06/10/2005

Confession d'un barjo...

J'ai horreur des journées de cinglé : je suis monotâche, moi.
La pieuvre par neuf.

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04/10/2005

Tailleur de pierre ?

Faute d'avoir trouvé des illustrations du noble métier de tailleur de pierre, Ubu se voit obligé d'illustrer son blog protéiforme d'une photo de tailleur qui ne le laisse pas de bois.
 
Les traditions se perdent, nondidjiu !
 
Je me demande si le printemps passera l'automne.

06:20 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Et maintenant...

Un grand pas en avant.  

06:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Géométrie politique...

Une petite illustration du paysage politique belge, à l'approche des élections, puisqu'il semble que tous les partis soient toujours en campagne électorale.
 
Les points incarnent l'application du "Principe de Peter" : "Tout employé tend à atteindre son seuil d'incompétence".
 
Le vide contient tous les effets d'annonce, des majorités comme des oppositions : il aurait dû être constitué d'actions politiques.
 
Les arcs de cercle représentent les transfuges et les schizophrénies déclaratives qui clignotent à la vitesse d'un phare à la dérive : la réalité d'une situation n'est-elle pas perçue de manière contradictoire selon que l'on occupe les bancs de la majorité ou les strapontins de l'opposition ?
 
Les intersections doivent représenter certaines intentions de votes.
 
Il nous manque une vue en trois dimensions : pour donner un peu d'épaisseur à l'actualité.

06:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02/10/2005

Inspiré d'un débat radiophonique...

Hier, j'ai écouté un débat sur la Première : l'émission "Quand les jeunes s'en mêlent", souvent plate pourtant, avait choisi d'aborder l'homosexualité et le problème de l'homoparentalité. Les "Ce n'est pas naturel",  "D'ailleurs Adam et Eve étaient un homme et une femme" sont venus en renfort d'un "ça" plus ordinaire, plus pénible encore à mon avis, pour désigner le phénomène, je n'ose écrire le monstre de foire dont il était question. Je salue d'ailleurs l'heureux travail du journaliste qui revenait à chaque fois sur ce "ça" d'apparence anodine mais révélateur.
 
Je ne suis pas homosexuel et je ne le regrette pas. Pourtant, je ne dois pas être le seul hétéro à trouver insupportables ces arguments que l'on nous ressasse pour nous présenter l'homosexualité comme une tare, un défaut, voire comme un comportement criminel. Le délit de sodomie est toujours puni de prison dans plusieurs états américains, de mort dans les états qui veillent à réprimer ce qu'ils nomment "déviance" dans leurs fichues lois où deux adultes consentants sont criminalisés au même titre qu'un violeur, parfois plus.
 
Lorsqu'on évoque les homosexuels sous forme de "ça", je me rappelle l'histoire des étoiles roses, poursuivies par un régime qui haïssait tout au nom de la pureté de la race : des étoiles parties en fumée, elles aussi. Lorsque l'on me dit que les homosexuels mettraient en péril l'éducation d'un enfant, je pense en moi-même que l'hétérosexualité n'est pas une garantie de saine éducation et que l'amour est pas une affaire de couple mais de parents. Et qu'un enfant n'a pas a juger les habitudes sexuelles de ses parents, me semble-t-il.
 
En fait, il est plus facile, y compris pour moi pendant longtemps, de concevoir la différence comme une altérité au lieu de l'envisager comme un point de vue. Au fond, la seule maladie dont peut souffrir un couple homo, ou l'enfant de parents homos, ne réside-t-il pas dans notre regard de mépris ordinaire, masqué sous la pitié ou sous la haine, qui leur refuse à tous le droit de vivre une vie normale, dans nos catégories qui nous assurent un confort artificiel ?
 
Quelle assurance, si parfaite, nous permet de nous arroger le droit de juger ce que nous ne sommes pas comme une mauvaise voie ? Notre peur d'avoir honte de ce que nous sommes, sans doute.

19:50 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Les deux hommes

 Ils voulaient devenir parents, les deux hommes
Et ils se sont battus longtemps
Pour avoir tout simplement, les deux hommes
Les deux têtus, les deux amants
Une famille...alors ils ont
Adopté un joli poupon

Ils sont enfin devenus papas, les deux hommes
Et comme tous les papas sérieux
Ils se sont creusé malgé eux, les deux hommes
Des cernes mauves sous les yeux
A chercher la meilleure façon
de s'occuper d'leur nourrisson

Il n'aura pas eu de maman, le petit môme
N'aura tété que des biberons
N'aura pas connu ces seins blancs que l'on donne
A tant d'autres petits garçons
Dans ces maisons ou ça s'querelle

Ils'y arrivaient pas trop mal, les deux hommes
Les deux amoureux, les deux mâles
Même s'il était clair dans la tête des deux pères
Qu'ils ne pouvaient pas se permettre
Les mêmes faiblesses que l'on pardonne
A tous les parents de la Terre

Il aura grandi calmement, le garçon
Jusqu'a cinq ans, jusqu'a l'école
Où bien sûr quelques garnements se moqueront
En le traitant de fils de folle
Et il en gardera des séquelles
Il reniera ses parternels

Ils étaient de braves parents, les deux hommes
Mais l'monde étant c'qu'il est devenu
L'amour, ben c'est pas différent pour deux hommes
Souvent l'amour, ca en peut plus
Et ce fut l'cas d'cet amour-là
Les deux hommes ont baissé les bras

Un tel échec fait toujours mal, on n'veut pas
Se r'trouver monoparental
Mais quand tu t'fais appeler pédale et papa
Là t'es un homoparental
Pour les langues sales et les jugements
Les "on l'savait qu'ça foutrait l'camp"

Ils feront tout pour consoler leur enfant
Leur adolescent partagé
Qui tentera bien de n'pas rêver d'sa maman
De sa peau tendre et satinée
Et d'son épaule comme une gouttière
Pour y déverser ses rivières

Ils seront toujours les parents, les deux hommes
De l'homme que leur fils deviendra
Et même s'ils n'entreront jamais dans les normes
S'ils auront été maladroits
Ils n'auront pas perdu le droit
D'être des hommes dignes et droits

Ils seront toujours des papas, les deux vieux
Et leur garcon s'en souviendra
Quand a son tour il embuera ses beaux yeux
En tenant un poupon dans ses bras
Et c'est à temps qu'il comprendra
Un petit peu mieux les deux hommes
Et c'est à temps qu'il reviendra
Avant que ses papas s'endorment.



Paroles et musique de Lynda Lemay
Chanson extraite du Cd "Les lettres rouges"






19:25 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

A priori, je préfère les blondes...

mais je préserve toujours la possibilité d'une exception.

19:18 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

01/10/2005

Les disparus de Saint-Agil aussi ?

Le syndicat des commissaires et hauts fonctionnaires de la police nationale (SCHFPN) vient de publier un document pour assurer "la sécurité du quotidien". Pour ce faire, ces têtes pensantes, déjà écoutées par Sarkozy, le spécialiste du Karcher urbain, et Perben, le buggueur de lois, proposent de se lancer dans "la prévention précoce des enfants à risques", puisque, déplorent-elles, "aucune action n'a été expérimentée à ce jour auprès des enfants qui présentent un comportement prédicteur de délinquance dès la crèche, la maternelle ou l'école primaire".
 
Voilà enfin de la prévention bien menée. Rêvons un peu : on aurait suivi (ou précédé ?) le petit Nicolas Sarkozy parce qu'il se prenait pour Naboléon, le petit Guy Spitaels parce qu'il jouait avec des hélicoptères et le petit Daniel Ducarme parce qu'il refusait de partager son biberon. Les pandores auraient pu trouver les explosifs que les bébés allochtones planquent tous dans leurs couches  ou empêcher les tout-petits Corses de couler les bateaux des bébés français.
 
On avait failli oublier ce pan de la délinquance juvénile : le pays de la liberté (d'entreprendre), de la liberté (conditionnelle et surveillée) et de la liberté (de se présenter aux présidentielles de 2007 ou de ne pas siffler la Marseillaise, selon ses goûts)  nous le rappelle.
 
Tout scepticisme, juste digne de chichecapons professionnels,  sera assimilé à de la propagande terroriste. Non mais...
 

Sources 
 Le Canard enchaîné du mercredi 28 septembre 2005

23:10 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Swing and smile

Chanteuse à écouter,
à trépigner,
à se trémousser,
à s'agiter,
à décoller de sa chaise,
à s'en plier les orteils,
à se coincer les doigts,
à siffloter à tue-tête.

22:46 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Jazz du monde entier : Jazziza.

Chanteuse à écouter et à regarder.
Trouvée par hasard.

22:00 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Musique et chant.

Chanteuse à avoir écouté.
Au passé malheureusement.

21:57 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La musique et le contrechant...

Chanteuse à regarder .
N'oubliez pas de couper le son.

21:54 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29/09/2005

L'usine.

Les engrenages fonctionnaient avec de légers grincements. Le tapis déroulait les objets auxquels une pince métalique ajoutait une pièce, qu'un bras articulé soudait bientôt tandis qu'un pistolet à peinture arrosait généreusement les diverses surfaces polies de la voiture. Le PDG regardait l'usine fonctionner seule, comme une entité autonome : sa peau momifiée se reserrait sur ses orbites vides.
 
L'usine avait été un fleuron : la machine devait délivrer l'homme de l'esclavage du travail. On inaugura la chaîne automatisée en grandes pompes. On débaucha. La sécurité fut bientôt assurée par une armée de robots dirigée par des détecteurs de présence. On débaucha de nouveau. La gestion fut informatisée. On débaucha encore. Lorsque le conseil des actionnaires annonça au PDG qu'il fallait s'emparer de nouveaux marchés, il eut l'idée géniale de construire une usine qui fabriquerait des consommateurs. On débaucha donc les consommateurs humains.
 
Et dans ce monde de pure logique, les nouveaux consommateurs avaient accepté de gaspiller un peu d'énergie et de matière dans cette usine qui produisait continûment sous le regard enfiévré de son PDG. Un soupçon de délicatesse ou une nostalgie difficile à expliquer pour des cerveaux artificiels  les avait amené à laisser ces restes d'humanité s'éteindre doucement en admirant le désert que leurs projets visionnaires avaient créé : leur solution idéale.
 

 Daewoo Fameck, mai 2003, l'usine vide,
photographie Rolleiflex Jérôme Schlomoff


15:26 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

28/09/2005

Salauds de pauvres !

Le nombre d'allocataires français du revenu minimum d'insertion a augmenté de 4,4 % en un an. Il a heureusement été revalorisé : une personne isolée peut toucher 425,40 euros par mois. Il y a 1,085 million de rmistes en France : beaucoup sont des chômeurs exclus suite aux révisions de leur statut.
Les 10 entreprises françaises les plus performantes affichent un bénéfice net de plus de 25 milliards d'euros : elles ont distribué des dividendes à leurs actionnaires ou racheté leurs actions pour maintenir leur cotation boursière. Elles ont peu embauché et peu investi.
 
Le rapport entre les deux faits : aucun, voyons ! Puisqu'on se tue à vous répéter que la croissance économique nous sauvera de tout, de ce qu'on a envisagé comme de ce que nous ne pouvons même pas présumer. Donc, investissons dans les aides à l'emploi précaire, les contrats à géométrie variable, les zones franches, les diminutions d'impôt dans le secteur Horeca, les aides diverses pour les entreprises en difficulté... Entreprenons, sous perfusion publique. Eduquons les entrepreneurs de demain à n'assumer aucune responsabilité sur le bien-être de tout un chacun, absolvons-les de leur impact social ou environnemental, bénissons-les de leurs aumônes charitables. Et surtout, laissons-les décider de notre avenir à tous, laissons-les nous faire la leçon  :  tout ira tellement mieux. Pour eux...
 
Les pauvres devraient apprécier de vivre dans un pays riche : ils ne connaissent pas leur chance.
 

 
Sources
 

23:24 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

27/09/2005

Ubuchewbacca ?

Je sors de ma douche avec Marie : je crois que les égoûts de Surlet de Chokier se souviendront de nos ébats pileux.

12:23 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

26/09/2005

La ville.

Le véhicule glissait en douceur. Son enveloppe lisse effleurait le sol tandis que son cerveau électronique gérait la direction, la consommation, la vitesse, les distances de sécurité avec les glisseurs qui le suivaient et qui le précédaient. Tout se calculait instantanément, tout se passait sans un bruit et sans pollution.
Le trafic incessant s'insinuait dans les replis de la ville : ses tunnels et ses artères, toujours fluides, se projetaient dans ses entrailles, ressortaient à l'air libre sous le soleil écrasant qui faisait étinceler les millions de carapaces étincelantes qui circulaient jour et nuit.
 
La ville poursuit son activité incessante sous une lune ronde maintenant : un rayon de lumière timide brave les éclairages publics étincelants et caresse des os blanchis de carcasses à demi enterrées dans le sable. Ce qui reste des géniaux concepteurs des villes parfaites, d'une humanité qui vient de solder tous ses comptes avec elle-même.

07:55 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25/09/2005

 Mijn vlakke land ?


J'appelle à boycotter le ski nautique sur la Vlaams Kust pour deux raisons : je ne sais pas nager et je suis incapable d'appeler à l'aide en néerlandais.

10:03 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Au comptoir...

Toute ressemblance avec la logique d'un responsable politique, économique, religieux, ou ce que vous voulez  ne serait pas vraiment fortuite, à mon avis.

09:59 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Les grandes inventions...

Chameau biplace pour couple dans le vent.  
Location hebdromadaire.
Siège pour bébé en option.

Conformité au programme gouvernemental des énergies renouvelables.
 

09:31 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

24/09/2005

Délit

Il exhibait ses opinions.

 Il fut donc arrêté pour port d'arme prohibée.

 

Il assénait ses convictions

d'un grand coup

sur un adversaire au crâne fragile.

Il fut donc arrêté pour homicide.

 

On l'exécuta en place publique.

Ses opinions furent donc à jamais arrêtées.

16:53 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Brève histoire du temps

Sous le coup de l'agitation, il secouait sa montre pour faire passer le temps.
Et tout passa : temps, montre, lui-même.

16:47 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

22/09/2005

Des vies de fantômes...

C'est une sensation très étrange que de renifler des fantômes au hasard des rues. Les transports en commun, les trottoirs trop étroits - enfin, surtout quand je dois déplacer mon 44 fillette et mes 100 kilos bien emballés - fourmillent de gens de passage dont ne restera qu'une odeur ou le souvenir de jolies courbes, froissis de tissu et déhanchement gracieux.
 
Et pourtant, certains de ces fantômes deviennent vite indésirables : non que leur conversation manque d'intérêt, puisqu'ils ne parlent davantage que les autres, ou que leur tête soit laide à faire peur, particulièrement plus laide que celle de la voisine d'en face qui promène son chien tout bigoudis et peignoir dehors. Non simplement, ils sont de ces revenants que l'on invite à repartir, on ne sait où mais sûrement ailleurs.
 
Réfugiés politiques en attente d'une reconnaissance officielle des risques qu'ils encourent, à l'heure où certains hommes politiques croient malins de mettre sous linceul un génocide que certains de leurs collègues refusent aveuglément de reconnaître, réfugiés économiques qui ont quitté une misère absolue pour une marginalisation tout aussi absolue, Tziganes errants qui ont dû plier les bagages parce que les fachos de l'est poursuivraient bien ce que ceux d'Allemagne avaient commencé : bref, tous ceux qui sont peut-être nés quelque part mais ont dû partir semblent en suspension dans nos villes.
 
Ils rêvaient d'ailleurs et l'ont incarné dans notre quotidien.  Nos autorités les jugent souvent indésirables : il faut donc que nous ne les désirions plus. Que nous acceptions qu'une démocratie transige avec le droit d'asile. Que nous comprenions qu'un pays riche ne peut accueillir toute la misère du monde. Que nous soyions raisonnables parce que des petits haineux du dimanche, qui croient malin de se gargariser des conneries supérieures de leur race, aboient un peu fort et ne trouvent qu'une idée commune : s'affirmer contre ce qui est pour et pour ce qui est contre. Que nous nous protégions, pire calfeutrions dans nos maisons parce que ces étrangers pourraient venir égorger nos fils et nos compagnes avant que nos braves soldats soient sortis du tombeau , comme pour un nanar gore à souhait. Que nous nous rappellions qu'il y a beaucoup de criminels et de petits délinquants parmi ces sans-papiers, alors que notre police est déjà bien occupée à enquêter sur les tueries du Brabant, avant la prescription prochaine. Que le moi est génial et l'étranger haïssable. Que les étrangers ne sont pas tous mauvais, y en a des biens, mais qu'ils sont nuls. Qu'il faut karchériser les quartiers de leur délinquance, de leurs clandestins. Qu'il faut expulser les squatteurs parce qu'ils risquent leur peau et que se faire virer de son domicile de fortune par la police est sûrement le meilleur moyen pour que les enfants de ces familles d'irréguliers respectent les forces de l'ordre...
 
Un ami m'avait dit un jour que l'on pouvait juger une société à sa manière de traiter les plus faibles de ses membres. Il semblerait que certains de nos politiques préfèrent des idées de basse-cour : ils nous gavent de leurs slogans, comme des oies. Avant de nous apprendre à marcher au pas ?

18:43 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

21/09/2005

Absolu

Les vérités mentent ailleurs ?

21:38 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Là-bas...

Les nouveaux horizons ne sont qu'une question de perspective.

21:36 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/09/2005

D'un paradis sombre.

Un ange sombre, noir, échappé d'une église incendiée, s'amusait à lutiner son auréole : mysticisme des hanches.

23:41 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

La Tchétchénie, ils s'en foutent aussi...

Ce vendredi, je me suis rendu au Théâtre de Poche pour les premières rencontres. D'habitude, il s'agit d'y découvrir les comédiens qui sortent des écoles théâtrales francophones et quelques invités dans des saynètes inégales mais qui réservent quelques bonnes surprises.  Cette fois, la surprise fut de taille...
 
Je m'attendais à un spectacle choc : "la Tchétchénie, tout le monde s'en fout"" nous prévenait un slogan publicitaire peu subtil. Malheureusement, ce manque de subtilité s'était étendu au spectacle : je n'arrivais pas à croire que ce déballage putassier pouvait se vouloir un hommage aux souffrances d'un peuple. Je ne pouvais croire que des metteurs en scène dont j'ai pu apprécier le talent, en d'autres lieux il est vrai, et de jeunes acteurs, au métier très incertain, se soient compromis dans un spectacle de propagande.
 
Une heure et demie de guimauve indigeste pour apprendre que Poutine est un salaud, ce dont on se doutait, pour apprendre les tortures subies par les victimes, les vagues états d'âme des soldats russes, ou encore que les femmes tchétchènes "ne se suicident pas", sauf par désespoir. Une heure et demie pour voir (définitivement ?) sombrer un théâtre dont j'avais apprécié l'audace avant qu'il ne cède au style de l'agit-prop. Une heure et demie à me sentir malade et nauséeux en constatant les pleurs de spectateurs qui venaient de là-bas, qui s'y sentaient encore tellement que même le pitoyable étalage de médiocrité qu'offrait cette soirée pouvait le rappeler. Une heure et demie de scènes grotesques et ridicules, balancier parfait des confiseries prévisibles d'Europalia Russie...
 
Des pièces subtiles sur la guerre, il y en a eu : ainsi Enzo Cormann avait-il écrit un superbe Diktat  qu'un ami m'a fait découvrir, au même titre que le pur bijou de Carole Fréchette, Le collier d'Hélène, que j'aurais bien envie de monter avec mes élèves. Par contre, cette propagande martelée, si coutumière au Poche depuis que son directeur préfère les bons sentiments et la démagogie aux auteurs, j'avoue que je ne la supporte plus. Périodiquement, quand mes pas m'entraînent, j'espère revenir avec le plaisir d'un spectacle provocateur mais intelligent, innovant jusqu'aux limites du théâtre. Espoir rarement comblé. Peut-être que les prochains Contes urbains oublieront d'être bêtement démagogues, eux, pour changer un peu : peut-être que l'on n'oubliera pas d'écrire et de monter un spectacle...
 
Un spectacle peut aborder des thèmes d'actualité sans se perdre dans l'engagement de circonstance ou la bonne conscience en solde. Il impose une réalité par des artifices, une mise en scène, un jeu : il cumule les partialités. Et parfois, c'est insupportable... Dans ce genre de cas, je préfère le travail d'un photographe ou d'un correspondant de guerre qui, même s'il se voit imposer la brièveté de ses commentaires, sait rester honnête. Lui peut garder une déontologie : elle ne semble plus de mise chez certains "théâtreux". N'est-ce pas, M. Mahauden ?  

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18/09/2005

La conjuration des imbéciles, le retour...

Parlons d'Anne Morelli. Un cas intéressant, notre petite soeur des pauvres laïques que nous sommes : la voir donne l'impression d'admirer une poupée de chiffon fatiguée, made in china, qui nous abreuve de poncifs aussi éculés que ses quelques mots coutumiers d'introduction. Evidemment, Anne Morelli n'est pas Thierry Meyssan, le grand monsieur qui ne croit pas aux avions et dont les idées, par conséquent, volent bas, le persécuté professionnel qui écarte le journalisme professionnel et croit à la rumeur, le prophète des contestations alternatives qui mène des enquêtes  comme d'autres chantent leur karaoké vespéral. Non, Anne Morelli est historienne : elle est beaucoup plus responsable puisqu'elle mène des combats contre les mythes, la propagande, les religions... Et pourtant...
 
Anne Morelli est une immigrée professionnelle : à chaque fois qu'elle évoque ses modestes origines italiennes me vient l'envie de m'exercer au lancer de mes tagliatelle al pesto. Cette manière  d'insister lourdement sur des origines que nous avons en commun pour se dédouaner des inepties qu'elle va se préparer à proférer m'exaspère depuis longtemps. Anne Morelli est donc d'origine italienne, comme pas mal de milliers de mes compatriotes : à chaque fois, j'espère entendre les nouvelles variations d'une sauce bolognaise subtilement réinventée ou le truc pour réussir ses tortelli vitello, espoir toujours déçu. Alors, forcément, je me lasse. Et c'est d'une main à l'agitation tentatrice que je parsème le reggiano amoureusement râpé sur la table. Bref, je me lasse. Pourtant, d'habitude, je suis gai comme un Italien quand il sait qu'il y aura de l'amour et du vin. Mais du vin sur un ulcère et l'amour avec la soeur Anne : je préfère ne rien voir venir.
 
Anne Morelli s'insurge contre les mythes et la propagande : je lui donnerais bien raison mais je doute un rien que ma confiance soit bien placée. Lorsque j'étais à l'université, il y eut des mouvements sociaux : j'appréciais alors (et maintenant ?) la contestation, d'autant qu'il s'agissait de faire sonner les oreilles d'un président du conseil d'administration nommé Hasquin, dont j'avais subi l'incourtoise suffisance lors d'un cours pénible sur les Temps modernes, ce qui relativise d'ailleurs la conception de la modernité du susnommé. Des réunions folkloriques, je passai donc aux réunions estudiantines : j'abandonnai bien vite, légèrement nauséeux. Ces assemblées, les membres du PTB les monopolisaient de cette langue de bois qui me file des échardes et une dadame, fagotée comme une bonne soeur en civil, les pouponnait. Je ne peux pas dire que le premier regard que nous échangeâmes fut amoureux : moi, dans la famille Marx, je préfère vraiment Groucho.  Depuis, cela s'est arrangé : lorsqu'Anne Morelli précise qu'elle est apolitique ou quand elle donne une interview bidonnante sur le site du PTB, je glousse un peu. J'apprécie ses efforts méritoires pour me faire rire.
 
Depuis, j'ai parfois marché dans des mouvements, parce que je me sentais impliqué parfois, ou simplement parce que j'estimais ceux qui se battaient pour de belles idées. Il m'est arrivé de croiser ma petite soeur des pauvres préférée, souvent dans le coin des agités de Solidaire qui se gargarisent de défendre la cause ouvrière. Et j'ai songé alors que ma ravageuse de mythe est atteinte d'une certaine presbytie qui la confine dans le registre des propagandes mièvres qu'elle confond dans ses affirmations péremptoires. Je pense toujours que l'historien qui prend des poses politiques en s'en défendant mérite les critiques parce qu'il crée l'illusion d'une vérité là où ne traînent que ses obsessions maladives. Je m'agace de sa prétention à trancher au nom de sa vague appartenance à un Institut d'étude des religions, d'exprimer une laïcité doctrinaire au coeur de laquelle je ne me retrouve pas, et de l'entendre défendre les sectes, sous le prétexte que les religions seraient plus dangereuses encore. Bref, je ne marche plus.
 
Anne Morelli se prend pour un paradoxe : elle n'est qu'un creuset d'obsessions mal affinées qui se répand dans les médias en passant pour une historienne critique, elle dont les idées se sont arrêtées de tourner mais donnent encore le vertige. Je n'apprécie que les vrais paradoxes et l'humour volontaire : pas la bêtise doctrinaire des prophétesses scolastiques.  Décidément, je préfère Groucho Marx.  

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15/09/2005

Tranquille

J'ai eu matière à réflexion, ces derniers jours : il me fallait décider de l'orientation de ma carrière, de mon avenir professionnel et de mes engagements personnels. J'avoue avoir apprécié que d'autres, mes amis, me découvrent des qualités que je ne soupçonnais pas vraiment et mettent en avant mes possibilités de changement. Mais, en même temps, je sentais bien ce qui coinçait : j'apprécie la vie que je mène, le métier que j'exerce et ma position me semble plus stable et ancrée que jamais. Je ne me sens pas forcé de changer parce que j'aurais l'impression de stagner, je me sens simplement progresser à mon rythme, imperceptible peut-être mais tout calme. Comme un Don Quichotte conscient de ses attaques contre des moulins à vent mais qui ne céderait pas davantage à l'envolée lyrique des grands combats qu'à la soumission au réalisme contraignant, ces deux fuites en avant qui nous interdisent de rêver le monde en assumant le rêve tel qu'il est : chimère fugace mais illusion sans cesse renouvelée. Rien qu'un plaisir de vivre, purement hédoniste, de savourer les instants qui passent sans amertume, de voltiger en équilibriste excentrique.
 
C'était sans doute une occasion à saisir, une ascension qui me dépasse peut-être. Mais contrairement à Jonathan Livingstone, le goéland, je me sens ancré dans mes réalités familières. Je n'aime pas les vides contemplatifs de l'absolu : je préfère ressentir le poids concret de cet univers modeste et limité mais qui vibre à l'unisson de mes pas. Comme si chaque mouvement d'air m'invitait à la douceur de ses caresses.

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12/09/2005

Le foulard et la manière...

Un très bon article à lire sur le blog Humeur allochtone à propos des règlements qui déraillent dans certaines écoles.
 
Je ne vais pas rappeler ma position à ce sujet : je l'ai déjà exposée précédemment. Je redirai simplement que je suis le prof de mes élèves, que je n'ai pas à juger en fonction de mon agnosticisme convaincu, tendance athée. Parce que je déteste le prosélytisme et la frilosité sous toutes leurs formes et que je reste convaincu que des mesures dictées par de saintes trouilles sont susceptibles de favoriser des replis identitaires réciproques. Le genre de situation qui me fait râler : vous ne voudriez tout de même pas que je meure d'apoplexie ?
 
Comme le disait Y.B. dans son roman "Allah Superstar" (travaillé en classe avec mes élèves et vu sur scène dans l'adaptation de Sam Touzani), "il est plus facile pour un jeune d'origine difficile de rentrer dans une mosquée que d'aller en boîte" ou encore "quand elle donne son nom, on lui répond que l'appartement est loué depuis le onze septembre".
 
L'école devrait toujours être un lieu d'échanges, de métissage des générations et des cultures, de repères : c'est ainsi qu'elle peut accomplir ses missions éducatives. Et sûrement pas en se fondant sur des interdictions qui sanctuarisent ses aveuglements et entravent les libertés individuelles.
 

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11/09/2005

Houellebecq

Je vais vraiment finir par me rechercher la possiblité d'une île, loin, très loin, isolée et sous le soleil. J'y lirai Philip K. Dick, Don Delillo, Brautigan ou Toussaint, Oster et Chevillard pour me rappeler que la littérature n'est pas que de la stratégie médiatique.

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