20/04/2006

Une histoire de violence

 

Nous ne concevons la violence concrète qu'à travers ses manifestations symboliques. En fait, nous pensons la violence et la reproduisons avant de l'exercer : et nous accusons la fiction de la propager.

 

Les tragédies mettaient en scène des horreurs : les catastrophes étaient le fruit de complot ou de malédiction, tandis que l'on mourait de guerre, de famine, d'épidémie. Les épopées glorifiaient les hauts faits des héros nationaux, camouflant la crapulerie de leurs exactions sous des dehors merveilleux ou prestigieux. Et puis, il y eut la télévision et le cinéma : prpices aux oeuvres de propagandes tout autant qu'à la mise en évidence de nos comportements, ils peuvent assumer leur mise en critique de notre violence spectaculaire. Sauf si la griserie de l'image nous fait céder à l'ivresse de nos colères enfouies.

 

Un miroir ne reflète que celui qui le regarde : nous sommes tous violents et les loupes nous irritent parce qu'elles nous rappellent à cette nature profonde dont nous essayons de nous extraire, parce qu'elles nous rappellent que nos instincts sont toujours présents.

 

 Une société humaine ne se peut encore concevoir sans violence : parce que nous n'avons sans doute pas encore quitté la jungle de nos origines...  

 

 

06:30 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Y'a du pain sur la planche ! Le constat est un peu triste mais je suis entièrement de ton avis. Nous n'avons pas vraiment quitté le Moyen-age. Globalement, l'être humain reste un animal craintif guidé par ses peurs, qu'il tente vainement et egoïstement de combattre par l'affiliation dogmatique, l'appropriation et la consommation. D'où, bien sûr, violence.

Écrit par : Lato | 20/04/2006

Et vous , vous penchez pour l'animalité ou la bestialité?

Écrit par : Epiqure | 20/04/2006

... D'accord et pas d'accord. Nous sommes plus ou moins violents, également en fonction des circonstances et du contexte. Or, aujourd'hui le contexte est particulièrement porteur de violence. Bien sûr, la question se pose : qui crée ce contexte?
Welcome back, by the way (j'ai décidé sur les blogs de parler la langue des affaires, thanx chirac)

Écrit par : aldagor | 21/04/2006

mon lououp garou irrites moi ....
bon mais t'as vraiment raison . on est des predateurs si non on se baladerais avec des yeux au dessu des oreilles . pas tres glamour ca , pas pratique pour les lunettes gucci .

Écrit par : zelda | 21/04/2006

Folie, quand tu nous tiens ;))) Cher Lato,
La démocratie est une belle parenthèse : j'aurais bien envie qu'elle dure luttant, contre tous nos instincts ;))

Chère Epi,
Je n'oserais t'avouer que je me sens un peu bête : je déteste les piqûres :))

Cher Aldagor,
Pas d'accord : le contexte a toujours été violent. La différence réside peut-être dans le mercenariat de certaines époques ou de nations en marche lors d'autres circonstances, de meurtres privés ou de crimes publics : tout cela n'atteint pas la réalité permanente de la violence. Et le reste n'est peut-être qu'anecdote...

CHère Zelda,
Je t'irrite à tâtons ? ;))) Et nos yeux de prédateurs peuvent voir de très jolies choses ;))

A bientôt ;))

Écrit par : Ubu | 30/04/2006

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