parce que réalisée, justement, avec le recul de l'hélico...
J'espère que tu vas bien...
Bizzz... je te souhaite un excellent week-end...

Écrit par : Béa | 21/04/2006

Bonjour, mais beaucoup plus tard ;)) Chère Pivoine,
Je pense que René Haquin avait parié qu'il mourait sans savoir la vérité sur les tueries du Brabant : c'est fait...

Chère Béa,
Irais-tu jusqu'à dire que j'ai un esprit "rotor" ? :)))

A bientôt ;))

Écrit par : Ubu | 30/04/2006

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