11/11/2009

Mak'Em laugh

11:56 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/01/2007

Le chant du départ

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Décidément, les difficultés rencontrées avec Skynet ne cessent de m'exaspérer : maintenant, il faudrait désactiver certaines fonctions de mon antivirus pour pouvoir laisser un commentaire sur un blog...  De l'inédit pour une plateforme de blog !  Je m'échappe avant de devoir, d'ici peu, poster en ayant un pied sur ma chaise et en tapotant de mon gros orteil gauche un clavier qui ne supposait pas, dans ses journées d'usine, qu'il puisse subir un tel sort, le tout en traçant des pentacles avec une plume d'oie vissée dans la bouche.

 

Donc, je me suis reproduit (virtuellement, je vous rassure) et j'ai terminé les petits travaux de mon autre blog, qui se trouve ici.

 

Alors, si vous désirez me rendre une petite visite, mettez vos liens à jour.

 

Ubucasa, le retour...

 

04:15 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : depart definitif, skynet |  Facebook |

05/01/2007

 

 

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La nouvelle année est à la fois l'époque des hommages et celle des résolutions : comme si faire relever d'un fugitif patrimoine ce que nous avons dédaigné de réaliser l'année précédente nous absolvait de tout ce que nous n'oserons commettre dans les mois prochains.

 

Les tentations romantiques s'abreuvent de paysages idéaux : le sentiment de solitude y gagne le plaisir de l'isolement et la sensation d'être dépassé éprouve le plaisir délicat de flirter avec les anges, qui, c'est désolant, n'ont pas de sexe. Même l'inquiétude se pare de métaphysique devant ces espaces infinis dont le silence effraie, comme le disait le bon Blaise un jour que sa brouette s'était embourbée au détour d'un sentier.

 

Nous avions pris l'habitude de rêver face à ce qui nous écrasait, grâce au fugitif instant de possession qui nous permettait de nous acclimater à ce que nous nous contentions de regarder : l'art même recréait des paysages épurés, égocentriques ou inconscients.  Admirer nous semblait plus qu'une tendance : une nécessité.

 

Et puis, le prosaïsme reprend ses droits : comment rêver de l'infini quand le rideau de douche se décroche, quand le doux chant des klaxons ou des réveils en fanfare nous tient lieu de bruissement dans les branches de sassafras ? Comment rêver à hauteur d'homme, ou de femme me dirait le cochon insomniaque que je semble abriter, non mais il n'y a pas de raison que l'érotomane hiberne ? Heureusement.

 

Enfin, tout ceci pour vous dire, cher lecteur, mon semblable, mon frère (-Et ta soeur ?  -Oui, aussi.) que je te souhaite des rêveries à ta mesure, loin de charmes frelatés du calendrier des postes,  de la télé-réalité ou des illusions préformatées vendues en solde, des rêveries où tout ce que tu désireras te semblera possible, des rêveries sans aigreur ni frustration.

 

Bref, je te souhaite une année de rêve.

15:39 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : annee, reve |  Facebook |

29/12/2006

Prise de risque, prise de responsabilité.

ava gardner

 

¨Plus sérieusement, un brin de réflexion en cette saison où l'herbe prend la triste habitude de se coucher tôt.

 

L'ambiance que nous nous infligeons, en permanence, nous oblige à slalomer entre angoisse et culpabilité. Notre angoisse est sollicitée par tous ces soucis quotidiens qui nous assaillent et, pire encore, par la peur d'avoir peur. Qui oserait encore établir la liste de ses peurs sans frémir et devoir recourir à un rouleau de PQ grand format, et triple épaisseur puisque c'est plus doux pour les fesses ?

 

La prohibition rejoint en cela la vieille culpabilité des monothéismes : en gros, puisque tu as le choix, tu es coupable si tu ne suis pas nos injonctions puisque nous, divinité(s), la produisons pour ton bien. Et tout risque devait ainsi s'envisager sous l'angle de la faute, à moins de se borner à un conformisme de bon aloi. Et toute dénonciation ou surcompensation se voyait cataloguée sous l'appelation contrôlée de blasphème ou d'hérésie : même un catarrhe vous envoyait ad patres.

 

Je me souviens avoir lu, dans une quelconque tribune, l'avis d'un professeur de morale qui affirmait, avec un certain aplomb, que l'interdit est un fondement essentiel de toute société humaine. J'avoue ma perplexité : en fait, ma cigarette en a fait des volutes avec une autonomie qui n'impliquait pourtant pas qu'elle. "Quelque chose avait dû m'échapper", me disais-je en me massant la brûlure qui, c'était manifeste, m'interdisait de me concentrer sur autre chose que sur ma mimine avariée et sur la ronde des jurons qui soulagent toujours dans ce cas-là.

 

J'avoue ne plus comprendre : aux culpabilités religieuses, qui sacralisent ce qui ne se voit pas mais est partout (- Un peu comme le sucre dans le café ? - Et si tu cessais ces digressions qui t'empêchent d'arriver à bon port ?), voici qu'un nouvel ordre nous impose ses interdits. Vous me direz (osez seulement !) qu'il y a des choses anodines, que de mauvais choix nous nuisent et que l'on gagne une minute de clarté depuis le début de l'hiver qui, sans me vanter, est bien doux pour la saison. Vous répondrais-je que ce n'est pas le sujet ?

 

Oui, je persiste et signe : j'aime la vie parce qu'elle me pousse à prendre des risques, plus ou moins calculés, parce qu'elle me rappelle que j'exerce ma responsabilité, y compris lorsque mes choix sont contestables, parce qu'elle me permet de me tenir à ceux qui m'entourent et à moi-même des discours dérisoires et polymorphes. J'aime tous ces plaisirs dont je prends conscience sans m'en sentir coupable ; et je n'accepte que les contraintes engendrées par un conflit moral, et pas au nom d'une prétendue mesure de précaution, d'une prohibition quelconque ou d'une préservation de valeurs qui perdent tout intérêt dès lors qu'on les transgresse en prétendant les défendre.

 

L'interdit est l'expression de celui qui croit avoir raison : à partir du moment où il s'est exprimé, il cesse de penser aux enjeux de ses actes. Il impose des gestes réflexes et amène ceux qui l'entourent à se comporter comme des chiens de Pavlov. L'interdit devient un conditionnement quotidien : plus personne ne se pose la question de savoir si ses actions ou ses paroles sont nécessaires ou peuvent blesser puisque c'est interdit, de toutes façons. En serions-nous arrivés à tel degré d'infantilisation que le catalogue des lois et autres préceptes doivent nous imposer une procédure complète pour chacun de nos actes quotidiens ? Serions-nous parvenus à perdre tout respect de nous-mêmes, toute confiance en nos choix ?

 

Je préfère laisser les pisse-froids en causer entre eux. En attendant, je pars en toute liberté dans un petit rêve, assis aux côtés d'Ava Gardner et j'applique, entre autres assuétudes qui me permettent de briser le rythme du temps,  cette théorie marxiste (de Chico, cette fois) : Faites asseoir un homme une heure à côté d'Ava Gardner, il pensera que ça a duré une minute. Asseyez-le une minute sur un calorifère brûlant, il croira que ça a duré une heure... C'est cela la relativité.

 

Je pense que cela devrait durer des jours entiers.

15:12 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : liberte, prohibition |  Facebook |

Blog toujours autorisé aux non-fumeurs...

Prohibition

 

Comme je l'avais indiqué précédemment, la casa de maître Ubu reste accessible aussi aux non-fumeurs et à leurs amis. La législation de quelque sinistre fumiste en panne de frustration étriquée n'est pas parvenue à m'ôter l'envie d'accueillir qui je veux où je veux. Et de sourire en technicolor ou en sépia.

 

Vous ne m'en voudrez pourtant pas de refuser, précautions obligent, les baisers étriqués et les embrassades sèches de ces quelques lippes qui parviennent à faire la moue et la gueule en même temps.

 

Make'm laugh ! 

14:13 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fumeur, fumiste |  Facebook |

12/12/2006

Et la terre, elle a continué de tourner ?

terre

 

Serait-ce un retour ? Allez savoir ! Mais le comptoir du Père Ubu (pas la gazette torchecul, le comptoir virtuel) commençait à me manquer : et puisqu'il devenait paradoxal que je me manque à moi-même...

 

Me voici interrompu en pleine tournée d'adieux : sans doute mon manager n'aurait-il pas dû emprunter un combi VW pour nos agapes vespérales. Il paraît que le produit n'est plus suivi depuis qu'un gérant de fonds de pension, quelconque forcément, a estimé que la nostalgie soixante-huitarde n'était plus d'actualité. M'enfin : il me semblait pourtant que cette nouvelle guerre de la golf n'était qu'un faible moyen de rappeler les tueurs du Brabant à la rescousse. Surtout qu'avec la prétention de réécrire l'histoire, certains vont finir par les présenter comme des chevaliers de l'Occident en déroute : la crapule admire la crapule.

 

A propos de dépôt d'ordures pas assez clandestin, Pinochet, le dictateur qui amuse les enfants (comme le rappelait un autre Pierre, ce joli nom ne contient-il pas un hochet de bonne facture ? Le problème, c'est que je ne m'appelle pas Pierre et que je préfère les maracas, ce qui reste mon affaire, vous en conviendrez) a cassé sa pipe : il paraîttrait que Fidel Castro en aurait fait sous lui de contentement et que Chavez aurait consulté son propre cardiologue. Les vieillards de la terreur laissent la place à de jeunes loups : un peu comme si on déménageait la décharge de Mellery au milieu d'une école maternelle.

 

A propos d'école, justement, un opération Schtroumpfs y serait envisagée : Dewael, notre ministre de l'intérieur,  a trop regardé un flic à la maternelle, un peu comme ce syndicat de commissaires de police français (qui vient de se ramasser une gamelle aux élections professionnelles) surnommé le Schtroumpf, justement. Je conseillerais également le rétablissement des bagnes pour enfants, la militarisation des scouts et la transformation des voyages de rhétos en séjour au goulag. Tant qu'à faire, je vais regretter mes vieillards de la terreur des années 80, quand le monde entier craignait qu'une des momies soviétiques ou que le crétin de la Maison Blanche (Reagan, rappelez-vous) appuie sur le fichu bouton.

 

Au fond, puisque la terre n'arrête pas de tourner, on vit une époque formidable.

10:44 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualite, nostalgie, pinochet, dewael |  Facebook |

12/10/2006

 

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En fait, j'avais toujours dit que je serais ici ou là. Pour ici, c'est fini : j'ai horreur des spams, des publicités envahissantes et des lourdeurs de Skynet. Je maintiens ce blog le temps de rapatrier les liens, les textes et les jolis dessins.
 
Dès à présent, je reposte .
 
A bientôt

20:01 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/08/2006

Fin du voyage...

 

Deux ans passés sur les blogs et de nombreuses expériences. Quelques engueulades, de beaux moments de plaisirs, des talents rencontrés, des personnalités croisées.

 

Des univers politiques, poétiques, photographiques et musicaux dans lesquels j'appréciais de me perdre et où il n'est pas dit que je ne continuerai pas de fureter, en ombre de l'ombre que je me plais à rester, dans les quelques blogs amis où je prendrai encore du plaisir à passer.

 

Mon blog m'a toujours semblé ne servir à rien : ce n'était pas pure coquetterie de ma part mais simplement que je n'y voyais qu'un loisir agréable, un terreau d'échanges limités à la sphère virtuelle, une des bulles que je continue de me ménager, comme autant de rêves de savons qui échappent aux jours monotones . Mon blog ne servait donc à rien et c'était tant mieux.

 

Je m'en vais donc poursuivre les étoiles dans mes jardins de rêves, me gorger de musiques choisies sur un autre site provisoire, m'évader sur des notes bleues pour lesquelles je ne craindrai pas de portée.

 

Alors, Fun, Hariane, Epi, Imagine, Paikanne, Zelda, Serge, Maugus, Prométhée, Rhadamanthe, Gregg, Duke, Tony, JLC, Kusquo, Pélerin, FC, Xian et tous les autres, je vous dis : "A tôt ou tard"

 

 

Et à bientôt.

23:18 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : depart, fin, blog |  Facebook |

10/07/2006

Un envoûtement ?

 

Il doit y avoir un brin de sorcellerie là derrière : enfin, lorsque je dis derrière, je n'évoque malheureusement pas les atouts postérieurs de demoiselles sautillantes qui voudraient nous convaincre que leur filet de voix coule de source, comme si leur gymnastique n'avait pour origine les conseils avisés d'un producteur en recherche de la rentabilité maximale. Et puis de toutes façons, j'ai déjà évoqué ces chanteuses à regarder, volume coupé de préférence. N'est pas Alison Moyet qui veut : et vous ne pensiez tout de même pas que j'allais laisser filer mon post précédent.

 

Au fond, on peut toujours trouver de pires occasions de râler quand, comme moi-même, on s'écarte des phénomènes de foire médiatique à longueur d'année pour replonger avec circonspection - et avec la perplexité de l'ancien bébé qui se demande encore s'il choisirait la tétine ou le téton, angoissant dilemme déjà révolu -  dans ces émissions à haut potentiel culturel où la recherche du point G constitue, me dit-on, l'essentiel du suspens : alors que je sais depuis toujours que ce dernier devrait se situer entre les points F et H, tant la nature est bien faite, et certaines encore mieux que d'autres... Bref, le type de télévision qui vous ferait adorer tous ces ahuris qui jouent à aller chercher la baballe et frétillent de tous leurs membres  - les shorts ont parfois de ces surprises - lorsque la baballe en question retourne sagement dans sa cage...

 

Là où ces sports spectaculaires rejoignent, dans la crétinerie confite, les exhibitions saumâtres de la télé réalité, c'est dans ce dolorisme expiatoire, cette exhibition de la douleur qui rendent la performance intéressante. L'événement ne se crée que sur une souffrance, effective ou supposée et nous adorons voir les brimades, comme si ces misères, bien factices, nous égaraient loin des peines à vivre bien réelles. Le spectacle, avec toutes ses prises de distance, avec tout son decorum, plante ses exemples comme autant de crocs dans notre espace de cerveau disponible. Mieux, il va même jusqu'à justifier nos bobos sans conséquence et à nous permettre d'en parler à loisir, au gré du sadisme de l'interlocuteur et du masochisme de ces fameux témoins, qui se falsifient d'eux-mêmes.

 

Loin de là, il y a ces réalités pénibles, ces instants où la souffrance devient légitime en soi, ces douleurs qui continuent à suinter comme des vraies plaies, et non comme ces blessures aux cicatrices d'autant plus esthétiques qu'elles manquent décidément de profondeur. Ces plaies, permanentes, il nous faut apprendre à les vivre parce qu'elles font partie de nous, quand bien même elles nous seraient insupprotables. Elles constituent notre personnalité, au-delà de nous mêmes, mais ne seront jamais un de ces spectacles où l'animateur intrusif transforme ce qui nous reste personnel en aventure commune. Elles ne sont pas dignes d'une exhibition : nous valons mieux que cela.

 

Nous cédons parfois à l'envoûtement de la peine : comme si la compassion tenait lieu de sympathie. Mais nous confondons notre pitié, ce complexe de supériorité, avec la simple humanité qui pourrait encore nous faire ressentir une émotion personnelle, qui ne soit pas un stéréotype, pour un individu,  malgré ce qu'il a vécu et non parce qu'il l'a vécu.  

 

Si ma voisine était une sorcière, je me garderais de la dénoncer, de crainte de la voir exhibée au pilori de nos regards incompréhensifs : parce que le spectateur se gorge tant du spectacle, s'y réfère tellement qu'il ne désire y voir que le reflet de sa propre cruauté dans des larmes de mauvaise comédie. Et ses désirs d'expiation l'emportent sur la simple humanité.

 

Parce qu'il y a davantage de juges que d'amis...

 

 

13:45 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : douleur, jugement, spectacle |  Facebook |

07/07/2006

Artiste dégagé

 

Je déteste les oeuvres à message : sans doute parce que ma boîte aux lettres ne digérerait pas ces monceaux de papier sur lesquels s'égarent des logorrhées inconsistantes. Et puis, il y a cette fraude qui consiste à discuter de ce que l'on ignore sous prétexte qu'un rien de notoriété ou qu'un vague article ont attiré l'attention sur l'extinction de la chevêche dorée de Patagonie orientale, les ongles réincarnés du Dalaï-Lama ou une quelconque busherie ouverte même le dimanche.

 

Notre mode de conception de l'individu prétend de plus en plus à l'intrusion : si l'idée n'est pas neuve, elle se radicalise. Entre l'animateur de télévision manipulateur selon lequel l'interview d'un politicien se résume à un "Est-ce que sucer c'est tromper ?", le polygraphe qui vient parler de l'air du temps et le people (anglicisme pour "personnage sans intérêt) qui nous révèle sa recette du lapin chasseur ou de la brouette suédoise, les écrans et les librairies regorgent de produits aussi jetables qu'émouvants.

 

Ah, ces romans de l'été, fondés sur des complots faisandés, ces mémoires de gens dont nous ne nous souviendrons plus d'ici peu, ces romanquêtes qui se prétendent en prise avec l'actualité, comme si les journalistes-philosophes-éditorialistes dijonctaient à courant continu : le fou Hallier les jetait dans le temps et choquait, parce que ce geste  rappelait des autodafés nauséeux. Et pourtant, quand l'art en série prétend cataloguer mes émotions sous cette forme de rayons réassortis à chaque rentrée, l'envie me vient d'expédier un grand coup de pied dans ces piles de nouveautés qui sentent le rance, dans cette littérature qui pue la transpiration, dans ces inepties qui me pousseraient à lire le bottin, puisque lui au moins ne cède pas au nombrilisme de ces vaniteux personnages qui prétendent avoir quelque chose à dire. Et toute ressemblance entre l'auteur de ces lignes et les susdits ne serait que le fruit d'un pur hasard, particulièrement malencontreux et malveillant.

 

Si je désire être ému, ce qui m'arrive encore, je ne veux pas l'être par ces ficelles de médiocre qualités qui nous entravent dans leur dictature de la facilité. Un spectacle, un livre, un film, une peinture me touchent lorsqu'ils s'assument en tant que tels et parviennent, presque par inadvertance, à atteindre l'authenticité de leur discours ou à susciter mon petit plaisir qui, je l'avoue, prend parfois des détours étrangement pervers.

 

Pour le reste, toutes ces oeuvres qui seraient censées me parler aux tripes, je crains qu'elles ne sautent une étape pour transiter directement par mes intestins.

 

Au fond, s'emmerder, c'est aussi manifester ses émotions...

13:05 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : art, emotion |  Facebook |

06/07/2006

Les lauriers sont coupés

 

La chaleur me jouerait-elle des tours ? Il me semble que cette ouverture d'été propose d'affriolants plumages sous les caresses du soleil et les fourmillements de mes doigts.

 

La question, je me la pose à chaque retour du soleil, avec ce machisme que mes origines méditerranéennes m'ont légué, de même qu'un teint bruni et un système pileux facial à déconcerter un lévrier afghan. Je vais devoir me hâter de me poser la question que j'évoquais plus haut, sous peine de devoir fournir des réponses à d'autres que je me poserais ou, pire encore, que vous vous poseriez à propos de ma bonne santé mentale. Je disais donc, avant d'être grossièrement interrompu par moi-même lors d'un de ces discours qui prolongent mes soirées d'hiver au moins jusqu'au printemps, que je me posais la question qui suit et qui finit par arriver : pourquoi ces charmantes passantes n'arpentent-elles pas les autres saisons ?

 

Désirent-elles le renfort de doux rayons pour enfin voir les hommes faire la roue devant leurs appas ? Se préoccuperaient-elles trop de leurs multicouches anifrimas, de leurs rhumes (ah, donne du rhume à ton homme, hum !) ou de leurs gercures ? Ou bien, encore, craindraient-elles que les ravages du temps qu'il fait nous rendent plus attentifs aux traces du temps qui passe ?  Et l'homme, le mâle, de pousser ses contre-ruts de circonstance...

 

Le charme ne tient pas aux saisons : il est perpétuel. Mais le goût de la beauté nous revient lorsque les jours s'allongent et lorsque le farniente nous rappelle à l'essentiel. Le goût des plaisirs qui se savourent, fût-ce de manière furtive, nous évoque déjà leur saveur future, à ce moment prochain où leur souvenir nous reviendra sous les yeux, comme si un rendez-vous d'alcôve se répétait chaque été, en pleine lumière, dans les fragrances des inconnues qui passent.

 

Quant à Lucie Laurier, je la verrais bien suivie par Dino Risi ou Charles Denner, jolie passante qui s'approprie les allées de nos tropiques de la mémoire.

17:24 Écrit par Ubu dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : sensualite, cinema |  Facebook |