18/04/2006

Prise de risque ?

Je me demande si c'est vraiment une bonne idée d'emprunter cet hélicoptère d'occasion pour retourner au boulot. Enfin, c'est sans doute ce que l'on appelle une reprise aérienne.

 

A bientôt

04:47 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Un nouvel hélicoptère ?

De retour ? Allez savoir : l'envolée se poursuit et j'ai du mal à mettre pied à terre, vu la taille de la marche.

 

Des événements en vrac, des intimes et d'autres, qui poussent la vie. Et comme je n'ai pas vraiment l'habitude de parler de ce qui est intime, et le reste par la force des choses...  Mettons que l'envie de lézarder a tiré profit des quelques rayons de soleil, parfois autour de minuit, comme si la carcasse se refusait à se secouer, même virtuellement.

 

Des rages froides : René Haquin qui s'en va et les tueries du Brabant qui restent toujours inexpliquées. Si le prestige d'un pays se mesurait à son mystère, nous nous retrouverions parmi les premiers : la gloire des brumes, en quelque sorte...  

 

Des surpises agréables, il y en eut.  Berlusconi aurait raté sa sortie, de très peu il est vrai. L'inflexible Villepin, avec son panache obsolète, qui masque mal ses oeillères cassantes, aurait retiré ce CPE inepte, d'autant plus inepte sans doute que ce n'est pas la flexibilité qui  pourvoit à la richesse d'un pays, ou alors je n'ai strictement rien pigé au consumérisme ambiant, ce qui est bien possible. Enfin, au moins, ces deux événements rappellent qu'il n'est pas inutile de se manifester et de voter : même si l'institution bouge lentement et parvient à noyer souvent le poisson, elle ne peut rester insensible à l'opinion publique malgré tout. Et puis, il faudrait que nos chers élus, même ceux pour lesquels on n'a pas voté, s'habituent à se voir réclamer des comptes sur leurs activités, sur toutes les activités... Quant à nous, il nous faut sans doute nous souvenir que le système démocratique est probablement le moins pire parce qu'il permet des contrôles séparés, pour autant que nous acceptions de faire preuve de vigilance civique, c'est-à-dire de refuser les clichés de ceux qui ne réfléchissent plus parce qu'ils ont le pouvoir et de ceux qui ne réfléchissent qu'au pouvoir qu'ils désirent imposer.

 

Les sans papiers se manifestent un peu partout, avec des choix de lieux d'asile surprenants : certaines maisons de la laïcité et des mosquées s'y mettent. J'avoue que je rêve parfois de sénateurs qui offriraient un asile, ce qui nous sortirait peut-être de nos histoires de fous : au fond, un sénateur français ne s'était-il pas lancé dans une grève de la faim pour lutter contre la délocalisation d'une usine dans son patelin ? Mais d'ici que l'on reconnaisse les sans papiers pour ce qu'ils sont, que l'on admette les risques pris pour arriver dans "notre" pays et les risques encourus si certains d'entre eux retournent dans un là-bas où il ne reste parfois plus rien...  Serais-je le seul à me rappeler ces Africains bloqués illégalement dans la zone de transit de Zaventem ? Serais-je le seul à me poser des questions sur la légitimité de ces décisions, dont la justification me laisse perplexe ? Apparemment pas : je regrette simplement que ce genre de fait de société, comme bien d'autres, ne deviennent pas de réelles affaires d'Etat. Au fait, les sans papiers ne votent pas...

 

Je ne vais pas davantage évoquer l'agression de la gare centrale : au-delà de la tragédie individuelle, elle n'est qu'un rappel de cette délinquance ancienne qui ne cesse de se perpétuer. Dérisoire, cette vie que nous pensions placée au sommet : comme si le sang ne s'inscrivait que dans sa valeur marchande. Oh, bien sûr, il s'est trouvé l'habituel expert confit dans sa suffisance pour nous asséner la sempiternelle antienne du cinéma et de la télévision qui véhiculent leur lot de violence...  J'ai toujours jugé très étrange cette tendance à accuser le miroir de refléter ce qui existait bien avant lui : la peur et la violence sont omniprésentes dans nos rapports sociaux, et tout le reste aussi... Et la rage aussi, face à un meurtre qui transforme la victime en objet encombrant : ce n'est pas une attitude si inédite que cela. Cherchez bien.  

 

Ce monde a ses horreurs et ses beautés, ses enchantements et ses coups de sangs, ses vraies misères et ses frustrations passagères : il n'est fait que de contrastes. J'aimerais de temps en temps qu'il s'arrête de tourner mais c'est un peu difficile : c'est parce que nous sommes tous les deux en mouvement, lui et moi, que nous parvenons peut-être à jouer de concert. A condition que je ne descende pas en marche de mon hélicoptère.

04:41 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

07/04/2006

Un hélicoptère dans la tête ?

 

Je reviens.

Enfin, je crois.

02:21 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

26/03/2006

Le grand silence

De retour au début du mois d'avril,

pour d'autres silences expressifs.

 

Amusez-vous bien !

21:25 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

19/03/2006

Les journalistes

Il y a des bonnes nouvelles qui me permettent des atterrissages en douceur : le tome 3 du Combat ordinaire vient de paraître. Même s'il est nettement moins touchant que le précédent et s'il sent un peu trop la transition forcée, il prend le temps de s'installer.

 

Autre bonne nouvelle : la découverte du blog de John-Paul Lepers, journaliste citoyen dont l'enquête sur Bernadette Chirac fut censurée. Une petite piqûre de rappel pour ceux qui ne croyaient plus dans une presse libre, qui me permet également de saluer les journalistes qui font encore leur boulot avec honnêteté, malgré les contraintes commerciales et les pressions de tous ordres.

18:50 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Attention, blog fumeur

Nous rappelons à notre aimable lectorat

que ce blog est fumeur est entend le rester.

Il vous est donc toujours loisible

de boire un verre,

de manger un morceau,

 de tousser, d'éternuer,

de fumer et même de ne pas fumer

en le parcourant.

En fait, vous pouvez faire ce que vous voulez,

Humphrey et Ubu n'exigent aucun compte.

 

Toute ressemblance avec la vie réelle

devient de plus en plus fortuite.

17:58 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

Au nom de la loi ?

 

Comme je ne le disais pas, avant d'être grossièrement interrompu par moi-même, nous vivons une époque formidable : une époque de mises en boîte et de grandes trouilles.

 

La peur est partout : "La France a peur, disait Roger Gicquel avant de gicler de son fauteuil de joyeux animateur de la messe de l'info. Nous souririons presque si, sans cesse, ces mêmes propos ne venaient envahir l'information. Nous devons tout craindre : qu'un pigeon éternue et c'est la saine panique qui dervait nous amener à tricoter des deux fuseaux.  Qu'une agression se produise et voilà nombre de pékins qui vont se précipiter sur leur assurance multirisques, tout confort, commodités communes et idées bas du front. Bref, nous avons peur, nous ressassent nos chers médias, mais de quoi et, surtout, pour quelles raisons ?

 

Les agressions existent, y compris sous leur forme la plus crapuleuse. Les épidémies, comme les violences quotidiennes, n'ont pas été éradiquées. Et les discours haineux voguent sur la vague des tous les incidents, faute de responsabilités. D'ici peu, nous voterons une fois de plus, sans pouvoir exiger de comptes : non que la malhonnêteté du corps politique soit endémique mais tout simplement parce qu'il refuse d'assumer ses pleines et entières responsabilités dans les périodes de crise. Je ne lui demanderais même pas de nous prémunir contre un danger : en fait, le monde politique prétend ne cesser de le faire et exhibe pour preuve le nombre de lois de tous ordres qu'il ne cesse de voter. Et d'infantiliser la population, ou pire, les catégories de population...

 

Le culte de la compétitivité, cet autre nom de la course à la plus grosse connerie, digne d'une cours de récréation, amène lui aussi son lot de peurs : il ne s'agit même plus de faire au mieux mais de se prémunir contre des agressions développées par une prétendue identité, il s'agit de constituer son identité comme la première de la société, comme si des chasses gardées devaient s'installer au coeur de la démocratie. D'où cet ensemble de microsociétés, ces catégories qui ont remplacé les classes sociales de l'ancien temps, auxquelles on doit s'intéresser l'espace d'une loi : comme si des marques protégées tenaient lieu d'identité. Une manière commode de solder les idées démocratiques ? La lutte contre le racisme confond tout : un dirigeant du Mrap confond les identités et l'appartenance à une religion, cautionnant ainsi des amalgames délirants. Les pouvoirs publics suscitent les amalgames au nom de leurs improbables réformes : les jeunes sont compartimentés en "sauvageons" ou en "étudiants", avec une condescendance que n'aurait pas renié l'avant Mai 68 et un effet de loupe qui nous fait oublier tout ce qui entoure ces réalités. Les boutiquiers nous mettent en catre :  les études de part de marché ne cessent de nous profiler jusqu'à nous faire perdre toute épaisseur, ce qui, pour mon cas personnel, relève tout de même de l'exploit.

 

Nous nous sommes placés sous l'égide des étiquettes : nous pensons nommer notre identité alors que nous ne sommes que des collectionneurs pathologiques d'étiquettes sociales, politiques, économiques, culturelles et cultuelles ; nous pensons désigner nos peurs parce que nous pouvons leur attribuer un nom, en fonction de l'actualité. En fait, nos peurs, comme nos identités respectives, varient au gré de notre inconstance : aucune raison d'intégrer les unes ou les autres à notre personnalité. Elles ne sont que des réflexes épidermiques, éventuellement suscitées par des visions à court terme ou imposées par toutes ces gestions à la petite semaine.  

 

Leur pire effet : nous avoir fait oublier de respecter nos différences autrement que sous le coup de la loi ou de nos représentations, en fait l'expression de nos trouilles. Nos peurs existent : c'est à nous de les affronter, sans leur chercher une commode étiquette qui nous acuqitterait de notre propre responsabilité. Dès que nous sentirons responsables, que nous nous refuserons à nous soumettre aux représentations en vogue qui n'expliquent rien, nous serons en mesure d'exiger des comptes.

 

Les lois s'appliquent à tous : à nous d'en déterminer la mesure et de ne plus les transformer en outil de compétition au nom de nos peurs inconsistantes.

 

17:50 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

08/03/2006

364 jours pour oublier

Etranges, ces journées dédiées. Encore plus étrange de célébrer, en un seul jour, la moitié de l'humanité. C'est un peu comme si des souffrances quotidiennes se trouvaient rassemblées en un seul jour, pour nous laisser 364 jours pour oublier ou pour penser à autre chose, une autre cause humanitaire pour un rappel très temporaire à l'humanité.

 

La femme en ses qualités patrimoniales : le fourre-tout des musées nous propose tout sur un même plan, comme si l'exposition ne savait de quoi parler. Des femmes artistes, il y en eut toujours, depuis au moins une certaine Sappho, poète de Lesbos. Et puis vinrent les femmes politiques, les reines ou les courtisanes, ensuite les élues, plus tardivement, bien après l'exécution d'Olympe de Gouges, qui défendait la démocratie. Mais d'entendre ce matin défendre la pauvre Thatcher, sans doute agressée parce qu'elle était une femme, disait l'une de ces théâtreuses de pacotille (Hufner, Kumps ou Bibot ? Je n'ai pas fait attention), et le misogyne qui sommeille en moi - pour de très courtes siestes, je l'avoue - de se réveiller en fanfare. Sans doute parce que j'aime assez les femmes pour ne pas supporter celles-là.

 

On ne sacralise pas la femme : ce serait une autre façon de la transformer en un objet étrange et singulier, un objet de musée. Des différences ? Oui, sans doute, et alors ? Il y a des nymphomanes, des garces, des salopes : résidus d'un langage équivoque mais certains comportements sont véritablement épicènes (se dit d'un mot dont la forme ne varie pas avec le genre). Sacraliser est une autre forme de mépris : les manifestants qui scandaient ses slogans sexistes contre Ma Laurette de l'époque me mettent aussi mal à l'aise que ceux qui la

défendent de ces temps-ci parce qu'elle pleurniche sur un plateau pour s'excuser maladroitement de ne pas avoir assumé ses responsabilités.

 

Alors, assez de ces hommages de circonstances, qui ne traduisent que notre inconstance. Et cessons de confondre les vraies luttes, comme celles contre les mutilations sexuelles, par exemple, et les hommages de pacotille qui n'aboutissent à rien.

 

On ne réécrit ni l'histoire, ni l'actualité : à moins de vouloir en oublier la réalité...

 

Olympe, reviens, elles sont devenues folles.

 

 

Pour Olympe de Gouges

héroïne de la Révolution

http://www.quercy.net/hommes/odegouges.html

 

Pour la suite de la chanson

illustrée par Larcenet,

cliquez sur l'image.

 

 

 

17:08 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

05/03/2006

Au rendez-vous des héros

Je le confirme : les lucioles ont des ailes. Celles-ci m'emmènent loin de Missoula, loin de Brautigan, Crumley, Burke et Harrison, loin de Thomas McGuane, de Rick Bass et de tous les autres qu'il me reste à découvrir. Le sud m'appelle : précisément un moustachu rigolard qui se paie ma barbe. Paco Ignacio Taibo, deuxième du nom, m'invite au rendez-vous des héros.

 

Je finissais par me croire cinglé avec mon Montana : Paco me rappelle au délire. Lui n'hésite pas à convoquer les trois Mousquetaires, Sandokan, Sherlock Holmes et le chien des Baskerville (pas Watson, trop raisonnable, Watson) dans une ultime révolution au Mexique, après 1968. Et j'imagine des lancers de bouquins, pas cette littérature qui se plante dans son nombril en se regardant pousser le duvet, pas ces autofictions à la française emmerdantes comme n'oserait l'être la vraie vie, pas cette littérature sans estomac que l'on dirait produite par des intestins paresseux, pas ces livres qui semblent vendre leurs idées utiles avant même d'avoir été achetés. Non, je rêve d'un lancer de bouquins avec leurs héros populaires, leurs épopées cinglées, leurs rêves en cascade. Et je rêve de la tête du gentil policier qui se prendrait sur le coin de la tronche un bout du Vicomte de Bragelonne, une grosse pièce de machine ktistèque, un bon crochet de Philip Marlowe : de quoi lui faire regretter les pavés du bon vieux temps.

 

Mais ce serait méchant : l'ordre n'aime pas l'imagination. J'enverrai plutôt mon vieux dictionnaire : et après, au destinataire de mes bonnes oeuvres à se démerder...

 

Et puis, je ne peux pas m'attarder : ma luciole se prend des rêves d'aérodynamisme. Et nous repartons...

22:05 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

04/03/2006

La vie est courte mais très large.

 

Jim disait volontiers que les gens qui n'avaient rien à faire ne possédaient rien, que la conséquence à long terme de la cupidité était le vide. Sans doute ceci expliquait-il ces voyages au long cours, ces familles océans où l'homme affrontait une forêt d'histoires domestiques. Ou encore cette mémoire qui affleurait aux instants pas vraiment oubliés puisque jamais vécus. Toutes les vies sont possibles à Missoula, toutes les aventures se poursuivent au-delà du rêve de nos simples réalités.

 

Il faut fuir vers le Colorado, sauter le Grand Canyon. Il faut vivre une passion amoureuse dans le nord du Michigan. Il faut se vivre sorcier et poursuivre les légendes d'automne, les vieilles vengeances, sous un faux soleil qui se couche, entre chien brun et loup à peua d'ours magique.

 

Mais faudrait-il partir sur les ailes d'une luciole pour quitter Missoula et le Montana ? Et ces ailes d'insectes me pousseront-elles à faire route vers l'ouest ?

 

D'autres rêves traversent ces espaces infinis qui me laissent songeur.

13:59 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

03/03/2006

Dans la brume électrique...

Peut-on rêver dans un rêve ? Dave Robicheaux croit avoir vécu du côté de Missoula, loin de sa Nouvelle-Orléans natale : il croit également avoir croisé des soldats confédérés dans la brume électrique du bayou. Mais il n'y a jamais eu de bayou à Missoula, Fats Domino n'y a jamais fait une apparition sous une pluie de néon : le rêve de la Louisiane s'éteint.

 

Pourtant, on raconte dans la réserve Blackfeet du Montana qu'un ancien chanteur de rock aurait amené un cajun, il y a longtemps, vers les collines et les forêts de Missoula, un de ces sacrés cajuns qui passent du boogie au blues d'un coup d'aile. Enfin, c'est James Lee Burke qui le raconte : il a souvent l'esprit brumeux quand il revient à Missoula.

 

Et comme il dit avoir rencontré des aigrettes et des pélicans en plein Montana...  

 

Ce devait être une légende mal comprise.

21:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02/03/2006

Rêves d'alcool ?

Le barman avait un nom impossible : Milo Milodragovich. Un nom à boire à l'intérieur, à rêver de la danse de l'ours dans la montagne, du dernier baiser échangé avec son passé, des adieux aux serpents de l'autre frontière. Missoula est une ville d'écrivains, et ses poivrots ont la fibre littéraire. C'est la dernière contrée des cinglés, l'illusion parfaite des mythes du roman noir. Plus loin, dans le bar, un privé fatigué, sans doute un Viet Vet, marche sur les pieds de Sir James Crumley, plus précisément sur celui qui lui sert à marquer la cadence.

 

Etrangeté des oiseaux migrateurs : j'entends au loin le chuintement du canard siffleur mexicain.

 

Missoula me rappelle le sud.

 

Pas encore.

18:26 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

28/02/2006

Loin de Missoula

Je me suis lancé dans un voyage imaginaire, vers Tacoma, pas très loin du Montana. J'escomptais y pêcher la truite, comme on le fait en Amérique, et me pourlécher de sucre de pastèque, en rêvant de morts illusoires, de mains toutes gentilles qui reviennent d'avoir fait l'amour. L'express du Montana démarrait de Tokyo : je le saisis dans mon vol fiévreux, m'installai dans la Hawkline et prolongeai mes chimères vers l'ouest de nulle part. Tacoma n'apportait que son mort absent, ses illusions perdues, sa Babylone de plus en plus privée. Le village bruissait encore des sifflotis d'oiseaux enroués, comme si leurs larmes ne s'étaient pas encore taries après la mort de Richard, il y a plus de vingt ans, sous le soleil écrasant de la Californie... Serait-il mort de n'être que passé par Missoula ?

 

Quelqu'un saurait-il combien de temps un oiseau vit son deuil ?

 

Missoula serait ma prochaine frontière.

23:06 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

25/02/2006

Mon Montana à moi.

J'ai fait des rêves de Montana, loin des petits soucis quotidiens et des pépins de santé.

 

J'atterris lundi.

 

Bon ouiquainde à tous

 

 

13:22 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

12/02/2006

Pour faire une jam ?

La jam, c'est ce rassemblement de musiciens de jazz qui ne jouent pas forcément ensemble, d'habitude, mais vont improviser une session pour rendre dingue leur public. Chacun y va de sa note, en toute indépendance, et pourtant tout le monde parvient à jouer ensemble.  

 

Elle est là, notre harmonie : un bordel ambiant, toujours renouvelé, où la communication fuse sans coercition, parce que chaque note de chaque musicien a son importance pour tous les autres, parce que le tempo vachard qu'impose l'un n'est pas une menace mais une invitation joyeuse et attentive à lancer la machine... Des règles ? Oui, il en reste mais la priorité reste de jouer ensemble et de donner le meilleur spectacle possible au spectateur, de l'inviter à s'agiter.

 

On commémore énormément ces temps-ci, de la manière la plus indigeste qui soit, comme si la culture ne devait être que patrimoniale. On se cabre aussi beaucoup sur de grands principes parce qu'il faut bien prétendre que l'on défend quelque chose, même si l'attaque existe peu, en fait, et se résume à des concerts de pacotille, de la musique faux-jeton qui dissimile sous des accords tonitruants des mélodies bien simplettes.  On nous apprendrait presque à marcher au pas, à vivre au pas, à choisir son camp au pas de charge, à mourir pour de quelconques gesticulations qui n'ont rien d'idées.

 

Et nous oublierions vraiment que la vie s'improvise ? Que chaque événement est une expérience, unique et nécessaire mais qui sera très vite remplacée par l'expérience qui suit ? Voulons-nous vraiment nous résumer à une seule facette, alors que nous nous connaissons instables et multiples ?  Désirons-nous réellement nous accrocher à nos petites images, nos mythes contemporains, qui racontent la réalité et ne permettent pas de la décrire, puisqu'il reste impossible de décrire et de résumer en même temps ? Acceptons-nous d'aérer nos petites idées, toutes modestes qu'elles soient, pour éviter de camper sur des positions qui n'ont rien d'un équilibre mais nous figent dans un bourbier ?

 

La démocratie existe : c'est un fait ! Elle vit au jour le jour, avec ses notes nécessaires, ses moments d'échanges, ses envolées lyriques, ses instants fortuits. Comme la  jam, elle bouge et elle vit au jour le jour. Chacun y pousse sa note en donnant autant son attention à tous ceux qui jouent : chacun la constitue, y compris dans ses fausses notes.

 

Il est peut-être un peu tôt pour enterrer la jam au cimetière des idées, puisque ce soir on improvise encore !

11:40 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

03/02/2006

Je dois vous faire un dessin ?

Je me dis tout de même qu'il y a des caricaturistes qui prennent des risques dans la vie...

19:20 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (41) |  Facebook |

Une petite caricature ?

 

- Presque l'affaire du nouveau siècle ; un vrai tremblement de terre !

- Quoi donc ?

- Oh, une douzaine de dessins.

 

Et mon interlocuteur de hocher ses quatre têtes, signe de perplexité du Plutonien qui décidément ne comprend rien à rien. Et moi de devoir lui expliquer les propos du journaliste qui se sent bafoué et se pose en martyr de sa quête de la vraie presse. Ah, ces médias...

 

Douze dessins produits par un "journal", une feuille de chou pas très catholique (Aïe : comment je l'explique à mon Plutonien, cette expression ?) a donc demandé à ses dessinateurs de représenter le prophète des musulmans. Et le problème surgit dans l'amalgame produit par ces dessins entre le principe d'une religion, qui interdit la représentations de ses grandes figures, et le principe de la liberté de la presse. Et surtout, il y a toutes ces généralités qui pèsent sur nombres de particuliers....

 

Qu'un journal prétende à la satire idiote (où à la propagande, vu le sérieux presque pompier des dessins) n'est pas légalement répréhensible, tout comme les propos marmonnés par un comique sinistre qui se pense drôle en proférant un "Heil Israël" pitoyable. C'est juste une sorte de concours d'imbécilité, pas vraiment malin et qui prouve simplement que la connerie malveillante existe. Rien de neuf sous le soleil : l'absence de talent se pare souvent dans les oripeaux d'une provocation mal rapiécée.

 

Mais, disais-je à mon interlocuteur plutonien, qui me fixait de ses huit yeux, dont deux clignotaient en cadence, le problème, c'est que la bêtise se crée son martyrologue à peu de frais... Ainsi, il y eut des artistes qui essayèrent de transgresser avec intelligence : Salman Rushdie et ses "Versets sataniques", Godard et son "Je vous salue Marie" (je pense que je vai emmener mon ami Plutonien voir un Godard : juste pour le plaisir de le voir clignoter) ou Scorcese avec sa "Dernière tentation"... Ils furent menacés : un traducteur du premier et un spectateur du troisième y laissèrent même leur peau. Les extrémistes n'aiment pas la subversion : le fait est donc connu... Certains y virent un créneau, un terreau pour leurs idées fumeuses, une occasion d'exister : ainsi du comique pas drôle déjà cité ou des journaleux ineptes présents. Et ici, il n'y a pas d'oeuvre à défendre ou de cause, ou de principe : juste la bêtise du martyr qui, de fait, tient un discours irresponsable et haineux... Qui rencontre un écho au-delà des extrémistes habituels : parce que la bêtise choque. Qui engendre des réactions démesurées : parce que les extrémistes de tous bords aiment manipuler leur monde.

 

- Bref, ici il n'est pas question d'information ou de censure ?  me dit mon Plutonien de son unique bouche dotée de la parole.

- Non, juste de bêtises dignes d'une cours de récré mais qui se parent de la dignité pour qu'on ne les regarde pas de trop près.

- Mais alors, pourquoi tant de haine ?

- Parce tout le monde aime cela : la haine est médiatique, photographique et télégénique. Elle fait vendre : les uns vendent leurs photos "choc", les autres lancent leurs discours incendiaires. Et, au fond, leur manque de crédibilité disparaît sous le tintamarre, sous l'oeil apitoyé de vrais journalistes, pas vraiment soucieux d'un corporatisme de bas-étage, ou de musulmans épris de démocratie.

- Et pourquoi ne concevez-vous pas cela comme de la satire ?

- Parce que cette histoire n'est même pas drôle, parce que ces dessins se veulent choquants alors qu'ils jouent sur le fonds douteux des petites haines ordinaires, parce que les Etats qui donnent de la voix se montrent beaucoup plus taciturnes lorsque l'on évoque leur manière de considérer les droits de leurs populations, qu'ils oppriment.  Parce que des journalistes s'estiment choqués par les menaces visant leurs confrères et oublient de s'interroger sur la déontologie de ceux-ci, parce que des croyants sincères s'estiment agressés sans se demander si des terroristes qui revendiquent des idées qui leur seraient communes ne seraient pas davantage injurieux que des dessins ineptes. Parce qu'il est demandé à chacun de se choisir un camp dans une guerre qui n'a pas lieu d'exister, parce que l'on oublie les journalistes morts en faisant leur métier, les menaces proférées contre une dame qui pouvait travailler avec son voile. Parce que les un prêchent la croisade et les autres le djihad, tandis que nous tous rêvons simplement de finir par nous connaître et nous entendre. Parce que chacun doit être libre d'exprimer ses opinions, s'il en assume la responsabilité, ou ses convictions, s'il admet que d'autres n'y adhèrent pas mais que le temps préfère les cris d'orfraie et les hurlements martiaux. Non, toute cette histoire n'est pas drôle.

- Et vous qu'en pensez-vous ?

- Je crains de ne pas avoir été objectif, vous m'en excuserez. En fait, tout comme Tristan Bernard: "Je ne hais que la haine" Et comme elle est le sentiment le plus facile à exacerber chez les simples quidams...

 

Mon ami me serra la main quatre fois (il connaît certains de nos usages) avant de s'en retourner vers sa charmante planète. Je crois qu'il doit à présent goûter le plaisir de sa campagne : si elle est un peu fraîche, on s'y prend même la tête pour des carabistouilles.

 

Forcément, avec quatre têtes...

17:53 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

01/02/2006

L'école coûte cher...

 

Un rapport sur le prix de l'école et le Parlement de la Communauté française de pousser des cris d'orfraie... Cette même Communauté françaises qui, il y a peu, invitait les directions d'école qui se plaignaient de la hausse du coût de l'énergie  - et ce n'est pas rien dans des établissements qui ont été mal isolés, quand les potaches ne doivent pas se contenter de simples préfabriqués ou de cathédrales du savoir, au plafond haut comme un espoir déçu - de prélever la différence sur leur frais de fonctionnement.

 

Alors, si au lieu d'envisager de nouvelles solutions délirantes, qui obligeront encore davantage les équipes à rendre des comptes, nous demandions une publication des comptes des écoles ? Si le budget des dépenses, subventions et recettes devenait d'une clarté évangélique ? Et, rêvons un peu, si les diverses associations de parents indiquaient précisément leur lot de souscriptions facultatives vite rendues obligatoires par les nécessités d'entretenir de bonnes relations ? Si l'on demandait en effet à certaines écoles de lever l'équivoque sur ces cours particuliers rendus nécessaires par des notes désastreuses et assumés par ceux-là même qui les établissent, ces notes ? Et si établissait le nombre d'intervention pour les sorties pédagogiques que les sanitaires de cabinet auraient pu payer ? Ce serait sans doute la douche froide...

 

Il y a beaucoup d'écoles qui fonctionnent honnêtement : sans doute parce que les profs qui y exercent se montrent davantage fidèles à leur métier qu'au discours trouble de l'institution. D'autres pratiques que celles décrites dans ce rapport, qui concerne environ 600 élèves sur plus de 400.000, existent : les écoles de devoir sérieuses (il en est d'autres, financées en véritables ASBL) ou les tutorats, à l'inscription purement symbolique ; les frais assumés pour les élèves en attente d'un satut, qu'ils soient mineurs non accompagnés, dépendant d'un centre d'asile ou à charge du CPAS local ; les interventions sociales diverses et bien d'autres choses encore... Il est vrai que certaines de ces interventions passent par des caisses noires, parce qu'une fête scolaire rentable peut parfois permettre à des élèves en situation délicate de partir en voyage... Je donnais cours il y a quelques années à des élèves dont le père avait travaillé à Clabecq : l'association des parents a dû intervenir pour leur permettre de partir pour Prague avec leurs copains de classe...

 

Au fond, ce débat sur l'école est encore amusant : il est probable qu'il débouchera sur une mesure cosmétique sans grand intérêt, comme la Communauté française s'en est fait une spécialité. Il est vraisemblable encore que la dualité des établissements scolaires sera toujours aussi criante, et ce dans chaque réseau : que l'école riche du coin assumera le façadisme institutionnel au moyen d'un quota d'élèves en difficulté sociale et pourra affirmer, confite dans sa charité paternaliste, qu'elle a ses pauvres. Tandis qu'ailleurs des pédagogues outrecuidants d'imbécilité ou des politiques en panne de fadaises originales feront mine de s'interroger sur ces élèves qui rentrent à la maison avec du travail, une notion que méconnaissent leurs parents ou même leurs grands-parents, et reviennent à l'école sans l'avoir effectué...

 

L'école coûte cher : d'accord. Que la Communauté française la dote donc de crédits de fonctionnement suffisants et qu'elle lui permette d'assumer ses missions éducatives à moindres frais : en assurant la gratuité des écoliers dans les musées, expositions et théâtres qu'elle subventionne, par exemple ;en assurant des services de transport en commun gratuits ; en acquittant les frais du matériel scolaire nécessaire ; en payant un ordinateur portable à chaque élève du secondaire...

 

Oui, je sais, c'est bon de rêver un peu. Bon, je m'en vais relire ces débats idiots où les participants parlent comme Chapi et Chapo... l'innocence en moins.

21:28 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

29/01/2006

Ubu le bienheureux

J'ai comme une envie de ne rien faire, d'attendre que la terre, qui n'en finit jamais de tourner, repasse me voir. J'écouterais bien des gazouillis inutiles, je me respirerais bien les fragrances du temps qui passe. Et puis je rêverais d'une île déserte où je causerais aux cocotiers, où je ferais la leçon du silence aux mainates, où je me distillerais des airs idiots que je choisirais, tout lentement...  

 

Je me ferais une hutte avec des systèmes de poulies, je m'éventerais à longueur de journée et je regarderais la verdure pousser, la pluie tomber et le soleil éclater... Et je rêvasserais sans doute aux immeubles sombres, dont la masse pèse sur mes ruelles de passage, aux métros fiévreux et blafards, à tous ces sons qui parfois m'emmerdent, simplement parce qu'ils se répètent.

 

Et je finirais par m'emmerder à ne rien faire, à ne plus pouvoir râler, à devoir me livrer à des introspections saugrenues pour me délivrer de l'ennui.

 

Au fond, il me faut un monde à affronter.

22:28 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

28/01/2006

Roboprof

L'actualité et le froid polaire me poussent à quelques éternuements, voire plus si manque d'affinités...

Ainsi, un jeune homme de treize ans agresse des collègues avec une mitraillette factice... Il voulait se venger parce qu'un prof, qui n'était pas le sien, l'avait coincé dans une école, qui n'était pas la sienne, avec un portefeuille, qui n'était pas le sien... Sous d'autres cieux, dans un espace de formation qui avait déjà eu l'honneur de la presse pour d'autres faits, un enseignant s'est vu lynché dans sa classe, sans que la direction s'en émeuve beaucoup, sauf pour la réputation de son établissement... Par ailleurs, ma Ministre à moi s'est inquiétée de la récente enquête sur le coût de l'école : l'école coûte donc cher, surtout avec les nouveaux programmes dont la bêtise est belle comme l'antique... Y compris au prof !

Devrais-je ajouter à ces manuels abscons, qu'un vent mauvais me dépose dans les mains et dont le style jargonneux me fait toujours espérer une prochaine traduction en français, à ces livres dont je me fais un plaisir de les lire dès qu'ils n'émanent pas de quelqu'un qui a des idées sur tout, sur l'école en particulier, mais n'a  surtoutque des idées à lui , à ces multiples bics qui rayeront de notes plus ou moins rondes les partitions de mes chers élèves, devrais-je  y ajouter - disais-je avec cette manie de la digression qui me fera passer pour un frénétique  de la marge, sans doute par déformation professionnelle -  un équipement de sécurité complet, avec assurance intégrée ?

Imaginons-le ! Je me verrais bien doté d'un radar anticonnerie : mais il me faudrait le désactiver lors de mes formations, lors de mes confrontations avec l'inspection ou encore lorsque j'écoute les interventions de nos chers politiciens, ou quelque chose au cabinet, qui ont toujours du vent à prodiguer. Et mon radar pourrait-il sans souci se transformer en éolienne ?  Pour les armes de riposte, je crains d'en abuser : me retiendrais-je face à ma ministre à moi, qui délire dans sa quête d'un suffrage qu'elle puisse enfin gagner, ou face à un pédagogue breveté qui a trouvé l'idée géniale qui éliminera à coup sûr l'enseignement et lui préfèrera la formation, tellement plus professionnelle...  Un blindage serait bienvenu, en ces temps de lynchage, mais je redoute de ne plus pouvoir du tout me déplacer en classe : l'exiguité de mes locaux sied déjà mal à mon corps d'athlète, plutôt à classer du côté des sumos... J'avais bien songé aussi à un clavier des réclamations mais mon mauvais esprit m'aurait poussé à placer la sortie papier (l'administration réclame toujours sa livre de papier) à un endroit que la décence m'interdit de citer ici...

Nous vivons une époque formidable : la violence y est devenue un mode d'expression, à l'égal du mensonge ou de l'humiliation... Le politicien ou le chef d'entreprise peut raconter n'importe quoi, puisque cela sera noyé sous le flot de l'info, selon qu'un sportif rapporte sa baballe ou pas.  Le téléspectateur appuiera avec délices sur le numéro qui lui permettra de rayer de l'écran le participant de telle ou telle émission qui prétend confondre la télévision et la réalité, entre deux écrans de pub... Et le petit con frimeur n'en finira pas de s'identifier à n'importe qui parce qu'il y ressent l'impression d'un geste gratuit, comme si Dennis La Malice se transformait en Scarface...

Le monde de Robocop : une bluette...

18:51 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

25/01/2006

Ubu à la plage

J'ai été très occupé ces derniers jours : je devais assister à des séances de formations qui nous étaient offertes avec prodigalité par un de ces organismes dont la Communauté française a le secret.

 

Ces formations ont une conséquence qui n'est pas anodine : pour en maîtriser l'organisation, la Communauté française décide de fermer un certain nombre d'écoles en même temps, lesquelles seront ouvertes mais inaccessibles aux élèves, ce qui lui permet, selon des calculs dont la procédure remonte à quelque alchimiste médiéval, atteint de saturnisme aggravé, de nous former à enseigner mieux mais en moins de temps. Je faisais d'ailleurs un bilan des sorties et suspensions diverses avec mes rhétoriciens : si j'ai bien calculé -je ne suis pas alchimiste - ce sont près de trois semaines de cours qui s'envolent, au gré des diverses activités que nous organisons ou que l'on nous impose... Et pendant ce temps-là, les programmes, écrits dans un dialecte patagon, s'amoncellent, avec leurs sacrées compétences, dont la clarté atteint tant de transparence diaphane que, dans un souci de ressasser très louable, la Communauté nous offrira une nouvelle journée de formation pour que nous comprenions enfin les compétences... Après cinq ans d'application du programme...

 

Mais n'anticipons pas, comme aurait pu le dire un électeur lambda à qui l'on promettrait la semaine des quatre jeudis du côté d'octobre ou le riverain de Zaventem qui vient de gagner un canon de DCA pour assurer son sommeil quotidien. Je reviens donc à ma formation d'hier. Les yeux embués de sommeil, le visage encore plissé par le doux contact de mon oreiller, je me rendis donc dans un établissement de Laeken où nous étions convoqués pour une formation sur "la critique des sources sur Internet".  Sirotant un charmant café (pas trop léger : mauvais signe ?) et mordant dans un charmant petit pain au chocolat, j'affrontai le dédale des couloirs de cette école, lisant avec attention les listes affichées sur les portes, jusqu'à me retrouver dans le local de ma formation. Où il n'y avait pas d'ordinateur... Je redoutai de me retrouver dans un de ces discours allégoriques qui ferait florès à Champignac mais pas face à un auditoire de professeurs en goguette : renseignements, pris, des ordinateurs étaient indispensables à ma formation mais un malentendu avait dû se glisser quelque part... Sûrement.

 

Le formateur, dans un aveu d'impuissance qui n'est pas sans évoquer ce crétin de Lamartine pleurnichant sa chère et tendre près du Lac du Bourget qui  s'en foutait, nous licencia et nous promettant une nouveau rendez-vous pour le lendemain mais avec un autre formateur... Nous dispersâmes notre petit groupe et nous aventurâmes dans les prés buissonniers de nos occupations privées. Le lendemain, donc hier pour les quelques lecteurs que mes digressions n'ont pas encore égarés ou découragés, c'est selon, mais de toutes façons, c'est vous qui lisez et vous pouvez très bien sauter des lignes, à défaut d'autre chose, et montrer ainsi la vivacité de votre pensée, la souplesse de votre lecture ou votre agacement, mais si je continue vous n'aurez pas terminé avant le point du jour, c'est-à-dire demain, et moi je devrai rectifier mes dates, puisque hier se sera transformé en avant-hier et que le lendemain, qui était hier, deviendra aujourd'hui, si j'en termine aujourd'hui, soit demain... Enfin, pour moi qui ai vécu cela hier mais le raconte aujourd'hui. Le lendemain, disais-je donc, nous nous retrouvâmes dans le Campus du Ceria, suite à un nouveau rendez-vous fixé par téléphone, dans un local bien pourvu en ordinateurs, celui-ci... La charmante dame qui nous accueillait, nouvelle tasse de café, semblait crispéé sur son téléphone : elle attendait des nouvelles du formateur, le nouveau, qui ou n'était pas au courant et nous attendait dans le local précédent, sans s'étonner apparemment de l'absence d'ordinateurs et de participants, ou avait été enlevé par des aliens en ribaude... Toujours est-il que le coup de fil ne venant pas, par un mouvement inversement proportionnel, je repartis d'abord vers mon école, où le chef d'atelier me proposa une formation en couture mais me déconseilla l'escalade, et ensuite chez moi.

 

Bref, une journée sans ordinateur mais avec formateur, une autre où l'on inverse le mouvement... D'autres collègues, qui eurent à subir leur formation, furent accueillis par un vibrant "L'intitulé ne correspond pas à la formation", formule qui devrait les plonger dans l'hébétude mais qui, allez savoir pourquoi, les plonge dans une rogne pas possible... Tout cela parce qu'ils ont perdu leur temps lors d'exposés peu maîtrisés alors que leurs élèves pensaient à tout, sauf à l'école... Un peu comme l'Institut de formation en cours de carrière...

 

Franchement, tout ceci est pourtant raisonnable, non ? 

 

Pour l'année prochaine, j'hésite entre yoga et karaté...

10:25 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook |

19/01/2006

L'école, lieu privé ?

Somptueuse idée de ma ministre à moi, Sainte Marie de l'Amer : démarcher le secteur privé pour financer les bâtiments scolaires. Somptueuse idée qui succède, à un an près, à sa circulaire très équivoque sur les matériaux didactiques provenant de firmes commerciales. En gros, ma ministre compte obtenir un tiers du refinancement des bâtiments, que l'on rénoverait ou construirait, de firmes qui assureraient un prêt désintéressé, le temps que la Communauté française rembourse. Et dans 27 ans, sans doute le 27 septembre, les bâtiments seraient à nouveau à la collectivité.

 

Et en attendant ? D'après ma ministre à moi, il serait exclu que les firmes prêteuses aient quelque droit d'ingérence que ce soit sur la gestion budgétaire ou administrative des écoles : bien entendu !  Tout comme il fallait une circulaire, il y a un an, pour décider de déroger à la loi qui interdit toute publicité commerciale dans le cadre des écoles publiques... Restent à trouver les généreux mécènes qui assureront à la fois le prêt et la discrétion pour un taux de remboursement qui semble bien alléchant... C'est sans doute ce que l'on entend par l'investissement des entreprises dans l'école...

 

De nombreuses écoles publiques connaissent des situations d'insalubrité : la disparition d'une partie du partimoine immobilier de la Communauté française, revendu lors du dernier refinancement interne en 1996, n'y est pas pour rien, puisqu'il a autant profité à l'enseignement privé confessionnel, qui n'y a pas contribué, qu'au réseau officiel, le seul à se sacrifier... Le calcul du personnel d'entretien, lié au nombre d'élèves et non à la qualité des bâtiments, le désamiantage ou les cas de mérule ont ajouté leurs touches à ces bâtiments lézardés, parfois en dehors des normes de sécurité minimale. Je me suis parfois demandé comment les catastrophes majeures avaient pu être évitées depuis aussi longtemps, sachant que beaucoup d'ateliers ne sont pas aux normes de sécurité minimale, que de nombreuses machines sont dangereuses (et parfois reléguées par les professeurs d'atelier, d'ailleurs !), que de nombreuses sorties de secours sont fermées pour éviter aux élèves de prendre la clé des champs ... Et tout cela avec un fonds des bâtiments scolaires aux abonnés absents : il ne disposait que de quoi financer quelques urgences et ses dettes passées...

 

Veux-tu une solution, ma ministre à moi ? Je te la propose gratuitement : ne financer que les écoles publiques, pour changer un peu... Ce qui permettrait sans doute de faire un travail de fond (ou de fonds, c'est selon) et de virer l'argent dépensé pour de fumeuses ASBL qui prodiguent des formations douteuses (encore deux jours à me taper, la semaine prochaine, pour une formation que je n'ai pas choisie, une fois de plus !), pour des écoles privées (l'évêché est occupé ? ) ou pour ces centres divers où les entreprises recrutent en séconomisant les formations qu'elles devraient dispenser à leur personnel, si elles assumaient leurs responsabilités comme auparavant. Tu pourrais même, soyons fous, dégraisser ton cabinet de tous ces chargés de mission qui ont fui leurs classes et qui émrargent toujours au buget de l'enseignement alors qu'ils ont choisi la politique depuis longtemps. Mais une élection, cela se perd parfois, n'est-ce pas ?

 

Ou alors, sponsorisons les webcams installées dans les classes difficiles : cela devrait attirer l'attention d'une chaîne mal avisée, de parents inquisiteurs ou de voyeurs ordinaires... Oui, pourquoi pas ? Imaginons un môme : filmé dans sa crèche, ensuite dans son école, il deviendrait le candidat idéal pour la télé-réalité... Et l'intimité ? Pas rentable : comme vous le dira le moindre formateur en management (étrange d'ailleurs, cette similitude des recettes pour être compétitif : encore un truc qui m'échappe ?), il faut savoir se vendre.

 

C'est bien joli, ma ministre à moi, de promettre à l'encan : des chèques-langues alors que les écoles manquent de profs de néerlandais et d'anglais, des travaux alors que le plafond s'émiette dans certaines classes, des aides alors que le chauffage quotidien devra bientôt être assuré par des poêles à bois, chaque élève apportant sa bûche à l'instit... C'est bien joli de nous concocter un monde à la sauce dix-neuvième pour ensuite se présenter comme une sorte de sauveur providentiel. Il paraît que tu as suivi des études d'économie sociale, ma ministre à moi : j'avoue que l'économie m'emmerde et que je n'y connais pas grand-chose mais pour le social, j'ai vraiment l'impression que tu ne t'es jamais souciée de savoir à quoi cela pouvait bien ressembler...

 

Liens

L'article sur les bâtiments scolaires

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&am...

 

Une réponse à la circulaire sur le matériel didactique commercial

http://indymedia.all2all.org/news/2005/01/92524.php

00:06 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (28) |  Facebook |

18/01/2006

On tombe toujours quand on se penche ?

Des comédiens qui tapent leurs répliques idiotes à côté, un texte prévisible, de la violence complaisante, des références utilisées n'importe comment : j'ai presque cru avoir revu un Chuck Norris de la grande époque, celle où il parvenait à froncer les deux sourcils en même temps pour traduire sa profonde contrariété et pour exprimer que le méchant rouge qui lui faisait face, ou le méchant voyou qui le provoquait, allait se retrouver profondément confronté à l'existence douloureuse de certains de ses organes...

 

Chuck Norris ne jouait pas au théâtre de Poche hier : les comédiens présents sur scène non plus, d'ailleurs. Il faut dire que les répliques qu'ils avaient à se partager, les morceaux de bravoures auxquels ils se consacraient, la mise en scène flamboyante dans ses jolies vidéos, tout donnait l'impression d'un puissant brouet dans lequel les bonnes consciences cherchaient à se rassurer par le peu d'idée, d'émotion ou d'intelligence d'une pièce digne de figurer dans un asile de crétins.

 

La pièce, puisqu'il paraît qu'il s'agissait d'une oeuvre de théâtre, déroulait ses clichés : aux citations lourdes de Kafka, lâchées sans parachute, aux mentions de Giordano Bruno, Platon ou Socrate, succédaient des images projetées ou, plutôt, lancées au hasard, qui amalgamaient Gandhi, Malcolm X ou la bannière étoilée sur Iwo Jima dans une tentative forcenée de convaincre le spectateur que, oui, le Poche a acheté des projecteurs de vidéo, et meême qu'ils fonctionnent. Critique des médias ou du réflexe citationnel ? Même pas : la critique tombe à plat quand l'utilisation s'en fait si complaisante... Parce qu'aucun texte ne soutenait la vague idée de la pièce : ce professeur d'université (quel héroïsme dans ses thèses audacieuses !) qui publie une étude comparative entre l'Allemagne nazie et l'Amérique contemporaine, étude fondée sur leurs mythes identitaires respectifs, a des allures de guignol peu convaincant face à son méchant bourreau monolithique comme un figurant dans Conan le Barbare...  

 

Et on assiste au catalogue des clichés de la contestation, feuilleté avec monotonie par des comédiens qui ont dû oublier leur talent dans leur loge. Qu'ils jouent volontairement des personnages artificiels ou qu'ils prétendent à la crédibilité, toujours cette même manière de lâcher leurs répliques avec une belle unanimité de ton : juste à côté. Et le spectateur que je suis d'avoir l'impression d'entendre la bande son du film d'à côté, avant de se souvenir qu'il n'y a qu'un charmant bois, des frondaisons tranquilles et des allées où il doit faire bon se promener, loin des dissertations calamiteuses d'un théâtre qui, oeuvre louable, recycle sa propre merde à l'infini. Et moi, dans la fosse, de rester très sceptique...

 

Le pire était sans doute d'entendre des idées que je pourrais défendre moi-même aussi mal mises en scène, massacrées par cette pignolade même pas drôle, comme si ce spectacle invitait à rentrer dans la secte manichéenne de ceux qui pensent bien, parce qu'ils laissent penser à leur place... Cette impression fugitive d'avoir assisté à une prise d'assaut de ma conscience m'aurait presque amené à envisager de voter Sarkozy, d'embrasser le poster de G. W. que j'aurais amoureusement dressé dans ma chambre, de publier un blog sur les aventures glorieuses des croisés modernes de la CIA... Hum, presque j'ai dit : je contrôle encore mes délires, moi ...  Je me suis juste contenté de ne pas applaudir, comme l'ami que j'avais embarqué dans cette galère et, malheureusement, contrairement à la majorité du public qui, confit dans sa satisfaction, battait des mimines avec la douce émotion du bébé qui découvre qu'il peut jouer à "popo"...  J'ai même réussi à ne pas bondir au cou de la brave dame qui, à la sortie, disait à une de ses amies : "Ce qui est bien, c'est qu'il ne prend pas parti". Je suis juste parti...

 

Enfin, le genre de pièce qui vaut le détour ! Au fait, il y a longtemps que je me suis balladé au bois de la Cambre...

 

 

14:17 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

14/01/2006

House of the rising sun ?

Jauni Holiday, le chanteur de rues au Bombardon maléfique, accuse le coup : l'idole des jeunes, enfin des anciens jeunes, demande à changer de nationalité... Notre Jauni national s'inquiète : Johnny sera-t-il également sollicité pour interpréter "Les portes du Pénitencier" lors du concert du premier mai ? Lantin, Forest, Saint-Gilles et les détenus de Mons s'en émeuvent déjà, ainsi que les responsables de société de logement, tous empressés d'accueillir la vedette française dans leurs humbles demeures...

Johnny Cash se dit prêt à une divine apparition pour les réconcilier dans un même message de paix.

09:53 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

Bonjour chez vous !

Il faut faire de nouvelles expériences, me disent souvent des copains, des relations ou même des amis, me poussant ainsi à m'agiter la poussière : réac, moi ?  Il faut évoluer, progresser, s'imbiber de nouveaux horizons : moi qui avais surtout opté pour la vodka polonaise, celle à l'herbe à bison, il y a quelques années, sans doute parce qu'il est très rare de voir des bisons roses, même virtuels...  Enfin, bon, j'évolue donc, avec ma bonne vieille méfiance qui se flanque en escorte.

 

Le même ami qui m'avais conseillé en son temps de débarquer sur les blogs  (judicieuse idée, du moins pour moins, si j'en crois les heureuses fréquentations virtuelles que ce carnet m'a procurées) m'avait invité à m'inscrire dans un nouveau monde virtuel : je me rendis donc sur Taatu. Et bof...

 

Joli monde, totalement creux : des lieux proprets et lisses proposant diverses activités insignifiantes pour des plaisirs très virtuels et, en fait, qui ne présentent aucun intérêt... Splendide innovation  : le type de site qui ressemble à une émission de télé-réalité ou à un club Med virtuel. Comme si celui qui s'inscrit choisissait de louer un appartement dans le village du prisonnier, de se détendre virtuellement dans ces fêtes contraintes et virtuelles, de se plier à la joie forcée des plaisirs canalisés. Bref, aucun intérêt et même une certaine méfiance, comme avec ces cantines de luxe qui dans des décors de cafétaria désign proposent des plats insipides ou des salades mollasses composées par des nutritionistes efflanqués, comme avec ces films péteux qui prétendent à l'intelligence dans leurs images volontairement léchées ou ces films "coups de poing" des petits Frères de la Sainte Misère (rendez-nous Ken Loach et Strip Tease, bon dieu !) qui m'entretiennent d'ailleurs la migraine, parce que j'e n'aime pas ces mouvements de caméra qui camouflent l'absence de scénario sous un amas d'images misérabilistes...

 

Entre les loisirs forcés et les discours programmés, il n'y a plus qu'un pas : je franchis donc le seuil de mon propre formatage avec ces quelques suggestions. Je propose aux créateurs de Taatu de permettre la création de profils nihilistes, afin que moi-même je puisse me transformer en méchant terroriste (virtuel, seulement) et me défouler en minant le joli parc (zouf, agression de pigeons), la salle de danse (clous sur la piste), le cinéma (pop-corn avec sauce laxative) ou les appartements (mérule à tous les étages). Et je suggère à Wallimage d'obliger les Frères (Daerdenne ? D'Arden ? Dard d'haine ?) à intégrer un personnage de clown dans chaque film, qui chanterait le "bia bouquet", serait habillé  comme Walligator et porterait une étoile de Marshall  : le tout dans un même plan...

 

Enfin, ces sites à la con, ces films où l'on rentre comme en prêtrise, tout ce monde qui fait dans le loisir utile commercial ou idéologique ont au moins un avantage : je trouve toujours de la place dans mon bistrot préféré...

 

Bonjour chez vous !

09:42 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

08/01/2006

Insulaire libre

Un jugement récent du conseil d'Etat français me laisse pantois : il refuse d'entériner une loi en mettant en avant son caractère incompréhensible pour le citoyen lambda, le simple quidam qui n'est pas censé ignorer la loi, bref vous ou moi, si nous étions français... Bien plus, le conseil d'Etat prend appui sur un des articles de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce vieux texte qu'on semblait avoir oublié depuis quelques années. Révolutionnaire, non ?
 
"Force reste à la loi"  nous serinent les caciques officiels : les ministres de la justesse, les premiers flics "nettoyeurs" nostalgiques du Justicier dans la ville, ou même les lobbies de l'industrie musicale qui, diantre, parviennent à contrer un vote tout à fait légal du Parlement français qui amendait à tours de bras les petites lois de son ministre de l'inculture. "La loi est belle" se dit le citoyen au-dessus de tout soupçon. Jusqu'au jour où...
 
En principe, une loi ne fonctionne que si le citoyen y adhère et compte, en gros, la respecter, ne fût-ce que pour préserver sa tranquilité et parce que, au fond, il n'est pas mauvais bougre, le citoyen. La preuve ? Il écoute encore les promesses électorales... Et d'ailleurs, s'il fallait juger une civilisation au nombre de ses lois, nous aurions atteint un sommet, tant les lois se multiplient  : loi de groupe, loi de masse, loi contre ou pour, loi sur l'histoire. L'homme politique moderne semble avoir une prédilection pour le jeu des lois : alors jouons...
  • Loi contre le terrorisme : c'est pratiquement une appellation contrôlée. De nos jours, toute loi renforçant le contrôle du citoyen s'appuie sur la luttre contre le grand banditisme politique. Bref, c'est la loi des bons contre les méchants. Seul problème : beaucoup de méchants n'ont rien de terroristes et réclament simplement le droit à des libertés fondamentales qu'ils estimaient garanties... Quant aux terroristes, eux s'en foutent : on a vu à Londres comme aux USA à quel point ceux-ci pouvaient faire semblant d'être des citoyens modèles, jusqu'à se confondre dans la masse...  Et on a vu aussi combien ces lois bafouaient des principes fondamentaux, comme le droit à l'information ou à la présomption d'innocence lors de perquisitions chez des journalistes ou encore lors d'arrestations "préventives" (on n'oserait les appeler des raffles !)
  • Loi de protection des minorités :  souvent nécessaires, elles révèlent également les limites de l'action politique, qui découpe la société en catégories... Les lois contre la xénophobie ou l'homophobie sont indispensables, puisqu'une démocratie ne se soucie pas, normalement, que de sa seule majorité électorale. Et pourtant, quand des élus (cf. la loi sur la construction de logements sociaux en France) violent la loi, quand des institutions officielles, comme l'Office des étrangers (ah, les Zaïrois de Zaventem, ou cette journaliste de Mongolie) s'en soucient comme de leur première chemise, qui peut encore croire à la crédibilité de ces lois ?
  • Loi et histoire : le souci historique est à géométrie variable. Le législateur estime, à raison, agir sur les mentalités. Et puis, les réalités électorales le rappellent à l'oraison des génocides qui doivent encore se taire ou des colonisations aux apports "positifs". Si une loi qui reconnaît la souffrance de victimes, même au passé, se veut une leçon de courage et une affirmation sans équivoque, que dire de ces atermoiements autour de l'histoire officielle ? Simplement, j'espère que les historiens indépendants poursuivent leur oeuvre et que toutes les histoires marginales nous rappellent l'essentiel...
  • Loi du plus fort : version modernisée du "Oui, notre bon maître !", elle se revêt des oripeaux du parlementarisme pour faire passer en force les fameuses lois douloureuses "mais nécessaires". Ainsi, il y eut un plan global, dans le temps, un contrat pour l'école ou un pacte intergénérationnel (tiens, il y a eu une guerre ?). Ainsi, on voit des émissaires du  Seigneur Medef apporter leurs propres versions des chartes à adopter qu'ils transmettent à leurs élus-relais. Ainsi, les groupes de pression assurent leurs intérêts, en négociant avec le gouvernement, s'il le faut. A ce sujet, la récente loi sur les droits numériques, qui doit être rediscutée en France,ou les campagnes qui officialisent Windows chez nous sont de jolis exemples : plus besoin de siffler l'autorité, elle vient toute seule, pantoufles en gueule...  En même temps, ces mêmes grandes entreprises se donneront les moyens de contourner les lois qui leur déplaisent, puisque seul celui qui connaît la loi à fond peut se permettre de l'ignorer...

Tant de souci de ma petite vie chez mes chers élus me donne le tournis : dans mes rêves, je distingue une nuée de politiciens qui veillent sur mon sommeil comme des fées. Et bien, les fées ont de sales têtes, ces temps-ci... Je me demande si je ne vais pas essayer d'échapper à tant de sollicitude dans une île déserte, s'il en reste encore une, une belle île où ne subsiteraient que quelques balises caressées par le vent... Enfin, si la loi autorise encore les ermites incapables de nager à sombrer en Arcadie... 


08:36 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

06/01/2006

I'm beginning to see the light

Les lucioles diffusaient leur lumière douce sur la colline déchiquetée : les traits ténus tissaient des toiles dans l'ombre morte, sous le regard un peu las d'Obéron. Depuis des siècles, il marchait, dernier survivant des mythes abandonnés, des rêves enfouis sous les néons agressifs des fausses nuits de la ville. L'éclairage public n'offrait de refuge qu'aux tapins blafards, aux prédateurs et à leurs lames étincelantes. S'en suivaient des gyrophares ponctuels : leurs hurlements tenaient lieu de rugissement dans la faune nocturne. Et la ville irradiait toujours plus loin, elle masquait la campagne dévastée de ses lueurs aveuglantes...
 
Sauf au flanc de cette colline sombre où la lumière retrouvait la douceur des ombres, pour des ébats nocturnes intenses mais fugitifs. Obéron croyait même entendre les bruissements des petits lumignons qui s'emmêlaient puis se quittaient pour s'ébattre plus loin... Il s'étendit au bord du ruisseau : s'y reflétaient les nuances de la vie nocturne dans l'éclat un peu passé de l'eau trouble. Obéron rêvait...
 
Il songeait à ces lanternes qui transportent les âmes des morts au fil de l'eau, à ces feux où dans des banquets de fête on se séparait de ceux que l'on avait aimés, à ces tables où l'on lisait les astres. A cette époque où les hommes rêvaient plus haut, toujours davantage au-delà d'eux-mêmes, sans se laisser contraindre par leur confort. Il songeait aussi aux chimères, aux dragons, aux licornes, à ces luminescences et langues de feu que le progrès avait muées en chaudrons infernaux où les nouveaux sorciers appelaient à canaliser la force brute de la lumière. Certains avaient même prétendu l'analyser et la mesurer : mais mesure-t-on ce qui nous dépasse et nous échappe ?
 
Obéron mourut dans un songe  : une ronde de lucioles accompagna son rêve évanoui.
 
 

Librement inspiré
d'une des photos
trouvée sur le site
de ma cousine Nathalie

05:12 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

02/01/2006

Bonne année, donc...

Les réveilons, je les redoute souvent : ils sont précédés, pour moi, d'un gros moment de misanthropie où je remettrais en cause l'humanité entière au nom de mes hantises personnelles.
 
Et puis, le mouvement l'emporte et viennent les petits plaisirs : les rencontres, les découvertes qui permettent de passer d'une année à l'autre sans s'enfermer dans des bilans mais en poinatnt de nouveaux horizons... Même si au petit matin on se rêverait volontiers vampire pour ne pas trop voir ce fichu soleil qui vous tape sur la nuit blanche...
 
Pendant une semaine au moins, on pense au plaisir avant tout : on s'extrait de la routine pour savourer. Quoi donc ? Les petites joies qui parsèment nos jours toute l'année mais dont on se rappelle seulement lorsque les rites nous les ressortent : à moins d'être un admirateur de Delerm (le père, celui qui écrit des textes insignifiants sur des banalités avec platitudes) ou de Delerm  (le fils, qui nous soulage tellement quand sa chanson s'arrête : y a pas de bobo !)
 
Nos plaisirs nous reviennent donc au palais : ils acquièrent le goût extraordinaire des saveurs que nous négligeons, parce que nous n'avons ou ne prenons pas le temps, parce que nos discussions se trouvent supplantées par le bruitage importun des médias, parce que l'atmosphère ambiante se préfère bien sinistre, comme si la grisaille constituait enfin la raison d'exister. Et parce que nous nous laissons chaque jour formater notre plaisir, en nous rappelant seulement à l'occasion que nous pouvons nous l'approprier.
 
Je ne peux vous souhaiter tout le bonheur du monde, comme dans la chanson. Je ne peux vous souhaiter des événements heureux. Je ne peux vous dire que je vais vous aimer, vous apprécier ou éprouver de l'affection pour vous, les réels comme les virtuels. Je ne peux vous dire qu'on va causer, s'émouvoir, s'enguirlander ou rigoler ensemble. Je ne peux vous promettre ce dont nous disposons tous déjà : je peux juste nous rappeler que chacun de ces instants que nous partageons nous est précieux, même quand les fêtes se terminent.
 
A bientôt

13:22 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

31/12/2005

Meilleurs voeux.

Le capitaine Ubu
souhaite à tous ses passagers
un joyeux réveillon
et une bonne année 2006.
 
N'oubliez pas de déserrer
vos ceintures
après le décollage.

16:05 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

29/12/2005

Un petit jeu ?

Après de longues absences, un retour tout en douceur avec une charmante jeune femme.... Evitez simplement de vous faire présenter à son tonton : soit votre fortune est faite, puisque les hommes des casernes le poursuivent dans des cavernes; soit vous y perdrez la tête car ce mélanome barbu n'appréciait pas qu'on le charriât...
 

Alors, qui est-ce ?

14:58 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |