09/04/2005

Vous n'avez rien contre la jeunesse ?

Ma bonne humeur n'aura pas duré. Le temps d'apprendre avec quelle humanité ce cher François Fillon, ministre de l'éducation nationale, avait fait preuve de pédagogie à Lille et à Paris. Les lycéens réclament une école acceptable : leurs nouveaux éducateurs seront habillés en bleu, porteront des casques et des matraques, distribueront les lacrymogènes en guise de bons points...  La langage du coeur, sans doute : le coeur n'est-il pas un muscle ?
Ah, ces jeunes ! Il leur faudrait une bonne guerre, tiens !
 

16:05 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

You know what ? I'm happy

C'est un petit bonheur que je n'ai même pas ramassé : il n'était pas tout en pleurs sur le bord d'un fossé. Non, simplement, quelques rayons de soleil qui filtrent entre deux averses, des musiques qui tiennent chaud, des visages parfois souriants. Le retour de couleurs lointaines, qui ne parvenaient plus à se coller à nos rétines : un printemps qui passe, calmement et sereinement... Ubu bourgeonnerait-il ?

14:46 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

08/04/2005

Liberté d'expression ?

Je vous conseille un excellent article dans le blog http://allochtone.skynetblogs.be/   Mehmet  y évoque la sortie d'un livre écrit par un élu de Schaerbeek qui nous apporte la "vérité" sur le génocide arménien.  Une bonne occasion de rappeler que le complément du nom prête souvent à équivoque : le génocide des Arméniens peut se lire de plusieurs manières.  Mustafa Öztürk, conseiller communal MR à Schaerbeek,  a manifestement la sienne, comme le prouve l'interview qu'il a accordée à    http://www.minorites.org/article.php?IDA=7984  . Le MR suivra-t-il le chemin du silence inauguré par le PS lors de l'affaire Emir Kir ? Affaire à suivre...


13:39 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

Culte de la personnalité ?

Il y a les enterrements cathodiques et il y a les autres. Le culte de la personnalité irradie les médias, renvoyant à l'ombre les morts anonymes et lointains. On s'émeut à Saint-Pierre de Rome, à Monaco, où des vieillards sont enterrés, poussière renvoyée à la poussière,  et l'on ignore Nias, où la nature a frappé... L'actualité a de ces pudeurs ! Elle préfère les morts propres, en fanfare, selon les rites immuables. 
Pendant ce temps, à Nias, la terre bouge.  

13:23 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

06/04/2005

La journée d'un scrutateur

Italo Calvino publie le roman La journée d'un scrutateur en 1963, qui marque la fin de sa période néo-réaliste. Intellectuel communiste, il a rompu avec le Parti lors des événements de Hongrie pour se consacrer au journalisme. Pourtant, il n'a pu s'empêcher de revenir sur son passé de militant. Le scrutateur, c'est celui qui, délégué par sa formation politique, observe les conditions de vote et s'assure que la légalité est respectée. Notre scrutateur, communiste, se retrouve dans un fief de la démocratie chrétienne : un hospice où grabataires et handicapés profonds votent, la main guidée par le personnel religieux de l'institution. Le militant connaît une sorte de crise morale : il est en droit de refuser le vote de ceux qui, manifestement, n'ont plus leur santé mentale et qui sont manipulés par les religieuses. Pourtant, ce refus, il le ressent comme un déni de citoyenneté : il a l'impression d'enterrer ses convictions profondes sous son action politique, d'oublier ses principes tant l'adversaire se fait pressant.
Un texte humain, loin des fadaises convaincues, à défaut d'être convaincantes, et des mièvreries gentillettes des imposteurs coutumiers, qui récitent la litanie de leurs lectures infantilisantes de la philosophie - où tout est souvent la faute de mai 68, ces derniers temps -  ou de leurs préceptes religieux -trop d'exemples pour n'en citer qu'un, alors on va dire Coelho, Guy Gilbert et les autres gangnans - en solde. Ici, la perception offre la justesse des nuances : le conflit ne se résume pas à un choix cornélien mais à des humeurs changeantes, et la crise s'insinue plutôt qu'elle ne se déclare. Il est rare de trouver un texte de militant qui n'assène pas : c'est peut-être parce que Calvino sait combine l'éthique personnelle coûte quand, comme la solidarité et un certain humanisme distancié des grandes phrases creuses, elle se poursuit pas à pas, à hauteur d'homme.  

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Sartre louchait !

Pour une exposition, il faut toujours une affiche qu'illustre une photo, significative si possible. La BNF a monté une exposition, sans doute bien faite, si elle est à l'image du site (http://expositions.bnf.fr/sartre/index.htm) et a donc eu recours à une photo emblématique. Le visage est ouvert, le sourire un rien pincé, les yeux louchent et la main flotte. On sent vite qu'il manque quelque chose à cette main : bien sûr, une cigarette, comme dans d'autres photos qui émaillent le site. Il était impensable d'oser afficher une cigarette au crédit d'un philosophe : la communication, tartuffe, n'en veut pas. Déjà, un auteur laid, c'est limite, mais une cigarette, vous pensez...
Les trucages photographiques sont une vieille histoire : les photographes reconstituaient avec des figurants les grands événements d'actualité que le temps de pose de leurs appareils leur interdisait de fixer ; les dictatures effaçaient telle ou telle figure du parti qui avait été supprimée ou était honnie, au gré des convuslsions internes ; les faces tavelées des despotes se voyaient retouchées parce que le culte de la personnalité imposait la jeunesse et la force là où la rage et la sénilité s'affirmaient en réalité. L'histoire a pu se pencher sur de telles pratiques. 
Mais l'ère de la communication a ses manières bien à elle de confondre réalité et image : le monde des images est devenu une réalité en soi. Les aspérités se gomment, non pas en vue d'une manipulation politique, mais pour induire de nouveaux modèles. Le philosophe peut y être laid, le vieillard y agoniser longuement, les chanteuses y être affriolantes : les catégories s'imposent au spectateur, piégé dans un faisceau de stéréotypes....
Sarte ne pouvait fumer en langage publicitaire : l'icône ne peut avoir de geste délibéré et l'histoire doit se remanier en douceur, loin des intellectuels qui l'étudient. Et la liberté du geste individuel ne peut se confondre avec le culte publicitaire : la communication ne se satisfait pas d'idées. Elle déforme simplement ses miroirs, jusqu'à polir ses pantins à sa mesure.   

00:06 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

04/04/2005

Un petit air de jazz ?

James Morrison est un trompettiste australien découvert chez Duke (http://jazzfan.skynetblogs.be) Je vous en ai mis quelques morceaux sur ma petite radio à moi (cliquez sur le lien tout en bas,  dans la colonne de droite pour afficher le popup : si si, ça fonctionne !), des morceaux téléchargeables, en toute légalité et gratuitement sur le site http://www.jamesmorrison.com.au/ . All that jazz !

11:34 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Pas d'hagiographie !

Je suis d'accord pour respecter le deuil, même de quelqu'un qui n'est en rien une référence pour moi. Mais de là à supporter l'hagiographie d'un dignitaire religieux qui m'a toujours semblé éminemment conservateur et autoritaire, il y a un pas que mon refus du sport m'interdit de franchir. Un pape défenseur des droits de l'homme ? Dans sa lutte contre le communisme soviétique, sûrement : panache et courage de l'archevêque de Varsovie, qui n'hésitait pas à remplacer un curé incarcéré,  méritent chapeau bas. Mais se cantonner à des préceptes rétrogrades pour la sexualité, quitte à mettre en péril des vies dans des états qui continuaient à confondre loi religieuse et loi civile (l'Irlande et le Portugal résistent encore au droit à l'avortement) ; tancer la théologie de la libération par crainte du marxisme et soutenir les clergés conservateurs d'Amérique latine ;  béatifier le fondateur de l'opus dei (avec minuscules, SVP !) : non, non et cent fois non ! Si quelqu'un mérite le respect, parce qu'il a poursuivi un combat moral sans déroger à ses principes, c'est cet évêque du Salvador assassiné il y a 25 ans (le 24 mars 1980 précisément)  : Mgr Oscar Romero ! Le seul commentaire du pape fut de s'indigner du blasphème : on assassina l'évêque, qui lui était pourtant fidèle mais se sentait incompris,  en pleine eucharistie ! De là à condamner la misère du peuple salvadorien, contre laquelle Romero luttait pacifiquement : cette condamnation-là ne vint jamais. Certes, il fut béatifié et est peut-être même déjà canonisé : les morts ne parlent plus, c'est là leur avantage. Et puis, la reconnaissance est un peu tardive...
Par respect pour Romero, pour ceux qui dans leurs églises ont préféré un message évagélique aux compromissions de la théocratie, pour ceux-là qui me feraient presque douter de mon anticléricalisme, je m'en tiens là.

08:36 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

02/04/2005

Clint Eastwood, de gauche ?

Ce n'est pas un constat : juste une phrase entendue dans un cinéma, au moment où je m'apprêtais à sortir. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que Clint Eastwood est républicain depuis longtemps, maire de Carmel (Californie), je pense même qu'il soutient Bush. Mais il continue à réaliser des films superbes et à jouer avec classe, où il prête attention aux marginaux, sans tomber dans une mièvre complaisance.
Découvert dans une série télévisée anodine, il devient "L'homme sans nom" des westerns de Sergio Leone, "L'inspecteur Harry" de Don Siegel, où il détruit déjà l'Amérique qui se prêche pour montrer le cynisme de la violence. Ensuite, il ose des films sur les loosers, qui poursuivent leurs rêves mais que la vie érode inexorablement : "Honkytonk man"  ou même "Le maître de guerre", sujet de nombreuses controverses, ou encore "Unforgiven", où il crée le western crépusculaire. Il y eut "Bird" aussi, où il montra son amour du jazz en guidant un Forrest Whittaker sur les pas d'un Charlie Parker flamboyant jusque dans sa déchéance. L'usure est toujours à l'honneur dans son dernier film, "Million Dollar Baby", où Clint Eastwood, Morgan Freeman et Hillary Swank joue une histoire cent fois racontée, un récit de réussite voué à l'échec mais sans sombrer dans les accents mélodramatiques de la bonne conscience à peu de prix : la preuve qu'un montage judicieux et une direction d'acteurs toute de sobriété  nous offrent un regard neuf sur ces situations que nous pensions prévisibles. Dans le cinéma d'Eastwood, les personnages sont denses de ce qu'ils ont vécu,  toujours en marge, comme si leurs aspirations pouvaient suppléer leur passé douloureux. Et la vie s'y vit toujours intensément, tantôt avec distance ironique, tantôt avec l'intelligence des émotions.
Au fond, Clint Eastwood n'a pas à être de gauche ou de droite : il est grand acteur et grand cinéaste.  Cela me suffit, à moi, pour vous conseiller d'aller voir ce film.  

11:38 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Le centre du monde ?

Vaste opération médiatique ? Oui, sûrement. Nécessité ? Pas de doute : ce n'est pas parce qu'on en parle moins qu'il a reculé. Le Sida tue toujours, il n'a jamais cessé de tuer. Bien sûr, il y a la trithérapie, dans nos pays riches ; bien sûr, certains adoptent le comportement suicidaire, entre roulette russe et pulsion morbide. Et puis, il y a tous ceux qui n'ont pas le choix : parce que l'épidémie est devenue pandémie, parce que les moyens financiers ne sont pas là, parce qu'il fallait mettre le préservatif à l'index en Afrique. Certes, les Eglises locales ont composé avec la situation, comme la conférence française des évêques en son temps. Et si les évêques africains refusent le refuge illusoire du "Plus près de toi, Mon Dieu", la superstition est reprise en main par des illuminés, pentecôtistes ou adventistes, qui s'abattent sur les familles comme de véritables fléaux : ils culpabilisent les malades qui ne guérissent pas en leur rappelant leur manque de foi. Un joli cynisme religieux !
L'essentiel ne se joue pas là-bas, pas à Rome, où les caméras sont pourtant braquées ! Pourtant, je ne peux m'empêcher de songer au symbole d'un pape qui n'a cessé de prêcher l'abstinence et a ainsi détruit, au gré de ses voyages, les tentatives d'associations locales, catholiques ou pas, de lutter contre la propagation du Sida, d'un pape qui puisse mourir le jour où l'on rend aussi hommage aux victimes de sa conception étriquée de la morale.
Mais il n'y a que la foi qui sauve.
 

11:15 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

30/03/2005

Fureur de lire ?

A la demande d’Imagine ( http://www.20six.fr/kruptesthai ) ,  et parce que je ne peux rien refuser à une lectrice d’Eric Chevillard (je me sens parfois une âme de Palafox !) et d’Alessandro Baricco, je réponds à ce petit questionnaire.

Combien lisez-vous de livres par an ?

Moins depuis que je suis sur le Net : vivement l’été !

Quel est le dernier livre que vous ayez acheté ?

« Le monde à côté » de Driss Chraïbi

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

« La vengeance de la pelouse » de Richard Brautigan

Donnez 5 titres qui comptent beaucoup pour vous ou que vous avez particulièrement appréciés.

·          « Voyage au bout de la nuit » de Céline

·          « Le Maître et Marguerite »  de Mikhaïl Boulgakov

·          « Ombre de l’ombre » de Paco Ignacio Taïbo II

·          « Le palais des rêve » d’Ismail Kadaré

·          « Désert » de Jean-Marie Gustave Le Clézio

·          « Les champs d’honneur » de Jean Rouaud

·          « Le combat ordinaire » de Manu Larcenet

·          « Tokyo Montana Express » de Richard Brautigan

·          « Quatrième étage » de Nicolas Ancion

·          « L’écume des jours »  de Boris Vian

·          « Pereira prétend » d’Antonio Tabucchi

·          « L’insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera

·          « Patience dans l’azur » de Hubert Reeves

 

Oui, je sais, je triche mais j’en avais trop à me rappeler pour n’en citer que cinq : enfin, arrêtons-nous là. En tout cas, ce sont des auteurs qui ne m’ont jamais déçu.

 

Quel est votre livre de chevet ?

 

Etant donné que j’adore lire au lit, tous ! Comme je relis rarement, sauf pour des raisons professionnelles, aucun ! 

 

À qui allez-vous passer le relais ? Pourquoi ?

- A Paul, bien entendu, puisque je lui passe des livres quand vient l’été. Et puis, cela l’amènera peut-être à répondre au questionnaire précédent.   http://lalettreauxamis.skynetblogs.be/

- A Aldagor, parce qu’il n’y a pas de raison qu’il ne lise pas en se reposant  http://aldagor.skynetblogs.be/

- A Fun, parce que je suis toujours indiscret  http://funambille.skynetblogs.be/

00:18 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

24/03/2005

Hibernation !

C'est la fin de l'hiver ! Je me réveille et j'ai envie de me dorer au soleil, de m'attarder en rue ou sur une terrasse, de regarder passer le temps. De vasouiller à mon rythme, de respirer à pleins poumons et de me humer la cigarette comme un plaisir et pas comme une libération passagère. Siffloter mes petits airs sans que les métromanes, joyeux comme des métronomes, me regardent avec un drôle d'air, supputant que je ne manque pas d'air et que je suis gonflé de chantonner en agressant leurs oreilles duveteuses du réveil des serins : où il y a du zen, il peut y avoir du plaisir. Me ressourcer aux joies du paludoverboludisme (jeu de mot vaseux, ndr) libéré. Bref, m'éclater. Boum ! Attention, ça tache !

Bien sûr, il y a des sujets sérieux dont j'aurais pu parler, en éclatant, en grinçant ou en raillant :

  • le tsunami d'il y a trois mois, bien oublié aujourd'hui, et le milliard d'individus qui manque d'eau potable, rappelé à l'occasion et oublié aussitôt
  • l'oubli par Amnesty (amnesy ?) des persécutions contre les homosexuels dans son nouveau plan d'action, ce qui laisse rêveur sur le mince fil qui sépare le compromis de la compromission
  • la directive Bolkestein, créee sous la commission Prodi, contestée sous la commission Barroso, jamais remise en cause par la commission elle-même mais plutôt par des manifestations, ce qui me laisse perplexe sur le pouvoir des urnes et sur la validité de nos législations sociales
  • les déclarations du Baron Seillière, libéral de pacotille, qui nie la baisse du pouvoir d'achat en France et réclame un assouplissement de la législation sociale, ce qui laisse rêveur de la part d'un ancien maître des forges qui a vécu sous perfusion de l'état pendant des années
  • les attaques contre des blogs amis (voir les liens) et des ânonymes qui oublient que la contestation des idées est une liberté garantie mais qu'injurier gratuitement, c'est juste de la bêtise mal assumée et, sans doute, le signe patent qu'une absence de style ne couvre pas une carence d'idée...
  • des blogs qui disparaissent, d'autres qui apparaissent

 Heureusement, il y a aussi des choses qui se passent bien : enfin, qui se passeront bien dès que je me serai pris un grand bol de café.  Je me le bois et je reviens. J'ai l'impression que je retrouverai mes repères avant ce pauvre monde : c'est l'avantage d'être excentrique.

09:23 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

16/03/2005

Eolienne musicale

Je ne peux pas toujours me montrer asocial : déjà que je suis amoral ! On se paye une petite chaîne,à la demande d’Imagine (http://imaginer.skynetblogs.be/). Attention, mon top ringard est par ici.   

 

 

Combien y a-t-il de fichiers musicaux sur votre ordinateur?

Ouf : tous ceux que j’ai la flemme de chercher dans l’appartement, plus ceux que je grappille avant de m’offrir le Cd, quand ça me plaît vraiment ou quand je découvre la perle rare en occase. Et ceux que je finis par trouver à la Médiathèque... Bref, 1422 morceaux à l’heure actuelle : un bon ménage s’impose

Quel est le dernier CD que vous avez acheté?

Jamie Cullum Twenty something  (c’est franchement jazz, non ?)

Quelle est le dernier morceau que vous avez écouté avant de lire ce messages?

Protect me for what I want de Placebo : en général, je préfère Massive Attack  ;) Et oui, il m’arrive d’écouter des artistes vivants…

Donnez cinq morceaux que vous écoutez souvent ou qui compte beaucoup pour vous...

  • Strange Fruit de Billie Holiday : voir un post précédent
  • Diminuendo and crescendo in blue de Duke Ellington, parce que le solo de Paul Gonsalvez me fait planer
  • Sint-James Infirmary de Louis Armstrong : son solo de trompette fait pleurer quelqu’un que j’aime particulièrement
  • A night in Tunisia par Dizzy Gillespie et Charlie Parker : mes petits voyages imaginaires
  • Le 22 septembre de Georges Brassens : moi aussi, aujourd’hui, je m’en fous. En plus, c’était en mars !

A qui allez-vous passer le relais (3 personnes) et pourquoi?


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13/03/2005

Fillette, ça va être ta fête !

Oui, je sais, la journée des Femmes c’était le 8 mars. Un beau jour de communication sur un sujet de proximité : un jour de bilan sur une majorité de la planète ? Alors, parlons-en des femmes : parlons de leur liberté. Parlons de leur manière d’intérioriser des pratiques barbares, de les perpétuer en tyran domestique, exploitant toutes les virtualités de ce qualificatif. Parlons de torture, de mutilation : d’excision. On peut pas être contre l’excision, il faut prendre de la distance, on ne peut pas juger : qu’est-ce à dire ? Qu’il faut « se montrer patient et indulgent  avec le malheur des autres » ? C’est un cynisme que je n’oserais moi-même pratiquer.

Il y a plus d’un an, un document était arrivé dans les écoles, en préparation de la journée de la femme, justement. Il décrivait ces mutilations « rituelles » et leurs conséquences : depuis, j’ai eu l’occasion de tomber sur des photos de ces pratiques « initiatiques ». Une initiation à la douleur et à la barbarie sans doute ? Un bizutage qui aurait mal tourné ? Non, juste un acte de sauvagerie que certains se donnent les meilleures raisons du monde de perpétuer et de légitimer : et c’est comme cela qu’une atteinte à l’intégrité physique devient une question culturelle qui me donne la nausée.

Certains, en Afrique ou en Europe, mènent un combat contre ces mutilations sexuelles. Peut-être que parfois ils y insèrent aussi des préjugés mais sur le fond, n’ont-ils pas raison ? Si convaincre ne suffit pas, il reste la force de la loi, qui parfois se manifeste.  Les autres, les partisans,  évoqueront la tradition, les avis de l’un ou l’autre imam délirant, ou les bienfaits du relativisme culturel parce que, vois-tu, fillette, il ne faudrait quand même pas croire que les droits de l’homme et de la femme sont universels : c’est vrai quoi, c’est pas bon pour tout le monde, ces choses-là ! C’est sans doute la crainte de devenir minoritaires qui les amène à défendre leurs pratiques de bourreaux persuadés de ne faire que leur devoir : les femmes ne sont d’ailleurs pas nécessairement les dernières à reproduire ce  processus de soumission.  

Certes, les contraintes sociales, globales ou familiales,  ne s’exercent pas que dans ce domaine. Et alors ? Pendant longtemps, chez nous, les femmes devaient enfanter dans la douleur, comme si elles rachetaient en leur nom seul la « faute », que dis-je le « péché » du couple : et la morale de l’histoire s’est modifiée et a éradiqué ce fétichisme superstitieux, même si quelques intégristes de choc ne conçoivent encore que cette solution-là, femmes comprises. Ici aussi, l’ampleur des mutilations et les situations d’urgence sanitaire exigent une lutte sans concession. A moins de rester « indulgent avec la souffrance des autres » ?     


 

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03/03/2005

A propos de lecture.

Les jeunes ne lisent plus, ma brave dame : ils ne savent plus apprécier un bon livre. D'ailleurs, quand on voit les résultats de Pisa, quelle catastrophe ! Même pas capables de lire un problème ou de tirer des informations d'un texte ! Fichus jeunes !
 
Le propos serait-il caricatural ? En tout cas, il peut s'entendre aisément, dans des discussions oiseuses ou de fin de soirée, dans des colloques de professionnels, dans des salles de profs. Flaubert parlait déjà d'idées reçues : je crains de devoir remettre en cause des préjugés bien acquis, sans son talent pour me venir en aide, hélas.
 
Les jeunes lisent-ils tellement moins que la population adulte ? A l'époque d'"Apostrophes", l'émission était suivie de manière extraordinaire, sachant que les Français lisaient en moyenne moins d'un livre par an. Pas les jeunes, les Français ! Sans doute un best-seller, ce livre abandonné en cours de route : un témoignage "vrai et authentique", forcément torturé et psychanalysant, les mémoires d'un mec de trente ans qui a passé deux semaines dans une émission de télé ou qui est le fils de quelqu'un sur lequel il a tout à dire, les policiers à la chaîne de Mary Higgins Clark. Les étalages des grandes surfaces regorgent de produits pas frais, entre les casquettes en soldes et la livraison de moules fraîches. Alors, bien entendu, s'il faut lire ces bouquins-là, si les jeunes doivent s'émanciper l'imaginaire avec les souvenirs de Pascal Sevran, les réflexions d'une victime (comme dans "ça se discute" !) où le sticker "Vu à la télé" est à peine sous-entendu, il n'est pas étonnant qu'ils se détournent d'un plaisir qui s'est transformé en marché aux stéréotypes éminemment chiants.
 
La moyenne des bouqins pour enfants et adolescents, dans les collections qui leur sont dédiées, est de meilleure facture. Et le succès de certains ouvrages témoigne de cet engouement. Dépassées les bibliothèques vertes et roses, les Comtesse de Ségur moralisatrices et un rien sadiques ! Pourtant, là aussi, certains ouvrages ne semblent faits que pour éluder les conversations avec les parents : il faut qu'ils donnent des réponses, qu'ils témoignent de leur utilité, qu'ils soient dans l'air du temps. Et parfois, ça dérape : les adolescents en ont  ras la casquette de voir ces enfants et adolescents de papier qui vivent des aventures artificielles, comme des rêves préfabriqués qui s'imposent, importuns. Et le passage au vrai livre devient difficile : tiens, on n'y parle plus de moi ? La mode de l'identification, censée nourrir les rêves, restreint l'imagination : un adolescent peut-il encore se rêver adulte ? Pas trop avant de l'être devenu...
 
 Le marché s'impose : on axera la promotion sur le livre qui s'écoulera vite. Les lieux de distribution l'exigent. Combien de fois mes élèves se sont-ils entendu répondre : "pas disponible" ou "épuisé". La Fnac est coutumière du fait : l'agitateur culturel serait-il paresseux à la commande ? Le fait est d'autant plus intéressant quand le même livre, "indisponible", s'affiche sur le site du même commerçant dans de meilleures dispositions. On ignorait que les livres puissent être malades de se retrouver serrés sur un rayon. Et pas de chance pour le lecteur qui voulait celui-là, justement. Dans ces cas-là, on bénirait presque les réseaux de lecture publique :  eux ont plutôt bien évolué. J'ai constaté avec plaisir que beaucoup de mes élèves étaient inscrits en bibliothèque : une offre plus complète rencontre davantage les demandes et la compétence attire le lecteur qui veut butiner.
 
Il faut lire ! Impératif culturel scolaire : c'est un postulat, on n'y revient pas. Vraiment ? L'école a de fichues habitudes et perpétue des clichés à milles lieues de la lecture, expérience personnelle du livre. Daniel Pennac avait fait un essai intelligent à ce propos : "Comme un roman" faisait apparaître les droits imprescriptibles du lecteur, souvent affichés dans les bibliothèques, rarement dans les écoles. Il faut lire ! Et le prof de français de disséquer le roman, comme si l'étalage de tripes révélait la beauté intérieure, comme si le plaisir pouvait naître du tranfert en schéma. Parce que le prof de français ne se console jamais de ne pas avoir les formules du mathématicien pour quantifier la lecture : vous ne le croiserez jamais sans un tableau, censé contraindre la cartographie de nos rêves... Il faut lire !
 
Et il faut communiquer ! Il faut parler des livres qu'on a lus, apporter des preuves de sa lecture. Tout l'exige : le programme, les points, les bulletins, les fraudes, les sites "jepompe.com" et leurs travaux tout préparés. Comme si un plaisir fugitif devait forcément se retrouver concrétisé dans une sorte de procès-verbal. Avoue que tu es un lecteur : nous avons les moyens de te faire parler ! Et l'on sort à nouveau les inévitables schémas, les tableaux torturés, pour bien prouver que l'élève n'a pas perdu son temps. Là encore l'utilité est de mise : la machinerie est mise à nu et l'élève se retrouve à démonter son roman, qu'il avait peut-être apprécié, comme un vulgaire appareil d'électroménager. Et quand il veut le remonter, l'appareil ne fonctionne plus.
 
Bien entendu, il y a aussi des lecteurs conscients, des professeurs impliqués (je n'en suis d'ailleurs pas toujours un bon exemple !), des libraires passionnés. Bien sûr, des livres toujours plus nombreux sont offerts à notre imagination, à notre passion de lecteur amateur, comme le dirait Alberto Manguel. Mais les autres pratiques, perversions du plaisir de lire, me paraissent dominer : j'en viens à m'étonner que l'on lise encore en toute innocence. 
 

A suivre (vraisemblablement)...


09:01 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

26/02/2005

Un scoop d'Infocasa !

Le dernier livre du pape Jean-Paul II, qui attise les polémiques, aurait été écrit par l’humoriste humaniste et courageux, victime de persécutions infâmes à cause de ses hautes réflexions philosophiques savamment détournées de leur contexte : nous parlons de Dieudonné, le bien nommé. Il semblerait que Jean-Paul II ait nommément, dans un borborygme décrypté par son entourage, donné le nom du comique  -dont la délicatesse atteint à des hauteurs de style que je ne vous raconte pas, d’ailleurs récompensée par le prix Louis Pauwels de l’humour engagé-   comme celui du meilleur candidat à sa succession : notre futur pape sera donc un vrai Breton, engagé dans les débats du temps, et un ciseleur de formules de choc. Un signal d’avertissement aux médecins juifs sionistes qui pratiquent l’avortement : la loi de Dieu, la loi de la nature les rattraperont au tournant sous le règne de Dieudonné Premier.

 

Amaury de Bonnefoy

 

Pensée du jour

 

Les cons, ça ose tout ! C'est à ça qu'on les reconnaît. (M. Audiard)

 

Liens

 

Une réponse de Leïla Sebbar dans Libé

http://www.liberation.fr/page.php?Article=277881

 

A propos du livre du pape

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/nouvel...

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21/02/2005

Strange fruit

Pourquoi j'aime le jazz ?
Parce qu'il a créé des chansons comme celle-ci... Parce que Billie Holiday a juste la voix qu'il faut, sur cette chanson, comme sur pas mal d'autres d'ailleurs.  Parce qu'on n'a pas fait mieux depuis les pendus de Villon. Parce que c'est mon Amérique à moi, celle où les Indiens sont cantonnés dans des réserves, où les "Coloured people" sont mal vus, où les écrivains géniaux (James Crumley, Richard Brautigan, Jim Harrison, Chester Himes, Raymond Chandler) vivent en exil d'eux-même dans des paysages moins sauvages que l'humanité dont ils parlent. Parce que je n'aime pas ce qui brille, ce qui est artificiel, ce qui promet un bonheur vite dépassé. Parce que le désespoir qui se chante paraît moins douloureux.
 

Strange fruit

 

Southern trees bear a strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black body swinging in the Southern breeze,
Strange fruit hanging from the poplar trees.

Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolia sweet and fresh,
And the sudden smell of burning flesh!

Here is a fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for a tree to drop,
Here is a strange and bitter crop.

 

Etrange Fruit

Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles, du sang aux racines,
Un corps noir se balançant dans la brise du Sud,
Etrange fruit pendant aux peupliers.

Scène pastorale du "vaillant Sud",
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Parfum du magnolia doux et frais,
Puis la soudaine odeur de chair brûlée.

Fruit à déchiqueter pour les corbeaux,
Pour la pluie à récolter, pour le vent à assécher,
Pour le soleil à mûrir, pour les arbres à perdre,
Etrange et amère récolte.

 

 

http://www.lady-day.org/aboutsrangefruit.html

 





23:51 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

20/02/2005

Je regrette...

Je n'aime pas la musique classique. Si Gershwin se fait entendre, c'est pour ses morceaux adaptés en jazz. Oui, Tchaikovsky (je ne suis même pas sûr de l'écrire correctement !) ou Ravel, ça me dit quelque chose, mais sans fascination. Et l'opéra me fait hurler de rire dès qu'une diva pousse la note : j'ai l'impression qu'elle caquète... Alors j'écoute le "Duke", le "Count" ou Ernie Royal, mes nobles à moi. Je m'explose avec "Birks" et volète avec "Bird". Et Ella, Billie, Sarah, Rosemary, Astrud me susurrent des mots doux.
Bien que j'éprouve parfois quelques regrets à ne pas pouvoir contempler certaines musiciennes classiques... Je me sens contrit, ma chère Hélène Grimaud. Ne me feriez-vous pas le plaisir d'une petite note bleue, juste une ?  
 

19:32 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

La fête à Neuneu ?

G.W. Bush junior arrive à Bruxelles ce soir. A la suite d'un malentendu regrettable, la vedette comique internationale arrive avec deux semaines de retard pour le carnaval : aurait-il craint que les oranges transgéniques des Gilles soient des armes de distraction massive ? On dansera, on boira, on mangera : un diplomate sera servi au dessert, sur son lit de french fries. Par contre, la CPI, jugée infréquentable,  ne sera pas invitée aux festivités, de même que le carrousel des navetteurs invités à tourner autour de la fête à Neuneu dans un ballet chorégraphié par Franco Dragone, bien connu à Las Végas, sur des arrangements bidonnants des Tambours de Saint-Josse.
 
Il est de plus en plus question, pour l'administration américaine, d'adopter le système des communautés en vigueur en Belgique pour l'Irak libéré : hélas, les bourgmestres de Bagdad-Abou Grahib- Guantanamo demandent la scission de l'arondissement électoral, au nom de l'arriéré judiciaire et faute de bourreaux bilingues. Leur demande sera étudiée dans un climat de concertation sereine.

 

Un lien vers la page de notre star du comique ?

11:37 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

19/02/2005

Blog en travaux !

Pas d'inquiétude : tout va bien ! Je suis en train d'aménager un blog pour un projet commun que nous comptons mener à bien, mes collègues et moi. Comme ce projet nous tient à coeur et comme il faut bien l'organiser et le mettre en route, j'ai un peu de boulot ces temps-ci. Bientôt, ce seront nos élèves qui bosseront ;) Je reviendrai bientôt : l'actualité ne manquera pas de me fournir des occasions d'avoir mauvais esprit.
 

I'll be back soon !

18:08 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

13/02/2005

Joyeuse Saint-Valentin ?

Cette fête, anodine et commerciale, a une origine latine. Elle serait inspirée des Lupercales, fêtes de la fécondité durant lesquelles les femmes étaient fouettées avec les lanières d'un bouc récemment sacrifié. La fête des amoureux ? Entre le coup de sang et le coup de fouet ...
 
En fin de compte, je préfère mes canards : ils sont moins sadiques.
 

14:56 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (22) |  Facebook |

Mea culpa, mea maxima culpa

Honte sur moi ! Delenda est Carthago !  J'ai suivi des études inutiles, j'ai collaboré à la politique élitiste des établissements scolaires : j'ai fait du latin pendant 10 ans. Beati pauperes spiritu ! J'ignorais, quelle outrecuidance, que l'on établissait une hiérarchie sur l'apprentissage de ce mode de pensée : en plus, j'aimais bien ça ! Errare humanum est sed perseverare diabolicum !
 
Le latin ne sert à rien : quid novi sub sole ? Evidemment qu'il ne sert à rien : conceptualiser une langue morte ne sert à rien, à l'époque de la communication. Et les vocations de séminaristes se raréfient : mêmes les messes ne se donnent plus en latin. Ite missa est ! Et pourtant...  Grâce au latin, j'ai appris une autre manière d'appréhender le français, comme si une langue vous révélait les beautés de sa technique de construction, de son architecture. Je n'ose même pas parler du grec, langue philosophique et poétique  - est-ce vraiment une distinction à opérer ?- dont les particules peu élémentaires se promenaient dans toutes les phrases et finissaient par me rester sur les bras.
 
J'ai sans doute voulu comprendre les mathématiques et les sciences à cause du latin : au fond, les silences de Tacite et les constructions amples de Cicéron me paraissaient des récifs, avant de les avoir franchis. J'ai pris mes distances vis-à-vis des jargonneux, du patrimoine : tous ces imitateurs amphigouriques qui oubliaient la construction de l'esprit et négligeaient la substance. Roma amor  : quoi de plus beau que la vitalité des ruines ?
 
Notre chère Ministre (minister signifie serviteur en latin !) veut supprimer l'apprentissage du latin sous le prétexte que l'on établirait des catégories entre élèves : ce n'est pas faux ! Le latin a ses exigences, qui font rêver certains parents : les inscriptions se font d'autorité. Pense-t-elle réellement que les parents laisseront le choix à leurs enfants sous prétexte d'une restriction de leurs choix ? Ou désire-t-elle poursuivre cette formation des abrutis compétents que ses Déclarations communes -en connaît-elle d'autres ?- , ses Contrats stratégiques -joli vocabulaire belliciste (de bellum, la guerre)- et ses autres fadaises mettent en valeur ? L'exigence se prête mal à la fuite des responsabilités : la complaisance peut alors tenir lieu de décision.
 
Ce qui m'est profondément désagréable, dans ce type de pensée, c'est sa coutume des stéréotypes paradoxaux à propos de la culture : la suppression devient un acquis, le nivellement s'érige en  progrès. Un peu comme si on accusait le thermomètre de transmettre des maladies : telle est la réflexion de nos nouveaux pédants, qui exigent la fonctionnalité alors qu'eux-mêmes ne servent pas à grand-chose,  qui méprisent la créativité puisque l'originalité est toujours une prise de risque, qui se montrent suffisants alors qu'ils ne sont qu'incapables.

14:47 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook |

11/02/2005

La Communauté française

Une Haute Ecole catholique (étrange, à ce niveau, on n'utilise plus le qualificatif "libre" : encore un complot de l'ULB !) vient de se voir condamnée à rembourser les droits d'inscription complémentaires que la cour de première instance de Namur a jugé illégaux (voir le lien ci-dessous). Certes, le montant s'élève à peu de choses : même pas 187 euros. Pourtant, si ce jugement vient à faire jurisprudence, quels remous dans la mare aux grenouilles ? La ministre a déjà réagi, précisant que la décision pourrait être catastrophique pour les finances des Hautes Ecoles et que la Communauté française, vu l'état de ses finances, ne pourrait les aider. Si l'on se souvient du mouvement des étudiants au début de l'année scolaire, cette déclaration est savoureuse : n'étaient-ils pas partis en grève parce qu'ils soulignaient la détérioration de leurs conditions d'étude ? N'avaient-ils pas précisé le problème des enveloppes fermées pour le budget des Hautes Ecoles ? Peut-être avaient-ils trop cru les programmes électoraux qui rappelaient que la Communauté française était sauvée et largement refinancée...
 
Dans un même ordre d'idée, je rappelle aux chers parents qui me font l'honneur de me lire qu'un montant maximal de 75 euros peut être perçu pour le prix des photocopies dans l'enseignement secondaire obligatoire : ce montant déjà élevé est dépassé par pas mal d'écoles. La plupart  paient un forfait à destination de Reprobel, pour les copies protégées (environ 40 centimes par copie) : c'est une  obligation légale. On promet par ailleurs un retour aux manuels : jusqu'à présent, on a débloqué un montant de 25 euros par élève, en moyenne. De quoi acheter un manuel par élève ?  Pas sûr : il faut aussi financer les éditeurs belges et les auteurs de manuels, souvent formateurs ou inspecteurs par ailleurs. Ce qui signifie qu'il faut payer deux fois les mêmes compétences techniques alors que des solutions techniques existent : pourquoi ne pas utiliser les services des centres de reprographie technique de la Communauté (il en existe un à Frameries) et organiser des groupes de travail parmi les professeurs, leur permettant ainsi  de s'échanger des préparations de cours, de confronter leurs fonctionnements pédagogiques et de mener à bien l'élaboration d'un ouvrage de référence commun en collaboration avec un pédagogue qui leur fournirait son expertise ? Cela amènerait sans doute Reprobel à revoir ses exigences à la baisse, diminuerait le nombre de ces photocopies parfois infectes qui alourdissent inutilement certains cartables et éviterait l'usage systématique du copier-coller de séquences provenant de manuels français, dont certains manuels belges sont aussi des spécialistes. Ce type de fonctionnement pourrait être bien plus profitable que ces formations obligatoires (6 demi-jours) où les profs se retrouvent casés tant bien que mal et qui engendrent toujours davantage de grogne et de frustration chez les enseignants : une dépense nécessaire ou un moyen déguisé de subventionner des ASBL ou des écoles supérieures  ?  
 
Je sais : j'ai mauvais esprit. Sans doute ne me suis-je pas remis, en tant que prof de français, d'avoir été versé dans une formation d'immersion linguistique (!?) à milles lieues, bien entendu de celle que j'avais choisie : ce n'est qu'en rouspétant qu'on me recasa de justesse dans un groupe qui travaillerait sur les séquences (notion connue depuis des années : il m'est arrivé d'avoir des formations correctes), groupe dont les trois quarts des membres se demandaient ce qu'ils fichaient là !  Quant aux autres formations, je n'en parlerai même pas. Ce que j'y ai gagné ? La perte de trois jours de cours, dans une école et avec des élèves pour qui cela compte pas mal ; un fatras d'inepties très convaincues, à défaut d'être convaincantes ; une certaine agressivité (dixit mon inspectrice !) par rapport à cette infantilisation à peine larvée des profs.
 
Vous vous souvenez de la distinction entre clergé régulier et séculiers : les uns se plongent dans leurs monastères (beaux bâtiments qu'il faut souvent rénover, comme le rappelle l'illustration !) et les autres plongent dans le siècle. Il faut croire que la Communauté française a la nostalgie de cette époque : c'est fou le nombre de pédagogues qui n'ont jamais vu un élève de près, ou alors il y a longtemps. Quand eux-mêmes étaient à l'école ?

07:38 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

09/02/2005

Télé-poubelle...

J’aurais du mal à imaginer des adultes regardant et admirant, à longueur de soirée, leur poubelle débordant de détritus, leur corbeille à papier remplie de publicités, comme sous l’emprise de la fascination d’un vide qui leur serait extérieur. Depuis 1998, j’ai viré ma télé : meuble inutile. Depuis, il m’arrive de la regarder durant les grandes vacances et c’est alors avec plaisir que je me replonge dans les rares films que l’été laisse passer. Parfois, mon doigt glisse sur la zapette et j’ai l’impression qu’un étron m’est offert sur un plateau : j’assiste à une émission de télé-réalité… Parfois aussi, la conversation prend les contours de ces émissions qui me disent vaguement quelque chose : j’entends médusé les prétendus « concepts » qui sont censés tenir lieu de cohérence à ces émissions.

 

Beaucoup de ces émissions me semblent pratiquer, au nom d’une psychologie de bas-étage, le racolage voyeuriste et exhibitionniste propre aux confessions publiques. L’un vient avouer avec contrition ses fautes, ses perversités, ses déviances en larmoyant sur sa vie gâchée : et le téléspectateur d’applaudir qui est plus misérable que lui. Un autre vient étaler sans vergogne son cynisme : et le téléspectateur de réprouver, fasciné tout de même, comme si ce refus de l’humiliation, de l’expiation publique perturbait son entendement. Vivement que l’animateur remette à sa place l’empêcheur de pleurnicher en rond ! La confession religieuse avait perdu de son lustre : à l’humiliation publique, exemplaire, avait succédé la confession en catimini où la bigote pouvait seulement imaginer les informations dont on la privait indûment. La grand-messe cathodique a rétabli ce puritanisme malsain, mêlant les contentions personnelles et les débordements publics : et puis, ça égaie le salon…

 

Chaque cas devient exemplaire : la vie même… Mais l’anonymat n’est plus de mise : on dévoile, on révèle, on ritualise l’intimité. On la transforme en spectacle édifiant, qui vend de l’espace libre pour la pub, comme le rappelait avec un certain cynisme un directeur de grande chaîne. Et quand la réalité ne suffit plus, on la dramatise. Des situations délirantes sont mises en scène : compétitions sans intérêts, axées sur l’instinct de survie, l’attirance sexuelle ou l’apprentissage du chant. Il faut mettre le candidat en situation : s’il incarne des stéréotypes dans lesquels le téléspectateur doit se retrouver, ses péripéties doivent tenir en haleine. De là cet ensemble de compétitions en toc qui, à peu de frais,  illuminent la petite lucarne. Comme si Strip-Tease était devenu un jeu, un miroir de nos appétences.

 

Pire encore : la télé-réalité est devenue un pivot de référence. Les situations scénarisées qui simulent la vraisemblance, les personnages stéréotypés qui participent de l’illusion, les commentateurs qui prétendent évaluer au nom du « bon sens » transforment le divertissement saumâtre en discours nauséeux. L’école devient un lieu de compétition pour nombre d’élèves qui rêvent d’académies et d’étoiles. La ruse, l’esprit calculateur tiennent lieu de réussite. Un choix devient une vérité absolue, incontestable. Et le débat laisse la place à la provocation ou à l’esprit de contrition : la culpabilité malsaine y tenant lieu de responsabilité. Une autorité des conceptions, des représentations de la réalité s’établit ainsi, forte de ses rites prégnants et profondément réductrice : le reflet s’impose.

 

Un concept est une idée complexe. Notre réalité est toujours complexe, construite dans ses propres contradictions. Même le monde virtuel présente infiniment plus de nuances que l’univers cathodique, prétendument ouvert sur le monde, en fait clos sur lui-même, redondant et répétitif, intrusif. Sinon, la télé est un joli meuble…

22:51 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

08/02/2005

Le Saint-Louis.

Je viens d'écouter une interview de Gilbert Sinoué consacrée à son dernier  récit, Un bateau pour l'enfer, qui raconte l'épopée du Saint-Louis. En bref, un bateau fut affrété par les autorités nazies en mai 1939 : les passagers étaient des Juifs qui avaient payé cher leur droit au départ. L'opération était un montage machiavélique de la propagande nazie : comme s'ils libéraient ces gens alors même que l'univers concentrationnaire montrait déjà ses prédispositions à l'horreur, au lendemain de la Nuit de Cristal. Pourtant, le bareau mené par un capitaine allemand fit route vers Cuba : on y refusa le débarquement de ces passagers encombrants. Le capitaine décida ensuite de faire route vers les USA : le refus fut clair et net, là aussi, au nom des quotas d'immigration. Le retour vers l'Europe devenait la seule solution : là au moins, la Belgique puis les Pays-Bas, la France et la Grande-Bretagne permirent aux réfugiés de jouir du droit d'asile. Beaucoup de ceux qui se réfugièrent dans les trois premiers pays ne suvivraient par à la politique d'extermination raciale.
 Le capitaine du Saint-louis fut reconnu parmi les Justes après la guerre, puisqu'il avait essayé de sauver quelques centaines de Juifs, puisqu'il avait pris des risques bien au-delà de sa fonction. Combien de fonctionnaires de l'immigration cubains ou américains ont été accusé de non-assistance à personne en danger ? Aucun : sans doute auraient-ils expliqué qu'ils ne faisaient que leur boulot. Combien de diplomates, qui ont tergiversé pour refuser ce simple droit d'asile ? Aucun : ils suivaient les règles de la diplomatie. Ou alors ils ne savaient pas...
La politique du droit d'asile est malmenée depuis quelque temps : on ne sait pas très bien ce qui se passe dans ces pays lointains, on est vraiment mal informé. Il y a peut-être une guerre ou peut-être pas : le demandeur d'asile est peut-être un menteur qui accourt profiter de la vie dans un pays riche, un profiteur, un méchant gangster albanais (très tendance, ces derniers temps) ou peut-être pas. Si ça se trouve, il y avait déjà des menteurs, des profiteurs ou des gangsters sur le Saint-Louis. J'avoue que si j'étais politicien, fonctionnaire de l'office des étrangers ou simple policier fédéral, j'aurais du mal à me dire qu'un seul des pauvres types que j'ai aidé à expulser risquait vraiment sa peau : il faut dire que j'ai entendu parler du Saint-Louis. Et un peut-être pas n'y changerait rien : question de conscience...
 

15:21 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Salon de l'auto

Jean-René Canardou, patron d'Univers Sots, a dévoilé en exclusivité mondiale le nouveau projet de sa filiale "Recherche et développement" lors du Salon de l'auto de notre ville. La Can-2006 est un cabriolet élégant, avec double arbre à cane, gouvernail caudal intégré et trois pattes motrices. Cette voiture à l'aérodynamisme sobre et futuriste  ravira sûrement les amoureux des routes de campagne et du bon goût. Vavavoum !  

07:38 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Vandalisme !

O tempora !  O mores ! Comment ne pas s'indigner des exactions de cette jeunesse qui ne respecte plus rien, même les poils gris de ses aînés ? Un incident de plus est à déplorer : un jeune vandale a cru bon d'attirer l'attention sur lui en souillant d'un happening inepte la sculpture que Jean-René Canardou avait généreusement offerte à notre ville. Le superbe "Rêve de Canard", qui agrémentait la promenade de nos étangs s'est vu l'otage d'une opération médiatique honteuse. Mais que fait le police ?  

07:31 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Moment de détente ?

Jean-René Canardou se détend : le patron d'Univers Sots ne manque jamais de s'écouter le Lac des Cygnes dans la superbe mise en voix des Dixie Chicks dès qu'il emprunte un avion. La simplicité de nos chefs d'entreprise ne cessera jamais de nous émouvoir

07:24 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/02/2005

Manipulations génétiques

Horreur ! Ils ont osé ! Ainsi, les manipulations génétiques montrent enfin leur vrai visage. Le laboratoire du professeur Vandegatozeel a osé révéler la terrible vérité dans une conférence de presse bien trop discrète à notre goût. Toute honte bue, le professeur dut avouer les conséquences d'une fécondation in vitro hasardeuse menée il y a deux ans : des restes de zakouskis au foie gras se seraient mélangé au produit d'une éprouvette après une fête de carnaval bien arrosée. Ne s'arrêtant pas à ce genre de détail et curieux du résultat, le professeur tenta l'insémination qui se conclut par la naissance d'un beau bébé neuf mois plus tard : certes, ses pieds palmés alertèrent le savant  qui promit de suivre la croissance de l'enfant. Chose qui fut faite : vous pouvez admirer, chers lecteurs, le déplorable résultat. Les parents du petit Howard se sont portés partie civile. Quant au professeur Vandegatozeel, sa seule déclaration fut : "Depuis, on ne prend que des zakouskis au saumon ou au fromage, à cause des compressions budgétaires." Triste mentalité.

20:58 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Canard de destruction massive ?

Quand je vous disais qu'ils étaient partout : on vient de réarmer la marine belge de canards à répétitions. Ils seront utilisés dans les abordages de vaisseaux fantômes, surtout les Hollandais volants de sinistre mémoire. La photographie prise par notre audacieux reporter, en mission spéciale, lève le voile sur ce "secret-dédense" bien gardé. On attend une réaction de lOTAN, l'ONU et la SPA. De plus amples développements dans nos prochaines dépêches

20:48 Écrit par Ubu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |