29/12/2005

Un petit jeu ?

Après de longues absences, un retour tout en douceur avec une charmante jeune femme.... Evitez simplement de vous faire présenter à son tonton : soit votre fortune est faite, puisque les hommes des casernes le poursuivent dans des cavernes; soit vous y perdrez la tête car ce mélanome barbu n'appréciait pas qu'on le charriât...
 

Alors, qui est-ce ?

14:58 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

23/12/2005

Wild wild West...

Autre sortie récente, L'ouest solitaire de Martin Mc Donagh au Zut (zone urbaine théâtre, rue Ransfort). J'avais déjà eu l'occasion d'apprécier deux spectacles dans ce théâtre tout récent. J'ai donc voulu vérifier si la deuxième saison tenait ses pormesses...
 
Et en effet, dans une farce cruelle où l'humour noir irradie, quatre acteurs s'amusent. Un prêtre alcoolique, dépassé par les événements ; une charmante jeune fille, vendeuse d'alcool trafiqué ; et surtout deux frères aussi bêtes et méchants que Joe et Averell Dalton, qui ne cessent de s'engueuler ou se battre pour la moindre broutille... Jusqu'au moment où le curé choisit de parier son âme sur leur réconciliation...
 
Dans la première partie, le personnage du prêtre explose littéralement de drôlerie, pauvre chien battu dépassé par les batailles hargneuses des deux frangins et par les habitudes contestables de ses paroissiens... Dans la deuxième partie, les deux frères se retrouvent dans un hilarant face-à-face où ils s'avouent leurs mauvais coups, toujours plus dégoûtants et drôlatiques...
 
Bref, si vous voulez passer un bon moment dans une atmosphère de café-théâtre, pas toujours subtile mais franchement réjouissante, dites "Zut" !
 

15:18 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

La ville de poche...

Les Contes érotico-urbains s'affichent au théâtre de Poche : j'avais dit, il y a quelque temps, tout le mal que je pensais des mises en scène démagos que ce théâtre propose si souvent, confit dans ses missions didactiques comme un marron dans le cul d'une dinde (comparaison de saison : merci Desproges ;)) Mais quelque chose de l'ancien Poche est peut-être revenu dans ce spectacle.
 
Les deux premiers contes sont très amusants. Le formateur d'un plan de régulation des habitudes sexuelles met en avant les conséquences inattendues des comportements "déviants" du simple quidam et rappelle, dans une pochade plutôt drôle, que Big Brother  n'est pas qu'une émission de télé-réalité. Le deuxième conte effleure les pentes de l'orgasme et met en avant une Ingrid Heiderscheidt très surexcitée parce que, justement, l'excitation a fini par venir grâce aux magasins du style "Eva luna", et qu'une femme peut atteindre l'orgasme, pour peu "qu'on l'attaque aux instruments... Ubu rappelle d'ailleurs à ses charmantes lectrices qu'il dispose de deux mains particulièrement secourables, toutes disposées à les assister lors de leurs essayages de lingerie dans la boutique susnommée...
 
Ensuite vient le moment faible : le conte d'Isabelle Wéry se voulait ambitieux. Il échoue dans la prétention du monologue décousu, qui enfile des clichés (et des poules, à l'occasion), s'effondre dans des personnages caricaturaux qui se perdent en cours de route, et retombe enfin dans une interpétation peu crédible et rarement subtile d'une souffrance amoureuse qui ne semble faite que d'instants gratuits. Le contraste est d'autant plus puissant avec le dernier conte, écrit par Thomas Gunzig, mis en scène par Sam Touzani et magistralement interprété par Riton Liebman. Ce dernier y campe un personnage terne, esquissé en quatre phrases, qui raconte son expérience malsaine et, au fond, très banale du Net, un personnage normal qui plonge dans la folie insidieuse du voyeurisme le plus malsain.... Sans doute est-ce ce dernier conte qui relève l'ensemble, rappelant que le Poche est encore capable de renouer avec la gifle lorsqu'un auteur, un metteur en scène et un acteur font le pari audacieux de nous parler sans complaisance.
 

15:09 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

13/12/2005

Pas de boogie-woogie ?

Nouveauté sur le marché des fariboles, le dessein intelligent prétend tout expliquer. Lumbago, arthrite du genou, cervicales fragiles : le dessein est intelligent. Et Darwin de se retrouver en hypothèse au ciel de ce nouveau paradis promis par des voix plurielles qui dissèquent le sexe des anges. La Libre (voir plus bas) de ces jours-ci publie quelques articles sur les assauts des obscurantistes religieux qui prétendent nous éclairer de leurs bûchers autodafesques pour nous ouvrir à la rédemption. On croyait avoir ridiculisé les interprétations littéralistes de la genèse ou les billevesées des sourates prédictives : raté, le dessein se fait intelligent, nous prétend une divine conjuration des imbéciles...
 
Certes, l'évolutionnisme darwinien a eu des ratés : certaines interprétations de ce modèles s'avérèrent hasardeuses, certaines observations peu crédibles et certaines dérives hygiénistes qui s'en inspirèrent donnèrent lieu à des massacres, quand on prétendit soigner la sélection aux petits oignons pour masquer des pans d'humanité dont on ne voulait pas. Certes, l'idéologie du "Struggle for life" s'en inspira sans jamais réfléchir aux données de la psychologie comportementale qui rappelait l'inadaptation profonde de l'homme à son milieu, largement compensée par un talent d'inventivité et des pouces opposables, qui transformèrent son handicap en précieux atout. Certes, la vérité de Darwin est scientifique et, par conséquent, sujet d'étude, de vérification, d'évaluation par le monde scientifique.
 
Mais les bondieuseries dont tentent de nous abreuver les créationnistes de cette nouvelle tendance ne peuvent convaincre : elles se gobent ou pas. Et là, j'ai le gosier étroit, ne leur en déplaise. La biologie ne s'enseigne pas comme une croyance puisque, perçue de la sorte, elle deviendrait impossible à évaluer et à communiquer : elle s'imposerait sans jamais se réfléchir. Quand bien même on la supposerait tissée d'hypothèses, il faut bien constater que leur jeu est beaucoup plus fécond que ces littéralismes qui prétendent retrouver des clés dans des récits peu crédibles, un peu comme ces textes qui prétendent retrouver des codes là où le hasard du langage produit de malicieuses coïncidences, quand le hasard n'est pas un peu forcé par des ficelles grosses comme des cordes à noeud.
 
La logique s'impose en loi, en apparence : en fait, chacune de ses propositions suppose un risque de transgression. Qui pratique ce langage admet le risque et l'étudie : c'est, ou plutôt ce devrait être la qualité essentielle de l'argumentation en général, et dans le sécoles en particuliers. Et le principe devait être de toujours accepter d'envisager, quitte à disposer ensuite de ce que l'on a étudié comme élève, et non en se plaçant dans le carcan étroit de croyances qui nous enferment dans autant de préjugés. Ce qui fait qu'une croyance, question personnelle qui ne pose aucun problème pour qui n'intrigue pas à hauteur d'oeillères, n'est pas sujette à débat. Par contre, sa prédominance dans un système scolaire en détourne les objectifs, en brise le dessein réellement intelligent en prétendant phagocyter la culture du débat par un totalitarisme de la vérité eunuque...
 
Les débats réclament un équilibre, un relativisme : au hasard des idées répondra ainsi la nécessité de la synthèse, ce lieu de rencontre de la tolérance qui exclut le prosélytisme malsain, d'où qu'il vienne. Aux assauts groupés sur la morale, aux prétendues explications du monde, au fallacieux patrimoine des traditions qui nous asservissaient, seul l'esprit critique peut faire obstacle : pour peu que personne ne tronque les règles du jeu au nom d'une foi théocratique, d'une idéologie qui hypothèque le débat et le ruine.
 

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&am...
 

09:37 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (28) |  Facebook |

11/12/2005

Légèreté ?

"N'a de conviction que celui qui n'a rien approfondi" disait Emil Cioran, l'étrange philosophe roumain qui avait adopté la langue française par plaisir de la brièveté. En même temps, je n'ai aucune foutue idée de ce que cette phrase peut bien donner en roumain. D'ailleurs, peu importe : c'est juste un sujet de dissertation que j'aime bien.
 
Il y a de ces gens, toutes petites personnes, qui prétendent vous l'adresser les dernières sommations lorsque, guidés par leur prétendue profondeur, en fait englués dans leurs circonstances, elles se tuent à vous asséner leurs vérités : et si encore, elles n'étaient que quatre, leurs fichues vérités, qui devraient devenir les vôtres...  Et puis ? Rien, parce que leurs vérités n'ont rien d'absolu, parce qu'elles ne sont que la trace d'un instant qui passera, que des hardes malhabiles qui s'avèrent bientôt décousues...
 
La vérité est complexe : la simplifier, c'est la rendre insignifiante. La déterminer en un lieu et un temps précis, c'est en détruire la saveur multiple, qui fait que chacun  y trouve sa signification, mouvante et instable... Les faits eux-mêmes n'ont aucun sens : il faut les intégrer à des raisonnements dont ils participeront ou alors les laisser libres de leur multiplicité...
 
Nous jugeons le monde qui nous entoure selon nos propres raisons d'agir : jusque là, pas trop de problème, puisque les choses s'en fichent. Par contre, lorsque nous imposons nos raisonnements fallacieux ou irraisonnés,  nous enfermons nos propres libertés et celles du quidam de passage, qui s'aventurait au-delà de lui-même dans une discussion  qu'il juge bientôt stérile. La surdité et l'indifférence restent alors les seules retraites paisibles où s'enivrer de rêveries fécondes, qui pourront s'emballer sans que personne ne s'en soucie...
 
Ma vérité n'est pas toute faite : elle ne pourrait l'être. Peut-être s'arrêtera-t-elle après mon propre décès, puisque là j'aurai l'occasion d'approfondir ce que l'on m'aura asséné. Et j'ai l'impression que je continuerai à m'en moquer, comme un squelette un peu gamin...

17:05 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Saint Nicolas ou Saint Ubu ?

Lundi passé, c'était le piège dans toute sa splendeur. Une semaine auparavant, j'avais entendu par mégarde une conversation de mes collègues de primaire déplorant l'absence d'un Saint Nicolas crédible pour leur petite fête. N'écoutant que mon bon coeur (si si !) et me rappelant mes projets d'entrisme au nom du syndicat des nains de jardins, sous-section du secteur "Grincheux", je me portai volontaire. D'ailleurs, Saint Nicolas et Saint Dycal ne commencent-ils pas par les mêmes lettres ? Non ? Tant pis...
 
Recouvert d'une robe de dentelle et d'une grande cape de velours, armé d'une crosse à double détente et chapeauté de frais  - ce n'est pas la première fois que je fais ami-à mitre, tout de même -, je me lançai face aux enfants trépignants en vérifiant la barbe postiche qui recouvrait, tant bien que mal, mes propres pilosités qui me donnent l'allure du Yéti après son hibernation annuelle. La barbe glissait malheureusement...
 
Les festivités furent charmantes : après la petite rencontre avec les gosses de primaire  - dont un pas tout à fait sage à qui Saint Nicolas fit les gros yeux - vint le tour de la fête des petits de maternelle. Les comptines, les chansons charmèrent le grand patron des enfants, même s'il était un peu enrhumé et très inquiet à l'idée de passer dans les multiples classes peu adaptées à sa mitre et à sa crosse (Saint Nicolas danse-t-il le disco ? Depuis lundi, il a de l'entraînement !) où les instits avaient disposé les jouets et friandises en de véritables jeux de piste et s'étaient arrangés pour que les carottes de mon âne se retrouvent à moitié mâchées.Les enfants étaient très impressionnés et très sages : une seule a tout de même pleuré... Et puis, il a fallu quitter la tenue très apaisante du Grand Saint pour retrouver ma tenue habituelle de Prédator des grands soirs : et pour retrouver mes élèves dans la perspective de leur dissertation d'examen du surlendemain...
 
J'ai donc participé à la mystification, ce jour-là, mais en tout bien tout honneur : quand les rêves sont aimables, pourquoi en démonter les mécanismes  ? D'ailleurs, j'ai moi-même oublié mon syndicat de nains de jardin ce jour-là....
 
Une petite trêve, donc.
 

16:47 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

04/12/2005

Une solution contre la pub ?

Quelques liens utiles pour virer la pub des skynetblogs :
 
le navigateur Firefox

http://frenchmozilla.sourceforge.net/firefox

L'extension Adblock

http://extensions.geckozone.org/AdblockPlus/

Et, puisque Skynet ne comprend toujours pas,
le blog anti-pub créé par Goldograf

22:31 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

Rappel...

N'oubliez pas de sortir couverts !
 
Je crains qu'on ne rediffuse bientôt la série "Dix histoires d'amour au temps du Sida". Je me rappelle que sa programmation dans un ciné-club de Marignanne (ou était-ce Toulon ou Orange ou même Vitrolles ?) avait valu à la directrice du cinéma de se faire virer par la municipalité FN du coin... Je me rappelle les réactions inquiètes des collègues de ma mère quand elle avait invité un séropositif en classe pour une rencontre avec les élèves : je me rappelle aussi que les élèves avaient tenu, eux, à lui remettre un petit cadeau et n'avaient pas hésité à lui serrer la main. Je me rappelle qu'à l'époque on envisageait de placer des distibuteurs de préservatifs dans les écoles. Je me rappelle un couple d'élèves qui avaient décidé de se stabiliser et qui attendaient le test avec un soupçon d'inquiétude. Je me rappelle  la distinction entre responsable et coupable : et des enterrements qui ont suivi... Je me rappelle un vieillard sénile qui voulait placer  le préservatif à l'index, poussant d'autres cinglés à l'interdire : je me rappelle qu'un continent meurt de cette épidémie.
 

Je me rappelle que le SIDA n'a jamais été un souvenir, malheureusement...

12:50 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Bref, c'est le rhube...

Il semblerait qu'un vilain rhube se soit attaché à bon cerbeau : j'ai essayé de l'attacher à un arbre, de l'abandober dans la rue, de l'offrir à quelqu'un d'autre. Rien n'y fait : il reste accroché à ma délicate personne. Pouvez-vous prendre au sérieux un Ubu qui barle comme Jean Gol et consomme des kleenex en quantité, de quoi déforester un peu plus la forêt abazonienne ?
 
Bref, je me suis fait moucher !

12:34 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/11/2005

Le reflet virtuel...

J'ai presque tenu parole : je me suis bien absenté des blogs depuis une semaine. Mais, j'ai dû refaire une brève incursion sur un blog qui, au fond, m'indiffère pour y remettre à sa place un méprisable usurpateur qui s'appropriait mon identité pour déverser ses billevesées.
 
Le blog, qui apparente dans une association de l'Islam et du satanismedont on goûtera la modération, l'esprit de nuance et l'ouverture d'esprit de ceux qui ferment de bonne heure, avait suscité ma curiosité, je l'admets. Ceux qui me font l'honneur de passer lire mes quelques posts n'ignorent pas que mon athéisme ne m'empêche pas de m'intéresser aux phénomènes religieux, ne fût-ce que parce que j'ai dû être catholique plus jeune  - le temps passe ! - et parce que je donne cours à des élèves dont beaucoup sont musulmans, ce qui ne fut pas sans poser quelques problèmes il y a quelques années.
 
J'ai donc lu l'un ou l'autre post sur ce blog : j'ai failli m'étouffer à la lecture de certaines informations ou, devrais-je dire, impressions qui me semblaient confiner à la paranoïa. Arte et la RTBF y devenaient des médias complaisants, tandis que RTL-TVI devenait un média de référence ; le film de Ridley Scott sur les croisades disait enfin la vérité sur ces sauvages que nos gentils chevaliers allaient un peu éduquer, tandis que les historiens se roulaient dans la propagande en critiquant les sources ou, je le suppose, qu'Amin Maalouf se fourrait le doigt dans l'oeil en évoquant "Les croisades vues par les Arabes". Je laissai donc un commentaire, qui connut une réponse, à laquelle je ripostai en évoquant les blogueurs d'extrême-droite qui gravitaient sur ce blog, les sources nauséeuses de certaines références données pour fiables (l'une d'entre elles ne cessait d'évoquer avec admiration les moindres faits et gestes des élus FN, dans le charabia coutumier des nouveaux "croisés" de l'absolue connerie). Inutile de préciser que mon commentaire fut effacé, comme le furent d'autres sur des sites intégristes en d'autres temps. Je me dis donc qu'il était inutile de repasser sur ce genre de blog, puisque son extrémisme le rendait insignifiant...
 
J'appris pourtant, par un vent favorable  - et oui, le vent me parle parfois !- qu'un commentaire signé de mon pseudonyme avait atterri sur ledit blog, commentaire d'autant plus étonnant qu'il ne correspondait pas à mes opinions affichées et, je vous rassure, assumées... Je bondis, constatai l'indélicatesse d'un ânonyme qui avait laissé sa crotte sous mon nom... Je répondis : pas de commentaire en réponse...  Je revins aujourd'hui sur les lieux du crime de mon improbable double (rien à voir avec uBu, qui est tout à fait charmant même si nous ne partageons pas les mêmes passions !) et y retrouvai une nouvelle intervention de ce ver solitaire (lui) sans doute amoureux d'une étoile (moi ?), en plus d'une admonestation adressée à Zelda, qui rappelait à la raison les commentateurs excessifs du blog concerné (en deux mots ?). Mon sang pirouetta et en cavalcade, je tapai un commentaire (qui disparaîtra sans doute, lui aussi ?).
 
En substance, je rappelle à mes lecteurs et aux autres que toutes les opinions sont appréciées par Ubu, le vrai, le seul et l'unique - ce qui vaut mieux, étant donné mon poids déjà honorable : j'imagine mal le monde virtuel supporter plus de cent kilos de chair bien portante -  pour autant qu'elles ne soient pas entachées par la bêtise du fanatisme, du prêchi-prêcha aveugle et de l'appel aux croisades idiotes... Je rappelle également que je n'aime pas ceux qui prétendent à la réflexion personnelle en la drapant de discours bas de gamme et de pratiques douteuses. J'ai des lecteurs de toutes les opinions : j'apprécie leur diversité. Mais ils ont une caractéristique unique qui me les fait apprécier, même au coeur de nos engeulades : leur intégrité.
 
Sur ce, l'incident est clos et je reviens à mes chers délires, mes chimères virtuelles.

11:35 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (27) |  Facebook |

19/11/2005

Hibernation anticipée...

Le boulot devient particulièrement envahissant : on peut parler de période de pointe. Par conséquent, je vais hiberner une bonne semaine... jusqu'à ce que je trouve le temps de vous dire quelque chose d'intéressant.
 
En attendant, je vous remercie tous de votre passage et je vous invite à visiter les liens que vous ne connaissez pas : textes, photos, musiques et autres réflexions vous y attendent au détour du virtuel.
 

A bientôt.

18:22 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

16/11/2005

La mémoire vive...

Un an déjà ! Et aucun d'eux n'aura un an de plus, sauf dans nos souvenirs...

11:07 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

12/11/2005

C'est une belle journée !

Pas beaucoup d'idées mais de nouveaux liens : des retours en fanfare, des divines apparitions, des sources d'inspiration...

Elle n'est pas belle, la vie ?

12:38 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

N'oubliez pas le portier...

C'était la fête ce mercredi dans notre école : une fête organisée dans notre école par des élèves de rhétorique. Entre danse et karaoké  - ouch, Céline Dion et Beyonce chantées à voix haute pendant une après-midi, et j'ai mes pulsions homicides qui reviennent - , mes chères petites têtes ont assuré : aucun problème dans la salle, tout était bien géré par les organisateurs.
 
Par contre, à l'entrée, un éducateur et moi jouions les pit-bulls de service : il est toujours étonnant qu'une fête strictement scolaire, avec un affichage restreint à l'école elle-même soit connue dans le quartier... Pour des raisons de sécurité, d'assurances et de sérénité, seuls les élèves des trois années du supérieur inscrits dans l'école étaient admis : ce qu'il a fallu expliquer longuement à des jeunes  - et même très jeunes gens - qui ont perdu deux heures au moins à attendre un improbable changement d'avis des deux très méchants portiers qui les refoulaient avec le sourire. "Sans haine ni violence", comme aurait dit un de mes collègues avec un petit sourire sarcastique... Ce qui est amusant, ce sont les tentatives un peu idiotes de ces petits jeunes (certains ne devaient pas avoir fini l'école primaire !) qui ont essayé de convaincre des collègues qui passaient, les élèves qui organisaient, d'autres élèves : le pape serait passé qu'il aurait eu droit, lui aussi, à son petit discours avec regard de chien battu... Nous avons dû mettre fin à leur attente infructueuse lorsque l'un d'entre eux s'en est pris, sans succès d'ailleurs, à certaines de nos élèves qui sortaient : celles-ci lui ont d'ailleurs répondu vertement...
 
Tout ceci pour rappeler quelques vérités toutes simples mais parfois oubliées : il reste des jeunes "allochtones"  - je rappellerai qu'une vingtaine au moins de nationalités coexistent pacifiquement dans notre établissement -  qui désirent pouvoir vivre des instants de sérénité, loin d'un quartier où les agressions verbales ou physiques restent la déplorable norme, même si elles sont l'expression d'une minorité vagissante. C'est ce que nous essayons de leur assurer au quotidien, dans notre école, ce qui nous permet d'aborder les sujets qui, sous d'autres cieux pas vraiment lointains, fâcheraient, avec le calme qui sied à une discussion courtoise où chacun essaie de ne plus s'encombrer de ses préjugés et de ses caricatures.
 
Je peux m'affirmer Juif sans entendre des imprécations qui fleurent l'antisémitisme quotidien ou encore athée sans m'entrendre condamner à l'enfer. Je peux leur parler de leur look de voyou sans me prendre une chaise sur la tronche ou évoquer l'improbable attentat que fomenterait le Oussama de ma classe, "à bicyclette et contre la Tour du midi", sans me voir victime d'une fatwa... Bref, nous pouvons poursuivre le dialogue le plus loin possible parce que nous avons imposé le respect des règles scolaires, sans transiger sur leur application mais en acceptant de les expliquer et en rappelant leur nécessité pour un fonctionnement d'une institution qui peut persévérer dans leur intérêt. Leur permettre de se construire plûtôt que de s'enfermer dans des slogans prétendûment robinhoodesques, qui servent de cache-misères à la frustration de la stagnation : c'est le principe qui marche, en tout cas dans mon école...
 
Evidemment, la réalité quotidienne du quartier ne s'embellit pas outre mesure et les galères existent toujours, quand une élève se fait agresser par des Tchétchènes parce qu'elle est russe ou quand une autre vit sous la menace d'une expulsion, mais nous parvenons à trouver nos moments de respiration, de plus en plus nombreux et, en fin de compte, conséquents... Sans doute parce que nous essayons de préserver l'école comme un sanctuaire  - pas une garderie, par pitié -  mais qui ouvre sur de nouveaux horizons...
 
En espérant qu'elle puisse se maintenir dans ce confort de fonctionnement...

12:19 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

05/11/2005

Incertitude.

Déjà, à la naissance  -que dis-je, il n'était même pas encore né, justement - il avait hésité à venir au monde : après une fausse alerte du côté de ses huit mois, sa mère en accoucha enfin après neuf mois et demi d'intenses atermoiements. Il pleura brièvement mais se plongea bientôt dans cette hébétude qui ne le quitterait plus.
 
Son enfance passa tranquillement : bien sûr, il laissait filer les ballons et fut le plus mauvais passeur que les équipes de foot, de basket ou même de hand-ball aient connu. Il pratiqua quelques sports de combat : ses adversaires perdaient patience en attendant des coups qui ne venaient jamais. Il les désarmait littéralement, même si certains soupconnaient une tactique sournoise. En fait, il voulait simplement se faire oublier.
 
Il poursuivit ses études, brillamment, même si ses idées était originales. Ses bafouillements, ses rougeurs amenaient à le sous-estimer mais là encore, ceux qui prétendaient contrer les audacieux concepts qu'il présentait en s'excusant se retrouvaient si énervés qu'ils ne pouvaient poursuivre leur propre raisonnement. Pire encore, ils se rendaient compte avec effroi que leurs propres idées étaient déjà entachées de ses réflexions à lui, et s'en trouvaient huilées et assouplies. Quelques regards soupçonneux subsistaient mais noyés dans des torrents de stupéfactions. En fait, notre pays vécut l'âge d'or inattendu dans l'histoire de ses idées, avec ces philosophes qui se mettaient tous à hésiter, ces scientifiques qui balbutiaient, ces linguistes qui remettaient en question leurs propres théories en mimant des gestes d'impuissance.
 
Cet état de fait ne pouvait être ignoré des politiciens, tant on sait qu'ils aiment à se reposer dans l'alma mater en prétendant y exercer leurs idées. On l'approcha donc pour se présenter aux élections : on crut disposer de ce candidat idéal que l'on attendait tant, un fantoche manipulable mais qui s'attirerait les faveurs de l'électeur. Lors de sa campagne, ses plus proches collaborateurs le raillaient ouvertement, se moquant des tentatives désespérées de ses successifs conseillers en communication pour l'amener à articuler un discours qui s'impose. Ses prestations télévisuelles auraient dû détruire son image. Et pourtant, les spectateurs, moqueurs au début eux aussi, se prirent vite de sympathie pour lui et même ses adversaires, vieux routards de la politique, se montrèrent déconcertés...
 
Son record de voix de préférences le désignait nommément pour devenir le président de cette petite république. Le pays ne connut plus de crise majeure : les conflits sociaux n'avaient plus de sens, tant les représentants syndicaux et patronaux se retrouvaient à l'unisson de bégaiements hésitants ; les autres partis politiques ne parvenaient à prendre en défaut sa manière de gouverner puisqu'ils devaient reconnaître les indéniables résultats de cette manière de toujours hésiter jusqu'à ce que la décision s'impose à tous, avac une étonnante satisfaction... Il atteignit même les sommets, les sommets et conférences internationales : ce représentant d'un étonnant petit pays favorisa des révolutions douces chez les dirigeants de tous ordres, et bientôt dans leur populations. Son pouvoir d'influence dépassa ce que l'on aurait pu imaginer : la paix régna enfin.
 
Il vieillit doucement et s'éteignit doucement : là encore, il hésita longtemps entre la vie et la mort jusqu'à ce que son décès ne provoque plus de crises de larmes mais juste un sourire attendri sur les lèvres de tous ceux qui s'étaient libérés grâce à lui.
 
Les peuples du monde entier et leurs dirigeants, certains de bon gré tandis que d'autres se forçaient encore mais ne pouvaient que céder à la masse de tous leurs concitoyens, lui rendirent plus qu'un hommage : plus jamais l'humanité n'eut à connaître quelque pouvoir que ce soit. Elle avait appris à hésiter.

19:29 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Les identités meurtrières...

De plus en plus, nous nous posons des questions sur notre identité : identité nationale, identité religieuse, identité politique... Comme s'il nous fallait payer le tribut du sang à une appartenance quelconque, comme si cette appartenance devait nous déterminer  totalement.
 
Il nous faut prendre position, pour ou contre, de manière à adopter une attitude de confort dans un monde instable, nous disent les uns ou les autres, tant ceux qui se complaisent dans leur "culture" identitaire, soucieux de se justifier par l'appartenance à un club fermé, que ceux qui se posent en opposants irréductibles et règlent des comptes avec l'idéologie qui les enferme toujours, tissant leur appréciation en une trame ténue et fragile faite de conversions à de nouvelles chapelles, d'approximations redondantes et d'obsessions assénées avec radicalité, à la manière de celui qui renie un quelconque baptême pour se plonger dans d'autres fonds baptismaux afin de goûter, une fois de plus, aux délices masochistes de la noyade. Les uns se réfèrent à l'autorité, les autres au choc des autorités : des hardes de pensée...
 
Qu'on l'appelle militantisme, prosélytisme ou  ce qu'on veut, ce type d'attitude se saisit d'elle-même comme prétexte et s'affirme à vide, comme si l'adhésion ou l'opposition exigeaient la radicalité, comme si identifier amis et ennemis, sa tribu et les autres peuplades menaient à comprendre un monde en demi-teinte. C'est un peu comme si on ingurgitait un poison et son contre-poison pour assurer son existence : et, finalement, le malade meurt guéri mais toujours paranoïaque...
 
Les faits s'exploitent ainsi : nous leur accordons une vérité absolue alors même que c'est notre propre jugement qui les modifie. Nous sélectionnons les informations qui nous agréent, nous découpons notre réalité en tranches digestes, nous déterminons et contraignons les discours que nous écoutons en fonction de nos replis. De peur d'oser nous découvrir en acceptant la vérité toute relative qui nous anime : notre changement perpétuel. De crainte, aussi, de découvrir dans ce que nous détestons chez d'autres ce qui nous anime nous-mêmes...
 
Montaigne disait que tout bougeait (en fait, il disait que tout branlait, mais il était un peu cochon...), autant le monde qui nous entoure que notre propre personnalité... Il aurait pu ajouter que notre propension à juger n'était qu'une tentative de nous arrêter, de nous confiner nous-mêmes, comme si le fait d'arrêter les rotations de ce pauvre monde (Ah, si seulement tu t'appelais Raymonde !) et  nos pirouettes permettait de résoudre nos propres conflits. Et c'est ainsi notre équilibre que nous perdons : notre seule certitude, c'est de tomber, comme ces funambules qui s'arrêtent et reconstruisent le vide autour de la fragile ligne qui les maintenait tout en acceptant leurs oscillations.
 
L'identité se met en carte : pour éviter qu'elle nous restreigne, dessinons la mappemonde de notre imagination, de nos doutes, de nos rêves... Et brisons nos garde-fous : la folie douce n'est-elle pas notre seule manière de respirer ?

13:26 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

04/11/2005

Sarkoman ?

Nicolas Sarkozy est un grand ministre : je vous l'ai déjà faite, celle-là, non ? Sous prétexte qu'il se prend pour "Un justicier dans la ville", il prétend gouverner autrement : intéressant jeu de dupe...
 
Nicolas fut le grand élève de Pasqua et Balladur. Pasqua, le ministre de l'intérieur qui aimait la jeunesse, dont un certain Malik Oussekine mort au champ d'horreur lors d'une charge des brigades légères du côté de 1986. Et Balladur ? Faut-il vraiment en dire plus ? Bref, pour un homme politique nouveau, il a déjà un passé. Et je ne reviendrai pas sur ses diverses expériences ministérielles, qui ne l'empêchent pas de faire le coup de l'héritage grâce à une vraisemblable schizophrénie persistante.
 
Sarkozy donne un coup de Karcher : c'est toute la banlieue qui s'incendie... Il ne doit pas vérifier la substance de ce qu'il projette, ni avoir pris conscience du gouvernement, que dis-je des gouvernements, dans lesquels il est invité : à moins qu'il ne le soit au titre de président de l'UMP, sans aucune volonté de particratie, allons donc, qu'allez-vous penser là, ma brave dame....
 
Une politique de proximité avait été installée tant bien que mal dans ces îles de béton : elle fonctionnait tant bien que mal mais endiguait le désastre économique et social de cette France lointaine, de ces citoyens précontraints ou de ces allochtones parqués... Il fallait bien rendre présentables les bidonvilles, fruits du succès des 30 Glorieuses. Et puis ? Rien, des cités qui tournent en rond, un morne ennui à longueur de couloir et des crapules qui surfent sur la misère, puisque les services publics disparaissent de cette autre France, puisque les immigrés ou anciens immigrés s'y retrouvent logés, faute de pouvoir se payer mieux ou faute d'être accepté ailleurs, comme le rappelle encore la discrimination à la location menée par une société immobilière française (voir Le Canard enchaîné de cette semaine) En même temps, ces quartiers difficiles fournissent la légitimation de la politique de sécurité. Ne sont-ils pas menaçants, ne sont-ils pas dangereux, ces "jeunes d'origine difficile" ? Puisqu'aucune politique de prévention ne marche -ce qui reste à prouver - menons des incursions dans ces territoires hostiles, en négligeant les acteurs locaux : les flics qui préfèrent dialoguer que "baver" et qui connaissent leurs clients; les acteurs sociaux débordés de dossier suite à la suppression du personnel; les imams qui calment le jeu ou l'attisent, selon leur tendance, puisqu'il est plus facile pour un jeune de rentrer dans une mosquée qu'en boîte, comme le rappelait Y.B., les instits et les profs, qui ont vu partir les assistants d'éducation en quelques années de réforme scolaire ; et les autres, pères et mères de famille, qui n'attendent que la possibilité de fuir ces zones pour que leurs gosses aient droit à un avenir...
 
Sarkozy est-il responsable ? Oui, même s'il est loin d'être le seul. Quand des responsables politiques persistent à évoquer ces jeunes Français comme des gens à part, quand ils assimilent forcément l'immigration et la misère à la délinquance, quand ils ne conçoivent la protection des citoyens qu'en termes de coups de matraque, quand un ministre annonce une rafle à la presse avant de la mener à bien une semaine plus tard, quand la réforme de la justice fait disparaître petit à petit le rôle du juge d'instruction au profit de celui de procureur, que reste-t-il encore à préserver ?
 
C'est ainsi que se forge une identité haineuse : en général, le respect gagne sur l'usage de la force. Peut-être plus jamais dans les banlieues françaises...
 

Quelques liens pour compléter...
 
Dessins de Karine et d'A. Cide
http://www.20six.fr/kruptesthai
 
Un blog satirique
http://sarkostique.over-blog.com/
 
Blog du représentant de la firme Karcher
http://sarkozyblog.free.fr/index.php?2005/

18:51 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Merdre à la pub !

Je souscris à ce mouvement de mécontentement : j'ai d'ailleurs piqué (avec son accord) une petite image très sympa à Goldograf. Et j'ai réglé leur compte à mes compteurs ;)
 

18:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

03/11/2005

La sueur et l'ennui.

J'ai vu, ces derniers temps, un spectacle de danse proprement calamiteux. Le chorégraphe voulait y mettre en scène les rapports à la foule : il y exposait aussi ses virtuosités techniques, d'instants gratuits en moments anodins.
 
Le concept est désastreux dans les arts vivants : si le rythme de la lecture permet de revenir sur ses pas, si la vidéo et le DVD permettent de croiser différents rythmes, la lourdeur devient pesante sur une scène. A la lourdeur didactique des spectacles à messages - envoyez-moi plutôt un courrier où vous vous obligerez à synthétiser vos réflexions sur une page bien serrée - succède l'engoncement du spectacle pour initié. L'artiste contemporain ne jouerait-il que sur des références éminemment partagées, cédant aux flots de nouvelles conventions pour remplacer celles du spectateur moyen ?
 
L'émotion, le sourire sont-ils devenus à ce point conventionnels ? Je n'en ai pas vraiment l'impression: nous vivons un fantasme de relation face aux spectacles, entre voyeurisme passif et exhibitionnisme froid. L'artiste se met en oeuvre, comme n'importe quelle divette télévisuelle : il prétend s'exposer alors qu'il s'impose dans une sorte de masse figée de toute une sauce lourde de pathétisme ou de technicité. Et le spectateur de regarder d'un air impassible, voire impatient  - les fesses coincées sur une banquette sont beaucoup moins patientes que le regard déjà blasé - des manifestations à haut potentiel culturel qui s'affichent comme telles et qui en viennent à se montrer aussi vulgaires et plates que ces modèles télévisuels, chanteuses anémiques, animateurs roquets et autres brushings animés qui hantent ces autres plateaux.
 
J'aime avoir des moments pour comprendre et d'autres pour ressentir : des éclipses de logique teintées de réactions affectives. J'apprécie les chocs émotionnels au théâtre, quand je ne vois plus la mise en oeuvre des éclairages, l'habileté de la réplique, le trucage de la mise en scène. J'aime les spectacles qui m'acceptent sans me demander de rendre des comptes. J'aime la fantaisie légère, la violence ponctuelle, le geste qui s'affine.
 
Alors, pour ne pas se quitter fâcheux, chers chorégraphes, chers metteurs en scène, cessez de vous engluer dans des spectacles englués dans leurs discours verbeux : vos mouvements deviennent ennuyeux et vos propos emmerdants. Mes chers artistes, cessez d'afficher tous vos malheurs dans des exhibitions froides : ne nous contraignez plus à admirer en silence votre pathétisme autocomplaisant qui ne débouche sur rien d'autre que sur l'affirmation d'un ego qui écrase le peu d'intérêt que l'on pouvait trouver à vos réalisations.
Affirmez un peu votre envie de communiquer, hors des mondanités, hors des circonstances : empoignez-nous.
 
Un retour à la fête des corps et du verbe, juste pour montrer ce qui se perd ailleurs, dans la rêverie formatée du média ?
 
 

12:10 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Coup de fatigue...

Etrange sensation : je devrais bourgeonner sous ce printemps tardif qui, à mon avis, ne passera pas l'automne. Je devrais suivre le soleil dans sa course, et m'attarder sur chacun de ses rayons qui câline les inconnues qui passent et les connues qui s'arrêtent. Je devrais aussi me réjouir des siestes forcenées, des nuits de rêve, des ailleurs lointains qui me passent à portée de caresse. Je devrais, pleinement...
 
Mais là, j'ai encore sommeil : un rien de lassitude, peut-être ? L'impression de céder à la routine, alors que d'habitude je me l'approprie ? Ou encore la mise en oeuvre de cet esprit de contestation qui me ferait presque dire : "Tais-toi, Ubu ! Tu m'emmerdres !". Mes démons tout quotidiens, en quelque sorte...
 
Bon, un gros dodo là-dessus et il n'y paraîtra plus.

11:44 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

30/10/2005

Silly, isn't it ?

Le regard clair, la marche en avant, il s'avance. Ses pas le guident sur des pavés incertains : le monde tourne et lui préfère ses ellipses à ces éclipses connes comme la lune. Il toussote : les effluves sont moites et sales. Quelques slaloms entre deux voitures empressées : les freins grincent, les chauffeurs grimacent mais réfléchissent à la qualité de l'impact que son corps, pas vraiment rachitique, offrirait à leur carrosserie chérie.
Il aimerait se transformer en Godzilla : jouer au frisbee avec les jolies tutures à leur maîmaître, envoyer paître le sinistre crétin qui, sevré trop tôt de son hochet ou de sa boîte à musique, klaxonne comme un rossignol anémique qui vient, le con, de se prendre une branche traîtresse tandis que le soleil, salaud, l'éblouissait de ses couleurs chatoyantes de calendrier des postes. Il aimerait hurler un vibrant "Haut les mains" au pochetron qui confond avec son urinoir préféré la boîte aux lettres de la petite vieille, qui attend l'improbable carte postale de vacances de ses petits enfants près d'un téléphone qui ne sonne jamais. Il adorerait balancer sa bouteille de flotte à la tête de la dame maquillée comme un tacot volé, parfumée comme des toilettes publiques et permanentée comme... non, même le plus idiot des moutons n'en voudrait pas. Il aimerait lancer le pas de l'oie en passant près d'un poulet aux souvenirs incertains et aux idées brumeuses. Il aimerait piquer la malette, l'attaché en case, pour se payer un coup de luge sur l'escalier qui voltige avec lourdeur vers un peu plus bas, loin de son acropole. Il aimerait utiliser un pétard en suppositoire pour un quelconque coincé du cul, rien que pour voir si le feu prend. Il aimerait nouer par la cravate ce groupe de cadres, juste pour qu'ils soient contraints de se recycler vraiment en cercle fermé.
 
Et puis, un jupon qui passe, un rire qui coule de source, un bruissement de plaisir, un paradoxe de hasard qui le regarde avec perplexité : il sifflote et reprend sa marche, s'amusant au spectacle de la rue. 

23:58 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

28/10/2005

Cure de jouvence...

Fallait pas m'énerver !
 
Lorsque j'entends Guy Vehoofstadt, et les membres du gouvernement, nommer contrat intergénérationnel" leur escroquerie au temps de travail et dire que "ce n'est pas la rue qui gouverne", cela commence à m'agacer. Lorsque notre ministre de l'intérieur remet en cause les actions des grévistes en montant en épingle les exactions de quelques hurluberlus, la moutarde commence à monter. Quand j'entends un sénateur VLD remettre en cause le droit de grève, là j'explose mais je comprends le message  : on va s'expliquer à distance...
 
Si on veut revenir au début du siècle, je vais me gêner pour faire mon petit voyage dans le temps, pour rappeler que les promesses électorales sont faites pour être crues par ceux qui les écoutent et cuites dès que les finances gérées en dépit du bon sens, les doléances des entreprises ou un furoncle mal placé (n'y voyez aucune attaque personnelle : d'ailleurs, vous n'aviez qu'à mieux le placer, en fait !) les font passer à la trappe.
 
Je me rappelle les grèves de l'enseignement en 1995-1996 : la première manifestation eut lieu le 27 septembre, la dernière le premier juin. On y évoquait la paresse des enseignants, leur fraude au congé de maladie, les nécessités d'une "bonne gestion" de la Communauté française pour justifier les mesures douloureuses. On sentait la souffrance... Peut-être que si l'un de ces charmants sinistres en chef, suppléant ou mandaté, avait simplement dit : "On a négocié comme des manches et on doit sauver ce qui reste à sauver", j'aurais pu admettre. Mais le pékin de base a eu droit à des épisodes glorieux : charge violente à Liège contre les étudiants;  tour de passe passe budgétaire de Van Cau qui, ministre du budget de la région wallone, découvrit opportunément un milliard de francs oubliés à verser au ministre du budget de la Communauté française, donc lui-même, milliard qui avait déjà été depensé de manière prévisionnelle (il a décidément des problèmes avec notre argent, cet homme-là) ; vente des bâtiments (donc du patrimoine) de l'école publique pour assurer le refinancement ; suppression de 3000 postes par fusions, ferrmetures d'école...  Et la Communauté française a survécu, provisoirement, mais pas vraiment en bon état : classes surchargées, mesurettes inefficaces, spirale des échecs. Félicitations, le malade prendra sa retraite avant ses 58 ans, vraisemblablement.
 
Les politiciens de l'époque, beaucoup sont encore en fonction, si j'ose dire, aujourd'hui, nous avaient déjà dit qu'il n'y avait pas d'autre solution : se souviennent-ils des ravages de leurs actions ? Verhoofstadt avait promis 200.000 emplois nouveaux : comptre-t-il y intégrer des emplois "grabataires" avec défiscalisation ou allègement des charges sociales en cas d'arthrite du genou ? Des mesures contre les piquets de grève ? Et pourquoi pas une loi contre les politiciens qui abusent de promesses qu'ils ne tiendront pas ? Contre les entreprises qui ne respectent pas le code du travail ? Contre les fraudeurs ordinaires qui "évadent" leur précieux pognon sous d'autres cieux sans hésiter à utiliser les infrastructures qu'ils ne paient par conséquent pas tout en faisant la morale à ces méchants travailleurs "qui font rien qu'à les embêter, M'sieur l'agent, à ces vilains chômeurs qui ne travaillent pas, à ces horribles syndicalistes qui doivent être responsables même des peturbations de la météo" ?  Tiens, vous avez remarqué, le mois d'octobre ne passera pas l'automne : ce doit être ma faute...
 
Le travail est un droit, la grève est un droit, la dignité est un droit : on devrait en parler aux virés de Clabecq, Renault, Splintex et à tous les autres...
La liberté de travailler ? Certains chômeurs ne demandent que cela, ceux à qui on proposera des emplois "convenables "  - dois-je supposer l'existence d'emplois peu convenables ? - correspondant autant que possible à leur qualification.
Le droit de grève ? Si certains abusent de l'intimidation, la loi règle déjà leur cas : envisagerait-on d'appliquer la loi aussi contre l'entrepreneur qui la viole, le fraudeur "poète", le parvenu cheval de retour ? La dignité ? Ce serait que le travail, service fourni à la collectivité ou à la richesse collective, soit reconnu ès qualités et plus considéré comme une denrée périssable.
 
Bref, Ubu a la rougeole. Gaffe ; c'est contagieux ! Elle monte tous les dix ans mais elle peut durer longtemps. Cette fois-ci, je marche, je cours, je vole et nous venge.
 

06:23 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (32) |  Facebook |

22/10/2005

Salut l'artiste.

Sounds of silence...

23:26 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Merdre à la pub !

J'envisage sérieusement de me délocaliser vers un serveur de blogs qui n'affichent pas ses publicités vulgaires d'une manière aussi monstrueuse que Skynet. Après les divers problèmes connus cet été, nous voilà face à un affichage aussi peu élégant que le mobilier urbain de Decaux.
 
Je me suis toujours demandé ce qui faisait la différence entre un serveur de blogs et un autre : nombreux sont ceux qui maintiennent la pub à un niveau raisonnable, selon une discrétion de bon aloi, quand ils ne la suppriment pas carrément. Si cette bannière grotesque persiste, je pense que ce blog va démanger dès le mois de novembre, sous d'autres cieux plus hospitaliers et davantage soucieux du respect de ses usagers que de ses comptes d'apothicaire. A moins que Skynet ramène cette bannière à des proportions beaucoup plus raisonnables et ne fiche plus en l'air la présentation de cette page et son chargement par ses campagnes importunes...
 
En attendant, un petit coup de molette vers le bas et un boycott des sites affichés s'imposent pour rester un internaute indépendant...

09:21 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

19/10/2005

O temps en emporte le vent...

Je n'ai même pas le temps de voir le temps passer.

21:08 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Le char de l'état navigue sur un volcan

Le capitaine Ubu reprend la barre.
 
Beaucoup d'agitation ces derniers jours, en plus d'un coup de fatigue. Il faut dire que l'actualité progresse plus vite que ce que mon pauvre cerveau peut enregistrer : je ne fonctionne que par éclairs, on ne me propose que des rediffusions.
 
Le gouvernement campe sur ses positions, avec la satisfaction du travail bien fait - puisque les ministres nous le disent - et l'orgueil d'avoir agi par nécessité... Autrement dit, le cochon de travailleur est un paresseux tandis que le gentil fraudeur, qui planque ses billes au Luxembourg, est un poète qui s'ignore et à qui on propose de se libérer de ses états d'âme par une déclaration eunuque, faute d'avoir été unique...  Et puis il faut bien lutter contre le chômage des jeunes "pensionnés". Relancer la productivité avec des métallos de 59 ans, au moins, il fallait y penser ! Il est vrai que les fesses des ronds-de-cuir s'éliment moins vite, à moins que des frais de bouche indigestes, les gabegies financières des grands prix inutiles ou les diverses aides aux entreprises  - les pauvres, on les ignorait à ce point sinistrées - ne justifient tous ces soucis...  On a le métier pénible qu'on peut : on voit ainsi des politiciens de premier plan - c'est en tout cas ce qu'on leur fait croire - qui guignent les rares postes de gouverneur de province, instance qu'une fédéralisation hâtive nous avait presque fait oublier.
 
Autrement dit, cher trimeur, si tu travailles au quotidien, c'est ta faute : tu n'as rien compris à notre "nouveau" monde qui prend des parfums aigres de dix-neuvième siècle en se gargarisant des servitudes du progrès. Les partis politiques camouflent leur incompétence et leur goût de la prévarication  sous les oripeaux grisés de leur engagement : ils nous préparent un avenir. Au même moment, lors de la journée de la pauvreté, des chiffres sortent : un Belge sur sept vit avec moins de 750 euros mensuels, à la limite de la pauvreté. En gros, le parachute d'un patron de grosse société lui permettrait de s'offrir combien de ces pauvres soldés ? Cent ? Mille ? Et le chômage structurel - nos politiciens et nos entrepreneurs seraient-ils des incapables ? Un doute m'étreint -  les pousse, ces fâcheux pauvres,  à accepter des emplois acceptables (tiens, et les inacceptables ?) dans des conditions parfois inacceptables. Notre système social est donc sauvé : le pauvre se paupérise, le gros boursier plane et éternue, la Belgique s'enrhume.
 
Il faut assister, perfuser l'économie : la dignité de l'entrepreneur est à ce prix. Le pauvre est un rêveur : il ne calcule même pas le prix de ses folles exigences, il ne réalise pas l'essentiel. La classe moyenne est rapace : elle vivote dans un flou peu artistique, au quotidien, s'endette et bascule parfois. Ce sont les deux groupes sociaux qui s'opposent à la prospérité économique, voyons...Tandis que le gros actionnaire ou le gentil patron nous sauve au prix de ses impérissables royalties, que de mauvais esprits nommeraient peut-être racket : le retour des rentiers...
 
Le politicien moyen nous sortira sans doute que ce n'est pas la rue qui décide : avant d'édulcorer son discours par d'insupportables sucreries dans quelques mois, du côté de nos sempiternelles élections où, promis-juré-craché, de nouveaux projets de société, des plans de sauvetage affriolants, des projets de formation exhaleront leurs parfums rances à nouveau. Et les experts, des trémolos dans la voix, de nous rappeler notre bonheur de ne pas être refoulé dans le désert...
 
Le capitaine Ubu reprend la barre mais il hésite encore entre la Lusitania, le Titanic et l'Erika : peut-être se contentera-t-il d'une péniche au fil de l'eau.
 
 

08:38 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

12/10/2005

Les apparitions, la disparition.

Ubu a été victime
d'une charmante apparition,
du temps qui passe,
en chair et en hausse.
 
Il reviendra donc vendredi.
 

22:37 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

09/10/2005

La lecture : premier chapitre.

Petite occasion de revenir sur un sujet qui me tient à coeur suite à un post et à des commentaires intéressants sur le blog d'Armand. Le sujet en était l'illettrisme et ses fléaux, j'aborderai pour ma part l'angle du lecteur scolaire, puisque l'enseignement obligatoire aurait dû éviter depuis vingt ans au moins l'illettrisme et l'analphabétisme. En essayant d'imaginer que les choses se passent bien...
 
La lecture est-elle un plaisir ?
L'enfant doit apprendre à lire : jusque là tout se passe bien. Et puis, comme les difficultés se présentent, les enjeux changent... Comment doit-il apprendre à lire ? Ou, bien mieux, dans quel but lit-il ? Et de constater que les enjeux se diversifient méchamment...
 
L'enfant peut lire pour son plaisir ou doit lire pour s'informer : ce sont les deux grandes orientations des programmes et des pratiques de cours... Jusque là, pas de problème : du simple bon sens. Et non, pas vraiment : comment parvenez-vous à évaluer un plaisir, ce que le système scolaire impose, puisqu'il faut rendre des comptes sur l'utilité d'une initiative (pour le prof) ou sur la réalité d'une tâche scolaire (pour l'élève). Ce qui donne de très jolis travaux un peu vides : les fameuses fiches de lecture, censées structurer des "plaisirs". J'essaie moi-même de m'en débarrasser : si ce sont des activités qui structurent une lecture, à condition qu'elles ne soient pas plagiées sur jepompe.com, elles ne correspondent bien qu'à une pratique scolaire de la lecture. Bref, l'élève paie un tribut comme si sa lecture ne se suffisait pas à elle-même et le prof s'informe de la capacité de l'élève à réaliser une fiche, pas vraiment une lecture...
 
En fait, l'école exige toujours un échange là où la réalité du lecteur l'amène à s'approprier un livre sans céder au besoin ou à la nécessité d'en parler... Lire est un acte intime puisque le plaisir est une sensation qui n'est pas toujours explicable . Ce que nous considérerions comme indécent suite à une nuit d'amour agitée ou peu digeste après un excellent repas, nous le demandons après les étreintes plus ou moins passionnées d'un gosse qui devrait s'être plongé dans des pages de papier, en avoir extrait du sens et communiquer sa lecture, le roman, ses impressions, la mécanique de construction et, éventuellement, un raton laveur s'il passait par là.
 
Le plaisir doit être utile, nous serine le message institutionnel de l'école. Et la lecture qui ne devrait être qu'un loisir devient vite une procédure à toujours remettre en oeuvre, puisqu'il faut toujours apprendre et qu'il faudrait montrer du plaisir à avoir appris. C'est souvent oublier que ce sont des individus qui lisent, pas des classes : le rappeler serait évoquer l'échec de l'école démocratique, qui intègre les masses dans ses somptueuses statistiques en négligeant l'épanouissement personnel. Il est d'ailleurs facile de constater que l'école préfère aborder les cadres de la lecture, en termes de culture ("Il faut avoir lu tel livre") ou de procédure ("Il faut lire comme ceci"), afin de s'assurer à peu de frais l'accomplissement d'une mission sociale.
 
Avec la lecture-plaisir, l'école dévoile ses limites pédagogiques : les parents ou des bibliothécaires zélés, voire de simples particuliers peuvent parfois y remédier, en modifiant et, parfois, en contrant l'orientation utilitariste et contraignante des lectures dans le milieu scolaire. A condition qu'eux aussi ne perçoivent pas le plaisir comme du temps perdu si le lecteur ne produit pas un bilan satisfaisant...
 

A suivre...

09:37 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

08/10/2005

Le parfum de la dame en bleu foncé.

Le jardin n'a rien perdu de son mystère,
 ni le presbytère de son charme.
 
Et Sainte Clotilde de rêver...
 
 

07:54 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Je ne marche pas !

Ce blog aurait pu connaître une foule de posts somptueux hier si, convaincu de la marche en avant du progrès et cédant aux mots d'ordre divers qui s'agitaient confusément, comme on demande au petit chien de ramener la baballe, Ubu avait pu décider de se déclarer gréviste. Il ne le fut pas, Ubu prit ses pieds à bras-le-corps, ce qui n'est pas une position très pratique, on en conviendra, et marcha...vers son école.
 
Ubu fut gréviste jusqu'au bout en 1996 : on supprima 3000 postes de profs, qui font toujours défaut aujourd'hui, et on le força à rentrer après un dernier baroud d'honneur le premier juin. A l'époque, La FGTB rouspéta contre ces enseignants qui abusaient.
 
Il y a un an, la FGTB signait le projet de contrat stratégique pour l'école ; ce dernier aboutit à des mesurettes, voire à des suppressions d'heures de cours par impossibilité (incompétence du Ministère ?) de trouver quelqu'un pour les donner. On en est même au-delà des 1/4 de postes ici ou là, qui devraient remplir de gratitude le pauvre chômeur menacé de radiation.
 
Il y a quelques jours, la FGTB, établissant ainsi son incapacité à gérer une négociation et sans doute désireuse de compter ses troupes, lançait son mot d'ordre. Je n'en fus avisé, comme délégué syndical, que jeudi soir : les informations éparses dont je disposais m'avaient déjà convaincu de pas me déclarer en grève, même si je peux souscrire à certaines revendications des négociations ; par contre, je constate que mon syndicat particulier n'a pas jugé utile de me mettre en position, comme délégué, d'informer mes affiliés des réalités de ce mot d'ordre. Sans doute préfère-t-elle les gargarismes d'appareil à la réalité du terrain. Déjà que je manquais de ressources pour défendre au quotidien les collègues victimes des conneries administratives de la Communauté française, très en forme cette année. La FGTB est heureuse : le gouvernement s'en fout...
 
J'ai donc travaillé hier, parce que j'estime que l'effet de mon boulot, même un jour, pouvait être plus important que cette agitation assez gratuite (un vendredi, d'ailleurs ?) qui camoufle les dérives de l'appareil syndical quand il s'emmêle les pinceaux. Je ne comprends pas que l'on aie recours à la grève dès le début de négociations, même si l'on estime qu'il y a un danger. Peut-être parce que les pauvres épreuves de force cachent mal l'ineptie de la hiérarchie syndicale. Quand celle-ci aura retrouvé sa dignité, je me mettrai sans doute en mouvement : je devrais plutôt dire "si"....
 
La FGTB se veut un syndicat politique,  moi non plus : je suis juste un syndicaliste. Pour combien de temps encore ?

06:17 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |