05/06/2005

Pas d'idées au logis !

Bienvenue sur un blog sans idéologie fixe,
dans une maison ouverte à tous les vents,
dans un monde qui bouge dans tous les sens.
 

 

 




19:39 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Prof en travaux...

Les examens commencent demain : je vais donc éviter certains coins du centre-ville, par crainte d'y croiser certains de mes élèves censés réviser leurs chères notes de cours. Comme chaque année, il y aura les attentes des oraux, les décryptages des écrits, des résultats logiques et d'autres plus surprenants. Comme chaque année, les moments de satisfaction alterneront avec les intenses déceptions. Comme chaque année aussi, il y aura le tas de documents administratifs à la c... qui nous signifieront, à nous les profs, que nous ne devons pas avoir des manières stéréotypées de constater l'échec de nos élèves. Pourtant, à quelques exceptions près, les motifs seront toujours les mêmes : négligence, manque de régularité, étude superficielle, situation d'échec persistant, passage approximatif d'une année à l'autre, aléas du système... 
Mais j'espèrerai toujours qu'ils réussissent avec dignité, pour qu'ils puissent être satisfaits d'eux-mêmes, à l'encontre des préjugés qu'on leur colle sur la peau. Et surtout, que leur réussite leur appartienne : parce que c'est la seule chose qu'on ne pourra jamais leur ôter, quelles que soient les circonstances.

13:54 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

03/06/2005

Blog fumeur

Ci-contre, Rudy Demotte aidé du Comité contre la pollution de l'aéroport de Zaventem intervient avec vigueur et virilité sur le blog Ubucasa pour une éradication des propos fumeux du tenancier du blog susnommé. Après maintes tractations, dont une médiation de Serge Kubla et de l'autre Happart, dont on ne sait jamais si celui qui vous répond est celui auquel on s'était adressé - notons que les deux samaritains ont vite abandonné après avoir appris qu'il n'y avait ni voiture, ni buvette, ni baraque à frites, ni Bernie Ecclestone sur notre blog -,  la rédaction d'Ubucasa a décidé de poursuivre le ministre de ses assiduités et de lui transmettre une missive d'un de nos collaborateurs, Jules Laforgue, délocalisé dans le secteur horeca de l'au-delà.
 

Oui, ce monde est bien plat ; quant à l'autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes.
Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord
Me plonge en une extase infinie et m'endort
Comme aux parfums mourants de mille cassolettes.

Et j'entre au paradis, fleuri de rêves clairs
Où l'on voit se mêler en valses fantastiques
Des éléphants en rut à des chœurs de moustiques.

Et puis, quand je m'éveille en songeant à mes vers,
Je contemple, le cœur plein d'une douce joie,
Mon cher pouce rôti comme une cuisse d'oie.


17:58 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

02/06/2005

La vie en chansons

Un petit questionnaire en chansons saisi chez la Fée Carambole http://vivalavida.skynetblogs.be/

Donc, quelle est la chanson...  

 

Qui vous rend joyeux : Oop-pap-a-doo de Dizzy Gillespie (pas sûr de l’orthographe !)

Qui vous rappelle un ex-copain/une ex-copine : Le vingt-deux septembre de Brassens

Qui vous fait pleurer : La rivière Bambou de Christiane Stéfanski

Qui vous fait rire : Les parodies de Chanson + bifluorée

Que vous écoutez le plus en ce moment : Le coq et la pendule de Claude Nougaro

Qui vous fait réfléchir sur la vie : Les quat’z’arts de Brassens

Qui vous fait réfléchir sur le monde : Le pluriel de Brassens

Qui vous rappelle celle/celui que vous aimez : Mathilde de Brel

Que vous auriez aimé écrire : Cécile, ma fille de Nougaro

Que vous ne voulez plus jamais entendre : Tu t’laisses aller d’Aznavour (mais je supporte quand même)

Que vous voulez être jouée à vos funérailles : Au départ, j’aurais bien choisi la danse des canards, sinon ce sera Groovin’ high de Gillespie ou New Orleans Function par Louis Armstrong, même si ce ne sont pas des chansons

Que vous voulez être jouée à votre mariage : Autumn leaves mais en jazz, hein, sinon rien !

Qui fait que vos amis pensent à vous quand ils l'entendent : I’ can’t dance de Genesis

Qui vous rend nostalgique aujourd'hui : My man de Billie Holiday

Que vous aimez d'un artiste que vous détestez : Requiem pour un fou par J. Halliday et Lara Fabian (je les déteste tous les deux !)

Que vous admettez aimer honteusement : J’ai encore rêvé d’elle par Il était une fois (pour la chanteuse, qui était si mignonne…)

Qui vous rappelle votre enfance : Le générique de Chapi Chapo

Qui résume votre adolescence : Don’t answer me d’Alan Parsons project

Dont vous aimez les paroles : A chaque son de cloche de Serge Lama

Que vous détestiez et que maintenant vous aimez : Orly de Brel

Avec laquelle vous aimez vous réveiller : Moi je fais la vaisselle de Chanson + bifluorée

Qui vous fait penser à quelqu'un qui est mort : Tu t’laisses aller d’Aznavour

Qui vous rappelle la nuit : Night in Tunisia par Dizzy Gillespie

Qui vous fait penser aux vacances : Girl from Ipanema par Stan Getz

Qui vous fait penser à votre solitude : Tears in heaven d’Eric Clapton

Qui vous fait penser à ce que vous vivez en ce moment : Paris mai de Nougaro

Qui n'est pas votre type de musique mais que vous aimez pourtant : Always on my mind par les Pet Shop Boys

Qui vous rappelle votre meilleur ami : Mon vieux de Daniel Guichard (il saura pourquoi !)

Qui vous rappelle un membre de votre famille : Sint James Infirmary par Louis Armstrong

Que vous pouvez chanter entièrement : Les copains d’abord de Brassens (quand j’ai le recueil de textes sous les yeux) ou le générique de Chapi Chapo

Qui vous rappelle une soirée excellente : New York New York de Sinatra

Qui vient de sortir mais que vous aimez déjà : Les notes bleues de Nougaro

 

 Relais pour qui veut mais j'aimerais bien que Fun, Imagine, Duke, Paul, Serge, Armand, Kusquo, Hl, Tony  et les autres reprennent le flambeau !



20:51 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

01/06/2005

En différé du Montana...

 "Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient,
pire encore, elles ne l'ont jamais été." 
James Crumley

00:53 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

All that jazz

Quelques citations sur le jazz, trouvées au hasard du grand réseau, à qui il arrive de swinguer et de boper en rythme sur des petites notes bleues.  Et un hommage à Duke, le tenancier du meilleur blog jazz de ce côté-ci de l'Atlantique. Euh, pour l'autre côté, je ne pourrais l'affirmer : mon anglais n'a jamais été que ce qu'il est !

http://jazzfan.skynetblogs.be/

  •  "Contrairement à ce qu'on croit généralement, un artiste n'est jamais en avance sur son temps, mais la plupart des gens sont en retard sur le leur." Edgar Varese
  • "Savez-vous comment gagner un million avec le jazz ? Commencez avec trois millions." Anonyme
  •  "Il jouait comme un serpent à sonnette sur une plaque chauffée à blanc." Hale Smith (à propos d'Eric Dolphy)
  • "Tout le monde peut rendre compliquées les choses simples. La créativité, c'est rendre simples les choses compliquées." Charles Mingus
  •  "Je n'aime pas entendre quelqu'un descendre le dixieland. Ceux qui disent qu'il n'y a que le bop sont stupides ; cela montre à quels point ils sont ignorants." Miles Davis
  • "Il est honteux qu'actuellement le jazz soit transformé en fruit sec. On le quantifie, on le coupe en tranches et on le définit. Ca devient un idiome. Pour moi, s'il doit être quelque chose, le jazz est un verbe, c'est plus un processus qu'une chose." Pat Metheny
  •  "Je pense avoir toujours voulu sonner comme un Martini sec." Paul Desmond
  • "Si vous devez demander ce que c'est, vous ne le saurez jamais." Louis Armstrong (à propos du jazz)
  • "La vie, c'est vraiment comme le jazz. C'est mieux quand on improvise." George Gershwin
  • "Si tu ne le vis pas, ça ne sortira pas de ton instrument." Charlie Parker 
  •  "It don't mean a thing if it ain't got that swing " Duke Ellington

00:43 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

30/05/2005

Rêves de Missoula

Les frontières se déplacent.
 
http://www.regards.fr/archives/1997/199707/199707sup20.html

21:42 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Non, peut-être ?

Tout rapport entre cette publicité et un quelconque référendum serait purement fortuit. Ou alors, je ne suis pas au parfum.

21:39 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

28/05/2005

Darwin serait-il rock'n roll ?

Sir Charles a mauvaise réputation dans certains prétoires : il nous avait fait un sacré travail de généalogie qui a souvent été remis en cause, voire vilipendé. Il nous a dit que nous descendions du singe : moi, je pensais plutôt que nous y retournions. Au fond, il aurait pu s'amuser de nos singeries.
 
La théorie de l'évolution a connu de nombreux problèmes : le dernier en date est relevé par Juan d'Oultremont dans la Semaine infernale. Darwin passe donc en jugement à Topeka, capitale du Kansas, parce que les créationnistes du coin ont décidé qu'il fallait mettre à l'index l'évolution. Sans doute, comme dans les cas précédents, y aura-t-il des extrémistes, qui n'admettront que l'enseignement exclusif du créationnisme, et des modérés, qui s'aventureront à accepter l'enseignement des deux théories. Seulement, voilà, il n'y a qu'une théorie qui soit scientifique, qu'une seule qui soit prouvable, démontrable et digne d'être enseignée de manière critique.
 
Evidemment, une hypothèse scientifique peut toujours être remise en cause : c'est l'attitude saine qui préside à la marche en avant des sciences.  Mais pourquoi au nom d'une croyance irrationnelle, sans autre base qu'une envie personnelle de prendre un texte pour une vérité inaltérable, ce qui constitue une dénégation pure et simple de l'esprit scientifique ? On confond souvent la science avec des enjeux politiques ou religieux : les colonialistes du dix-neuvième siècle se fondaient sur les théories raciales pour justifier leur politiques, Lombroso et Lavater prétendaient que tout l'homme résidait dans la forme de son crâne et dessinaient ainsi un profil du criminel que l'on retrouverait par la suite sous l'appellation incontrôlée de "délit de sale gueule", les déterministes nous recréaient un fatalisme nouveau. Au fond, rien à voir avec la science, à proprement parler : si elle a des beautés, ce n'est guère dans ces débats de café du commerce ou d'arrière-sacristie où l'ivresse et la foi tiennent lieu d'affirmation.Ses découvertes s'imposent bien moins que ses méthodes.
 
L'univers de la science s'impose à hauteur d'infini : ses exigences préalables nous invitent à la liberté de la spéculation, entraînant nos pensées sur des chemins de traverses avant le rappel de la preuve. Par contre, son utilisation, son dénigrement se fondent souvent sur des affirmations péremptoires, des doctrines envahissantes qui expriment un choix qui n'est pas nécessairement le nôtre, comme si un invité régentait notre table au détriment de tous : nos devoirs d'hôte ne nous amèneraient-ils pas à le remettre à sa place ? Je n'aime pas qu'on transforme nos fêtes, nos petites joies, nos errances mêmes en avatars de chapelle, en images pieuses qui nous cachent les beautés de nos paysages intérieurs, qui confondent dans des relents d'encens nos souffles individuels, qui prétendent nous imposer l'éternité et l'absolu, à nous qui sommes changeants et éphémères.
 
Si Darwin a commis des erreurs, elles sont belles : elles me laissent penser qu'il nous reste toujours quelque chose à découvrir, à remettre en cause ou à défendre. Sans doute parce que je préfère les mouvements harmonieux aux postures figées, parce que même une statue s'admire en en faisant le tour.
 

11:43 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

26/05/2005

Est-ce par hasard ?

La Bible recèle un code : Moby Dick aussi. Et si je cherche bien, je suis certain que ma déclaration d'impôts doit être également codée, si j'en juge par mes difficultés habituelles à comprendre le livret qui l'accompagne, best-seller préestival qui nous annonce que les beaux jours resplendissent mais qu'il est toujours nécessaire d'aller bosser, bougre de paresseux, si tu veux pouvoir te plonger dans l'intégrale des oeuvres du Ministre des Finances, mille grâces et tous les comptes du Luxembourg lui soient rendus.
 
Les codes : splendides découvertes qui suscitent l'émerveillement de l'initié, attentif et forcément intelligent, qui a levé le voile sur ce que tous ignoraient. Le Bible aurait ainsi annoncé de multiples événements, elle qui se spécialisait dans les prophéties : la disparition des dinosaures, l'arrivée d'Hitler au pouvoir, les assassinats de JFK et de Rabin et même l'attentat du World Trade Center. Elle nous prédirait même une guerre nucléaire en 2006, l'arrivée du Beaujolais dans l'année  - miracle sans cesse renouvelé de la transformation de la piquette en vin - et des réformes dans l'enseignement. En cherchant bien, je  devrais même y trouver le tirage de la loterie coloniale de 1932 et la liste de mes courses de ce samedi, puisque tout est prévu. Mais il faudra que je consulte mon Moby Dick pour vérifier si je prends des boîtes de thon ou des filets de truite : n'exagérons pas, on ne peut se spécialiser en tout.
 
Un journaliste, Michael Drosnin, a donc prétendu que la Bible regorgeait d'indications qu'il fallait décoder. Forcément, un texte sacré, ça en jette : tout ne s'y trouve-t-il pas ? Malheureusement, Moby Dick aussi peut tout annoncer, comme l'a démontré le professeur Brendan McKay : il suffit d'appliquer une structure de raisonnement a posteriori pour prétendre réguler le hasard (pour plus d'infos, suivre le lien). Avec les fumistes qui croient détenir une vérité parce qu'ils l'ont plaquée sur leur objet d'étude, nous nous trouvons loin de la rigueur de l'exégète neutre et du scientifique averti.
 
Le problème ne réside pas dans ce jeu de codes : au fond, s'amuser à créer des cryptogrammes à partir de chimères est un amusement comme un autre. Mais y croire, leur attribuer une qualité de vérité ? Les délires ne sont joyeux que lorsqu'ils ne s'imposent pas et n'abusent pas de notre crédulité : il reste permis de préférer la naïveté du poème, le sourire du canular à la prétendue révélation, péremptoire et usagée, d'un texte qu'il faut rendre sacré par tous les bouts, y compris les plus improbables.  Je signale, pour éviter tout malentendu, que je ne fais nullement allusion au projet de traité constitutionnel , dont il est beaucoup question ces temps-ci, même s'il s'agit d'un sacré texte à l'hermétisme frais comme un lâcher collectif de guano sur une digue ensoleillée par des mouettes qui ricanent dans l'attente du promeneur insouciant, le malheureux. Dans ce dernier cas, on peut d'ailleurs parler de présage : qui voit des mouettes (marche aussi avec les pigeons en ville !), voler au-dessus  de lui le matin devra se rendre au pressing dans la journée.
 
En fait, la Bible a ses beautés, comme Moby Dick : les deux ont leurs élégances de style, leur lyrisme, leur élan vers l'absolu. Mais le second a eu le bon goût de ne pas s'imposer en culte, de nous laisser au hasard qui permet au lecteur d'accorder son souffle sur les détours d'une phrase, qui nous permet de vivre au jour le jour en restant imprévisibles. Au fond, notre liberté et notre indépendance se joue dans ce genre   d'escroquerie : il nous faudrait croire à un avenir qui n'est que pure spéculation alors que nos journées se succèdent, fortuites. N'est-ce pas parce que rien n'est écrit que nous pouvons vivre heureux ?  
 

01:29 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

22/05/2005

Café et philo ?

Mon café a une réalité quand le sucre hâtivement projeté  m'éclabousse. Ma chaise a une douloureuse réalité aussi lorsque, traîtresse, elle heurte comme par hasard mon doigt de pied ou mon genou qui ne demandait rien. Mes jurons, à ce moment-là, existent aussi réellement : la matinée commence bien.

Un philosophe avait expliqué que nos sens pouvaient nous tromper : lorsque je me rends compte que je suis en train de brailler comme un conducteur d'ânes sans âne, en dansant la danse du scalp contre le café qui m'a ébouillanté et contre cette saloperie de chaise qui m'a coincé la route, j'aurais tendance à me dire que n'importe quelle connerie a dû être racontée par au moins un philosophe ou quelqu'un qui se prétendait sage.

  • La terre est plate  et elle est au centre de l'univers : cette petite fantaisie nous rappelle que Galilée a été considéré longtemps comme un emmerdeur, jusqu'à la fin du XXème siècle, avant d'être enfin réhabilité et que les hiérarques catholiques avaient une drôle de manière de concevoir que les choses tournaient rond.
  • Les melons ont été créés de manière à pouvoir être mangés  en famille : Bernardin de Saint-Pierre ne racontait pas que d'aimables aventures de jeunes gens un peu coincés qui terminaient lamentablement leur existence dans un naufrage qui ne vaut même pas Titanic, puisque Céline Dion ne chantait pas. A part cela, il ne devait pas connaître grand -chose à la cuisine, le père Bernardin.
  • Staline et Hitler aimaient les chiens et les enfants : Prémaman et Pedigrée Pal aussi mais heureusement pas de la même manière. Au fond, les enfants et les chiens actuels l'ont échappé belle.
  • Ton Dieu tu honoreras : évidemment, avec un seul Dieu, il n'y a qu'une seule vérité. Petit problème : ils sont tellement à nous rebattre cette seule et unique vérité que l'on se sent obligé de conclure à la publicité mensongère.
  • La belle de Cadix a des yeux de velours : très compliqué, le truc des yeux de velours. A vrai dire, celle-là, je ne l'ai jamais comprise. C'est grave, docteur ?
  • Mon idéologie est la meilleure pour le genre humain : voir Dieu, ci-dessus (forcément, Dieu est toujours au-dessus ; quand il est au trente-sixième dessous, c'est infernal !)
  • Chéri, j'arriverai à quatre heures : sûrement pas ! Au fond, le temps que je calcule la marge de manoeuvre, la probabilité de retard, en retranchant la part de sincérité, le maquillage permanent et le heureux hasard d'une absence de rencontre préalable, il est déjà quatre heure et quart quand je me rends compte qu'elle n'est pas encore arrivée.
  • Nous voulons votre bonheur : variante politique du "La douleur sera passagère" cher aux dentistes et, paraît-il, aux esthéticiennes en phase dépilatoire avancée. J'émets un doute sur cette dernière possibilité puisque chez moi, les poils se hérissent toujours face à ce genre d'affirmation.

Ceci est un modeste hommage complémentaire au Dictionnaire des idées reçues de Flaubert et au Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement de Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière. D'autres bêtises peuvent être trouvées dans la presse, la publicité, les discours théologiques, les sondages d'opinion, les déclarations d'amour, les déclarations d'impôt, les déclarations de guerre, les brèves de comptoirs, les longues de syndicat, les mots d'ordre, les chansons, les blogs et ce blog. J'ai sûrement oublié quelque chose : c'est bête, non ?

17:08 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

21/05/2005

La vie des TEC wallons

Avis à la population : un mot d'ordre de travail est lancé pour ce lundi ! ( d'après Jean-Jacques Jespers, dans la semaine infernale de ce matin)

11:47 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

Berlusconnerie

Le pôle des libertés ? Au fond, pourquoi pas ! Il y a bien eu des maisons de tolérance.

06:12 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Rêverie

Je regarde au loin ; sous la surface plane, j'imagine des écueils qui brisent les mouvements de l'eau en autant de remous. Je rêve de cascades, de vagues, de torrents : un doux vent chaud caresse les contours de l'étang, presse en rides douces la surface de l'eau, l'épouse enfin dans des relents d'humidité. J'ai l'impression d'une solitude à hauteur d'homme : tout ce paysage s'étale devant moi comme si je n'existais pas réellement. Je ne trouble rien, j'ai à peine besoin de respirer. J'écoute mon souffle ténu, comme si le vent me caressait moi aussi. J'entends mes pulsations ralenties, écho des ondes calmes qui effleurent le rivage, s'en éloignent puis le rejoignent sans jamais vraiment l'avoir quitté. Je sens déjà les trépidations du geste qui m'arrachera à mon immobilité. Je m'apprête à bouger : la sérénité n'a qu'un temps.

05:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

A l'aventure

Le souffle un peu court, les reins coincés dans le fauteuil, l'inévitable cigarette coincée entre deux doigts, je m'évade. Je suis les traces d'Hemingway d'Afrique en Espagne. Richard Brautigan me suspend entre une pêche à la truite, au loin, là-bas, en Amérique, et un express qui rallie Tokyo au Montana. Je plonge dans les méandres californiens de John Fante, les histoires de rien de Raymond Carver, et je retourne au Montana avec Crumley, Harrison et Bass. Enfin, je retourne à New-York avec Charyn : malheureusement, il ne parle jamais du Montana.
Je glisse le livre que je viens d'achever dans la bibliothèque de nos voyages intimes.

04:59 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

19/05/2005

Une route pavée de jaune ?

Allez, hop ! Roulez jaunisse ! Ubu se vêt de ses plus beaux atours, élégance oblige,  pour se lancer sur les traces de magiciens improbables, de petites nottes diffuses, de rêves lointains. Trouvera-t-il du coeur à l'ouvrage, de la cervelle fraîche ou du courage à revendre ? Nous verrons.
 

On the road again !  

12:00 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

17/05/2005

Et si tout recommençait ?

Trois pas qui dansent, qui boivent l'averse. Trois étincelles de joie, ravivées par une pluie battante. Trois souffles qui portent chaque note sur chaque goutte. 
 
 

05:32 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Just singing in the rain ?

Je m'en vais encore siffler dans les petits matins calmes, au milieu des toussotements des pigeons, ces crachotis des pots d'échappement et des cliquetis des piétons.
Je m'en vais siffler dans la tristesse abrutie du morne métronome, dont les balancements des rames invitent à la galère.
Je m'en vais siffler pour me construire un rempart, une forteresse pour mes rêveries nocturnes, embrumées de sommeil, qui s'attardent sous les premiers rayons d'un soleil qui vacille.
Je m'en vais siffler des bêtises, parce que tout le monde se prendra au sérieux, des broutilles passagères, des fleurs sonores et éphémères qu'une pluie délavée dispersera.
Je m'en vais siffler faux, exprès, pour faire grincer les annonces mécaniques, les ronflements d'escalators, les coups de vents.
Je m'en vais siffler que j'arrive d'un ailleurs pas si lointain, que j'emporte sur moi, comme le drap diaphane recouvre le fantôme.
Je m'en vais siffler ma petite douceur de vivre au jour qui s'annonce.

05:25 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

08/05/2005

Polis tics

Les politiciens finiraient par nous faire croire à leur nécessité dans notre existence : ils se croient événements mais ne sont que circonstances. A tout prendre, aucune idéologie ne me convient : aucune ne peut s'abstraire de compromis, voire de compromissions avec la réalité. Aucune n'a la force d'un idéal, à moins de sombrer dans les méandres verbeux d'une pensée défaite avant sa concrétisation même.
 
En fait, c'est la réalité concrète, le quotidien et moi-même qui gagnons toujours.  De gauche à droite, je dandine : parfois j'incline mais sans trébucher de manière définitive. Je reste sceptique, parce que les circonstances changent, parce que je change et parce qu'il m'est déjà difficile de poursuivre et les circonstances et moi-même. Seuls les rêves nous ménagent des stases en mouvement, des contours flous familiers. Seuls les rêves nous font toucher la durée d'un clin d'oeil, notre seul éphéméride durable. Le reste n'est que passé ou futur : du récit mort ou d'improbables conjectures. Une société qui ne rêve pas se condamne à se souvenir, à rendre hommage, à déterminer son avenir en tirant des leçons. Elle se contraint à l'anxiété de l'avenir, qui ne se présentera jamais comme un reflet exact mais comme une illusion déformée de ce qui a été vécu auparavant.
 
Une société n'est qu'une somme de rêves individuels, pas un discours mécanique et construit. Elle reste imprévisible.   
 
Et je continue à prendre mes rêves pour la réalité.

22:18 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (33) |  Facebook |

05/05/2005

Les idéaux travestis

Nous pensions disposer d'une hiérarchie de valeurs : entre recherche du bonheur personnel et nécessaire solidarité, nous ondulions sereins. Le bonheur était dans le pré, la solidarité dans la rue...
 
Et puis, Raffarin vint, avec ses certitudes ridicules de publicitaire en manque de campagne. Le personnage a ce côté grotesque qui peut rendre éventuellement attachant : sa tête de victime, son passé de rocker et de pubeux, ses formules simplistes comme autant de slogans du bon vieux temps, ses bons sentiments affichés et ses réalisations médiocres. Danger de l'image : on ne prend plus au sérieux le spectacle un peu ridicule de nos édiles quand ils assènent leurs profondes vérités en une minute et demie, pas plus, pour éviter au téléspectateur de réfléchir. Atermoiements, reculades, affirmations qui passent le cap du péremptoire pour se retrouver bientôt périmées, tout un discours s'enclenche au gré des saisons, des sondages, des remous de l'opinion publique.  
 
Les hommes politiques ont l'habitude d'annoncer des promesses qu'ils ne tiennent que rarement : la chaleur des caméras leur fait perdre la tête. Il se retrouvent très vite dans la fraîcheur de leurs bureaux. C'est là qu'ils décident ce qu'ils annonceront le lendemain. Ainsi, pris dans la canicule de son service de presse, d'une chaleur estivale et de reproches bien sentis sur l'inconséquence de ses ministres, le très éminent Poitevin se fendit d'une décision spectaculaire : pour lutter contre la fâcheuse impression laissée par 15000 morts âgés, il décida de consacrer un jour de travail aux populations dépendantes, comme on dit.  
Rappel nécessaire à la solidarité ? Sans doute, lorsque l'on songe aux nombreuses familles qui laissent leurs "vieux" à l'abandon lors des grandes vacances. Le moindre urgentiste peut en témoigner : lui se trouve sur le front, encore plus depuis que les gardes médicales ne sont assumées par les médecins libéraux que sur base volontaire, ce qui ne manque pas d'engorger les services d'urgence. Heureusement que la canicule n'est pas encore de mise.
 
Pourtant, l'ambiance est déjà chaude. Beaucoup de salariés protestent contre ce jour "volé". Certains employeurs leur proposent des solutions de substitution, conscients qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner dans ces remous. Alors, on culpabilise les râleurs : on leur reproche leur manque de solidarité. C'est vrai ça, pourquoi rouspèteraient-ils ? La France est un grand pays : une société (Total) sort un bénéfice de 9 milliards d'euros, le chômage connaît un ralentissement de croissance (à 10%, tout de même !), un patron incompétent percevra 39 millions d'indemnités pour fêter son départ. Alors de quoi se mêlent ces smicards qui s'énervent pour des riens ? Ils ne savent pas que plusieurs pauvres qui se cotisent valent un riche : et s'ils trouvent leur salaire misérable et leur travail pénible, qu'ils se félicitent de l'honneur qui leur est fait de participer à la solidarité voulue par un grand pays, un grand gouvernement, un grand premier ministre et un grand président.
 
On leur demande de travailler un jour de plus ? Solidarité avec les malades. On les pressure dans leur boulot au nom des aides à l'emploi ? Solidarité avec leurs chefs d'entreprises minés par la mondialisation. On leur propose un reclassement à 110 euros en Roumanie ou à 117 euros à l'île Maurice ? Solidarité avec  les populations déshéritées. On engage des entrepreneurs polonais qui sont leur unique employé ? Solidarité, vous dis-je, avec ces courageux nouveaux entrepreneurs. On les oblige à ne pas chicaner sur la présence d'une décharge polluante, du style résidus d'arsenic ou effluves plombées ? Solidarité avec les ouvriers qui perdraient leur usine au gré d'une délocalisation sauvage. Leur eau sent bon le lisier parsemé avec amour par l'agriculteur souriant dans les plaines de Bretagne ? Solidarité, voyons, avec le courageux paysan qui les inonde de ses bons produits fermiers au supermarché du coin. Leur pouvoir d'achat diminue au jour le jour ? Solidarité avec ceux qui n'en ont plus, de pouvoir d'achat. Les lycéens rebelles à leurs conditions d'enseignement désastreuses se font tancer par de gentils agents ? Solidarité avec les fabricants de matraques, qui criaient famine.
 
La solidarité, on en parle énormément ces temps-ci. A force, j'ai cru que c'était un nouveau poisson ou quelque chose dans ce goût-là. Mais méfions-nous : à force de nous le servir à toutes les sauces, nos vaillants politiciens finiront par nous le rendre indigeste.

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Idée de femme

Lorsque je vois une jolie femme, il me vient des idées : par contre, lorsque je vois une idée...

17:54 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

01/05/2005

Ni dieu, ni maître, ni croquettes

En fin de compte, c'est peut-être bien la guerre.
 
La guerre contre ceux qui préfèrent la doctrine à la réalité, contre ceux qui se sont tellement amourachés de leurs idéologies qu'ils oublient la réalité, contre ceux qui se prétendent les évangélistes de nouvelles vérités puisque décidément "on nous cache tout, on nous ment, on complote".
 
Une idéologie est une compagne changeante : si elle nous astreint ou prétend nous soumettre, mieux vaut prendre nos distances. Pourtant, là voilà attaquée sur des chicanes, ou discréditée au hasard d'un fantasme, comme si le détracteur se comportait en amant rejeté, et nous revoilà ses défenseurs, chevaliers de coeur vêtus comme l'as de pique.
 
Il m'arrive de douter de la pertinence même de mes idées, lorsque je les partage ou dès que je les ouvre à la discussion : je leur découvre alors le subtil charme de leur mouvement. Mais si l'un ou l'autre prétend m'affirmer ses vérités péremptoires, dont il a forcément toujours les preuves, avec cette force de persuasion du doctrinaire, dont la tâche est facilitée par le simplisme de raisonnement, dont la vérité ne peut épater que par sa partialité partisane, je me sens à nouveau iconoclaste. Et l'envie de projeter ces idoles nouvelles, qui ont le goût suranné des frustrations mal cuites, me reprend, au nom de ma dame de coeur.
 
L'idéologie a la lourdeur d'une pensée abstraite qui, sous prétexte de sa rigueur de construction, se soumet les faits, les penseurs, les quidams. Elle pense résoudre : elle ne nous propose en fait que ses malhonnêtetés, ses errements, ses inconséquences, comme un prisme déformant qui nous piégerait entre ses multiples facettes. Les idéaux sont de beaux rêves, légers et pétillants, qui épanouissent leurs corolles  pour nous permettre de les butiner. Ils nous appellent à la dérision mais ne nous cachent pas la tendresse ou la douleur de la réalité : nos rêves nous font des oeillades innocentes, pas des regards lourds de reproches.
 
Bienvenue chez un idéaliste excentrique.
 
Vous êtes prévenus.  

19:14 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook |

30/04/2005

Le commandant de bord vous salue !

Suite au décalage horaire, aux circonstances de l'atterrissage et à un casque sacrément coincé (nondidjiu !), le commandant Ubu redécollera avec ses aimables passagers ce dimanche premier mai. Jour du travail : ça tombe bien, non ?
 

Merci d'avoir choisi notre compagnie !

15:16 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

20/04/2005

Un retour

J'avoue que j'étais un peu débordé ces temps-ci : il m'a fallu attendre que le vent daigne me déposer... Dans une semaine et demie, un projet qui me tient à coeur se conclut : ce blog va encore en souffrir un peu. Donc, pas encore un retour en fanfare : juste un petit solo avant le chorus.

20:24 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Un silence

...

20:19 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/04/2005

Magie ordinaire...

Il y a des instants qui se refusent à nous : notre mémoire les transforme en routine et, consommateurs avisés, nous les comparons d'expérience. Nous brandissons la bannière des blasés : chaque réveil n'est qu'un glissement de torpeur, chaque geste répète un geste appris et cent fois répété. Nous nous sommes endormis, entourés de nos objets familiers : des paysages lointains, nous ramenons des impressions d'enfance, nous promenons notre terroir de souvenirs sur le fil du temps. Notre curiosité nous a laissé tomber tandis que nous poursuivions notre bonheur : comme la princesse lointaine, attendrait-il notre mort pour nous accorder l'ultime étreinte ?
En fait, nous nous concevons comme si nous, ou un quelconque créateur, disposions de la maîtrise de ce que nous vivons et avons vécu. Nous nous supposons un plan, des intentions délibérées, des motivations : et nous voguons contre les vagues du hasard, en recherchant notre nécessité, en occultant tout ce qui nous est indispensable. Et pourtant, le courant nous a entraîné à la dérive : des notes qui charment, des sourires enjôleurs, des regards échangés, des saveurs capiteuses, des baisers qui se prolongent (pour peu que les plats précédents n'aient pas contenu trop d'ail ! ;)), des sensations comme autant de surprises.
Un ciel gris nous plombe le soleil dans son irrégularité, quelques gouttes de bruine s'irisent au contact d'une façade contre laquelle nous glissons.  Une jupe ou un pantalon se froisse à chaque pas ; des bruits incongrus résonnent ou se tapissent, à notre affût, mélodies incontrôlables et nécessaires . Un fumet, âcre ou voluptueux, nous remonte aux narines ; des effluves se libèrent après la pluie et nous traversent, fugaces.  Les épices s'acharnent sur la langue, le sucre du café nous tapisse.  Une danse, peau contre peau, surplombe nos petits équarissages ; la fraîcheur de la soie nous glisse entre les doigts, doux contraste. Et chaque jour virevolte, amenant le jour suivant dans une sarabande rêveuse et sensuelle. Et chaque sensation nous renouvelle.
Quelqu'un (Malraux peut-être) a dit : "Le bonheur, c'est pour les imbéciles." Tant qu'à faire, je préfère être un imbécile heureux.

05:45 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

13/04/2005

La tondue de Georges brassens

J'avais écrit un petit texte sur le même sujet et puis, en recherchant au hasard une image pour l'illustrer, je suis tombé sur ce texte de Brassens qui est tellement mieux que ce que je pourrais même imaginer d'écrire. Je ne le connaissais pas : je le partage donc.


La belle qui couchait avec le roi de Prusse,
Avec le roi de Prusse,
À qui l'on a tondu le crâne rasibus,
Le crâne rasibus.

Son penchant prononcé pour les «ich liebe dich»,
Pour les «ich liebe dich»,
Lui valut de porter quelques cheveux postich's,
Quelques cheveux postich's.

Les braves sans-culott's et les bonnets phrygiens,
Et les bonnets phrygiens,
Ont livré sa crinière à un tondeur de chiens,
À un tondeur de chiens.

J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison,
Parti pour sa toison,
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon,
Pour sauver son chignon.

Mais je n'ai pas bougé du fond de ma torpeur,
Du fond de ma torpeur,
Ces coupeurs de cheveux en quatre m'ont fait peur,
En quatre m'ont fait peur.

Quand, pire qu'une brosse, elle eut été tondu',
Elle eut été tondu',
J'ai dit : «C'est malheureux, ces accroch'-coeur perdus,
Ces accroch'-coeur perdus.»

Et ramassant l'un deux qui traînait dans l'ornière,
Qui traînait dans l'ornière,
Je l'ai, comme une fleur, mis à ma boutonnière,
Mis à ma boutonnière.

Et me voyant partir arborant mon toupet,
Arborant mon toupet,
Tous ces coupeurs de natt's m'ont pris pour un suspect,
M'ont pris pour un suspect.

Comme de la patrie je ne mérite guère,
Je ne mérite guère,
J'ai pas la Croix d'honneur, j'ai pas la croix de guerre,
J'ai pas la croix de guerre.

Et je n'en souffre pas avec trop de rigeur,
Avec trop de rigeur,
J'ai ma rosette à moi : c'est un accroche-coeur,
C'est un accroche-coeur.


05:36 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (190) |  Facebook |

L'alarme à l'oeil ?

On peut rêver sa réalité ou choisir ses illusions. On peut se retrouver au pied du mur ou au pied de la lettre. On peut transformer la réalité en un rêve de dément et craindre le réveil du dormeur. On peut prendre des vessies pour des lanternes : si c'est plus joli. On peut toujours découvrir ce qu'on pensait avoir oublié. On peut donner du pain aux petits paradoxes qui volètent sur nos places de veille. On peut toujours choisir une autre réalité...

 

05:24 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

11/04/2005

Don de soi

Les mains pleines mais tremblantes, anxieuses, il se pressait maintenant. Tout à l’heure encore, ses pieds semblaient se forcer l’un l’autre à avancer. Il avait hâte de répandre l’argent sur la table de la cuisine, de réveiller les enfants pour leur annoncer qu’ils auraient droit à des vacances loin du désert, sur le sable lépreux d’une mer morte qu’éclairerait un soleil artificiel. Ils pourraient enfin respirer l’air léger et humide brassé par les ventilateurs, humer les essences d’algue et de varech qu’on leur diffuserait à satiété, courir loin des immeubles monochromes jusqu’à atteindre les limites de la bulle où leurs rêves respireraient enfin.  Presque joyeuses, ses prothèses cliquetaient sur les marches de l’escalier ; une de ses pinces s’agrippait à la rampe tandis que l’autre, remplie d’argent frais, balançait entre un signe de victoire mal contenu et une caresse furtive au pansement suintant qui recouvrait son orbite vide depuis peu.

05:05 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

10/04/2005

Flegme et bon genre

Ubu n'est pas le genre à s'enthousiasmer pour rien, voyons ! Mais parfois il applaudit... Quand le jour tombe à pic, quand le plissé d'une jupe délicate se froisse, quand un regard sourit avec un tout léger strabisme : subtil et intense. Comme une impression de vie qui se réveille, des envies de flamboiements innocents et des lumières tenaces  illuminent la nuit urbaine. Des ombres dansent sur le rythme des pneus mouillés tandis que j'entends, mélodie somptueuse, une voix à peine frelatée qui chantonne, qui allumerait des bals pour les gueux. Mes applaudissements résonnent, discrètement. Et leur écho me poursuit, de plus en plus lointain.

23:29 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |