11/07/2006

Man on the moon...

 

 

Bref, je m'éclipse

pour une bonne quinzaine de jours.

 

A bientôt.

00:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : absence, lune |  Facebook |

10/07/2006

Un envoûtement ?

 

Il doit y avoir un brin de sorcellerie là derrière : enfin, lorsque je dis derrière, je n'évoque malheureusement pas les atouts postérieurs de demoiselles sautillantes qui voudraient nous convaincre que leur filet de voix coule de source, comme si leur gymnastique n'avait pour origine les conseils avisés d'un producteur en recherche de la rentabilité maximale. Et puis de toutes façons, j'ai déjà évoqué ces chanteuses à regarder, volume coupé de préférence. N'est pas Alison Moyet qui veut : et vous ne pensiez tout de même pas que j'allais laisser filer mon post précédent.

 

Au fond, on peut toujours trouver de pires occasions de râler quand, comme moi-même, on s'écarte des phénomènes de foire médiatique à longueur d'année pour replonger avec circonspection - et avec la perplexité de l'ancien bébé qui se demande encore s'il choisirait la tétine ou le téton, angoissant dilemme déjà révolu -  dans ces émissions à haut potentiel culturel où la recherche du point G constitue, me dit-on, l'essentiel du suspens : alors que je sais depuis toujours que ce dernier devrait se situer entre les points F et H, tant la nature est bien faite, et certaines encore mieux que d'autres... Bref, le type de télévision qui vous ferait adorer tous ces ahuris qui jouent à aller chercher la baballe et frétillent de tous leurs membres  - les shorts ont parfois de ces surprises - lorsque la baballe en question retourne sagement dans sa cage...

 

Là où ces sports spectaculaires rejoignent, dans la crétinerie confite, les exhibitions saumâtres de la télé réalité, c'est dans ce dolorisme expiatoire, cette exhibition de la douleur qui rendent la performance intéressante. L'événement ne se crée que sur une souffrance, effective ou supposée et nous adorons voir les brimades, comme si ces misères, bien factices, nous égaraient loin des peines à vivre bien réelles. Le spectacle, avec toutes ses prises de distance, avec tout son decorum, plante ses exemples comme autant de crocs dans notre espace de cerveau disponible. Mieux, il va même jusqu'à justifier nos bobos sans conséquence et à nous permettre d'en parler à loisir, au gré du sadisme de l'interlocuteur et du masochisme de ces fameux témoins, qui se falsifient d'eux-mêmes.

 

Loin de là, il y a ces réalités pénibles, ces instants où la souffrance devient légitime en soi, ces douleurs qui continuent à suinter comme des vraies plaies, et non comme ces blessures aux cicatrices d'autant plus esthétiques qu'elles manquent décidément de profondeur. Ces plaies, permanentes, il nous faut apprendre à les vivre parce qu'elles font partie de nous, quand bien même elles nous seraient insupprotables. Elles constituent notre personnalité, au-delà de nous mêmes, mais ne seront jamais un de ces spectacles où l'animateur intrusif transforme ce qui nous reste personnel en aventure commune. Elles ne sont pas dignes d'une exhibition : nous valons mieux que cela.

 

Nous cédons parfois à l'envoûtement de la peine : comme si la compassion tenait lieu de sympathie. Mais nous confondons notre pitié, ce complexe de supériorité, avec la simple humanité qui pourrait encore nous faire ressentir une émotion personnelle, qui ne soit pas un stéréotype, pour un individu,  malgré ce qu'il a vécu et non parce qu'il l'a vécu.  

 

Si ma voisine était une sorcière, je me garderais de la dénoncer, de crainte de la voir exhibée au pilori de nos regards incompréhensifs : parce que le spectateur se gorge tant du spectacle, s'y réfère tellement qu'il ne désire y voir que le reflet de sa propre cruauté dans des larmes de mauvaise comédie. Et ses désirs d'expiation l'emportent sur la simple humanité.

 

Parce qu'il y a davantage de juges que d'amis...

 

 

13:45 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : douleur, jugement, spectacle |  Facebook |

09/07/2006

Nostalgie du retour

 

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07:40 Écrit par Ubu dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ballade, nostalgie |  Facebook |

07/07/2006

Artiste dégagé

 

Je déteste les oeuvres à message : sans doute parce que ma boîte aux lettres ne digérerait pas ces monceaux de papier sur lesquels s'égarent des logorrhées inconsistantes. Et puis, il y a cette fraude qui consiste à discuter de ce que l'on ignore sous prétexte qu'un rien de notoriété ou qu'un vague article ont attiré l'attention sur l'extinction de la chevêche dorée de Patagonie orientale, les ongles réincarnés du Dalaï-Lama ou une quelconque busherie ouverte même le dimanche.

 

Notre mode de conception de l'individu prétend de plus en plus à l'intrusion : si l'idée n'est pas neuve, elle se radicalise. Entre l'animateur de télévision manipulateur selon lequel l'interview d'un politicien se résume à un "Est-ce que sucer c'est tromper ?", le polygraphe qui vient parler de l'air du temps et le people (anglicisme pour "personnage sans intérêt) qui nous révèle sa recette du lapin chasseur ou de la brouette suédoise, les écrans et les librairies regorgent de produits aussi jetables qu'émouvants.

 

Ah, ces romans de l'été, fondés sur des complots faisandés, ces mémoires de gens dont nous ne nous souviendrons plus d'ici peu, ces romanquêtes qui se prétendent en prise avec l'actualité, comme si les journalistes-philosophes-éditorialistes dijonctaient à courant continu : le fou Hallier les jetait dans le temps et choquait, parce que ce geste  rappelait des autodafés nauséeux. Et pourtant, quand l'art en série prétend cataloguer mes émotions sous cette forme de rayons réassortis à chaque rentrée, l'envie me vient d'expédier un grand coup de pied dans ces piles de nouveautés qui sentent le rance, dans cette littérature qui pue la transpiration, dans ces inepties qui me pousseraient à lire le bottin, puisque lui au moins ne cède pas au nombrilisme de ces vaniteux personnages qui prétendent avoir quelque chose à dire. Et toute ressemblance entre l'auteur de ces lignes et les susdits ne serait que le fruit d'un pur hasard, particulièrement malencontreux et malveillant.

 

Si je désire être ému, ce qui m'arrive encore, je ne veux pas l'être par ces ficelles de médiocre qualités qui nous entravent dans leur dictature de la facilité. Un spectacle, un livre, un film, une peinture me touchent lorsqu'ils s'assument en tant que tels et parviennent, presque par inadvertance, à atteindre l'authenticité de leur discours ou à susciter mon petit plaisir qui, je l'avoue, prend parfois des détours étrangement pervers.

 

Pour le reste, toutes ces oeuvres qui seraient censées me parler aux tripes, je crains qu'elles ne sautent une étape pour transiter directement par mes intestins.

 

Au fond, s'emmerder, c'est aussi manifester ses émotions...

13:05 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : art, emotion |  Facebook |

06/07/2006

Les lauriers sont coupés

 

La chaleur me jouerait-elle des tours ? Il me semble que cette ouverture d'été propose d'affriolants plumages sous les caresses du soleil et les fourmillements de mes doigts.

 

La question, je me la pose à chaque retour du soleil, avec ce machisme que mes origines méditerranéennes m'ont légué, de même qu'un teint bruni et un système pileux facial à déconcerter un lévrier afghan. Je vais devoir me hâter de me poser la question que j'évoquais plus haut, sous peine de devoir fournir des réponses à d'autres que je me poserais ou, pire encore, que vous vous poseriez à propos de ma bonne santé mentale. Je disais donc, avant d'être grossièrement interrompu par moi-même lors d'un de ces discours qui prolongent mes soirées d'hiver au moins jusqu'au printemps, que je me posais la question qui suit et qui finit par arriver : pourquoi ces charmantes passantes n'arpentent-elles pas les autres saisons ?

 

Désirent-elles le renfort de doux rayons pour enfin voir les hommes faire la roue devant leurs appas ? Se préoccuperaient-elles trop de leurs multicouches anifrimas, de leurs rhumes (ah, donne du rhume à ton homme, hum !) ou de leurs gercures ? Ou bien, encore, craindraient-elles que les ravages du temps qu'il fait nous rendent plus attentifs aux traces du temps qui passe ?  Et l'homme, le mâle, de pousser ses contre-ruts de circonstance...

 

Le charme ne tient pas aux saisons : il est perpétuel. Mais le goût de la beauté nous revient lorsque les jours s'allongent et lorsque le farniente nous rappelle à l'essentiel. Le goût des plaisirs qui se savourent, fût-ce de manière furtive, nous évoque déjà leur saveur future, à ce moment prochain où leur souvenir nous reviendra sous les yeux, comme si un rendez-vous d'alcôve se répétait chaque été, en pleine lumière, dans les fragrances des inconnues qui passent.

 

Quant à Lucie Laurier, je la verrais bien suivie par Dino Risi ou Charles Denner, jolie passante qui s'approprie les allées de nos tropiques de la mémoire.

17:24 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : sensualite, cinema |  Facebook |