28/05/2006

Privé de désert ?

 

Et une petite pause de plus,

sous un soleil étrange,

le temps d'être en retard.

 

A vous tous qui passez,

sciemment ou par hasard,

à bientôt.

22:20 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook |

14/05/2006

Blackboard jungle...

 

Un collègue, et un ami, s'est fait agresser ce mercredi non loin de la station de métro qui jouxte l'école. Des élèves de notre établissement et, par la suite, des collègues, se sont interposés entre lui et ses agresseurs. D'autres élèves ont protégé une collègue enceinte qui se trouvait sur les lieux de l'agression.

 

Nous avons tous voulu réagir à ce lâche tabassage. D'abord, dans notre école, les élèves et tous les membres du personnel ont tenu à montrer leur rejet de ces violences gratuites en l'exprimant vendredi en présence des autorités communales et en rappelant leur sympathie pour leur prof agressé. Ensuite, la police a mené l'enquête très rapidement : à tel point que le principal agresseur, originaire du quartier Anneessens,  était identifié vendredi, soit deux jours après les faits. Et relâché peu après l'ordonnance du juge des enfants qui l'envoyait dans une IPPJ : manque de place...

 

Nous avons réagi comme un corps, en refusant la logique de la terreur qu'engendre ces agressions. Nous avons soutenu la victime principale qui, elle-même, refusait de se laisser terroriser par les coups reçus. Nous avons rassuré les élèves effrayés ou choqués et nous avons soutenu les élèves qui avaient réagi, qui réagiront encore. Nous avons réagi comme une école qui estime être un corps, parce que nous serons toujours plus forts que ces minables crapules qui ne commettent leurs méfaits qu'en bande. Nous avons réagi parce que nous ne croyons pas à la misère morale, au fatalisme du milieu, aux propos pontifiants des experts professionnels, aux forcenés du tout sécuritaire comme aux chercheurs d'excuse. Nous avons réagi parce qu'attaquer l'un de nous, c'est s'en prendre à tous.

 

Et puis, nous ne voudrions pas que nos élèves pensent que leurs professeurs, leurs éducateurs, leur chef d'établissement sont des irresponsables, comme Madame Fonck, qui a en charge (mais si peu, nous avons dû le constater) les IPPJ.  Nous ne voudrions pas que nos élèves pensent que l'efficacité des institutions se mesure à l'incompétence d'un quelconque cabinet ministériel, incapable de s'attaquer aux quartiers Chicago qui fleurissent un peu partout. Nous ne voudrions pas que nos élèves aient l'impression que, même lorsque la police agit vite et bien, rien ne peut nous éviter de rentrer dans un mur, faute de responsable politique à la Communauté française, dont notre école dépend pourtant.

 

Et puis, il nous faudra expliquer que nos (ir)responsables politiques autorisent l'enfermement d'enfants sans-papiers mais ne trouvent pas le temps de s'occuper des réelles bandes criminelles qui veulent imposer leur loi de la jungle là même où nous essayons de rappeler les principes de la démocratie. Il nous faudra aussi expliquer à nos jeunes gens, qui ont fait preuve de courage, pourquoi nos politiciens se satisfont très bien d'un système de liste d'attente, y compris pour des agresseurs, certes mineurs, mais très violents et récidivistes. Et pourquoi ce laxisme n'est pas le fruit d'une loi mais simplement le résultat d'une incompétence caractéristique de certaines de nos institutions... Et que les règles, faute de moyens pour les garantir, ne s'appliquent qu'à ceux qui ont la moralité nécessaire pour les respecter.

 

C'est fou tout ce qu'il faudra se résoudre à expliquer à ceux qui osent ne plus se soumettre.

 

Mais nous continuerons à réagir comme un corps.

10:44 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (30) |  Facebook |

Remy Van den Abeele

 

Je suis venu à la peinture debout, de face, sur la pointe des pieds

et je partirai debout, de dos, sur la pointe des pieds.

 

C'était mon grand-père : il est mort ce mardi vers trois heures du matin. Je le remercie de m'avoir fait voir sa vision du monde, peuplé d'objets anodins qu'il savait mettre à l'avant-plan, de m'avoir fait découvrir ses rêves, parfois très étranges.

 

Et puis, surtout, je le remercie d'être resté lui-même depuis que j'ai eu la chance de le connaître.

09:59 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

09/05/2006

Un parfum d'élections...

 

 

Les blogs politiques foisonnent : les futurs candidats se positionnent dans le vide et communiquent avec leur nombril. Bref, ils n'en finissent pas de se prendre pour le centre du monde.

 

Ils ont des avis sur tout : ils ont surtout des avis. Comme s'ils voulaient oublier un instant cette savoureuse définition de l'échange d'idées, donnée par Jean-Jacques Jespers lors d'une semaine infernale : l'élu vient avec ses propres idées et repart avec celles de son président de parti.

 

Nous plaçons souvent en accusation les partis de la majorité pour leur inefficacité, leur inertie, leur manque d'à-propos : ces remarques pourraient tout aussi bien être adressées à ceux de l'opposition. D'autant que dans notre petit pays, tout parti démocratique  - n'évoquons même pas les cinglés, les gugusses et les haineux - se retrouve dans une quelconque majorité...

 

Ces blogs politiques, disais-je avant de m'interrompre moi-même dans une de ces digressions qui me vaudra un jour un face à face avec mon propre reflet, pour peu que je me lance dans l'acquisition d'un miroir de bonne taille, ces blogs témoignent d'une incapacité : leurs tenanciers avouent qu'ils ne sont plus des responsables, des décideurs et qu'ils se sont mués en objets de communication, comme de quelconques lessives.

 

Il y a quelque chose de malsain à voir un élu commenter une actualité dont il devrait être l'acteur principal : je ne peux m'empêcher de songer au boulangisme, qui est né d'une crise du parlementarisme. Une autre idée me turlupine aussi : ces babilleurs de fond sont les garants de la démocratie que je défends...

 

Une institution donne les preuves de son inefficacité lorsqu'elle n'assure que la pérennité de sa propre existence. Chers politiciens, si vous cessiez un peu de communiquer à tort et à travers. Vos états d'âme m'importent peu, vos inaugurations de patronnage me laissent froid, votre logorrhée m'insupporte, vos petites querelles bâtardes m'agacent, votre mesquinerie et votre campanilisme m'exaspèrent : ce n'est pas pour cela que je vote.

 

Je vote parce que c'est nécessaire. Malgré vous...  

05:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

 

 

Le petit séjour que j'évoquais dans le post précédent s'est bien conclu, en dépit de quelques frottements. Si mes élèves n'ont manifestement pas l'habitude de la cambrousse et du plein air, les autochtones en sont encore à s'étonner de l'existence d'allochtones, comme on dit.

 

C'est assez prodigieux : nous vivons prétendûment une ère de la communication où l'information devrait se propager dans sa diversité et sa variété, au détriment, supposons-le, des préjugés qui nous enracinent. Et puis, non : le moindre visage un rien buriné excite une sorte de méfiance, comme si une réputation toute faite attendait mes jeunes gens où qu'ils aillent. De même, les cheveux un peu longs et blonds des élèves d'un autre établissement ont engendré une certaine méfiance auprès de mes têtes blondes : méfiance qui céda bientôt à un certain intérêt lors des danses, surtout les slows, de la fête finale.

 

L'un ou l'autre imbécile institutionnel - ce devait être Malraux un soir de cuite - avait sorti que le vingt-et-unième siècle serait spirituel : je crains qu'il ne reste celui de ceux qui sont nés quelque part, parce qu'ils ont la trouille de dépasser leurs propres horizons, parce qu'ils plongent dans les complots de leur propre peur, parce qu'ils craignent leurs zones d'ombre.

 

Tout le monde ne peut pas se déplacer avec sa tour d'ivoire portative.

04:39 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

03/05/2006

Puisque vous partez en voyage...

 

Pas un voyage, une escapade.

De retour ce vendredi.

11:00 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |